Iraq: Note d'information OMS sur la santé
Les enfants
Pour marquer la Journée mondiale de la Santé qui est célébrée aujourd’hui sur le thème « un environnement sain pour les enfants », nous tenons à mettre l’accent sur les 12 millions d’enfants iraquiens (la moitié de la population du pays) et sur les effets de la guerre dans leur cas. Le droit fondamental de tout enfant est le droit à la vie et ce droit est sérieusement menacé en Iraq. Les guerres ont inévitablement des répercussions profondes sur les civils en général et les enfants en particulier. Nous avons tous pu voir des images très difficiles à supporter d’enfants victimes du conflit – des enfants souffrant de brûlures et un jeune garçon sur son lit d’hôpital qui avait perdu ses deux jambes. Loin du regard des caméras, ces scènes se multiplient jour après jour. L’Organisation mondiale de la Santé rappelle à nouveau à toutes les parties au conflit qu’elles sont tenues d’éviter de causer des traumatismes aux civils.
Des centaines de civils sont blessés chaque jour. Et ces blessures ont un double impact sur les enfants – qu’ils en soient eux-mêmes victimes ou qu’ils se retrouvent brusquement sans leur mère , leur père, un frère ou une soeur. Nombre de « victimes militaires » laissent aussi derrière elles des orphelins.
Beaucoup d’enfants qui survivront à leurs blessures devront être hospitalisés pour des brûlures au troisième degré, beaucoup seront amputés et ne pourront plus jamais courir ni jouer comme avant. Les hôpitaux de Bagdad et d’autres villes iraquiennes sont submergés par le nombre de blessés qu’on leur amène. Dans bien des cas, on commence à manquer de médicaments, d’anesthésiques et de matériel de base. Certains hôpitaux et centres de santé ont été affectés par des coupures d’électricité et d’eau. Même ceux qui disposent d’un groupe électrogène n’ont pas toujours accès à de l’eau propre. Il est extrêmement dangereux de soigner des blessés et de procéder à des interventions chirurgicales dans ce genre de conditions.
Avant même le début de la guerre, les enfants iraquiens souffraient déjà de la pauvreté et des sanctions internationales. Le taux de mortalité infantile avant le déclenchement du conflit était deux fois plus élevé qu’en 1990. Un enfant iraquien sur huit meurt avant l’âge de cinq ans, un sur trois est malnutri et l’insuffisance pondérale à la naissance touche un nouveau-né sur quatre. Les trois principales causes de décès d’enfants sont les infections respiratoires aiguës, les maladies diarrhéiques et la rougeole.
Les dégâts causés aux réseaux d’approvisionnement en électricité et en eau ainsi que la chaleur croissante ne feront qu’accroître le risque de diarrhée et d’autres maladies, ainsi que les difficultés des femmes qui accouchent. Pour les enfants, le bilan risque donc de s’alourdir encore.
L’OMS est extrêmement préoccupée aussi par l’impact psychologique du conflit sur les enfants, par les effets de la peur et de la perte de membres de la famille ou de voisins. Les séquelles des lésions physiques et psychologiques risquent de durer des années, voire pour le restant de leurs jours.
Les organismes humanitaires du système des Nations Unies ont lancé un appel de fonds visant à réunir 325 millions de dollars pour couvrir les besoins immédiats des plus vulnérables – femmes et enfants surtout - en matière de santé, de nutrition, d’eau et d’assainissement. Il est indispensable de redonner rapidement aux enfants iraquiens qui représentent la moitié de la population et l’avenir du pays un environnement de sécurité dans lequel ils puissent grandir.
La santé est un droit fondamental pour tous les enfants. Nous nous devons de créer pour tous les conditions propres à sauvegarder leur santé.
Pour plus de renseignements, s’adresser aux porte-parole de l’OMS, Fadela Chaib à Amman (00 4179 475 5556) ou Iain Simpson à Genève (00 4179 475 5534).
Les spécialistes ci-après de l’OMS peuvent répondre aux questions des journalistes : Dr G. Popal, Chef du Bureau de l’OMS en Iraq (+962 795 7092) ; Dr Mohamed Jama, Directeur régional adjoint, Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale, Le Caire (+202 276 5026) ; Dr Jim Tulloch, Coordonnateur régional de la santé (+4179 509 0640) ; Dr David Nabarro, Directeur exécutif, OMS Genève (+41 22 791 2363, +41 79 217 3446)