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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Tue Apr 30 15:05:57 2002

Dr Gro Harlem Brundtland       
Directeur général
Organisation mondiale de la santé

 Riyad
30 septembre 2001

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Comité régional de la Méditerranée orientale - Quarante-huitième session

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président,

Monsieur le Directeur régional,

Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi d’être aujourd’hui à Riyad. L’année dernière, nous nous sommes réunis dans le nouveau bâtiment du Bureau régional au Caire, et j’ai été heureuse d’assister, avec les Ministres de la Région et le Dr Gezairy, à son inauguration au mois de mars.

Ceci est une réunion importante – qui se tient dans un contexte mondial très sombre, marqué par une grande tension et la peur qu’éprouvent des millions de personnes dans cette Région et dans le monde.

Lundi, j’ai dit aux Ministres de la Santé des Amériques réunis à Washington que la peur – qu’elle soit inspirée par la cruauté, la violence ou la maladie – fragilise la confiance entre les personnes et entre les groupes et les communautés qui ont besoin d’oeuvrer ensemble. Elle porte atteinte à la sécurité et à la prévisibilité dont nous avons tous besoin pour croître, nous développer et prospérer. Elle nous amène à douter que l’être humain soit bon et non mauvais, croyance sans laquelle nos actions seraient dépourvues de sens. Elle hypothèque notre liberté de nous engager avec d’autres à améliorer nos sociétés.

C’est une réalité que les gens de cette Région comprennent bien.

Dans ce contexte de peur, notre communauté mondiale est mise à rude épreuve comme jamais auparavant.

Comment les pays peuvent-ils continuer à faire face ensemble aux grands problèmes qui affectent l’avenir de l’humanité ?

Comment les inciter à maintenir l’élan en faveur de la liberté et de la démocratie qui doit permettre à tous les êtres humains de vivre et de se développer ensemble ?

Comment soutenir leurs dirigeants afin qu’ils maîtrisent les forces qui suscitent la terreur et qu’ils défendent les valeurs humaines ?

Comment travailler tous ensemble à la poursuite de notre campagne essentielle contre la pauvreté dans le monde, si fondamentale pour l’avenir de notre monde ?

La pauvreté est le principal facteur de souffrance et de détresse dans le monde aujourd’hui. Nous devons continuer à combattre la pauvreté dans le monde avec toute l’énergie que nous pouvons mobiliser. Nous savons que, faute de sécurité physique et humaine, les pauvres sont condamnés à rester pauvres. Cela signifie que la réduction de la pauvreté et la sécurité future de notre monde passent notamment par l’absence de terreur, de violence, d’oppression et de maladie.

Chers collègues,

Nous appartenons tous à une vaste communauté mondiale qui s’emploie à protéger le monde de la souffrance, de la discrimination et de la peur. Nous savons que la santé et l’accès aux soins de santé sont essentiels pour la paix et la sécurité. Nous travaillons ensemble pour le bien de tous, à la recherche des meilleurs moyens de combler le fossé qui existe dans le domaine de la santé. Face aux difficultés économiques croissantes, c’est la connaissance des résultats possibles qui nous guide. Nous savons que des succès peuvent être obtenus dès lors que les gouvernements, la société et les organisations locales soutiennent ensemble l’action de santé. L’OMS a un rôle essentiel à jouer. Nos efforts conjoints ne font pas souvent la une des médias qu’ils mériteraient.

De nombreux dirigeants placent la santé au centre du développement humain. Ils reconnaissent le rôle déterminant de la santé dans le développement national.

Les professionnels de santé répondent à leur appel.

Nous faisons davantage pour faire reculer les maladies, comme le VIH et le paludisme, qui compromettent le bien-être des pauvres et des populations marginalisées. Nous accordons une attention particulière aux besoins des femmes et des enfants.

Nous combattons impitoyablement les principaux facteurs de risque pour la santé tels que le tabac, la violence et les milieux insalubres.

Nous réformons les systèmes de santé afin qu’ils soient efficaces, réactifs et équitables.

Nous veillons aussi avec soin à ce que les politiques de développement dans tous les secteurs contribuent de façon optimale à l’amélioration de la santé.

Par tous ces moyens, nous jouons un rôle déterminant dans la réduction de la pauvreté et la sécurité humaine.

Monsieur le Président,

L’OMS a lancé cette année une campagne mondiale destinée à mettre fin aux préjugés qui entourent la santé mentale – préjugés qui dénient aux personnes qui en ont besoin l’accès à des soins de santé, conduisent à une discrimination aux plans de l’activité professionnelle et du logement ainsi que pour d’autres opportunités et, trop souvent encore, amènent les planificateurs sanitaires à négliger ce domaine.

Nous avons invité les professionnels de santé, les associations et les gouvernements à cesser partout d’exclure les malades mentaux et à dire « oui aux soins ».

La réaction est impressionnante. La Journée mondiale de la Santé, cette année, a témoigné du souhait et de la volonté extraordinaires de privilégier un contexte social favorable à la santé mentale, de renforcer les systèmes de santé pour qu’ils dispensent des services de santé mentale meilleurs, et de travailler par l’intermédiaire des médias, pour sensibiliser davantage l’opinion et réduire les préjugés.

