Risques sanitaires pour la population du Grand Darfour : de multiples dangers liés à l'environnement


L'eau des crues

C'est la saison des pluies au Darfour et ces précipitations saisonnières provoquent souvent des inondations dans les camps. Or, il n'est pas souhaitable d'utiliser les eaux stagnantes qui en résultent pour plusieurs raisons : premièrement, elles peuvent contenir des agents pathogènes susceptible de contaminer l'eau des puits en pénétrant par les ouvertures submergées ; deuxièmement, elles renforcent le risque de paludisme.


Ramassage du bois

Dans les camps, le bois ramassé sert à cuire les repas. Dans des zones aussi densément peuplées que les camps, cette activité peut entraîner une dégradation importante de l'environnement. En outre, la concurrence pour les ressources naturelles peut entraîner des frictions entre les populations déplacées et celles qui les accueillent. A mesure que les ressources près des camps s'épuisent, les personnes déplacées, notamment les femmes et les jeunes filles, doivent s'aventurer plus loin, ce qui les expose à des risques d'agressions.

La densité démographique a connu des modifications spectaculaires dans certaines zones du Darfour. Le village de Mornei par exemple, dans le Darfour Ouest, a vu sa population passer de 5 000 habitants à l'origine à plus de 70 000 à la suite du conflit.


Défécation en plein champ

Il arrive que les gens soient habitués à déféquer en plein champ et continuent de le faire dans les camps ou dans le voisinage immédiat, en l'absence d'installations adéquates. Des latrines doivent être installées en nombre suffisant, être commodes et convenablement nettoyées et entretenues pour en faciliter l'usage. Il est essentiel d'enseigner les règles d'hygiène et de promouvoir l'usage et l'entretien des latrines. Si des terrains sont temporairement utilisés pour la défécation, ils doivent être soigneusement délimités de façon à protéger les sources d'eau de toute contamination.


Creusement de latrines à fosses

La mobilisation des communautés est essentielle si l'on veut que les populations s'approprient leur approvisionnement en eau et leur assainissement, en soient fiers et agissent de manière responsable. Il faut intégrer les femmes et leur donner le pouvoir de décider car ce sont elles qui assument la plupart du temps la charge des activités du ménage touchant à l'environnement. Elles jouent un rôle crucial dans chaque aspect de l'hygiène du milieu, qu'il s'agisse du transport et de la conservation de l'eau, de la préparation des repas, du ramassage du bois, de la construction des latrines, de la propreté des enfants et de l'entretien du site où vit le ménage.


L'OMS sur le terrain

Elle continue d'organiser des réunions avec les représentants de l'Etat, des institutions des Nations Unies et des ONG pour endiguer les flambées épidémiques, notamment l'hépatite E actuellement, ou se préparer à la possibilité d'apparition du choléra ou d'autres maladies. Ces réunions ont joué un rôle crucial pour orienter les efforts contre les flambées. Dans certains sites du Darfour, la coordination des actions dans le secteur de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement a impliqué la désignation de certaines ONG pour diriger les activités : amélioration de l'approvisionnement en eau, notamment la chloration, et promotion de l'hygiène.

L'OMS a soutenu les efforts des ministères de la santé au niveau des Etats et d'autres partenaires et elle poursuivra son action en fournissant du matériel et des équipements pour les activités en rapport avec l'hygiène du milieu, citernes, chlore, matériel de contrôle de la qualité de l'eau, matériel de lutte antivectorielle.

Les tâches à accomplir sont énormes. L'action humanitaire doit à la fois trouver des fonds et mobiliser les ressources humaines pour assurer l'approvisionnement en eau, des services d'assainissement de base et délivrer les messages fondamentaux relatifs à l'hygiène à plus d'un millions de personnes déplacées.


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