Bibliothèques bleues


Résumé

La Bibliothèque bleue est une collection qui a été mise au point par la bibliothèque de l'Organisation Mondiale de la Santé pour être installée dans les centres de santé de district en Afrique afin de pallier le manque d'information médicale et sanitaire actualisée.

Cette collection qui est pré-classée par grandes rubriques, contient une centaine de livres portant sur la médecine et la santé publique.

Pour faciliter son transport et sa conservation, la collection d'ouvrages a été emballée dans une malle en tôle bleue qui a été équipée de deux étagères sur lesquelles sont classées les boîtes à brochures numérotées contenant les livres.

Parmi les ouvrages sélectionnés, priorité a été donnée aux manuels pratiques, (en particulier ceux publiés par l'OMS), dans lesquels on trouve facilement la réponse aux problèmes de santé et de gestion sanitaire auxquels le personnel médical peut être confronté. Il a également été tenu compte des différents niveaux de formation parmi le personnel médical du district, c'est pourquoi le même sujet peut être traité dans plusieurs ouvrages mais sous un angle à chaque fois différent : celui du médecin, de l'infirmier(e), de l'aide-soignant(e) ou de l'auxiliaire de santé.

Cette collection, qu'on a tenue à garder de taille réduite, n'est pas exhaustive. D'autres ouvrages importants et adaptés existent aussi au niveau local et ils doivent être rajoutés à cette collection.

Contexte

Un contexte de pénurie d'information sanitaire

La pénurie de livres et de journaux médicaux dans beaucoup de bibliothèques universitaires des pays africains est quasi générale. Il n'est pas rare de voir que les seuls ouvrages disponibles dans ces bibliothèques datent de quelques décennies et qu'ils reposent sous un épais manteau de poussière car, à juste titre, personne ne les consulte. La richesse de ces bibliothèques se limite souvent à leur collection de thèses qui sont, elles, très consultées et recopiées. Sans budget, les bibliothèques sont vides de livres et de journaux mais non de clients. Car la soif d'information est bien réelle mais comparée à d'autres besoins, elle fait, à tort, figure de superflu.

En dehors des grandes villes, la situation est encore plus sombre. Les professionnels de la santé qui désirent se tenir informés ont peu de ressources. Les livres sont rares dans les centres de santé ou les hôpitaux. Les bibliothèques universitaires qui disposent de quelques ressources d'informations n'ont souvent pas les moyens d'entreprendre une diffusion de l'information qu'elles possèdent pour de multiples raisons : ressources limitées en papier pour les photocopies, services postaux peu fiables, manque de personnel, ignorance des besoins. Enfin les bibliothèques universitaires ne sont souvent pas mandatées pour faire ce travail car elles dépendent du Ministère de l'Education tandis que les centres de santé dépendent du Ministère de la Santé...et donc les responsabilités restent bien compartimentées.

L'opération Bibliothèques bleues est fondée sur plusieurs constatations:

En raison des orientations de cette politique dans les pays, l'OMS et certains éditeurs (plus souvent anglophones que francophones) publient de nombreux manuels à l'intention des centres de santé de district mais la diffusion de ces ouvrages est souvent restreinte à quelques Ministères et à quelques individus chanceux qui ont leur nom sur la bonne liste de distribution.

L'activité des bibliothécaires dans de nombreux pays africains est limitée par le manque de crédits , de moyens et le faible statut dont ils jouissent. De plus, leur action reste circonscrite à l'institution ou l'université où ils exercent. Envisager qu'ils puissent fournir des services aux centres de santé éloignés reste du domaine de l'impossible en raison des difficultés citées plus haut.

Enfin la communauté des agents de santé de district en Afrique n'est que rarement en contact avec des livres et il en résulte que le réflexe de la lecture pour se former et s'informer ne fait pas partie des habitudes ou de la culture.

La démarche des Bibliothèques bleues consiste donc à inclure tout le savoir-faire des bibliothécaires, en amont, dans un module documentaire prêt à l'emploi et approprié aux districts de santé ; à mettre l'accent sur la diffusion des informations contenues dans cette Bibliothèque bleue au sein de la communauté sanitaire ; et à utiliser pour ce faire un responsable formé à cette mission. La Bibliothèque bleue ne prétend pas se substituer à la formation continue, mais sa mission est de servir de support validé pour les activités de formation, de promotion de la santé et d'information de la communauté dans les centres de santé périphériques.

