En situation d’urgence, faut-il administrer la vaccination antitétanique aux survivants blessés?

Questions-réponses
Novembre 2013

Q: En situation d’urgence, faut-il administrer la vaccination antitétanique aux survivants blessés?

Le tétanos étant une complication des plaies et des lésions, il est indispensable que les blessés reçoivent les soins chirurgicaux et médicaux appropriés pour les plaies ouvertes contaminées. Toute plaie ouverte doit être considérée comme contaminée et ne pas être refermée. Le débridement et le retrait des tissus morts et des débris sont essentiels et, selon la taille de la plaie, pourront nécessiter une intervention chirurgicale menée dans de bonnes conditions. Les plaies seront pansées avec des pansements stériles et une suture primaire retardée sera programmée pour le patient.

Types de vaccins antitétaniques

  • TT - anatoxine tétanique
  • DTP - vaccin antidiphtérique, antitétanique, anticoquelucheux
  • DT - anatoxines diphtérique et tétanique
  • Td - anatoxine tétanique et anatoxine diphtérique (faible dose pour celle-ci)

La vaccination antitétanique est en général administrée aux victimes des catastrophes naturelles selon les besoins et ce pour plusieurs raisons.

  • Premièrement, il n’y a pas de transmission interhumaine.
  • Deuxièmement, dans de nombreuses régions du monde, la vaccination protège déjà plus ou moins la plupart des gens contre le tétanos.

En résumé, la prévention du tétanos peut être obtenue au cours des situations d’urgence par les moyens suivants:

  • Le nettoyage soigneux des plaies, profondes comme superficielles, permet de diminuer sensiblement le risque de tétanos. Il est également important de protéger les plaies nettoyées d’une recontamination avec des pansements et/ou l’application de désinfectants locaux.
  • Toute personne déblayant les décombres ou les passant au crible, devrait porter des vêtements de protection et des chaussures fermées.
  • Si possible, la vaccination antitétanique sera proposée à toute personne participant au déblayage des décombres et à la reconstruction. Pour ceux qui n’ont jamais été vaccinés dans le passé ou dont les antécédents vaccinaux sont incertains, on administrera une seconde dose de quatre à huit semaines après la première. La première dose n’assure pas de protection à ceux qui n’ont jamais été vaccinés auparavant; elle amorce plutôt la réaction de l’organisme pour produire l’immunité antitétanique lors de l’administration de la seconde dose, quatre semaines plus tard.
  • Si possible, la vaccination avec un vaccin à valence antitétanique sera proposée à toutes les personnes déplacées n’ayant pas reçu auparavant au moins trois doses.
  • Comme le risque de tétanos est élevé dans les zones de catastrophe et parce que le statut vaccinal de la plupart des personnes sera inconnu, il sera utile de fournir des doses de vaccin à valence antitétanique, ne serait-ce qu’une seule par personne.
  • Les immunoglobulines antitétaniques pourront être nécessaires pour prendre en charge les blessés présentant des lésions profondes.

Dans les situations d’urgence où les niveaux antérieurs de la vaccination antitétanique sont faibles, il faut faire particulièrement attention à la prévention du tétanos maternel et néonatal, en vaccinant les femmes en âge de procréer et en améliorant les conditions d’hygiène pour les accouchements. Il faut également rétablir le plus vite possible la vaccination systématique des femmes et des enfants.

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