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Chers amis et collègues,
Nous voici réunis pour marquer la Journée
internationale de la Femme de cette année, célébrer les progrès
réalisés en matière de lutte contre la discrimination à l’égard
des femmes et oeuvrer en faveur de l’égalité des femmes en
matière de droits et du développement des communautés et nations,
à l’époque de la mondialisation.
Nous savons tous que ces progrès sont loin d’avoir
été réguliers. Cette année nous nous intéressons surtout à la
santé et au développement et plus particulièrement à la situation
des femmes en Afghanistan. Ce n’est pas par hasard si, dans son
discours d’acceptation du Prix Nobel de la Paix, le Secrétaire
général a choisi comme exemple l’avenir d’une fillette
nouveau-née en Afghanistan.
Ce discours portait sur les problèmes auxquels
nous sommes, en tant que communauté mondiale, confrontés.
Notre Secrétaire général a énoncé clairement
et carrément ce que nous devons faire afin que nous puissions tous
vivre dans un monde sûr et juste, libéré de l'extrême pauvreté.
Comme nous le savons tous, la discrimination est au
coeur de ce scénario. Elle est souvent fondée sur le sexe et les
rôles sexosociaux. Elle peut découler de l’ignorance – ou de la
violation réelle – des droits de l’homme. Sans aucun doute, la
discrimination continue de faire obstacle à la mise en place de
sociétés équitables et justes.
Nous avons la chance à l’OMS de pouvoir
travailler tous les jours sur les questions de santé et de
développement. Grâce à ces travaux, chacun d’entre nous contribue
à instaurer un monde meilleur. Ensemble, nous pouvons changer le
cours des choses.
Naturellement, la santé des femmes est importante,
surtout et d'abord pour les femmes elles-mêmes. Elle l'est également
pour leur famille, leur communauté et la société dans laquelle
elles vivent. En réalité, la santé des femmes est un des piliers
fondamentaux du développement humain durable.
Les problèmes des femmes sont intrinsèquement
liés à la pauvreté et la pauvreté a pour visage celui d’une
femme. Trois des quatre milliards de personnes les plus pauvres du
monde sont des femmes.
Dans de nombreux pays, les femmes ne possèdent
rien, n’héritent rien et ne gagnent rien. La discrimination
associée à la pauvreté empêche également les femmes de se sortir
de situations où elles sont maltraitées et exploitées. La pauvreté
entraîne un mauvais état de santé, ce qui fait peser un fardeau
supplémentaire sur des ménages déjà sollicités à l'excès, et la
mauvaise santé débouche sur la pauvreté. Lorsque les femmes sont
malades, la discrimination dont elles font l'objet restreint encore
plus leur accès aux soins et au traitement.
Les sociétés ne pourront prospérer et sortir de
la pauvreté que si les femmes jouissent d'une meilleure santé. Au
niveau économique, si le fait d'investir dans la santé relève du
bon sens, le fait d'investir dans les femmes est encore plus judicieux.
Améliorer la santé des femmes signifie
réduire le risque de décès au moment de l'accouchement. La santé
des femmes est grandement influencée par leur rôle en tant que
mères. Malgré cela, nombre d’entre elles n'ont pas accès à la
maternité sans risque : nous ne leur en donnons pas les moyens. Plus
d’un demi million de femmes meurent chaque année. Vingt millions de
femmes souffrent d’incapacités. Or la plupart de ces souffrances
pourraient être évitées si toutes les femmes bénéficiaient de l’aide
d'au moins un agent de santé qualifié durant l’accouchement.
Améliorer la santé des femmes signifie
assurer aux femmes le droit de se protéger contre l’infection à
VIH. En 1980, 20 % des adultes séropositives pour le VIH
étaient des femmes. Dix ans plus tard, ce chiffre avait doublé.
Actuellement, près de la moitié des adultes séropositifs pour le
VIH sont des femmes. Ce qui est encore plus effarant, c’est que dans
certaines parties d’Afrique, le taux d’infection des adolescentes
est actuellement de 3 à 6 fois celui des garçons du même âge. C’est
un exemple flagrant de l’inégalité entre les sexes et de l’exploitation
des filles. La solution à ce problème passe par un changement dans
les attitudes et les pratiques sexuelles. Les jeunes ont besoin de l’information
et des moyens voulus pour se protéger et les personnes infectées
doivent recevoir soins et protection.
Améliorer la santé des femmes signifie s’élever
contre toutes les formes de violence : mutilations sexuelles
féminines, trafic, violence familiale, viols et sévices sexuels. Il
y a deux ans, le Secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique,
Madeleine Allbright, a dit ceci : « Ces pratiques ne sont
pas culturelles, elles sont criminelles ».
Améliorer la santé des femmes signifie s’assurer
que les femmes reçoivent l’attention et les soins qu’elles
méritent.
L’expérience de ces cinq dernières années
montre que de trop nombreux gouvernements ne considèrent pas l’amélioration
de la santé des femmes comme une priorité, malgré les objectifs
fixés au Caire et à Beijing.
Nous avons analysé à l’OMS 121 rapports de pays
sur les activités relatives au Programme d’action de Beijing. Moins
de la moitié des rapports ont inscrit la santé des femmes au rang
des priorités nationales. Certains pays n’ont même pas fait de
rapport sur la santé des femmes. Tous les pays doivent mieux
faire !
Pour changer les choses, il faudra investir dans
les gens, dans l’éducation, dans des systèmes de santé auxquels
tout un chacun a accès et qui tiennent compte des besoins des femmes.
Chers amis,
Nous ne parviendrons nullement à vaincre la
pauvreté et la discrimination si nous ne prenons pas au sérieux la
santé des filles et des femmes. Nous devons faire une étude
générale de la santé des femmes tout au long de la vie et relever
les défis liés aux nouveaux problèmes qui ont besoin d'être
envisagés au niveau mondial.
La Commission Macroéconomie et Santé nous a
fourni un calendrier impressionnant pour ce qui est des
investissements en matière de santé. Son rapport insiste
énormément sur l’importance qu’il y a à investir dans la santé
maternelle. Nous savons tous que les avantages d’une
accélération des investissements en matière de santé seront
considérables pour l'ensemble des femmes.
Pour que les femmes profitent pleinement de
l'amélioration des services de santé, nous devons également
combattre la discrimination qui les empêche d'y avoir recours. Nous
devons leur donner les moyens qui leur permettront de faire des choix
sains pour elles-mêmes et leurs enfants.
Le Cabinet a approuvé hier la politique de l’OMS
concernant l’intégration des questions intéressant les femmes dans
toutes nos activités.
J’attends avec intérêt notre débat d’aujourd’hui
et je compte bien poursuivre notre collaboration en vue d'améliorer
la vie et les choix des femmes.
Je vous remercie.
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