Pourquoi tant de femmes meurent encore pendant la grossesse et l’accouchement?

Questions-réponses
Novembre 2015

Q: Pourquoi y a t-il encore tant de femmes qui meurent pendant la grossesse ou l'accouchement?

R: On estime qu'en 2015, 303 000 femmes pourraient perdre la vie pendant ou après la grossesse ou l’accouchement. En outre, le nombre de femmes souffrant de lésions, d'infections ou de maladies liées à une grossesse ou à un accouchement est 12 fois supérieur.

La plupart des décès maternels sont dus aux hémorragies, aux infections, aux avortements à risque et à l’éclampsie (forte hypertension artérielle pouvant entraîner des convulsions) ou à des complications aggravées par la grossesse. Dans tous les cas, le manque d'accès aux soins, leur coût excessif et leur piètre qualité sont aussi des éléments déterminants.

Ces décès sont préjudiciables au développement et au bien-être social puisque environ un million d'enfants se retrouvent orphelins chaque année. Ces enfants ont plus de chances de mourir dans les 2 années qui suivent le décès de leur mère que les autres.

Les femmes ne doivent pas mourir en donnant la vie. Il importe que les jeunes femmes reçoivent l'information et le soutien dont elles ont besoin pour gérer leur santé reproductive, qu'elles bénéficient d'une aide tout au long de leur grossesse et que des soins soient prodigués à la mère ainsi qu'à l'enfant pendant les premières années de sa vie.

La grande majorité des décès maternels pourraient être évités si les femmes avaient accès à des services de planification familiale de qualité, à des soins qualifiés pendant la grossesse, l'accouchement et après la naissance ou à des services ad hoc après un avortement ainsi qu'à la possibilité d'avorter dans conditions de sécurité lorsque cette intervention est autorisée par la loi.

Il faut renforcer l’attention donnée aux femmes vivant dans des situations de conflit ou de crise humanitaire parce qu’un système de santé opérationnel, avec un personnel compétent, est essentiel pour sauver ces vies.

Bien que le monde n’ait pas atteint l’objectif du Millénaire pour le développement visant à réduire des trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle, de grands progrès ont été accomplis et l’on a observé une amélioration sensible de la santé maternelle dans de nombreux pays.

Au-delà de 2015, l’OMS s’est engagée à soutenir la baisse accélérée des taux de mortalité maternelle d’ici 2030, dans le cadre du Programme de développement durable. Pour y parvenir, des soins de santé reproductive, maternelle et néonatale de grande qualité doivent être disponibles, accessibles et acceptables pour tous ceux qui en ont besoin.

Dans le cadre des cibles et stratégies pour mettre un terme aux décès maternels évitables, l’OMS et ses partenaires aident les pays à atteindre ce but, de façon à ce que les femmes, les petites filles et les adolescentes puissent survivre et s’épanouir.