Le Ghana s'occupe de sa population vieillissante

Octobre 2013

Les Ghanéens vivent plus longtemps. La proportion de la population âgée de plus de 60 ans devrait atteindre 12% en 2050, alors qu’elle n’était que de 7% en 2010.

Le ministère de la Santé s’emploie, avec l’aide de l’OMS et de ses partenaires, à aider les Ghanéens âgés à vivre en meilleure santé et à mener une vie plus productive. En 2010, le gouvernement ghanéen a approuvé une politique nationale sur le vieillissement. Deux ans plus tard, il a demandé à l’OMS de l’aider à passer de la théorie à la pratique.

Collecter les données scientifiques

L’OMS a commencé par mettre sur pied une équipe spéciale sur le vieillissement et la santé composée de membres du personnel du ministère de la Santé, du ministère de l’Égalité des sexes, de l’enfance et de la protection sociale, du Service de santé ghanéen, de l’Université du Ghana, du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et d’organisations non gouvernementales telles que HelpAge et Alzheimer’s Ghana.

L’équipe a examiné tous les travaux de recherche disponibles sur le vieillissement au Ghana. Certaines données essentielles provenaient de l’étude de l’OMS sur le vieillissement et la santé des adultes dans le monde (SAGE), projet qui recueille des informations complètes sur la situation et les besoins de santé des personnes âgées dans six pays à revenu faible ou intermédiaire.

J. Owusu, Alzheimer’s Ghana

Au Ghana, plus de 4000 personnes âgées de 50 ans et plus ont été interrogées dans le cadre de l’étude SAGE. Elles ont fourni des informations sur leur ménage, leur situation économique et sociale, leur comportement en matière de santé, le diagnostic et le traitement des maladies chroniques et l’accès aux services de santé. Leur poids et leur taille ont été enregistrés de même que leur tension et leur capacité pulmonaire.

L’équipe a recensé cinq domaines prioritaires d’action, couvrant la prévention et le traitement des maladies ainsi que les améliorations au système de santé:

  • hypertension non diagnostiquée et non traitée;
  • difficultés pur effectuer les tâches quotidiennes et isolement social;
  • mauvaise utilisation des services de santé;
  • formation inadéquate des personnels de santé pour prendre en charge les personnes âgées;
  • problèmes de vue et d’audition non détectés et/ou non pris en charge.

D’après le représentant de l’OMS au Ghana, le Dr Idrissa Sow, «la définition des questions essentielles à traiter pour aider les Ghanéens à vivre en meilleure santé à mesure qu’ils prennent de l’âge a été extrêmement rigoureuse. Il s’agit d’un fondement solide qui doit permettre au pays de mettre ses plans à exécution.»

Mesures recommandées

L’équipe a ensuite élaboré des recommandations complètes portant sur ces domaines prioritaires: sensibilisation de la communauté, amélioration de l’aptitude des personnels de santé à faire face aux besoins des personnes âgées, élargissement de la couverture des systèmes nationaux d’assurance-maladie et mise à disposition d’appareils auditifs et de lunettes pour les personnes qui en ont besoin.

Les recommandations de l’équipe ont été reprises dans la Stratégie ghanéenne de santé à moyen terme pour 2014-2017.

Charles Acquah, économiste de la santé au Service de santé du Ghana et membre de l’équipe spéciale a estimé: «l’intérêt manifesté par toutes les parties prenantes jusqu’ici est très encourageant. Nous espérons que tous joindront leurs forces pour faire avancer la cause de notre population vieillissante.»

Dans une région où la plupart des pays ne sont dotés d’aucun programme de santé axé sur les personnes âgées, d’autres pays africains s’inspireront du Ghana pour traduire la politique en mesures concrètes, ce qui permettra au nombre croissant de personnes âgées en Afrique de vivre en meilleure santé.

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