Violence à l’égard des femmes

18 juin 2026

L’essentiel

  • La violence à l’égard des femmes – en particulier la violence exercée par un partenaire intime et la violence sexuelle – constitue un problème majeur de santé publique et d’égalité des genres ainsi qu’une violation des droits fondamentaux des femmes.
  • Selon les estimations publiées par l’OMS en 2023, environ une femme sur trois dans le monde (31,6 %, soit 840 millions de femmes et de filles) a été exposée, au cours de sa vie, à de la violence physique et/ou sexuelle exercée par un partenaire intime ou à de la violence sexuelle commise par une personne autre que son partenaire.
  • À l’échelle mondiale, un quart (25,8 %) des femmes âgées de 15 à 49 ans et 24,7 % des femmes âgées de 15 ans et plus ayant déjà été en couple ont subi au moins une fois dans leur vie des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un mari ou d’un partenaire intime masculin, actuel ou ancien.
  • Les adolescentes sont particulièrement exposées au risque de violence : plus d’une fille âgée de 15 à 19 ans sur cinq ayant été mariée ou vécu en couple a déjà subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire intime. 

Vue d’ensemble 

L’Organisation des Nations Unies définit la violence à l’égard des femmes comme tout acte de violence sexiste qui cause ou risque de causer une atteinte à l’intégrité des femmes ou une souffrance physique, sexuelle ou psychologique, y compris la menace d’un tel acte, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou privée (1). 

La violence entre partenaires intimes se réfère quant à elle à tout comportement qui, dans le cadre d’une relation intime (partenaire ou ex-partenaire) cause un préjudice d’ordre physique, sexuel ou psychologique, ce qui inclut l’agression physique, les relations sexuelles sous contrainte, la violence psychologique et tout autre acte de domination (2). 

La violence sexuelle se réfère à tout acte sexuel, tentative d’acte sexuel ou tout autre acte exercé par autrui contre la sexualité d’une personne en faisant usage de la force, quelle que soit sa relation avec la victime, dans n’importe quel contexte. Cette définition englobe le viol, défini comme une pénétration par la force physique ou tout autre moyen de coercition de la vulve ou de l’anus, au moyen du pénis, d’autres parties du corps ou d’un objet, les tentatives de viol, les contacts sexuels non consentis et d’autres moyens de coercition sans contact physique (2). 

Ampleur du problème 

D’après les estimations de 2023 sur la violence à l’égard des femmes, réalisées par l’OMS pour le compte du groupe de travail interinstitutions de l’Organisation des Nations Unies sur les données et les estimations relatives à la violence à l’égard des femmes, près d’une femme sur trois (32 %) dans le monde avait subi des violences physiques et/ou sexuelles exercées par un partenaire intime ou infligées par une personne autre qu’un partenaire, ou avait connu les deux (3). À l’échelle mondiale, on estime que 8 % des femmes de plus de 15 ans (263 millions) ont subi des violences sexuelles de la part d’une personne autre qu’un partenaire au moins une fois dans leur vie (depuis l’âge de 15 ans). 

La prévalence réelle est probablement bien plus élevée que celle rapportée, étant donné que la violence à l’égard des femmes est particulièrement stigmatisée. Plusieurs défis et lacunes subsistent également dans la mesure de cette forme de violence (3). 

Au cours des vingt dernières années, le recul annuel moyen de la violence entre partenaires intimes n’a été que de 0,2 % et le chiffre d’une femme sur trois est resté inchangé, ce qui met en évidence les progrès très limités réalisés à l’échelle mondiale et rend très improbable la réalisation, d’ici à 2030, de la cible 5.2 des objectifs de développement durable relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. 

On observe de grandes disparités entre les régions et entre les pays. C’est en Océanie (37 %), en Afrique subsaharienne (32 %) et en Asie du Sud (31 %) que la prévalence de la violence entre partenaires intimes est la plus élevée (3). 

Les formes de discrimination et d'inégalités croisées exposent certaines femmes et filles à un risque de violence plus élevé que d’autres. Il s’agit notamment des adolescentes, des femmes âgées, des femmes handicapées, des femmes transgenres et des travailleuses du sexe. Par exemple, la violence commence tôt à l’adolescence : plus d’une fille âgée de 15 à 19 ans sur cinq ayant vécu en couple a déjà subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire intime. 

Les femmes handicapées sont exposées à un risque accru en raison de la discrimination dont elles sont victimes et de leur dépendance envers les personnes qui s’occupent d’elles. Elles sont plus susceptibles de subir de multiples formes spécifiques de violence, y compris des abus de la part de leurs partenaires et des personnes qui s’occupent d’elles (4). 

