Protéger la santé des consommateurs avec des aliments sains et nutritifs: les 50 premières années du Codex Alimentarius

Juin 2013

En 50 ans, le Codex Alimentarius a adopté plusieurs centaines de normes internationales sur la sécurité sanitaire des aliments et la nutrition en vue de protéger la santé des consommateurs et de garantir des pratiques loyales dans le commerce des denrées alimentaires.

En 2008, un des plus importants incidents de sécurité sanitaire des aliments de l’histoire du Codex a alarmé les consommateurs de toute la planète. Plusieurs milliers d’enfants étaient alors tombés malades en Chine après avoir ingéré une préparation pour nourrissons contaminée à la mélamine. Une concentration élevée de ce composé chimique dans les aliments peut, en effet, entraîner une insuffisance rénale, voire la mort. À la suite de la découverte de ces préparations contaminées, des produits importés, eux aussi affectés, ont été détectés dans plusieurs autres pays.

Établir des normes internationales

Participants à une formation en laboratoire du Réseau mondial de surveillance des infections d’origine alimentaire
Réseau mondial de surveillance des infections d’origine alimentaire

L’OMS a immédiatement réagi. L’Organisation a informé tous ses États Membres de l’événement, publié des rapports de situation réguliers sur les produits impliqués et leur distribution, et organisé une réunion spéciale d’experts avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Cette réunion, qui s’est tenue en décembre 2008, a permis d’évaluer les risques liés à l’ingestion de ce composé chimique et d’en définir une dose journalière acceptable. En 2010, sur la base des conclusions de la réunion d’experts, la Commission du Codex Alimentarius – le Programme des Nations Unies pour l’élaboration des normes alimentaires créé par l’OMS et la FAO en 1963 – a adopté une norme fixant le niveau maximum de mélamine pour les préparations en poudre pour nourrissons et d’autres aliments.

L’affaire de la mélamine illustre la nécessité d’élaborer des normes internationales sur la sécurité sanitaire des aliments et la nutrition en se fondant sur de solides évaluations scientifiques. Cet exemple montre également que le système du Codex permet à la communauté internationale de réagir rapidement face à de nouveaux développements inattendus ayant une incidence sur la santé et/ou le commerce international.

50 ans au service de la sécurité sanitaire des aliments

Le Codex vise à protéger la santé des consommateurs et à garantir des pratiques loyales dans le commerce des denrées alimentaires. La Commission, dont le recueil de normes alimentaires est intitulé Codex Alimentarius («code alimentaire» en latin), célèbre son cinquantième anniversaire en juillet 2013. Aujourd’hui, elle réunit 185 États Membres, l’Union européenne et de nombreux observateurs d’autres institutions des Nations Unies, des organisations intergouvernementales et de la société civile.

Étalage de légumes dans un supermarché
OMS/M. Heine

«L’amélioration de la sécurité sanitaire et de la teneur nutritionnelle des aliments afin de garantir la santé de tous dans un monde globalisé reste un défi pour tous les gouvernements de la planète» déclare le Dr Kazuaki Miyagishima, Directeur du Département OMS Sécurité sanitaire des aliments et zoonoses. «Le Codex fonctionne comme un forum international transparent qui a pour objet de parvenir à un consensus sur les normes de sécurité sanitaire des aliments. Il est ouvert non seulement aux autorités nationales de contrôle des aliments, mais aussi à la société civile (consommateurs, scientifiques et producteurs de denrées alimentaires).»

Depuis sa création, la Commission a adopté plusieurs centaines de normes qui se sont avérées des outils essentiels pour protéger les consommateurs des menaces d’ordre alimentaire. Elles garantissent la qualité et la valeur nutritionnelle des denrées alimentaires, fournissent, par l’étiquetage, des informations utiles aux consommateurs et évitent également les différends commerciaux.

Récemment, la Commission s’est intéressée aux aflatoxines dans les figues, au mercure dans le thon, aux pesticides dans différentes cultures et à la maîtrise des virus dans les aliments. Elle travaille aussi actuellement sur les problèmes croissants de santé publique que posent les maladies non transmissibles liées à l’alimentation. Pour éviter la contamination des aliments à la source, le Codex élabore également des codes d’usages pour une production sûre de denrées alimentaires, y compris en matière d’alimentation animale.

Des références internationales fondées sur des données scientifiques

Les normes du Codex reposent sur des données scientifiques communiquées lors de réunions d’experts indépendants telles que celle consacrée à la mélamine. Plusieurs comités établis de longue date traitent différents aspects de la sécurité sanitaire des aliments et de la nutrition; le Comité mixte FAO/OMS d’experts des Additifs alimentaires est l’un des plus anciens comités d’experts de l’OMS et se réunit régulièrement depuis 1956.

«Lorsqu’un État Membre a soumis une demande par l’intermédiaire d’un comité du Codex, nous pouvons demander des avis scientifiques à la FAO et à l’OMS», explique Sanjay Dave, Président de la Commission du Codex Alimentarius. «L’OMS et la FAO organisent ensuite une réunion internationale d’experts indépendants en vue d’évaluer toutes les données disponibles et de soumettre des recommandations à l’attention du Comité pertinent du Codex. Puis, sur la base de celles-ci et conformément aux procédures établies du Codex, la Commission adopte une norme du Codex.»

Même si les normes du Codex sont non contraignantes, l’Accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) leur a conféré en 1995 le statut de références internationales dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments. Cela a eu comme effet de beaucoup accroître leur utilité à l’échelle mondiale, l’OMS les utilisant à plusieurs occasions pour résoudre des conflits commerciaux.

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