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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Mar 25 14:01:52 2002

Dr Gro Harlem Brundtland       
Directeur général
Organisation mondiale de la santé

 Monterrey
20 mars 2002

  English

Conférence internationale sur le financement du développement

Julio,
Hilde,
Jeffrey,
Mesdames et Messieurs,

Comment pouvons-nous faire en sorte que le financement du développement apporte de véritables avantages à ceux qui en ont le plus besoin ?

Comment pouvons-nous veiller à ce que les ressources conduisent à des améliorations réelles dans la vie des deux milliards d’habitants les plus pauvres de la planète ?

Mon point de vue est bien simple : le développement est impossible si les gens ne sont pas en bonne santé.

L’investissement en faveur de la population joue un rôle crucial. Il aura une rentabilité prodigieuse et permettra à des millions d’hommes et de femmes de se sortir de la pauvreté. Les progrès de la santé apporteront des améliorations réelles à leur existence.

En 1999, j’ai demandé à d’éminents économistes et experts de la santé du monde entier d’analyser les liens entre la santé et le développement économique.

En décembre dernier, à Londres, Clare Short et Bono étaient à mes côtés quand Jeff Sachs a présenté le rapport de la Commission Macroéconomie et Santé. Ce rapport démontre comment la maladie sape l’économie des pays et, inversement, comment les investissements en faveur de la santé favorisent la croissance économique. L’amélioration de la santé pourrait être le déterminant le plus important de la croissance économique en Afrique.

La proposition de la Commission permettrait de sauver huit millions de vies chaque année et le rendement économique serait six fois plus important que la mise initiale.

Cette semaine, nous nous posons la question de savoir comment accroître et améliorer les investissements en faveur du développement en les rendant encore plus efficaces, et comment le secteur privé peut s’engager davantage pour promouvoir le développement et réduire la pauvreté.

Nous savons ce qu’il faut faire.

Trois maladies – le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme – constituent un lourd fardeau pour l’humanité. Les affections de la mère et de l’enfant et une bonne nutrition sont également des priorités sanitaires mondiales. Comme nous l’avons conclu à Stockholm, la semaine dernière, la survie et le destin de l’enfant sont cruciaux pour notre avenir.

Tout effort sérieux tendant à réduire la charge de morbidité à laquelle les plus pauvres sont confrontés doit mettre l’accent sur ces problèmes.

Tout effort sérieux tendant à stimuler le développement socio-économique mondial et à promouvoir la sécurité doit viser à réduire cette charge.

Ce sont là des objectifs clés énoncés dans la Déclaration du Millénaire.

Le rapport de la Commission Macroéconomie et Santé constitue la première liste détaillée des ressources nécessaires pour y parvenir.

Nous savons comment procéder.

Nous disposons de stratégies mondiales complètes pour la santé, de buts concrets et de calendriers précis.

Les investissements proposés ont un bon rapport coût/efficacité. Leur impact est mesurable – en termes de réduction de la charge de morbidité et d’amélioration de la santé. Nous mettons l’accent sur les résultats : sur l’investissement là où nous pouvons modifier le cours des choses.

Nous cherchons à obtenir l’engagement de tout un éventail de partenaires aux niveaux local et national, la société civile, les entreprises privées, les chercheurs et les médias venant joindre leurs efforts à ceux du secteur public. Nous les encourageons à poursuivre des stratégies communes en s’inspirant des meilleures pratiques tout en cherchant à se prévaloir de solutions novatrices pour l’avenir.

Nous avons assisté à la formation d’alliances nationales et internationales permettant d’améliorer l’accès à des vaccins et médicaments vitaux – contre le VIH, la lèpre, le paludisme, la tuberculose, la maladie du sommeil, le diabète et les infections de l’enfant, ou encore pour réduire le tabagisme.

Au niveau mondial, de nouveaux systèmes apparaissent pour renforcer les efforts nationaux. Des dispositifs de financement comme le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme et l’Alliance mondiale pour les Vaccins et la Vaccination viennent appuyer cette action.

Nous encourageons les donateurs à unir leurs efforts à ceux des partenaires au niveau national – dans le cadre d’approches sectorielles et de stratégies de réduction de la pauvreté. Nous tirons tous les enseignements de l’expérience du passé.

L’OMS veillera à ce que les fonds soient dépensés utilement.

Nous renforçons notre capacité de fournir aux pays l’assistance technique nécessaire pour cet effort supplémentaire. Il faudra fournir des vaccins et des services de santé maternels et infantiles, s’occuper des personnes vivant avec le VIH et prendre des mesures de lutte contre le paludisme et la tuberculose.

Je suis persuadée que les commissions nationales macroéconomie et santé peuvent aider les pays à formuler des programmes à long terme pour renforcer une action sanitaire qui s’insérera dans le cadre de leur stratégie de réduction de la pauvreté. Plusieurs pays ont déjà décidé de créer leur propre commission.

Chaque commission pourra mettre en place une base épidémiologique, quantifier des cibles opérationnelles et établir un plan de financement à moyen terme.

Cette remarque m’amène à mon observation suivante. Nous mesurerons ce qui aura été accompli et nous validerons ces réalisations pour que la communauté mondiale sache que nous obtenons des résultats.

L’OMS collabore déjà avec les pays pour mesurer les tendances et les résultats en matière de santé. Nous disposons d’un système de surveillance mondiale des maladies infectieuses, ainsi que du rapport sur la santé dans le monde et d’autres études sur la charge de morbidité. Il s’agit là d’une base solide pour mesurer les progrès accomplis et suivre l’utilisation qui est faite des nouveaux investissements. Et nous mesurerons aussi la performance des systèmes de santé.

Souvent, de nouveaux outils sont nécessaires.

C’est pourquoi nous avons mis au point des alliances entre le secteur public et le secteur privé telles que l’opération Médicaments antipaludiques et le Dispositif mondial pour l’approvisionnement en médicaments antituberculeux, qui sont venus s’ajouter à l’initiative internationale pour les vaccins contre le SIDA, au programme de recherche concernant les maladies tropicales, à la recherche en reproduction humaine et à de nombreux programmes de recherche sur les vaccins. Ces alliances stimulent la mise au point de médicaments, de vaccins et de diagnostics concernant les maladies qui touchent les plus pauvres.

La probabilité est aujourd’hui meilleure de voir les nouveaux outils parvenir à ceux qui en ont besoin. Aux négociations de l’OMC qui ont eu lieu à Doha, l’an dernier, nous avons assisté à de nouveaux progrès concernant l’accès des pays pauvres aux médicaments et aux produits prioritaires dans le contexte des accords commerciaux internationaux.

Mesdames et Messieurs,

Les pays sont venus pleins d’espoir à Monterrey. Le commerce est certainement un moteur de la croissance, mais, ce qui lui donne son élan, ce sont les hommes et les femmes qui sont en bonne santé et ont reçu l’éducation nécessaire. Certains donateurs ont promis de vouer davantage d’attention aux besoins des gens et de financer davantage le développement. Faisons en sorte que ces fonds soient utilisés à bon escient.

L’Organisation mondiale de la Santé est prête à apporter sa contribution.

Je vous remercie.

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