Contenu

Le contenu de la version française de la Bibliothèque bleue

BOITE 100 : MÉDECINE GÉNÉRALE ET SOINS INFIRMIERS

BOITE 110 : SANTÉ COMMUNAUTAIRE

BOITE 120 : MANUELS DE SOINS DE SANTÉ PRIMAIRE

BOITE 130 : GESTION SANITAIRE ET ÉPIDÉMIOLOGIE

BOITE 140 : SANTÉ MATERNELLE ET CONTRACEPTION

BOITE 150 : SANTÉ INFANTILE et DES ADOLESCENTS

BOITE 160 : MALADIES DIARRHÉIQUES

BOITE 170 : NUTRITION ET CARENCES NUTRITIONELLES

BOITE 180 : MÉDICAMENTS ESSENTIELS

BOITE 190 : MALADIES TRANSMISSIBLES ET VACCINATION

BOITE 200 : MALADIES PARASITAIRES ET VECTEURS

BOITE 210 : MALADIES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES ET SIDA

BOITE 220 : CHIRURGIE ET ANESTHÉSIE - HÔPITAUX

BOITE 230 : TECHNOLOGIE MÉDICALE ET LABORATOIRE

Coût

Combien coûtent les Bibliothèques bleues?

Le prix de chaque module est de US$2000, les frais d'expédition étant facturés en sus. Ce prix comprend les livres et la formation du responsable de la Bibliothèque bleue dans le district, dès lors qu'au moins 20 malles ont été installées dans le pays. Un processus a été mis sur pied pour suivre et évaluer le fonctionnement des Bibliothèques bleues sur leurs sites et est assuré par un coordonnateur national avec l'appui de la Représentation de l'OMS dans le pays.

Financement et support

Le projet ne pourrait survivre au niveau du pays sans l'appui du Ministère de la Santé et celui du Bureau du Représentant de l'OMS qui joue un rôle primordial à toutes les étapes du projet. C'est le Bureau du Représentant qui fait la promotion du projet auprès des autorités nationales et décide avec eux si le projet répond aux besoins du pays.

C'est lui également, de concert avec le Ministère de la Santé, qui approche les bailleurs de fonds au niveau des ambassades ou des organisations internationales pour financer le projet. Ainsi la Banque Mondiale, l'Union Européenne, le PNUD et l'UNICEF ont misé sur le projet dans plusieurs pays. D'autres organismes de coopération bilatérale comme la Coopération Française, la Coopération Italienne, la Coopération Allemande (GTZ) et la Coopération Suisse ont répondu favorablement à des demandes de financement. Des Organisations non gouvernementales (ONG) telles que Solidarité protestante, Entraide Médicale Internationale, Save the Children Fund ont choisi d'inclure les Bibliothèques bleues dans des projets de centres de santé qu'ils avaient dans les pays. Il faut noter qu'un nombre non négligeable de Bibliothèques bleues ont été financées par les Représentations OMS dans les pays, pour que le projet puisse démarrer.

Le Bureau du Représentant de l'OMS donne un appui logistique et moral important au projet. C'est souvent grâce au professionnel chargé de l'information et de la promotion de la santé (HIP) qu' un appui peut être apporté au coordonnateur national qui a peu de moyens dans son ministère d'origine, que les Bibliothèques bleues sont réceptionnées dans le pays, et acheminées à leur destination finale.

Distribution

Les Bibliothèques bleues peuvent être trouvées dans 82 pays. Leur construction durable et relativement petite taille en font un outil versatile pour disseminer de l'information dans le but d'améliorer les systèmes de santé. Elles sont conçues principalement pour des centres de santé locaux ou de districts où ce type de matériel n'est généralement pas facile à trouver.

Quelques statistiques de base (chiffres de décembre 2009)

Carte de la distribution

Nombre de Bibliothèques bleues par pays

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui fait l'originalité des Bibliothèques bleues?

Malgré le travail remarquable d'ONG comme Book Aid International et les systèmes de jumelage entre bibliothèques permettant d'enrichir le fonds des bibliothèques existantes, il faut bien reconnaître que, chaque année, une très grande quantité de matériels envoyés dans les pays en développement « disparaissent dans la nature » au bout de quelques mois. Combien d'ONG, d'organisations internationales et de donateurs sélectionnent, achètent, emballent et expédient des kilos de livres dont ils ne trouvent aucune trace quand un « consultant » se rend sur place ? Parfois, ces livres finissent sur le marché, où ils servent à emballer les aliments, ou au bord de la route, où ils font le régal des chèvres...