Selon une revue systématique, la prévalence à vie des violences physiques et sexuelles à l’égard des femmes trans est respectivement de 41 % et 30 % (5), et l’exposition à toute violence à vie chez les travailleuses du sexe (principalement des femmes) va de 41 % à 65 % (6). 

Les situations de crise humanitaire, y compris les conflits, augmentent également les risques de violence contre les femmes et les filles. Une estimation montre que la violence sexuelle contre les femmes réfugiées est de 20 % et, dans plusieurs situations de conflit, les femmes et les filles sont délibérément prises pour cibles en vue d’être violées (7). 

Facteurs associés à la violence faite aux femmes 

L’inégalité de genre est l’une des causes profondes de la violence contre les femmes et les filles. La violence entre partenaires intimes et la violence sexuelle résultent de l’interaction de facteurs au niveau individuel, familial, communautaire et sociétal, ce qui peut augmenter ou réduire la probabilité tant de commettre des actes de violence que d’en être victime. 

Au niveau individuel et des relations, les facteurs de risque en matière de violence entre partenaires intimes et de violence sexuelle sont notamment (8) : 

  • Un faible niveau d’instruction ;
  • Une exposition à la maltraitance pendant l’enfance ;
  • Une exposition à la violence familiale ;
  • Des troubles de santé mentale ;
  • Un usage nocif de l’alcool (auteurs et victimes)
  • Des attitudes justifiant la violence comme normale et un sentiment de légitimité ;
  • Des comportements dominateurs des hommes dans les relations intimes/des niveaux élevés d’inégalités de pouvoir ; et
  • Des partenaires multiples pour les hommes. 

Au niveau communautaire et sociétal, les facteurs associés à la prévalence élevée de la violence à l’égard des femmes sont notamment (8) : 

  • Des normes de genre néfastes qui perpétuent les privilèges et les droits des hommes, limitent l’autonomie des femmes et les stigmatisent ;
  • Des niveaux élevés de pauvreté et de chômage ;
  • Une forte prévalence du mariage d’enfants ;
  • Des taux élevés de violence et de criminalité dans la communauté
  • La disponibilité de drogues, d’alcool et d’armes ;
  • Des lois discriminatoires sur la propriété, l’héritage, le mariage, le divorce et la garde des enfants ;
  • L’absence ou le manque d’application des lois contre la violence envers les femmes ; et
  • La discrimination fondée sur le genre dans les institutions publiques et privées (santé, justice, religion, police, éducation) 

Conséquences pour la santé 

La violence entre partenaires intimes et la violence sexuelle causent de graves problèmes de santé physique, mentale, sexuelle et reproductive à court et long terme chez les femmes. Elles affectent également la santé et le bien-être de leurs enfants. Selon les estimations de la charge mondiale de morbidité publiées en 2025, la violence entre partenaires intimes est la quatrième cause de morbidité chez la femme en termes d’années de vie ajustées sur l’incapacité (9). 

Il est démontré que la violence à l’égard des femmes (3) : 

peut avoir une issue mortelle (homicide par exemple). En 2023, en moyenne, 140 femmes et filles étaient tuées chaque jour par leur partenaire ou d’autres membres de leur famille dans le monde ;

  • peut causer des lésions corporelles ou des douleurs physiques, telles que des maux de tête, des syndromes douloureux (douleurs dorsales, douleurs abdominales, douleurs pelviennes chroniques), des troubles gastro-intestinaux, une mobilité réduite et un mauvais état de santé général ;
  • peut entraîner des grossesses non désirées, des avortements provoqués (souvent dans des conditions dangereuses), des problèmes gynécologiques et des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection à VIH ;
  • peut présenter un risque accru de fausse couche, de naissance d’un enfant mort-né, d’accouchement prématuré et d’insuffisance pondérale de l’enfant à la naissance ;
  • peut entraîner des dépressions, des états de stress post-traumatique et d’autres troubles anxieux, ainsi que des troubles du sommeil, des troubles liés à la consommation d’alcool et des tentatives de suicide ; et
  • peut entraîner une augmentation du tabagisme et de la consommation de substances psychoactives ainsi que des comportements sexuels à risque. 

Impact sur les enfants 

Les enfants qui grandissent dans des familles où sévit la violence peuvent souffrir de toute une série de troubles comportementaux et émotionnels susceptibles de les amener ultérieurement à commettre des actes violents ou à en être victimes. La violence entre partenaires intimes est également associée à des taux plus élevés de morbidité et de mortalité infanto-juvéniles (maladies diarrhéiques ou malnutrition et taux de vaccination plus faibles, par exemple) (10). 

