Iraq: Note d'information OMS sur la santé


22 avril 2003

L’évaluation des services de santé à Bagdad, Tikrit et Mossoul montre une certaine amélioration de la situation, qui reste cependant tendue.

Chaque jour, le personnel national de l’OMS évalue les situations sanitaires locales dans tout l’Iraq pour déterminer les besoins les plus urgents et veiller à ce qu’ils soient satisfaits. Ce travail de l’Organisation est crucial pour faire redémarrer le système de santé du pays. Les évaluations les plus récentes complètent les travaux déjà faits à Bagdad et à Mossoul et l’on a un nouveau rapport sur Tikrit.

Bagdad

L’OMS aide à la coordination du secteur de la santé ; trois équipes évaluent les services de santé dans toute la ville.

L’OMS travaille au rétablissement du groupe de coordination du secteur de la santé à Bagdad, qui comprend les ONG en activité dans cette ville. La coordination est en effet essentielle pour veiller à ce que les hôpitaux et les centres de santé reçoivent bien le matériel médical et les autres équipements qui leur sont nécessaires : leurs besoins varient en fonction des dégradations et des pillages qu’ils ont subis.

L’OMS s’active pour organiser d’urgence la livraison à Bagdad, à partir de la Jordanie, des kits de recherche de l’hépatite C et du VIH/SIDA pour les banques du sang et de bouteilles d’oxygène et de dispositifs externes de fixation dans les hôpitaux de la région. Ces équipements leur parviendront dès que les conditions de sécurité le permettront.

Le bureau de l’OMS à Bagdad fonctionne désormais dans des locaux temporaires équipés de moyens de communication et d’ordinateurs. Ces locaux seront utilisés jusqu’à ce que l’OMS puisse établir un bureau permanent, le précédent ayant été complètement détruit et pillé. L’Organisation a pu récupérer deux de ses véhicules volés et s’efforce de retrouver les autres en ville.

Tikrit

Le personnel de l’OMS, accompagné du Directeur général de la santé de Mossoul, a pu se rendre hier à Tikrit pour la première fois. En raison des nombreux contrôles routiers et des munitions qui n’avaient pas explosé, le trajet, qui ne prend qu’une heure normalement, a duré quatre heures.

A Tikrit, la situation reste tendue et les conditions de sécurité sont instables. Les contrôles de sécurité font qu’il est difficile pour le personnel de santé de se déplacer et seulement 20 % ont pu se rendre à leur travail.

Le système de notification des maladies ne fonctionne plus normalement, mais le Directeur général de Mossoul et son personnel pensent que la situation sanitaire reste normale, sans augmentation de l’incidence des maladies infectieuses. Les pharmacies, la banque de sang et le centre antituberculeux de la ville sont intacts.

Des pillages ont fait néanmoins quelques dégâts et certains stocks ont disparu. Les bureaux du Directorat de la santé et du Département des soins de santé primaires ont été détruits. Il semble que tous les stocks de vaccins du Gouvernorat aient été endommagés. La pénurie de bouteilles d’oxygène pour les hôpitaux est un problème récurrent dans ce conflit. Au Gouvernorat de Tikrit, une usine située à Samarraa peut fournir de l’oxygène à tous les établissements de santé, mais il faut des fonds pour se le procurer.

L’électricité est revenue le 21 avril après dix jours de coupure. Les deux unités de production d’eau alimentent la ville, même si le réseau a connu de nombreuses coupures pendant la guerre. En revanche, le système d’évacuation des eaux usées, qui couvre 70 % de la population, ne fonctionne toujours pas. On signale que les hôpitaux peuvent facilement se procurer le carburant pour leurs groupes électrogènes et l’on estime qu’ils disposent de réserves de nourriture d’un mois pour leurs patients. Il n’y a plus de services d’ambulance, tous les véhicules ayant été volés.

Mossoul

A Mossoul, l’OMS rapporte que les nombreux locaux administratifs du Directorat de la Santé ont subi des pillages importants et que tous les véhicules ont été volés. Il en va de même pour le Département des soins de santé primaires et le Directorat de l’assainissement de l’environnement. Le centre antituberculeux du Gouvernorat a également subi de graves dégradations, de même que l’un des deux bâtiments de la Société nationale de commercialisation des médicaments et de matériel médical.

Dans la plupart des hôpitaux du Gouvernorat, les dégradations ont été minimes, voire inexistantes.

Il semble que le système de purification des eaux soit intact, mais l’électricité reste un problème. Le réseau national ne fonctionne que 10 à 12 heures par jour. Les hôpitaux s’alimentent avec des groupes électrogènes locaux, dont certains sont anciens et polluent. Les installations de traitement des eaux usées des hôpitaux ne fonctionnent pas à plein régime.

L’OMS s’efforce d’aider les établissements hospitaliers et les centres de santé à fonctionner et à assurer un service normal pour la population de la ville.


Pour plus de renseignements, s’adresser aux porte-parole de l’OMS, Fadela Chaib à Amman (00 4179 477 1722) ou Christine McNab à Genève (00 4179 475 5534).

Les spécialistes ci-après de l’OMS peuvent répondre aux questions des journalistes : Dr Ghulam Popal, Chef du Bureau de l’OMS en Iraq (+962 795 7092) ; Dr Mohamed Jama, Directeur régional adjoint, Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale, Le Caire (+202 276 5026) ; Dr Jim Tulloch, Coordonnateur régional de la santé (+4179 509 0640) ; Dr David Nabarro, Directeur exécutif, OMS Genève (+41 22 791 2363, +41 79 217 3446)

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