Où se situe le problème? Pourquoi y a t'il un problème?

Les causes sont multiples et parfois, on ne peut rien y faire, mais le projet Bibliothèques bleues permet peut-être de résoudre certains problèmes. Quels sont-ils et comment une bibliothèque prête à l'emploi peut-elle les résoudre?

Commander

Où passer commande?

Le prix de chaque module est de US$2000, les frais d'expédition étant facturés en sus. Ce prix comprend les livres et la formation du responsable de la Bibliothèque bleue dans le district, dès lors qu'au moins 20 malles ont été installées dans le pays.

Vous pouvez passer commande auprès du Bureau du Représentant de l'OMS de votre pays ou vous adresser directement auprès de l'OMS à Genève (bluetrunk@who.int). Vous recevrez une facture pro forma avec les coordonnées bancaires du projet. Les Bibliothèques bleues ne sont expédiées qu'après paiement.

Pour trouver des financements, le Représentant de l'OMS dans votre pays peut vous être d'une grande assistance car il connaît les bailleurs de fonds actifs dans le domaine de la santé. La plupart des Bibliothèques bleues déjà implantées dans les pays ont été financées par des agences de coopération bilatérale et multilatérale , par des ONG ou parfois par les Représentations de l'OMS dans les pays.

Contactez-nous

Bibliothèques bleues
Editions de l'OMS
Organisation Mondiale de la Santé
IER/KMS/WHP
Avenue Appia 20
1211 Genève 27
Suisse
Tel.: +41(0)22 791 3263
Fax: +41(0)22 791 4857
bluetrunk@who.int

Expériences

Face à face avec la réalité en Afrique

Les sessions de formation dans les pays ont été une première occasion de voir comment le projet s'inscrivait dans la réalité des pays africains. Une première constatation rassurante a été de voir que le projet répondait à un réel besoin et qu'il était particulièrement bien accueilli par le personnel des centres de santé de district. En effet les manuels de l'OMS n'atteignent pas les centres de santé périphériques.

La présentation de la collection dans une malle transportable a semblé être un équipement adéquat car les malles arrivent dans les districts en bon état.

L'une d'elle a même résisté à un tour de la Guinée dans le coffre d'une voiture avec arrêt-démonstration dans chaque district. Dans certains pays, il y a eu parfois des questions sur notre choix d'une malle de "mariée". Les commentaires sur le choix des ouvrages concernaient souvent le souhait d'ajouter à la collection quelques ouvrages plus "cliniques". Dans tous les pays où la formation a eu lieu, les Responsables de la Bibliothèque bleue (RES-BIBs) étaient très motivés pour leur futur rôle et ils voyaient la Bibliothèque bleue comme un instrument important pour faire de la promotion de la santé au niveau de leur district. Les façons de créer et de faire passer des messages de prévention et de promotion de la santé au sein de la communauté, ont toujours provoqué des débats constructifs au cours desquels étaient évoqués aussi bien le recours à des exposés et discussions sur un ouvrage précis que l'appel à des griots pour instruire les populations.

Les contraintes sont elles aussi devenues apparentes et palpables. Ce sont les mêmes raisons qui sont déjà à l'origine du manque d'information chronique, encore amplifié loin des grandes villes. Les centres de santé fonctionnent avec peu de moyens, le personnel est peu nombreux et surchargé de travail, les moyens de communications qu'ils soient postaux, téléphoniques ou routiers restent toujours aléatoires et chers, les photocopieuses sont rares. Finalement, ils sont distribués lors de la formation.

De même , bien que les centres de santé soient demandeurs des Bibliothèques bleues, aucune rémunération supplémentaire n'est prévue pour les RES-BIBs, ne serait-ce que pour reconnaître leurs nouvelles qualifications. Les coordonnateurs nationaux, quoique nommés par les Ministères de la Santé des pays concernés, n'ont aucun moyen mis à leur disposition par leurs autorités et c'est grâce à la logistique fournie par le Bureau du Représentant de l'OMS qu'ils peuvent effectuer des tournées dans les sites des Bibliothèques bleues.

Liens utiles

Bureaux régionaux

L'unité de l'Organisation a vraiment pu se manifester dans ce projet. Dans les deux régions où le projet a pu s'implanter, il l'a fait grâce à l'intervention active du Bureau régional.

