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World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr Gro Harlem Brundtland       
Directeur général
Organisation mondiale de la santé

 Genève
30 novembre 2001

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Journée mondiale du SIDA, Siège de l’OMS

Chers collègues,

Je suis très heureuse de célébrer cette année avec vous la Journée mondiale du SIDA.

Je tiens d’abord à remercier le Dr Türmen, le Dr Mpanju-Shumbusho et les autres membres du Département VIH/SIDA qui ont donné toute sa signification à cette Journée et su faire ressortir le caractère positif de cette manifestation ici à l’OMS.

Nous célébrons un grand nombre de journées spéciales à l’OMS, mais la Journée mondiale du SIDA occupe une place particulière dans notre calendrier. Elle est par excellence l’occasion de focaliser l’attention du monde sur l’épidémie. Et d’en montrer toute la réalité. Je me félicite tout particulièrement de la présence parmi nous des représentants de deux ONG venus nous parler de leur combat en première ligne. En choisissant cette année le slogan de la Journée mondiale du SIDA, on a voulu insister sur le fait que chacun doit se sentir concerné par la maladie. Le thème retenu est le rôle des hommes dans l’épidémie : jeunes ou adultes, ils jouent un rôle clé dans la lutte pour endiguer la propagation du virus.

Plus que de nombreuses autres maladies, le VIH/SIDA affecte profondément la vie des gens. Il suscite la peur, engendre le déni et, de plus en plus, débouche sur des actes inhabituels. La diffusion de connaissances et la lutte contre la stigmatisation et la condamnation sont les seuls moyens d’obtenir des résultats. Il est indispensable que les gens soient informés et qu’ils puissent se protéger et protéger autrui pour faire échec à l’épidémie.

La Journée mondiale du SIDA est aussi l’occasion de pleurer les 20 millions de morts et de redoubler d’efforts pour apporter des soins et un soutien aux 40 millions de personnes qui vivent avec le VIH – privées pour la plupart du soutien et des soins qui les aideraient à traverser les nombreuses phases difficiles de cette terrible maladie.

Nous avons, une fois encore, fait état d’une augmentation du nombre des personnes vivant avec le VIH. Et les enfants vivant avec le VIH sont beaucoup plus nombreux que nous ne le pensions. C’est là une très mauvaise nouvelle.

Mais il y a aussi de bonnes nouvelles. Et cette Journée est surtout l’occasion de répandre partout cette bonne nouvelle. Le monde est prêt désormais à refouler l’épidémie, retirant les enseignements des précurseurs, intensifiant le recours aux meilleures pratiques et combattant systématiquement le SIDA. La lutte sera longue mais nous pouvons l’emporter.

L’épidémie de VIH/SIDA s’est répandue sur une vaste échelle, laissant une empreinte profonde. Il a fallu du temps pour bien comprendre sa nature et reconnaître ses conséquences. Il a fallu du temps pour élaborer une riposte unifiée. Il faut dire également que nous n’avons pas eu accès à tous les outils requis pour faire face, du moins n’étaient-ils pas financièrement accessibles. Nous n’avons pas non plus disposé de moyens financiers suffisants pour prendre les mesures nécessaires.

Au cours de l’année qui vient de s’écouler, je crois qu’un véritable changement s’est fait jour.

Les premiers ministres, les ministres des finances, les ministres chargés de la planification et les ministres de la santé concentrent leur attention sur les effets dévastateurs du VIH et du SIDA. La société civile, et en particulier les personnes vivant avec le VIH, ont largement contribué à améliorer les connaissances et à faire admettre que l’action contre le VIH est une nécessité morale. Les tabous commencent à disparaître. Les gouvernements font preuve d’une ouverture nouvelle face à l’épidémie. Les nouvelles preuves scientifiques viennent étayer les arguments à l’appui des investissements en faveur de la santé des populations démunies – y compris les efforts visant à endiguer la propagation de la maladie.

Il existe désormais une volonté politique d’agir forte et généralisée. Au cours de l’année écoulée, les dirigeants du monde se sont engagés à agir de concert et dans leur propre pays.

Des médicaments contre le SIDA deviennent disponibles à un prix bien plus abordable.

Des systèmes assurant des services de santé essentiels sont à l’étude pour les personnes exposées au risque du VIH. La prestation des soins aux personnes exposées qui ont peu de ressources est à l’étude et même à l’essai dans certains cas : accès généralisé à des diagnostics fiables, systèmes proposant des soins efficaces, schémas thérapeutiques adaptés. Les personnels de santé suivent des formations sur la prise en charge des personnes exposées au risque de contracter l’infection à VIH et le SIDA.

De nouveaux financements commencent à apparaître. Des promesses de dons d’un montant total de US $1,5 milliard ont déjà été faites au fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, avant même qu’il n’ait pleinement été mis en place. Je suis sûre qu’il sera opérationnel au moment prévu, c’est-à-dire au début de l’an prochain. Il s’agit d’un mécanisme novateur, conçu pour instaurer une synergie totale entre les secteurs public et privé et les organisations non gouvernementales. Je m’attends à une forte augmentation des ressources canalisées par le fonds vers les pays touchés, à mesure que ceux-ci commenceront à en bénéficier et que les résultats apparaîtront.

L’an prochain pourrait marquer un tournant dans la lutte contre cette pandémie. Nous avons les moyens et la volonté politique d’obtenir des résultats. Nous avons vu que des communautés et des pays peuvent faire reculer le SIDA. Le défi consiste pour nous à reproduire ces succès au niveau mondial. Ensemble, nous pouvons gagner cette bataille cruciale pour l’avenir de l’humanité.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué au programme de cette Journée et qui en font en quelque sorte partie intégrante.

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