Éradication de la dracunculose

Épidémiologie

Situation actuelle : 1er janvier – 31 octobre 2016

Du 1er janvier au 31 octobre 2016, 23 cas humains ont été signalés dans 17 villages, contre 20 cas dans 18 villages durant la même période de 2015.

Parmi les quatre pays d’endémie de la dracunculose, seul le Mali n’a notifié aucun cas en 2016, tandis que l’Éthiopie enregistrait 3 cas, le Soudan du Sud 5 cas et le Tchad 15 cas.

Le nombre d’infections canines a augmenté pour atteindre un total cumulé de 1002 chiens infectés par Dracunculus medinensis dans 385 villages. En 2015, le nombre d’infections canines notifiées était de 517.

Au total, 20 543 rumeurs et cas suspects ont été signalés dans les 4 pays d’endémie et les 2 pays en phase de précertification ; 98 % de ces rumeurs ont fait l’objet d’une enquête dans un délai de 24 heures. La majorité des rumeurs s’étaient manifestées en Éthiopie (41 %), au Soudan du Sud (45 %) et au Tchad (12 %).

Charge mondiale de la maladie, 2015

La charge mondiale de la dracunculose a baissé de manière significative depuis le lancement des efforts d’éradication dans les années 1980 lorsque l’on dénombrait 20 pays d’endémie.

En 1986, on estime qu’il y a eu 3,5 millions de nouveaux cas.

En 1989, sur la base des recherches dans les villages, on rapporte que 892 055 cas sont survenus dans 15 pays sur les 20 pays d’endémie (les données de la République centrafricaine, du Sénégal. du Soudan et du Tchad sont exclues).

En 2015, la maladie se limitait aux quatre pays d’endémie : un total de 22 cas a été notifié, soit une baisse de 83 % en comparaison avec les 126 cas signalés en 2014 et une réduction de plus de 99 % du nombre de cas signalés en 1989. Le Soudan du Sud a signalé cinq cas, ou 23 % du total mondial contre 55 % en 2014 ; la plupart des cas ont été signalés au Tchad, suivi du Mali (cinq cas) et de l’Éthiopie (trois cas).

Le nombre de villages signalant des cas a baissé de 63 %, passant de 54 localités/villages en 2014 à 20 en 2015.

Sur les 22 cas signalés en 2015, 59 % étaient des hommes. De même, 59 % des cas étaient des enfants âgés de moins de 15 ans.

Au Tchad, la flambée détectée en 2010 s’est poursuivie et rentrait dans sa sixième année consécutive en 2015. Le Tchad a été reclassé comme pays d’endémie en 2012. En 2015, un total de neuf cas autochtones a été signalé dans neuf villages de huit districts et cinq régions. Aucun des neuf villages n’avait signalé de cas les années précédentes (2012-2014). Sur les 66 cas signalés en 2010-2015, aucun n’avait d’antécédents de voyage en dehors du Tchad.

Les cas humains, sporadiques et dispersés, se sont accompagnés d’une augmentation de plus en plus forte du nombre de chiens infectés dans le bassin du fleuve Chari. En 2015, 503 chiens infectés au total ont été signalés, contre 113 en 2014, 54 en 2013 et 27 en 2012.

Au 31 décembre 2015, 196 pays, territoires et zones avaient été certifiés exempts de transmission de la dracunculose. Neuf pays ne sont pas encore certifiés exempts de transmission, dont deux pays (Angola et République démocratique du Congo) n’ont pas déclaré de cas dernièrement. Les six autres pays sont des pays d’endémie (Éthiopie, Mali, Soudan du Sud et Tchad) ou sont en phase de précertification (Kenya et Soudan).

Situation dans les pays d’endémie

Situation dans les pays précertifiés

La réduction de 83 % du nombre de cas signalés en 2015 marque la toute première année où le nombre de cas est inférieur à 100. Le nombre de cas inférieur à 10 pour le Soudan du Sud est une réalisation remarquable.

Néanmoins, le nombre important de chiens infectés signalés au Tchad constitue un problème. L’insécurité sporadique qui règne dans certaines zones de l’Éthiopie, du Kenya, du nord du Mali, de la République centrafricaine, de la partie sud du Soudan, du Soudan du Sud et du Tchad, et a limité la surveillance ainsi que la mise en œuvre des programmes.

Action de l’OMS

En mars 2016, l’OMS a organisé la onzième réunion de la Commission internationale pour la certification de l’éradication de la dracunculose ainsi qu’une réunion scientifique pour étudier chez le chien l’infection transmise par Dracunculus medinensis. Les réunions ont été suivies par les membres de la Commission ainsi que des experts supplémentaires de l’éradication de la dracunculose, de la biologie moléculaire et de la santé publique vétérinaire.

La réunion scientifique a recommandé les domaines de recherche prioritaires suivants :

  • conduire des études cas-témoins (après confinement) de chiens infectés et des contrôles de témoins appariés appropriés, à l’aide de technologies novatrices telles que le suivi par GPS et l’analyse des isotopes stables, pour comprendre les comportements de recherche de nourriture des chiens, leur utilisation du domaine vital et d’autres facteurs corrélés au risque d’infection ;
  • défendre le bien-fondé d’une épreuve sérologique pour détecter des anticorps correspondants chez le chien et l’être humain ;
  • examiner les évolutions écologiques survenues ; étudier les facteurs écologiques des villages fortement touchés par les infections (canines) par rapport aux villages sans infection (canine) ; et la télédétection/cartographie des sources d’eau conjugués aux connaissances locales sur l’évolution des nappes d’eau au cours du temps ;
  • établir une courbe modèle des cas humains en fonction du temps, avec un historique des déplacements au cours des 14 mois précédant l’émergence du ver ; renforcer l’investigation des cas et les antécédents de voyages pour l’ensemble des cas ;
  • évaluer les stratégies de confinement des chiens ; prolonger la période d’enchaînement des chiens ; évaluer des interventions alternatives pour prévenir la transmission de la maladie aux chiens ou à partir des chiens (approvisionnement en denrées alimentaires et en eau potable) ;
  • élaborer un outil permettant d’identifier les sources d’eaux contenant des copépodes infectés ;
  • élaborer et appliquer des protocoles sérologiques pour évaluer la dynamique de transmission de la maladie chez le chien et l’être humain, recenser les nouvelles zones susceptibles d’être exposées à Dracunculus medinensis et suivre les interventions proposées (traitement par ivermectine, par exemple).

Etats Membres certifiés exempts de transmission - voir Certification

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