Progrès dans la lutte contre la pneumonie et la diarrhée au Malawi

Avril 2013

Le Malawi adopte une approche intégrée de la lutte contre la pneumonie et la diarrhée.

Ces dix dernières années, le Malawi est parvenu à fortement réduire la mortalité chez les moins de cinq ans. Malgré ces avancées, la pneumonie reste la plus meurtrière des maladies de l'enfance: elle a tué selon les estimations 1000 nourrissons et jeunes enfants en 2010. La diarrhée, qui ôte chaque année la vie à 600 enfants, est une autre menace majeure.

Heureusement, ces maladies sont évitables et peuvent être traitées, et le Malawi fait des progrès notables pour les combattre.

Une femme souriante avec son enfant, un des premiers nourrissons du Malawi à avoir reçu le vaccin antipneumococcique.
OMS/Kwame Chiwaya

De nombreux facteurs contribuent à la pneumonie et à la diarrhée, et aucune intervention ne saurait donc à elle seule prévenir, traiter ou juguler avec succès l'une ou l'autre. Cependant, reconnaissant que plusieurs stratégies peuvent les combattre simultanément, le Malawi commence aujourd'hui à réduire le nombre d'infections et de décès associés à ces pathologies auparavant meurtrières.

De nouveaux vaccins

Parmi ces nouveaux outils figurent le vaccin contre les bactéries pneumococciques (qui peuvent causer la pneumonie, la méningite et d'autres maladies) et celui contre le rotavirus (la cause la plus courante de diarrhée sévère). Le Malawi a intégré en novembre 2011 le vaccin antipneumococcique à son programme de vaccination systématique de l'enfant, y ajoutant en octobre 2012 le vaccin antirotavirus. Seuls trois autres pays de la région africaine ont adopté ces deux vaccins: le Ghana, l'Afrique du Sud et le Rwanda.

«Le soutien apporté par l'OMS, l'UNICEF et l'Alliance GAVI nous a permis de protéger les enfants du Malawi contre deux maladies parmi les plus meurtrières: la pneumonie et la diarrhée.»

Dr Storn Kabuluzi, Directeur des services de santé préventive, ministère de la Santé du Malawi.

«Le soutien apporté par l'OMS, l'UNICEF et l'Alliance GAVI nous a permis de protéger les enfants du Malawi contre deux maladies parmi les plus meurtrières: la pneumonie et la diarrhée , déclare le Dr Storn Kabuluzi, de la Direction des services de santé préventive au ministère de la Santé du Malawi.

Une approche intégrée

Si les vaccins sont un pilier essentiel de la prévention de la pneumonie et de la diarrhée, ils doivent être associés à l'allaitement au sein, à des aliments nutritifs et à une environnement propre. Il est également essentiel de veiller à ce que les familles aient accès aux services de santé et à des médicaments adaptés.

Le Malawi est un des pionniers de cette approche. Par exemple, des articles d'hygiène sont fournis aux mères lors des visites prénatales. Cette mesure simple a permis de multiplier par presque trente, en à peine trois ans, l'adoption des bonnes pratiques de traitement de l'eau à domicile. Elle a également entraîné une hausse de 15% du nombre de mères qui accouchent dans des centres de santé et se rendent en consultation postnatale.

Un assistant de surveillance sanitaire (uniforme en bleu) explique la procédure de préparation du vaccin au Vice-Président du Malawi (à droite) sous le regard du Représentant de l'OMS.
OMS/Hudson Kubwalo

«L'OMS et le gouvernement du Malawi s'efforcent de montrer aux autres pays de la région qu'il est à la fois possible et avantageux d'intégrer des interventions qui auront pour effet de réduire la mortalité imputable à la pneumonie et à la diarrhée chez l'enfant» a déclaré le Dr Felicitas Zawaira, représentant de l'OMS au Malawi. «Au cours des dix dernières années, la mortalité de l'enfant a été divisée par deux, et le Malawi est l'un des rares pays d'Afrique à être en bonne voie pour atteindre le quatrième objectif du Millénaire pour le développement, qui prévoir de réduire des deux tiers, entre 1990 et 2015, la mortalité chez les moins de cinq ans.»

Atteindre les enfants dans les communautés

Depuis 2008, le Malawi a déployé près de 4000 «assistants de surveillance sanitaire» chargés de recenser les enfants malades des communautés isolées, de leur prodiguer des soins et de les transférer vers un hôpital si nécessaire. En plus de réduire la mortalité imputable à la pneumonie et à la diarrhée, ces efforts ont d'autres effets bénéfiques sur le plan de la santé. Une trousse de médicaments essentiels contre la fièvre, la diarrhée, la pneumonie et d'autres pathologies courantes est fournie aux assistants, qui sont formés à les utiliser. Ces assistants administrent des antibiotiques aux enfants souffrant de pneumonie et, en cas de diarrhée, fournissent des sels de réhydratation orale et du zinc, des produits qui peuvent sauver des vies.

Un nouveau plan d'action mondial

Le 12 avril 2013, l'OMS et l'UNICEF ont lancé un Plan d'action mondial intégré pour prévenir et combattre la pneumonie et la diarrhée Le plan appelle à une intégration plus étroite des efforts de prévention et de traitement pour ces deux maladies et fixe des cibles ambitieuses en vue de réduire la mortalité et d'améliorer l'accès à des interventions salvatrices telles que la vaccination, l'allaitement, l'amélioration de l'assainissement, la fourniture d'eau potable et le traitement (antibiotiques pour la pneumonie; sels de réhydratation orale et zinc pour la diarrhée).

«Trop souvent, les stratégies contre la pneumonie et la diarrhée sont mises en œuvre de manière indépendante » explique le Dr Elizabeth Mason, Directeur du Département OMS Santé de la mère, du nouveau-né, de l'enfant et de l'adolescent. «Or, comme le montrent des pays comme le Malawi, il est avantageux du point de vue sanitaire et économique d'intégrer plus étroitement ces stratégies.»

Partager