Prenons le cas de l'Afrique où le Directeur régional a promu le projet dès le début en écrivant personnellement à tous les Ministres de la Santé des pays africains pour le leur présenter. Des bibliothécaires du Bureau régional effectuent les formations dans les pays avec leur collègues du siège. Et nous avons déjà mentionné le rôle important des Représentants OMS dans les pays africains.

Le Bureau OMS de la Région de la Méditerranée orientale (EMRO) a saisi le projet au vol et est en train de l'adapter à la région. Grâce à l'enthousiasme du Représentant de l'OMS en Egypte, des financements ont pu être obtenus de l'UNICEF, de l'UNFPA, de la Coopération Italienne et de Plan International et 200 Bibliothèques bleues ont été commandées pour l'Egypte. Les services de bibliothèque d'EMRO ont maintenant entrepris d'assembler eux-mêmes les modules en y ajoutant des publications en arabe. C'est un véritable succès pour le projet qu' il fasse maintenant partie intégrante des activités du Bureau régional.

Conditions requises

Les spécifications matérielles pour l'installation initiale de la Bibliothèque bleue sont minimales. Elle doit être placée dans un local propre accessible à l'ensemble du personnel de santé du district, avec un certain degré de surveillance, malgré tout, pour que la collection reste aussi complète que possible.

Pour les personnes qui ne savent pas lire ou qui sont peu familières avec la version de la langue de la Bibliothèque bleue, elle peut servir à créer des outils didactiques simples sous forme de dessins, de pictogrammes, d'images, de schémas. Les professionnels de santé du terrain sont les mieux placés pour traduire et adapter le savoir théorique aux conditions locales et aux mentalités des populations qu'ils côtoient.

Un responsable pour chaque bibliothèque bleue

Une personne responsable de la Bibliothèque bleue au niveau du district (RES-BIB) est choisie au sein du personnel de santé du district. Ce peut être un médecin, un infirmier, une secrétaire ou un technicien sanitaire. Sa qualité la plus importante est sa motivation ! Sa mission principale est d'entretenir la collection, la faire connaître, et la mettre à la disposition du personnel de santé du district tout en veillant à sa bonne conservation.

Le RES-BIB reste en liaison avec le coordonnateur du projet au niveau national (nommé par le Ministère de la Santé) qui peut l'appuyer et le conseiller dans son action. C'est du RES-BIB que dépend la véritable intégration du projet dans les activités sanitaires du district : la Bibliothèque bleue doit être adoptée par toute la communauté médicale comme un véritable outil de travail pour l'amélioration des prestations de santé. Elle en est sa propriété collective. Le RES-BIB reçoit une formation donnée par les bibliothécaires de l'OMS lors de l'implantation du projet dans le pays.

Créer un réseau grâce au coordonnateur national

Le projet des Bibliothèques bleues s'implante dans un pays après avoir reçu l'aval du Ministère de la Santé qui nomme un Coordonnateur du projet au niveau national. C'est avec lui/elle que les Bibliothèques de l'OMS établissent le dialogue par l'intermédiaire du Bureau du représentant de l'OMS dans le pays.

Le Coordonnateur a un rôle de conseiller, il relaie les commentaires et les expériences. Il assure le suivi et anime le projet en se rendant dans les districts pour organiser des ateliers sur l'information médicale et sanitaire. Eventuellement, il sert de lien entre les districts et les bibliothèques médicales du pays pour fournir l'information complémentaire aux professionnels de la santé. Il évalue la pertinence et la réussite du projet grâce au recueil de statistiques et un dialogue régulier avec les responsables dans les districts.

Pour créer un véritable réseau et un dialogue entre les sites, un Bulletin des Bibliothèques bleues ( qui peut se limiter à une feuille d'information) sera publié au niveau de chaque pays pour recueillir et raconter les expériences des partenaires du projet. Une édition inter-pays du Bulletin rassemblera toutes ces expériences et donnera des informations sur les progrès du projet dans les différents pays.

Formation

Le rôle essentiel de la formation

Une session de formation est organisée dans un pays lorsque le nombre de Bibliothèques bleues implantées atteint le chiffre de vingt. La formation est une composante essentielle du projet qui ne se résume pas à une distribution de livres fussent-ils de l'OMS.

