Madagascar: mettre un terme au ténia du porc

Décembre 2016

Vivre à proximité d’animaux ou dans de mauvaises conditions d’hygiène entraîne la propagation de maladies. Le ténia du porc, Taenia solium, qui peut provoquer une épilepsie évitable chez l’homme est un exemple. Cette maladie est répandue à Madagascar où l’OMS soutient le ministère de la Santé dans la lutte contre ce parasite, moyennant l'approche «Une seule santé». Cette approche reconnaît que la santé des individus est liée à celle des animaux et qu’une approche intersectorielle et s’appuyant sur la collaboration est nécessaire pour lutter contre la propagation des maladies.


OMS/A Fahrion

Dans les zones rurales de Madagascar, comme dans beaucoup d’autres pays, les populations vivent à proximité d’animaux domestiques, ce qui peut entraîner des problèmes de santé. On parle de zoonose lorsqu’une maladie touche les hommes et les animaux. De nombreuses zoonoses sont évitables par une meilleure hygiène personnelle, la préparation d’aliments sûrs et l’amélioration de l’approvisionnement en eau et des installations d’assainissement.


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À Madagascar, l’élevage de porcs de basse-cour est fréquent et contribue aux moyens de subsistance des ménages. En général, seul un petit nombre de porcs sont élevés dans chaque ménage et ils sont soit vendus, soit abattus lors des jours fériés pour célébrer des réunions de famille.


L. Thomas

Lorsque les porcs sont élevés dans une basse-cour où ils peuvent se déplacer librement, ils peuvent être infectés en ingérant des aliments contaminés par des fèces humaines, ce qui maintient le cycle évolutif de T. solium, ténia du porc. L’homme et le porc sont des hôtes du parasite.


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L’infection à T. solium (TS) survient lorsque l’homme consomme de la viande de porc crue, insuffisamment cuite ou infectée. Les porteurs humains du ténia dans l’intestin excrètent les œufs de ces vers plats. Ils peuvent sans le savoir s’infecter ou infecter les autres en raison d’une mauvaise hygiène des mains, des aliments ou de l’eau contaminés, provoquant des effets dévastateurs pour la santé humaine. Les larves de ténia (cysticerques) se développent dans les muscles, la peau, les yeux et le système nerveux central. Lorsque des kystes se forment dans le cerveau, ils peuvent entraîner une neurocysticercose.

La neurocysticercose est la cause de plus de 30% des cas d’épilepsie dans les zones d’endémie du ténia. La maladie est évitable si l’on fait en sorte que les personnes ne soient pas infectées par les larves du ténia, mais dans la plupart des cas, les porteurs ne sont pas diagnostiqués et par conséquent ne sont pas enregistrés. Les données préliminaires des enquêtes parasitologiques indiquent que l’infection due à T. solium est endémique dans plusieurs districts de Madagascar.


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Il est primordial que différents secteurs, notamment ceux de la santé humaine et vétérinaire et de l’environnement collaborent pour combattre et éliminer le parasite. L’OMS soutient une initiative intersectorielle dirigée par le ministère de la santé de Madagascar afin de mettre en œuvre une étude pilote pour démontrer comment certaines interventions contre T. solium peuvent réduire la prévalence du ténia à un niveau inférieur à 1%.


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Le projet sur 3 ans est en cours de mise en œuvre dans le district rural de Antanifotsy, au sud-est de la capitale Antananarivo, où les données préliminaires faisaient état d’une forte prévalence (supérieure à 6%) de l’infection due à T. solium. Une des principales interventions est le traitement à grande échelle de tous les sujets remplissant les conditions requises (les enfants de moins de cinq ans ne sont pas traités) au moyen du praziquantel. Pendant 2 années consécutives, en 2015 et en 2016, environ 65 000 personnes ont été traitées, soit une couverture de la population ciblée supérieure à 95%.


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Les aspects importants de l’intervention sont l’éducation, la sensibilisation et la mobilisation sociale. Les agents de santé communautaires informent la population des risques de la maladie et des avantages du traitement. Des informations supplémentaires sont disponibles dans des brochures, des affiches et des bannières placées dans des lieux publics. Au début de la campagne actuelle à Madagascar en 2016, dans le cadre des efforts de sensibilisation, un groupe de danse folklorique a interprété une chanson spéciale sur le parasite.


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Comme référence pour évaluer le succès de l’intervention, des échantillons de selles collectés chez des sujets humains sont analysés afin de détecter la présence de T. solium. Les porcs dans les communautés participant au projet pilote font également l’objet de tests afin de détecter la présence d’anticorps de la cysticercose dans leur sang.


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Deux cycles de traitement à grande échelle ont déjà abouti à une baisse de la prévalence de T. solium. Si cette tendance se poursuit, les résultats finaux à la fin de l’étude pilote sur trois ans, permettront de démontrer si la stratégie permet de réduire le taux d’infection due à T. solium chez l’homme et mettre fin à sa transmission. En association avec des mesures préventives chez les porcs (confinement, traitements antiparasitaires, inspection des élevages porcins) et l’utilisation de latrines, les chances de lutter contre le parasite seront plus élevées.