Iraq: Note d'information OMS sur la santé


3 avril 2003

Bagdad

L’OMS a reçu des informations selon lesquelles un complexe hospitalier de la banlieue de Bagdad a subi de graves dommages pendant la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 avril. Le complexe comprend une maternité, un département de chirurgie et le siège de la Société du Croissant-Rouge iraquien. Aucune victime n’est à signaler, l’hôpital et le bâtiment du Croissant-Rouge ayant été récemment évacués. Toutefois, en dehors de l’hôpital, on a compté 3 morts et 27 blessés. L’hôpital est situé dans une zone résidentielle à une dizaine de kilomètres de Bagdad. Il s’agit là de la quatrième information confirmée faisant état de dommages subis par des installations médicales pendant le conflit. Un hôpital a été endommagé à Bassorah, un centre de santé primaire a été entièrement détruit à Najaf et un hôpital a été endommagé à Nassiriyah.

L’Organisation mondiale de la Santé invite une nouvelle fois d’urgence toutes les parties au conflit en Iraq à respecter pleinement la neutralité des installations et du personnel médicaux. Le 25 mars, le Directeur général de l’OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland, a déclaré : « le personnel médical et humanitaire en Iraq ... doit être protégé contre les effets du conflit. Je demande à toutes les parties concernées d’ éviter toute attaque dirigée contre le personnel de santé ».

Des informations font également état d’un nombre croissant de victimes civiles. L’OMS rend toutes les parties attentives à la nécessité de respecter les principes du droit humanitaire. Les civils doivent être protégés des effets les plus graves du conflit. Les informations détaillées sur les victimes civiles sont difficiles à confirmer. L’OMS est disposée à aider les autorités compétentes à faire face à certains des besoins médicaux les plus urgents, mais les difficultés concernant l’accès humanitaire aux populations touchées continuent d’entraver ses efforts.

Rougeole

Une flambée de rougeole a été signalée dans un village à 20 km à l’est de Souleimaniyé, au nord de l’Iraq. La flambée a été confirmée par une équipe de l’Organisation mondiale de la Santé composée d’un pédiatre et d’un épidémiologiste. Au moins 20 enfants de 6 à 15 ans sont actuellement touchés.

La rougeole est une maladie très infectieuse qui constitue l’une des principales causes du taux élevé de mortalité infantile en Iraq. L’OMS et l’UNICEF envisagent actuellement les mesures à prendre, notamment une campagne de vaccination antirougeoleuse d’urgence. Il faudrait pour cela procéder à une vaccination porte à porte dans les villages environnants pour protéger les autres enfants. Les écoles étant actuellement fermées, le risque d’infection est toutefois légèrement plus faible.

Entre janvier et mars de cette année, 150 000 doses de vaccin antirougeoleux ont été expédiées dans les gouvernorats du nord et l’on a entrepris une campagne de vaccination systématique des enfants âgés de 9 mois à 5 ans. Dans des conditions normales, cet approvisionnement suffirait pour couvrir les besoins des dix prochains mois. Toutefois, des doses supplémentaires sont maintenant nécessaires pour les enfants de 6 à 15 ans exposés à un risque d’infection élevé.

Moyens financiers

Il y a près d’une semaine, l’Organisation mondiale de la Santé a lancé, dans le cadre d’un appel plus large de l’Organisation des Nations Unies, un appel de fonds en vue de réunir plus de $300 millions pour répondre aux besoins sanitaires d’urgence de la population iraquienne au cours des six prochains mois. La santé constitue un aspect vital des secours d’urgence et, jusqu’ici, l’OMS n’a reçu que $3 millions pour faire face à une situation d’urgence sanitaire croissante. Les autres organisations sont confrontées à un manque de fonds équivalent. Si des ressources supplémentaires ne sont pas fournies pour répondre aux besoins sanitaires de la population iraquienne, on enregistrera des décès évitables (mortalité rougeoleuse et maternelle notamment) et les hôpitaux de plus en plus submergés devront faire face à une pénurie chronique de médicaments et d’autres fournitures médicales. Des ressources financières supplémentaires doivent donc absolument être trouvées d’urgence.


Pour plus de renseignements, s’adresser aux porte-parole de l’OMS, Fadela Chaib à Amman (00 4179 475 5556) ou Iain Simpson à Genève (00 4179 475 5534).

Les spécialistes ci-après de l’OMS peuvent répondre aux questions des journalistes : Dr G. Popal, Chef du Bureau de l’OMS en Iraq (+962 795 7092) ; Dr Mohamed Jama, Directeur régional adjoint, Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale, Le Caire (+202 276 5026) ; Dr Jim Tulloch, Coordonnateur régional de la santé (+4179 509 0640) ; Dr David Nabarro, Directeur exécutif, OMS Genève (+41 22 791 2363, +41 79 217 3446)

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