Prévenir la transmission mère-enfant du VIH au Swaziland

Août 2012

L'histoire de Sibongile

Sibongile Dlamini et ses enfants Sipho (8 ans) et Nomsa1 (2 ans) vivent dans la région rurale de Sithobela, dans l’est du Swaziland. Sibongile est VIH-positive. Elle était enceinte de 28 semaines de Nomsa lorsqu’elle s’est rendue à sa première consultation prénatale. Comme toutes les femmes qui viennent en consultation prénatale au Swaziland, elle s’est vu proposer un test de dépistage du VIH et des services de conseil. Lorsque Sibongile a su qu’elle était séropositive, elle s’est inscrite au programme gouvernemental de prévention de la transmission mère-enfant (PTME), et des antirétroviraux lui ont été administrés pour bloquer la transmission du virus à son enfant. Elle a également reçu un soutien de Mothers to Mothers (M2M), association qui fournit un conseil aux femmes enceintes séropositives inscrites au programme de PTME, les aide à révéler leur séropositivité et lutte contre la discrimination.

mothers2mothers

« Lorsque je me suis rendue à la consultation prénatale, j’ai consenti au test de dépistage du VIH. À ma grande surprise, ce test a été positif. Cela n’a pas été facile à accepter. J’ai beaucoup pleuré et je n’ai pu en parler à personne pendant un certain temps. J’ai été placée sous traitement pour la PTME, traitement que j’ai suivi scrupuleusement et j’ai accouché d’une fille qui a également été placée sous antirétroviraux, traitement que je lui administre aussi religieusement. Elle était séronégative à six semaines et j’étais très heureuse, » raconte Sibongile.

Prévention de la transmission mère-enfant du VIH une priorité absolue

Les soins prénatals sont pratiquement partout accessibles au Swaziland et 98% des femmes enceintes se rendent à ces consultations au moins une fois. Le taux d’accouchements pratiqués par du personnel qualifié dans le pays est également élevé, 82% des femmes accouchant dans les établissements de santé. La présence d’un personnel qualifié lors de l’accouchement est importante pour la santé de la mère et de l’enfant, surtout lorsque la mère est VIH-positive.

Au Swaziland, près de 41% des femmes enceintes sont infectées par le VIH, et elles donnent naissance à plus de 17 000 nourrissons exposés au VIH chaque année. Pour faire face à cette situation, le Gouvernement du Swaziland a fait de la prévention de la transmission mère-enfant du VIH une priorité absolue.

Le programme de PTME

Le programme de PTME du Swaziland a été lancé officiellement en 2003. Le bureau de l’OMS dans le pays a fourni un soutien technique au Ministère de la Santé en adaptant les directives mondiales aux besoins locaux, en élaborant des matériels de formation, en formant des dispensateurs de soins de santé, en renforçant les systèmes d’encadrement et de mentorat, et en travaillant avec les communautés pour accroître la demande de services. L’UNICEF a fourni des fonds pour les trois premiers sites pilotes et un soutien technique supplémentaire. Sur la base de l’expérience acquise grâce à la mise en œuvre de ces projets pilotes, un programme national a été déployé pour atteindre 150 sites en 2010.

Les progrès

Le Swaziland a fait des progrès louables ces dernières années. Les services de PTME sont intégrés aux services de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant pour garantir qu’un aussi grand nombre que possible de femmes séropositives et de leurs enfants soient repérés et soignés. Sur la base des directives de l’OMS de 2010 concernant l’utilisation des antirétroviraux pour le traitement des femmes enceintes et la prévention de l’infection à VIH chez le nourrisson, le pays a proposé des schémas thérapeutiques plus efficaces qui ramènent le risque de transmission de la mère à l’enfant à moins de 5%. En outre, tous les nourrissons exposés au VIH sont testés à l’âge de six semaines.

Le but est d’éliminer les infections à VIH chez les enfants

M. Phakathi

« Notre but est maintenant d’éliminer les infections à VIH chez les enfants d’ici 2015 et d’améliorer la survie et la santé de leurs mères, » a déclaré le Dr Simon Zwane, Directeur des Services de santé au Ministère de la Santé du Swaziland.

Le rôle de l'OMS

Avec l’aide de l’OMS et d’autres partenaires, des activités communautaires sont mises en place dans toutes les régions du pays pour accroître la sensibilisation et améliorer l’accès aux services de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant et leur utilisation.

La mobilisation comprend des visites porte-à-porte pour éduquer les familles sur la PTME, des dialogues avec la communauté, la distribution d’informations et d’autres services de prévention de l’infection à VIH. C’est particulièrement important pour pouvoir atteindre les familles en milieu rural, comme à Sithobela, car les trois quarts de la population du pays vit en dehors des villes.

Les tests de dépistage du VIH et l’initiative du dispensateur de soins et de conseil ont été introduits au Swaziland en 2006. À l’heure actuelle, toutes les femmes qui viennent en consultation prénatale sont encouragées à se faire dépister à un stade précoce de la grossesse et à nouveau tous les deux mois, conformément aux directives de l’OMS. À l’heure actuelle, plus de 90% des femmes enceintes qui fréquentent des établissements de santé publique font l’objet de tests de dépistage ou d’un conseil.

« L’OMS continuera à aider le Ministère de la Santé à améliorer les services de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, en particulier la PTME » a déclaré le Dr Owen Kaluwa, représentant de l’OMS au Swaziland.

« Je suis très reconnaissante au programme de PTME et au groupe de soutien M2M car j’ai maintenant un enfant séronégatif, en bonne santé et je n’ai plus problème vis-à-vis de ma séropositivité, » a déclaré Sibongile, qui continue à avoir accès à des médicaments antirétroviraux gratuits et qui élève avec bonheur Nomsa et Siphon.


1 Les noms ont été modifiés pour protéger la vie privée des personnes.

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