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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Wed Mar 13 16:42:32 2002

Dr Gro Harlem Brundtland       
Directeur général
Organisation mondiale de la santé

 Genève
7 mars 2002

  English

Journée internationale de la Femme - « La femme, la santé et le développement »

Chers amis et collègues,

Nous voici réunis pour marquer la Journée internationale de la Femme de cette année, célébrer les progrès réalisés en matière de lutte contre la discrimination à l’égard des femmes et oeuvrer en faveur de l’égalité des femmes en matière de droits et du développement des communautés et nations, à l’époque de la mondialisation.

Nous savons tous que ces progrès sont loin d’avoir été réguliers. Cette année nous nous intéressons surtout à la santé et au développement et plus particulièrement à la situation des femmes en Afghanistan. Ce n’est pas par hasard si, dans son discours d’acceptation du Prix Nobel de la Paix, le Secrétaire général a choisi comme exemple l’avenir d’une fillette nouveau-née en Afghanistan.

Ce discours portait sur les problèmes auxquels nous sommes, en tant que communauté mondiale, confrontés.

Notre Secrétaire général a énoncé clairement et carrément ce que nous devons faire afin que nous puissions tous vivre dans un monde sûr et juste, libéré de l'extrême pauvreté.

Comme nous le savons tous, la discrimination est au coeur de ce scénario. Elle est souvent fondée sur le sexe et les rôles sexosociaux. Elle peut découler de l’ignorance – ou de la violation réelle – des droits de l’homme. Sans aucun doute, la discrimination continue de faire obstacle à la mise en place de sociétés équitables et justes.

Nous avons la chance à l’OMS de pouvoir travailler tous les jours sur les questions de santé et de développement. Grâce à ces travaux, chacun d’entre nous contribue à instaurer un monde meilleur. Ensemble, nous pouvons changer le cours des choses.

Naturellement, la santé des femmes est importante, surtout et d'abord pour les femmes elles-mêmes. Elle l'est également pour leur famille, leur communauté et la société dans laquelle elles vivent. En réalité, la santé des femmes est un des piliers fondamentaux du développement humain durable.

Les problèmes des femmes sont intrinsèquement liés à la pauvreté et la pauvreté a pour visage celui d’une femme. Trois des quatre milliards de personnes les plus pauvres du monde sont des femmes.

Dans de nombreux pays, les femmes ne possèdent rien, n’héritent rien et ne gagnent rien. La discrimination associée à la pauvreté empêche également les femmes de se sortir de situations où elles sont maltraitées et exploitées. La pauvreté entraîne un mauvais état de santé, ce qui fait peser un fardeau supplémentaire sur des ménages déjà sollicités à l'excès, et la mauvaise santé débouche sur la pauvreté. Lorsque les femmes sont malades, la discrimination dont elles font l'objet restreint encore plus leur accès aux soins et au traitement.

Les sociétés ne pourront prospérer et sortir de la pauvreté que si les femmes jouissent d'une meilleure santé. Au niveau économique, si le fait d'investir dans la santé relève du bon sens, le fait d'investir dans les femmes est encore plus judicieux.

Améliorer la santé des femmes signifie réduire le risque de décès au moment de l'accouchement. La santé des femmes est grandement influencée par leur rôle en tant que mères. Malgré cela, nombre d’entre elles n'ont pas accès à la maternité sans risque : nous ne leur en donnons pas les moyens. Plus d’un demi million de femmes meurent chaque année. Vingt millions de femmes souffrent d’incapacités. Or la plupart de ces souffrances pourraient être évitées si toutes les femmes bénéficiaient de l’aide d'au moins un agent de santé qualifié durant l’accouchement.

Améliorer la santé des femmes signifie assurer aux femmes le droit de se protéger contre l’infection à VIH. En 1980, 20 % des adultes séropositives pour le VIH étaient des femmes. Dix ans plus tard, ce chiffre avait doublé. Actuellement, près de la moitié des adultes séropositifs pour le VIH sont des femmes. Ce qui est encore plus effarant, c’est que dans certaines parties d’Afrique, le taux d’infection des adolescentes est actuellement de 3 à 6 fois celui des garçons du même âge. C’est un exemple flagrant de l’inégalité entre les sexes et de l’exploitation des filles. La solution à ce problème passe par un changement dans les attitudes et les pratiques sexuelles. Les jeunes ont besoin de l’information et des moyens voulus pour se protéger et les personnes infectées doivent recevoir soins et protection.

Améliorer la santé des femmes signifie s’élever contre toutes les formes de violence : mutilations sexuelles féminines, trafic, violence familiale, viols et sévices sexuels. Il y a deux ans, le Secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique, Madeleine Allbright, a dit ceci : « Ces pratiques ne sont pas culturelles, elles sont criminelles ».

Améliorer la santé des femmes signifie s’assurer que les femmes reçoivent l’attention et les soins qu’elles méritent.

L’expérience de ces cinq dernières années montre que de trop nombreux gouvernements ne considèrent pas l’amélioration de la santé des femmes comme une priorité, malgré les objectifs fixés au Caire et à Beijing.

Nous avons analysé à l’OMS 121 rapports de pays sur les activités relatives au Programme d’action de Beijing. Moins de la moitié des rapports ont inscrit la santé des femmes au rang des priorités nationales. Certains pays n’ont même pas fait de rapport sur la santé des femmes. Tous les pays doivent mieux faire !

Pour changer les choses, il faudra investir dans les gens, dans l’éducation, dans des systèmes de santé auxquels tout un chacun a accès et qui tiennent compte des besoins des femmes.

Chers amis,

Nous ne parviendrons nullement à vaincre la pauvreté et la discrimination si nous ne prenons pas au sérieux la santé des filles et des femmes. Nous devons faire une étude générale de la santé des femmes tout au long de la vie et relever les défis liés aux nouveaux problèmes qui ont besoin d'être envisagés au niveau mondial.

La Commission Macroéconomie et Santé nous a fourni un calendrier impressionnant pour ce qui est des investissements en matière de santé. Son rapport insiste énormément sur l’importance qu’il y a à investir dans la santé maternelle. Nous savons tous que les avantages d’une accélération des investissements en matière de santé seront considérables pour l'ensemble des femmes.

Pour que les femmes profitent pleinement de l'amélioration des services de santé, nous devons également combattre la discrimination qui les empêche d'y avoir recours. Nous devons leur donner les moyens qui leur permettront de faire des choix sains pour elles-mêmes et leurs enfants.

Le Cabinet a approuvé hier la politique de l’OMS concernant l’intégration des questions intéressant les femmes dans toutes nos activités.

J’attends avec intérêt notre débat d’aujourd’hui et je compte bien poursuivre notre collaboration en vue d'améliorer la vie et les choix des femmes.

Je vous remercie.

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