En effet, en l'absence d'un bibliothécaire ou documentaliste, la bibliothèque bleue est laissée aux mains d'un agent de santé dont la mission sera de gérer et de faire connaître la Bibliothèque bleue afin que l'information contenue dans la collection soit diffusée au niveau du district. La formation donnée à ces agents ne vise donc pas à en faire des bibliothécaires "aux pieds nus" mais des vecteurs actifs pour la transmission de l'information médicale et sanitaire.

La formation se divise en deux parties. La première partie qui dure trois jours, s'adresse à l'équipe d'encadrement du projet (le HIP, le coordonnateur national et le documentaliste du Ministère de la santé). Ensuite, dans la deuxième partie, ils aideront à former les RES-BIBs pendant les deux jours suivants.

Qui suit la formation?

Au moins un agent de santé sur le site où est installée la bibliothèque bleue : la communauté désigne un responsable (infirmière, médecin ou agent de santé communautaire). Celui-ci, chargé de diffuser l'information, suit un stage de deux jours avec ses homologues d'autres districts.

Qui assure la formation?

Le stage de formation est animé par le Coordinateur national, le responsable de l'information sanitaire et de la promotion de la santé au bureau du Représentant de l'OMS, le ou la documentaliste du Ministère de la Santé, les bibliothécaires sanitaires du pays (par exemple d'une faculté de médecine ou d'ONG locales) et un ou une bibliothécaire de l'OMS.

En quoi consiste la formation?

Il s'agit de messages simples communiqués dans un cadre informel avec des discussions de groupe.

Nous espérons que la formation marquera durablement les esprits et permettra de faire le meilleur usage possible des ouvrages de la bibliothèque bleue. Il est important de noter qu'on NE cherche PAS à former des bibliothécaires ou des documentalistes. Dans de nombreux pays d'Afrique, les centres de santé ou les hôpitaux de district n'ont que peu d'ouvrages, voire aucun, et personne n'est chargé de s'en occuper ou les diffuser. Le personnel de santé étant lui-même souvent en nombre insuffisant, un ou une documentaliste serait un luxe. Nous faisons prendre conscience aux gens de l'utilité de l'information et nous leur apprenons à s'en servir. Le système de bibliothèque prête à l'emploi permet de s'attacher, lors de la formation, à faire comprendre aux agents de santé l'importance d'une information adaptée et à jour pour leur travail quotidien.

Beaucoup d'agents de santé consultent peu de matériels imprimés une fois leur formation professionnelle terminée, peut-être parce que les bibliothèques sont difficiles d'accès ou peu fournies. La première partie de la formation porte donc sur les questions suivantes : qu'est-ce que l'information sanitaire, pourquoi les agents de santé en ont-ils besoin et quel est l'avantage pour la communauté quand les agents de santé sont mieux informés ? Comment encourager les autres à s'informer ? Des discussions de groupe permettent aux participants ayant une situation professionnelle analogue, mais qui ne se connaissent pas, de parler des problèmes qu'ils rencontrent dans ce domaine.

Lors des travaux pratiques, on montre aux participants le contenu de la malle en leur expliquant comment elle est organisée. Ils consultent les publications pour résoudre des situations semblables à celles qu'ils rencontrent dans leur vie professionnelle. Ils échangent des idées sur la façon de mettre les ouvrages à la portée des agents de santé communautaires ou de la population locale (traduction ou adaptation).

Les modalités de fonctionnement de la bibliothèque donnent lieu à un débat animé, par exemple la question de savoir si les livres seront prêtés, pour combien de temps, etc. Que faire quand il a été décidé de ne pas prêter les ouvrages et qu'une « personne importante » insiste pour qu'on fasse une exception pour elle ? Où installer la bibliothèque (ailleurs que dans le bureau du médecin chef pour éviter de le déranger) ? Comment l'enrichir avec des publications locales, etc. ? Enfin, des méthodes sont suggérées pour évaluer l'utilisation de la bibliothèque bleue par la communauté et recueillir des informations qui nous aideront à améliorer les différentes facettes du projet.

Les stages de formation donnent aux participants une grande motivation qui, nous l'espérons, ne s'émoussera pas une fois qu'ils seront de retour chez eux. Les échos que nous rapporteront les équipes de coordination nationales de leurs visites dans les districts au cours des prochains mois devraient nous permettre de savoir si le projet fonctionne bien ou s'il y a des problèmes à résoudre.

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