Lutte contre la flambée d’Ebola en Sierra Leone

Juillet 2014

OMS

Les autorités sanitaires nationales, l’OMS et ses partenaires travaillent 24 heures sur 24 afin d’endiguer la flambée de maladie à virus Ebola qui touche les districts orientaux de Kailahun et Kenema, en Sierra Leone.

Kailahun est situé près de la frontière avec la Guinée et plus précisément la région de Gueckédou où la flambée a été déclarée au départ en mars de cette année. Les premiers cas confirmés de maladie à virus Ebola de Kailahun ont été notifiés le 25 mai.

Au 17 juillet 2014, le nombre total de cas attribués à la maladie à virus Ebola en Sierra Leone s’élevait à 442, dont 206 décès.

«Depuis mon arrivée il y a 12 jours, nous avons enterré plus de 50 corps dans deux tombes de fortune à proximité du centre de traitement Ebola», rapporte José Rovira, un logisticien qui travaille avec l’OMS et qui a formé 20 volontaires de la Croix-Rouge nationale et du ministère de la Santé à ensevelir dans des conditions de sécurité les personnes décédées de la maladie à virus Ebola dans le district de Kailahun, «et ce chiffre ne comprend pas les personnes décédées à leur domicile. Nous recevons chaque jour des alertes au sujet de décès suspects survenus dans la communauté.»

Il est essentiel de rechercher et de traiter tous les malades, puis de rechercher et suivre les contacts proches de ces personnes sur une période de 21 jours pour s’assurer qu’ils n’ont pas été infectés si l’on veut interrompre la chaîne de transmission.

«Nous sommes engagés dans une course contre la montre. Nous sommes arrivés trop tard alors que certains villages comptaient déjà des douzaines de cas et à présent nous ne savons pas où localiser toutes les chaînes de transmission», déclare Anja Wolz, coordonnateur des urgences pour Médecins Sans Frontières (MSF), qui gère le centre de traitement Ebola à Kailahun. «Depuis la création du centre, il y a quatre semaines, nous avons compté plus de 90 cas confirmés, mais je pense que ce n’est que la pointe émergée de l’iceberg.»

La chaîne de transmission s’est ensuite déplacée vers le sud de la ville de Kenema. L’hôpital de district a transformé deux salles en centre de traitement, l’OMS fournissant l’assistance technique et les médecins. Huit infirmières travaillant dans le service Ebola ont été infectées, réduisant encore les effectifs des personnels de santé déjà peu nombreux.

«Nous avons des capacités limitées et nos agents de santé ne sont pas bien préparés», déclare le Dr Brima Kargbo, Médecin chef de la Sierra Leone qui supervise actuellement la riposte à Kenema. «L’aide extérieure est donc très appréciée.»

Tirer le maximum de ressources limitées

Dans les deux villes, la riposte est organisée dans le cadre de comités qui travaillent sur différents aspects et qui sont présidés par les autorités sanitaires nationales: prise en charge des cas et lutte contre l’infection, surveillance et mobilisation sociale, soutien psychosocial, et logistique.

«Pour parvenir à repérer activement les personnes malades, la participation de la communauté est essentielle», explique le Dr Zabulon Yoti, chef de l’équipe OMS et coordonnateur des urgences à Kailahun. «Avec l’appui financier de nos partenaires, nous avons recruté, formé et équipé 20 volontaires de téléphones portables dans 14 chefferies. Près de 300 volontaires sont chargés de rechercher les contacts et d’alerter le ministère de la Santé de tout cas ou décès suspect. Le programme donne des résultats et est d’ores et déjà financé pour les trois prochains mois.»

L’OMS a aidé à déployer un laboratoire mobile de Santé publique Canada à Kailahun, tandis qu’à Kenema, les analyses sont pratiquées au centre de recherche existant sur la fièvre de Lassa. Les activités de mobilisation sociale se poursuivent également, mais la crainte et l’angoisse persistent, en particulier en milieu rural. Les activités faisant appel aux chefs religieux et traditionnel dans le district de Kailahun ont déjà permis de mieux faire accepter les interventions sanitaires par la communauté.

L’admission précoce des sujets dans les centres de prise en charge des cas pour des traitements de soutien améliore leurs chances de survie. Plus de 50 malades ont ainsi pu quitter l’hôpital et rentrer chez eux après une prise en charge efficace au centre de traitement de Kenema.

Une action résolue est urgente

La vaste propagation géographique de la flambée exige une capacité et des structures de riposte considérables et solides. Toutefois, comme il s’agit de la première flambée importante de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, les pays touchés doivent renforcer leurs systèmes de préparation et d’action en cas d’épidémie.

En Sierra Leone, toutes les personnes concernées sont d’avis que la lutte contre Ebola s’avèrera difficile sans davantage de ressources. «Nous devons accélérer l’action et nous devons le faire vite», déclare le Dr Yoti, «nous avons besoin de davantage de spécialistes sur le terrain, de davantage de fonds et de davantage de soutien logistique.»

De nombreux volontaires dans la communauté sont prêts à prendre part à l’action mais il manque souvent des personnes expérimentées pour superviser les opérations.

«Nous sommes confrontés à une flambée très grave et nous avons besoin de davantage de personnel et de moyens logistiques», conclut le Dr Kargbo.

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L'action de l'OMS en Afrique de l'Ouest

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