Thaïlande: bonne gouvernance et lutte contre la corruption

Un programme conjoint Thaïlande/OMS s’attelle avec succès à combattre la corruption dans le secteur pharmaceutique et à réduire le prix des médicaments

Juin 2010

Progrès obtenus au bout de cinq ans

La Thaïlande se trouve dans la troisième et dernière phase du Programme OMS de bonne gouvernance dans le secteur pharmaceutique, qui porte déjà ses fruits.

Abaissement du prix d’achat des médicaments de qualité: le nombre d’hôpitaux respectant les meilleures pratiques lors de l’acquisition des médicaments a augmenté, un système d’achats groupés a été mis en place, assorti d’une liste des produits et fournisseurs agréés.

Pleins feux sur le problème: les lois et réglementations pharmaceutiques du pays ont été passées en revue, une base de données nationale sur la bonne gouvernance des systèmes pharmaceutiques, comportant des publications et des articles sur la corruption, les pratiques contraires à l’éthique et des exemples de corruption avérée, a été constituée.

Des informations disponibles plus facilement: des bulletins d’information, des communications publiques relayées par les médias, ainsi que des brochures et des sites Web ont été mis en place. Le procès-verbal des réunions nationales consacrées au secteur pharmaceutique est à la disposition du public et la « bonne gouvernance » a été ajoutée au programme d’études des 15 facultés de pharmacie.

Rappel des faits

En 1997, la Thaïlande traversait une crise économique s’accompagnant de la dévaluation de la monnaie nationale – le baht. Les hôpitaux sous tutelle du Ministère de la Santé publique, lesquels assuraient 70 à 80 % des services de santé et de soins, devaient faire banqueroute dans les deux ans. En outre :

  • les prix des médicaments augmentaient;
  • les hôpitaux achetaient les mêmes médicaments à des prix différents;
  • les sociétés pharmaceutiques offraient des avantages aux médecins pour les inciter à prescrire leurs produits; et
  • les médecins prescrivaient souvent des médicaments de marque au détriment des génériques.

Riposte: une réforme de la gestion pharmaceutique

En réaction, les pouvoirs publics ont entrepris de réformer la gestion pharmaceutique: il s’agissait de limiter le type et la qualité de médicaments stockés par les hôpitaux, de mettre en place des systèmes d’achats groupés au niveau de la province et de créer un centre d’information pharmaceutique permettant aux hôpitaux de partager les informations. En 2004, la Thaïlande a décidé que le Programme OMS de bonne gouvernance dans le secteur pharmaceutique l’aiderait à accroître la transparence et à assurer l’accès aux médicaments, tout en économisant des ressources précieuses.

Un effet positif au-delà du ministère de la Santé publique

Le changement majeur qu’a connu le ninistère de la Santé publique est la coopération instaurée au sein du pays entre les universités et l’Administration des aliments et des médicaments et, au plan international, avec d’autres pays participant au Programme de bonne gouvernance. «L’échange d’informations et de données d’expérience rendu possible grâce au Programme nous a permis de faire bouger les lignes», déclare le Dr Chanvit Tharathep, attaché au ministère de la Santé publique. «Notre conception est aussi plus systématique. Nous avons une stratégie et une orientation claire, définissant des objectifs à atteindre dans des délais fixés avec un souci accru de transparence.»

Les 3 phases du Programme de bonne gouvernance

Phase I: évaluation nationale de la transparence et de la vulnérabilité potentielle à la corruption

Phase II: élaboration d’un programme national de bonne gouvernance dans le secteur pharmaceutique

Phase III: mise en œuvre de ce programme national

Forte de cette expérience, la Thaïlande propose ses conseils à d’autres pays. «Ils devraient tout d’abord analyser la situation pharmaceutique qui prévaut dans leur pays, puis élaborer un cadre de bonne gouvernance adapté à leur contexte et à leur environnement. Le fossé qui existe entre le système en vigueur et le cadre souhaité devrait être circonscrit et la stratégie adoptée devrait s’efforcer de le combler», déclare le Dr Tharathep.

«La transparence du système est l’une des activités essentielles. Pour nous, le centre d’information pharmaceutique a été le meilleur vecteur de la transparence. Grâce à lui, les prix des produits vendus aux hôpitaux sous tutelle du ministère de la Santé par les sociétés pharmaceutiques sont connus de tous. »

Lancé en 2004 dans quatre pays asiatiques, le Programme de bonne gouvernance dans le secteur pharmaceutique est actuellement mis en œuvre dans 26 pays dans le but de réduire la corruption moyennant l’adoption de procédures administratives transparentes et responsables, et de promouvoir des pratiques déontologiques visant à renforcer les systèmes de santé dans les pays.

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