Coûts sociaux et économiques 

Les coûts sociaux et économiques de la violence entre partenaires intimes et de la violence sexuelle sont considérables et ont des répercussions sur l’ensemble de la société. Les femmes peuvent subir un isolement, une incapacité de travailler, des pertes de revenu, un défaut de participation aux activités ordinaires et une capacité limitée à prendre soin d’elles-mêmes et de leurs enfants. Dans certains pays, les données montrent que la violence à l’égard des femmes coûte entre 1 et 6 % du PIB en raison des coûts liés à la mise à disposition de services de police, de justice, de protection sociale et de santé (11). 

Rôle du secteur de la santé 

Tandis qu’une approche multisectorielle s’impose pour prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes, le secteur de la santé a un rôle important à jouer, notamment pour :

  • établir des politiques, des protocoles et des normes de formation afin d’orienter les interventions pour lutter contre la violence ;
  • fournir des services complets, en particulier des soins de santé sexuelle et reproductive ainsi que de santé mentale, et former les agents et agentes de santé à fournir des soins aux personnes survivantes au moyen de formations initiales et en cours d’emploi ;
  • produire des données factuelles sur les méthodes concluantes grâce à la recherche sur les interventions et sur l’ampleur du problème en menant des enquêtes auprès de la population et en incorporant des indicateurs dans les systèmes de veille et d’information sanitaire ;
  • soutenir la coordination et les orientations entre les services de santé, de justice et les services sociaux ainsi que les services de protection de l’enfance ; et
  • plaider pour rendre la violence à l’égard des femmes inacceptable et promouvoir les normes d’égalité des sexes. 

Action de l’OMS 

Les travaux de l’OMS sur la violence à l’égard des femmes sont dirigés par le Programme spécial PNUD/FNUAP/UNICEF/OMS/Banque mondiale de recherche, de développement et de formation à la recherche en reproduction humaine (HRP). L’action de l’OMS (qui inclut celle du HRP) pour lutter contre la violence à l’égard des femmes vise en priorité à produire des données sur la prévalence et les impacts sur la santé ; mener des recherches afin de recenser les interventions prometteuses du secteur de la santé ; définir des normes sur l’action du secteur de la santé, y compris des lignes directrices et des outils pour la mise en œuvre ; aider les ministères de la santé à fournir des services de qualité axés sur les personnes survivantes, y compris des services de santé sexuelle, reproductive et mentale ; et renforcer les bases factuelles en matière de prévention. 

Pour parvenir à un changement durable, il est important d’adopter et de faire appliquer des lois ainsi que d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques favorisant l’égalité des sexes ; d’allouer des ressources à la prévention de la violence contre les femmes et les filles et aux mesures visant à la combattre ; et d’investir dans les organisations de défense des droits des femmes. 

 

Références bibliographiques 

(1) Organisation des Nations Unies. Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes. New York, ONU, 1993. 

(2) World Health Organization. Global status report on violence prevention 2014. Geneva, 2014.

(3) Violence against women prevalence estimates, 2023: global, regional and national prevalence estimates for intimate partner violence against women and non-partner sexual violence against women. Geneva: World Health Organization; 2025.

(4) García-Cuéllar MM, Pastor-Moreno G, Ruiz-Pérez I, Henares-Montiel J. The prevalence of intimate partner violence against women with disabilities: a systematic review of the literature. Disabil Rehabil. 2023 Jan;45(1):1-8. doi: 10.1080/09638288.2022.2025927. Epub 2022 Jan 17. PMID: 35038281.

(5) McLellan C, Yeh PT, Kennedy CE, et al. Global Burden of Violence Against Transgender and Gender-Diverse Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis. JAMA Netw Open. 2026;9(1):e2552953. doi:10.1001/jamanetworkopen.2025.52953.

(6) Deering KN, Amin A, Shoveller J, Nesbitt A, Garcia-Moreno C, Duff P, Argento E, Shannon K. A systematic review of the correlates of violence against sex workers. Am J Public Health. 2014 May;104(5):e42-54. doi: 10.2105/AJPH.2014.301909. Epub 2014 Mar 13. PMID: 24625169; PMCID: PMC3987574.

(7) Klugman, J. (2022). The gender dimensions of forced displacement: a synthesis of new research. Reliefweb. Available at: https://reliefweb.int/report/world/gender-dimensions-forced-displacement-synthesis-new-research.

(8) RESPECT women: preventing violence against women, second edition. Geneva: World Health Organization; 2025. Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO.

(9) Flor L, Spencer C, Cagney J et al. Disease burden attributable to intimate partner violence against females and sexual violence against children in 204 countries and territories, 1990–2023: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2023, The Lancet, 2025; 407, 31-52.

(10) Jewkes R, Machisa M. Maternal intimate partner violence and child health outcomes. The Lancet Global Health, 2024; 12, e1740-e1741.

(11) Measuring the economic costs of violence against women and girls | Commonwealth