Iraq: Note d'information OMS sur la santé
ACCES HUMANITAIRE : UNE QUESTION D’URGENCE
28 mars 2003 - De nombreuses personnes en Iraq sont confrontées à des difficultés croissantes d’accès à l’eau et aux produits alimentaires, à l’électricité ainsi qu’aux services de base. Les organisations humanitaires internationales sont prêtes à entrer en action pour apporter leur aide. Mais il n’est pas possible d’avoir accès à ceux qui sont touchés par le conflit et confrontés aux difficultés supplémentaires affectant les services de santé et le reste de l’infrastructure civile. Par exemple, il est maintenant vital d’avoir accès à la population de Bassorah pour que les experts puissent évaluer les effets de la situation actuelle sur la santé et veiller à ce que les secours voulus soient fournis à ceux qui en ont le plus besoin. L’Organisation mondiale de la Santé dispose d’une équipe d’experts prête à quitter Bagdad pour procéder à cette évaluation, mais pour le moment il lui a été impossible de se mettre en route en raison des conditions de sécurité.
Il est de plus en plus urgent d’avoir accès à Bassorah ainsi qu’aux autres zones où la population civile est touchée par le conflit. L’OMS demande instamment à toutes les parties au conflit d’autoriser les organisations humanitaires à venir en aide à ces personnes. Dans des conflits antérieurs, lorsque l’accès humanitaire a fait l’objet de restrictions, il a été possible de s’entendre sur l’ouverture de corridors humanitaires ou sur des trêves pour permettre le passage. Il faut poursuivre énergiquement dans cette voie afin de réduire dans toute la mesure du possible les répercussions du conflit sur la population civile.
PETROLE CONTRE NOURRITURE ET MEDICAMENTS
Il a beaucoup été question du programme « pétrole contre nourriture » actuellement examiné par le Conseil de Sécurité des Nations Unies à New York. Il est important d’apporter quelques précisions supplémentaires sur la composante santé du programme auquel l’Organisation mondiale de la Santé a été étroitement associée depuis le début en 1996. Aux termes du programme, l’Iraq est autorisé à importer des médicaments et du matériel médical si certaines conditions strictes sont remplies. Le rôle de l’OMS est double. Au centre et au sud du pays, l’OMS surveille les fournitures pour veiller à une distribution équitable. Dans les gouvernorats du nord (Dohuk, Erbil et Souleimaniyé), l’OMS applique également certaines parties du programme, plus particulièrement en ce qui concerne la remise en état des installations de santé, les moyens d’approvisionnement en eau et d’assainissement, la formation médicale et l’importation de matériel hospitalier. Ces deux dernières années, un montant total de US $150 millions a été alloué à des programmes de l’OMS dans les gouvernorats du nord.
L’APPEL D’URGENCE
L’Appel d’urgence lancé aujourd’hui même par l’ONU est indispensable pour garantir à la communauté internationale les ressources suffisantes pour répondre aux besoins de la population iraquienne au cours des six prochains mois. Les 25 millions d’Iraquiens sont tributaires de l’aide extérieure depuis 1996 et on ne peut s’attendre à ce qu’ils puissent supporter à la fois les effets du conflit et l’interruption de l’approvisionnement en produits alimentaires et en eau, et celle des services de santé et autres services de base. Une opération de très grande envergure est essentielle et elle doit dès le début bénéficier d’un financement suffisant.
Pour plus de renseignements, s’adresser aux porte-parole de l’OMS, Fadela Chaib à Amman (00 4179 475 5556) ou Iain Simpson à Genève (00 4179 475 5534).
Les spécialistes ci-après de l’OMS pourront répondre aux questions des journalistes :
Dr G. Popal, Chef du Bureau de l’OMS en Iraq (+962 795 7092) ;
Dr Mohamed Jama, Directeur régional adjoint, Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale, Le Caire (+202 276 5026) ;
Dr Jim Tulloch, Coordonnateur régional de la santé (+4179 509 0640) ;
Dr David Nabarro, Directeur exécutif, OMS Genève (+41 22 791 2363, +41 79 217 3446)