Pourquoi y a t-il encore tant de femmes qui meurent pendant la grossesse ou l'accouchement?

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Q: Pourquoi y a t-il encore tant de femmes qui meurent pendant la grossesse ou l'accouchement?

R: Toutes les minutes, au moins une femme meurt dans le monde des complications de la grossesse ou de l'accouchement - soit un total de 529 000 décès par an. En outre, le nombre de femmes souffrant de lésions, d'infections ou de maladies liées à une grossesse ou à un accouchement est vingt fois supérieur - environ 10 millions de femmes par an.

Cinq complications directes sont responsables de plus de 70% des décès maternels: hémorragie (25%), infections (15%), avortements à risque (13%), éclampsie (forte tension susceptible d'entraîner des convulsions - 12%) et dystocie (8%). Ce sont là les principales causes de décès maternels, toutefois, l'inaccessibilité, le coût excessif et la piètre qualité des soins sont aussi des éléments déterminants. Ces décès sont préjudiciables au développement et au bien-être social puisque environ un million d'enfants se retrouvent orphelins chaque année et qu'ils ont dix fois plus de chances de mourir dans les deux années qui suivent le décès de leur mère.

Les femmes ne sont pas obligées de mourir en donnant la vie. Il importe que les jeunes femmes reçoivent l'information et le soutien dont elles ont besoin pour gérer leur santé génésique, qu'elles bénéficient d'une aide tout au long de leur grossesse et que des soins soient prodigués à la mère ainsi qu'à l'enfant pendant les premières années de sa vie. La grande majorité des décès maternels pourraient être évités si les femmes avaient accès à des services de planification familiale de qualité, à des soins qualifiés pendant la grossesse, l'accouchement et le premier mois qui suit la naissance ou à des services ad hoc après un avortement ainsi qu'à la possibilité d'avorter dans conditions de sécurité lorsque cette intervention est autorisée par la loi. 15% des grossesses et des accouchements nécessitent des soins d'obstétrique d'urgence car les risques ne sont pas prévisibles. Un système de soins de santé fonctionnel et un personnel de santé qualifié sont indispensables pour sauver la vie de ces femmes.

L'OMS s'est engagée à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement qui consistent à réduire des trois quarts la mortalité maternelle. Cette année, la Journée mondiale de la Santé, le 7 avril, vise à convaincre les gouvernements et la communauté internationale d'accorder la priorité à la santé maternelle et infantile.

Le rapport sur la santé dans le monde 2005 - Donnons sa chance à chaque mère et à chaque enfant, qui a été rendu public à l'occasion de la Journée mondiale de la Santé, réclame un accès élargi à des soins et des interventions susceptibles de sauver des vies et une continuité des soins pour les femmes et les enfants, dès avant la grossesse, pendant l'accouchement, puis pendant la petite enfance.

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