Le Bélarus enregistre les premiers progrès de sa réforme de la lutte contre la tuberculose

Octobre 2013

Les réformes entreprises au Bélarus pour amener la prise en charge de la tuberculose et la lutte contre cette maladie au niveau des normes internationales ont permis de faire baisser le nombre de décès et de nouveaux cas.

Aleksandr, un jeune homme de 24 ans habitant la région de Vitebsk, a appris qu’il était atteint de la tuberculose en 2010, lorsqu’il a commencé à occuper un nouvel emploi. Il connaît bien la tuberculose. Son père en est mort et son frère et sa sœur en ont été guéris après avoir suivi un traitement. Aleksandr, à son tour, a dû prendre le traitement standard complet mais il a rechuté quelques mois plus tard. Les médecins ont diagnostiqué une tuberculose multirésistante (MR) et il a dû être hospitalisé pour recevoir un deuxième traitement.

«Les réformes ont permis d’améliorer considérablement la qualité des traitements et d’adopter de nouvelles méthodes de diagnostic.»

Valentin Rusovich, coordonnateur de la lutte antituberculeuse pour l’OMS au Bélarus

La tuberculose MR, c’est-à-dire résistante à l’isoniazide et à la rifampicine, les deux antituberculeux les plus puissants, est une maladie difficile à traiter et potentiellement mortelle. Une résistance aux médicaments peut apparaître lorsque les médecins ne prescrivent pas le traitement adéquat, quand les patients ne prennent pas leur traitement jusqu’au bout ou si les médicaments sont de mauvaise qualité.

Le Bélarus est l’un des 27 pays où la charge de tuberculose MR est élevée. En 2011, le pays comptait plus de 9000 cas de tuberculose dont près d’un quart étaient des formes multirésistantes.

L’un des moyens les plus efficaces de prévenir la propagation de la tuberculose MR est de détecter et de traiter correctement la tuberculose sensible aux médicaments.

Lutte antituberculose et normes internationales

OMS/V. Rusovich

En 2008, le pays a commencé à entreprendre des réformes pour amener la prise en charge de la tuberculose et la lutte au niveau des normes internationales, conformément aux recommandations «Halte à la tuberculose» de l’OMS.

«Les réformes ont permis d’améliorer considérablement la qualité des traitements et d’adopter de nouvelles méthodes de diagnostic», affirme Valentin Rusovich, coordonnateur de la lutte antituberculeuse pour l’OMS au Bélarus.

Ces réformes ont porté sur l’amélioration des services de laboratoire pour détecter toutes les formes de tuberculose, l’adoption de protocoles thérapeutiques internationaux dans les hôpitaux et les dispensaires, un meilleur contrôle des données des patients pour déterminer quels sont les médicaments et les services nécessaires et pour suivre les résultats, et l’application rigoureuse de lignes directrices sur la lutte anti-infectieuse approuvées par le ministère de la Santé et adaptées aux conditions locales.

Ainsi, en milieu hospitalier, les patients atteints de tuberculose sensible aux médicaments sont désormais séparés de ceux atteints de tuberculose MR, les patients qui se trouvent en dehors des unités de traitement portent des masques et les soignants portent des masques respirateurs (plus protecteurs) lorsqu’ils sont en contact avec des malades de la tuberculose.

En outre, un traitement standardisé de la tuberculose a été instauré dans les services ambulatoires, en même temps que des mesures incitatives pour les patients – distribution de colis de nourriture et remboursement des frais de transport jusqu’au dispensaire. Grâce à cela, le nombre de patients qui ont suivi leur traitement jusqu’au bout et qui ont guéri a augmenté.

L’aide internationale a joué un rôle essentiel dans le succès de cette entreprise, en particulier les conseils techniques de l’OMS, le soutien financier de l’USAID et les subventions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour l’achat de médicaments contre la tuberculose et la tuberculose MR.

Des nouveaux cas moins nombreux

OMS/V. Rusovich

Les premiers résultats (en 2011) montrent que les nouvelles mesures ont des effets positifs. On compte moins de décès dus à la tuberculose et le nombre de nouveaux cas a baissé de 30% par rapport au pic qu’il avait atteint au début des années 2000.

La durée des hospitalisations est en baisse constante. Les patients sortent de l’hôpital dans un délai de deux mois et terminent leur traitement en ambulatoire.

Grâce aux nouvelles mesures de lutte contre les infections, le nombre de nouveaux cas parmi le personnel soignant est également en baisse.

Une augmentation des formes résistantes de tuberculose

Cependant, les taux de tuberculose résistante aux médicaments restent élevés et ont même augmenté. Les formes résistantes de tuberculose ont augmenté de 15% en 2010, par rapport à des données antérieures.

Des experts internationaux et nationaux qui ont examiné le programme en 2011 ont félicité le Bélarus pour l’amélioration notable de la prise en charge de la tuberculose mais les spécialistes de la santé ont souligné l’importance d’un diagnostic et d’un traitement précoces des cas de tuberculose MR.

Aleksandr envisage l’avenir avec optimisme.

«Je vais bientôt terminer ma deuxième année de traitement et je suis sûr que cette fois ci ça va marcher. Il est important de savoir que n’importe qui peut attraper la tuberculose et, si on pense être atteint, il ne faut pas avoir peur de commencer un traitement. Il est possible de guérir, mais ça prend du temps», dit-il.

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