Le Pérou protège l'allaitement maternel

Juillet 2013

Yocelin Vargas Sanchez, 21 ans, est mère de deux enfants: Elard âgé de six ans et une petite fille nouveau-née. Yocelin a accouché à l’hôpital national Cayetano Heredia de Lima (Pérou) où on lui a montré comment mettre son bébé au sein.

Yocelin allaite son bébé, Lima (Pérou)
OMS/Inés Calderon

«Dès que j’ai eu accouché, on a posé mon bébé sur ma poitrine, elle a pu sentir la chaleur de mon corps, puis je l’ai mise au sein. On m’a appris à la mettre dans une bonne position pour qu’elle puisse prendre le mamelon et l’aréole dans sa bouche. Ce n’était pas difficile. Ça a été une expérience agréable de voir comment elle s’accrochait à mon sein pour la toute première fois. »

«Cela a été une expérience très agréable de voir comment mon enfant s’accrochait à mon sein pour la toute première fois.»

Yocelin Vargas Sanchez, Lima, Pérou.

Yocelin avait allaité son premier enfant Elard jusqu’à l’âge de deux ans et demi et elle était décidée à allaiter sa fille aussi longtemps, car elle connaît les bénéfices de l’allaitement. «Elard n’est jamais malade parce que je ne lui ai donné que du lait maternel. J’allaiterai ma fille également jusqu’à l’âge de deux ou trois ans.»

Recommandations de l’OMS

Comme l’a fait Yocelin, l’OMS recommande :

  • de commencer à allaiter dans l’heure qui suit l’accouchement;
  • d’allaiter exclusivement au sein les six premiers mois;
  • d’introduire des aliments solides à l’âge de six mois tout en poursuivant l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans ou au-delà.

La meilleure source d’alimentation pour les nourrissons

L’OMS encourage l’allaitement maternel comme étant la meilleure source d’alimentation pour les nourrissons et les jeunes enfants et l’un des moyens les plus efficaces d’assurer la santé et la survie de l’enfant. Le lait maternel est sûr et contient des anticorps qui aident à protéger les nourrissons des maladies courantes de l’enfance. C’est une solution accessible et économique. Les personnes qui ont été nourries au sein sont moins susceptibles de présenter un surpoids ou une obésité plus tard. Elles risquent moins de souffrir de diabète et ont de meilleurs résultats aux tests d’intelligence.

OMS/Inés Calderon

Si tous les enfants du monde étaient nourris au sein, on pourrait sauver chaque année près de 220 000 vies.

Une analyse récente d’études menées au Ghana, en Inde et au Pérou a montré que les nourrissons qui n’étaient pas nourris au sein avaient 10 fois plus de risque de mourir que ceux qui avaient été principalement ou exclusivement nourris au sein.

Une progression des taux d'allaitement spectaculaire

Au niveau mondial, près de 38% des enfants sont exclusivement nourris au sein pendant les six premiers mois. Au Pérou, le taux d’allaitement maternel exclusif a augmenté de façon spectaculaire pendant les années 1990 – passant de moins de 20% en 1992 à plus de 57% en 2000 – grâce à un effort national de formation des agents de santé et à la mise en œuvre de l’initiative OMS/UNICEF des hôpitaux «amis des bébés», label qui certifie que les établissements encouragent l’allaitement maternel. Le taux obtenu au Pérou est bien au-dessus de la moyenne mondiale, mais, ces dernières années, les progrès ont ralenti (67,5% en 2012). Dans certaines régions, principalement les villes, il semble y avoir une tendance à la baisse.

Un peu plus de la moitié des enfants nés au Pérou (55%) sont désormais mis au sein dans l’heure qui suit l’accouchement. Les taux sont plus faibles lorsque la naissance a lieu dans un établissement de santé, lorsque l’accouchement est pratiqué par un professionnel de santé, pour les enfants nés en milieu urbain et ceux dont la mère a un niveau de revenu et d’études plus élevé. Cela peut paraître surprenant car, dans les pays à revenu élevé, la situation est généralement inversée – les mères à niveau de revenu et d’études plus élevé sont plus susceptibles d’allaiter leur enfant.

Les préparations pour nourrissons sapent les progrès obtenus

«Même si le Pérou a fait œuvre de pionnier en matière de réglementation pour promouvoir l’allaitement maternel, nous observons une augmentation des dons de préparations pour nourrissons faits aux mères et de la commercialisation ou des cadeaux faits au personnel des établissements de santé et aux services de santé par les fabricants de préparations pour nourrissons», affirme Fernando Leanes, Représentant de l’OMS au Pérou. «Cela sape les succès obtenus depuis plusieurs décennies. L’OMS, l’UNICEF et un large groupe d’ONG s’efforcent désormais, avec les pouvoirs publics, d’augmenter à nouveau le soutien à l’allaitement maternel.»

Un plan stratégique pour promouvoir et protéger l'allaitement

Un plan stratégique multisectoriel pour la promotion et la protection de l’allaitement maternel 2013-2021 renforcera la mise en œuvre des réglementations existantes en matière d’alimentation du nourrisson, garantira que les lieux de travail soient dotés de salles d’allaitement et reverra la situation des hôpitaux précédemment certifiés comme «accueillants pour la mère et l’enfant» afin de confirmer qu’ils encouragent toujours l’allaitement maternel.

Avec ces mesures, le Pérou s’efforcera d’accroître le taux d’allaitement au sein exclusif jusqu’à six mois et la poursuite de l’allaitement jusqu’à 24 mois de 2% par an jusqu’en 2021.

Yocelin prévoit de passer le message dans sa communauté : « L’allaitement maternel est une bonne chose. Avec l’amour, le lait maternel est le seul aliment dont mon bébé a besoin. »

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