Pèlerinage du Hadj: les autorités sanitaires saoudiennes sont prêtes

Octobre 2013

On attend entre deux et trois millions de personnes sur les lieux saints de la Mecque et de Médine pour le Hadj, un pèlerinage religieux que tout musulman doit accomplir au moins une fois dans sa vie. Du point de vue de l’organisation, cela représente un énorme défi, comportant aussi la prestation des soins de santé.

Le Hadj remonte au VIIe siècle et le Royaume d’Arabie saoudite a accumulé des siècles d’expérience pour accueillir des vagues de pèlerins en provenance du monde entier. Les préparatifs de chaque Hadj commencent dès la fin de la saison précédente du pèlerinage pour en tirer tous les enseignements.

Un vaste service de santé à la disposition des pèlerins

OMS/T. Jasarevic

Lors du Hadj de l’année dernière, les installations du ministère de la Santé ont porté assistance à 372 000 personnes. Tous les services sont dispensés gratuitement, même lorsqu’il s’agit d’interventions compliquées et coûteuses, comme des opérations chirurgicales à cœur ouvert.

En général, pendant le Hadj, les premières causes d’interventions médicales sont les maladies cardiovasculaires, les coups de chaleur, la déshydratation, les brûlures, les intoxications alimentaires et les problèmes rénaux.

Cette année, 22 500 agents de santé de l’ensemble du Royaume sont venus pour faire fonctionner 25 hôpitaux avec une capacité de 5250 lits et 141 centres de santé dans les quatre zones principales du pèlerinage. L’hôpital d’urgence de Mina, construit exclusivement pour s’occuper des pèlerins, se situe entre les lieux saints de la Mecque et d’Arafat, où chacun est censé commencer son pèlerinage.

Fermé le reste de l’année, cet établissement dispose de 190 lits et voit chaque jour entre 10 000 et 12 000 patients pendant le Hadj. Un nouvel équipement a été mis en place cette année, avec 95 petites ambulances, décrites comme des «unités mobiles de soins intensifs», chacune dotée d’un médecin, d’un agent infirmier et de la technologie à la pointe du progrès. Elles seront placées dans les zones où se rassemblent les foules pour traiter ou transférer rapidement les patients qui en ont besoin et portent le nombre total des ambulances à 175.

Expérience des rassemblements de masse

Pour la quatrième année consécutive, le ministère saoudien de la Santé a invité l’OMS à observer les évènements et à fournir toute l’assistance technique requise pendant le Hadj. Résultat de cette collaboration et de la très grande expérience de l’Arabie saoudite en matière de grands rassemblements pour des événements religieux, sportifs, culturels ou autres, ce que l’OMS appelle les rassemblements de masse.

Le centre saoudien pour la médecine des rassemblements de masse a été désigné cette année comme centre collaborateur de l’OMS. Ensemble, l’OMS et l’Arabie saoudite tirent les leçons de l’expérience du Royaume dans ce domaine et en font profiter d’autres pays.

Les activités d’éducation sanitaire ont été renforcées avec la création d’un numéro d’appel gratuit permettant de joindre des médecins. Des brochures d’informations sanitaires publiées en 10 langues sont distribuées aux pèlerins à leur arrivée et aux médias.

Le défi du coronavirus

La flambée récente d’infections par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) qui a jusqu’à présent touché à l’échelle mondiale 136 personnes, parmi lesquelles il y a eu 58 décès, avec des cas notifiés en majorité par l’Arabie saoudite, a amené les autorités sanitaires à renforcer la surveillance et l’éducation sanitaires des pèlerins. En plus des installations de laboratoire existant déjà à Djeddah et à Médine, une nouvelle unité a été mise en place à l’Hôpital Mina Al Wadi, afin de faire rapidement les analyses pour les cas suspects.

Le Comité scientifique national saoudien pour les maladies infectieuses a recommandé aux personnes de plus de 65 ans, aux enfants, aux femmes enceintes et à ceux qui présentent une affection sous-jacente de reporter leur pèlerinage en raison du risque du MERS-CoV. Selon les autorités sanitaires saoudiennes, des contrôles de santé aléatoires sont faits à l’arrivée des pèlerins dans les aéroports.

Les pays en dehors de la région affectée devraient maintenir un niveau élevé de vigilance, en particulier ceux qui accueillent un grand nombre de voyageurs ou de travailleurs immigrés en provenance du Moyen-Orient. Dans ces pays, la surveillance doit être renforcée conformément aux lignes directrices de l’OMS, de même que les procédures de lutte contre les infections dans les établissements de santé.

L’OMS continue de demander à tous les États Membres de lui notifier tous les cas confirmés et probables, avec des informations sur leur exposition, les tests pratiqués et l’évolution clinique pour orienter la préparation et la riposte internationales et leur donner un maximum d’efficacité. Elle recommande fortement de faire des investigations détaillées pour chaque cas, des études cas-témoins pour les cas indicateurs et un suivi intensif des contacts avec des essais sérologiques afin d’améliorer nos connaissances des caractéristiques cliniques de l’infection par le MERS-CoV.

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