Les déplacements de population et l’exil peuvent être une cause de stress et de traumatismes. Il en est de même de la violence et de la terreur. Prises séparément, ces expériences requièrent une grande attention et beaucoup de soins en faveur des personnes affectées, sans quoi elles ne pourront survivre. Et il ne s’agit pas là de cas isolés. Les personnes dont nous parlons se chiffrent en milliers.

Pourtant, je reste optimiste. Car nous avons rarement vu une telle volonté de travailler avec et pour les personnes dans des situations d’urgence complexes. Nous avons accumulé plus d’expérience et de connaissances au cours de ces dix dernières années. Nous savons mieux ce qu’il convient de faire – et ce qu’il faut éviter.

La charge de morbidité actuelle et future dans le domaine de la santé mentale a été sous-estimée. Pour y faire face, nous devons améliorer les stratégies de santé mentale. Celles-ci doivent prévoir l’accès à une prévention et des traitements efficaces et mettre l’accent sur la famille au sein de la communauté. Des stratégies sont énoncées plus en détail dans le rapport sur la santé dans le monde de cette année.

Monsieur le Président,

La Commission de l’OMS Macroéconomie et Santé, dans son rapport à la fin de l’année, insistera sur la nécessité d’accroître considérablement et rapidement l’action destinée à améliorer la santé – et les perspectives – des personnes les plus pauvres dans le monde. Les membres de la Commission indiqueront le niveau des nouvelles ressources nécessaires. Au moins dix milliards de dollars par an, voire vingt-cinq.

Nous avons entendu cette année les dirigeants mondiaux s’engager à améliorer la santé des pauvres – lors de l’Assemblée mondiale de la Santé, à la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA, pendant les sommets régionaux et au Sommet du G8 à Gênes. Les gouvernements, les associations et les organismes privés s’engagent à augmenter les ressources consacrées à l’action de santé.

Aucun gouvernement, aucun organisme, aucune association ni aucun groupe de pression ne peut opérer seul de grands changements dans le domaine de la santé. C’est pourquoi nous associons action et sensibilisation, en travaillant à la fois avec la société civile et les responsables politiques. Nous encourageons des échanges constructifs entre les ministères de la santé et des finances. Nous cherchons à instaurer un dialogue régulier entre les gouvernements et les dispensateurs de ressources extérieures des organismes donateurs, des fondations, des banques de développement et des associations. Pour plus d’efficacité, nous associons les efforts de groupes à l’intérieur et à l’extérieur des gouvernements et nous établissons des alliances avec le secteur privé sur la base de valeurs et de buts communs.

Lors de ma visite au Pakistan, au début de l’année, j’ai pu voir les projets mis en oeuvre dans le cadre de l’initiative pour la satisfaction des besoins fondamentaux en matière de développement. En Iran, j’ai été témoin de l’impressionnante infrastructure de santé communautaire mise en place. Au cours de la présente réunion, nos collègues de Syrie nous parleront de l’initiative des villages-santé. Je sais qu’il existe d’autres initiatives et pratiques novatrices dont nous pouvons nous inspirer et qui peuvent servir de modèles pour toute la Région dans nos efforts pour réaliser davantage avec des ressources toujours trop limitées.

Au Siège, nous devons nous appuyer sur ces initiatives pour renforcer la capacité de l’Organisation à mieux aider les pays à réduire la pauvreté.

Nous savons que les ressources disponibles pour la santé ne seront jamais suffisantes. Aussi devons-nous utiliser celles dont nous disposons aussi efficacement que possible. C’est pourquoi nous privilégions l’action coordonnée des gouvernements, des établissements de recherche, des entreprises du secteur privé et des organisations internationales.

Nous cherchons à réaliser ce difficile équilibre entre des stratégies et buts communs, le respect réciproque du mandat et des priorités de chacun et la nécessité de tenir compte des avantages comparatifs dans tout ce que fait chacun d’entre nous.

Les buts communs et la synergie dans l’action de santé ont un pouvoir remarquable. Les conséquences d’une coordination insuffisante, en revanche, se mesurent en souffrances humaines, et cela – pour nous
tous – est un signe d’échec évident.

Monsieur le Président,

Une importante fonction incombe à l’OMS, avant, pendant et après les situations d’urgence. Notre rôle consiste à aider les pays à évaluer précisément les dégâts et les besoins. Nous devons assurer la meilleure coordination possible des organismes en présence, et veiller à ce que les secours d’urgence tiennent compte des perspectives sanitaires à long terme pour que l’argent consacré à une situation d’urgence bénéficie durablement au développement. Ensuite, à l’OMS, nous devons aider les pays à faire part aux autres de leur expérience.

Les conflits prolongés et les catastrophes naturelles, s’ajoutant aux vulnérabilités endémiques des pays, ont suscité des soulèvements et des migrations de masse dans toute la Région. L’Afghanistan, les territoires palestiniens et la Somalie sont dans une situation économique précaire, doublée de taux alarmants de mortalité, de morbidité et d’incapacités. La situation en Afghanistan est en outre aggravée par les effets de la pire sécheresse enregistrée depuis un demi-siècle et l’approche d’un hiver rigoureux.

Comme pour les autres institutions des Nations Unies, le manque de personnel international en Afghanistan et les difficultés de communication avec nos personnels nationaux sur le terrain rendent très difficiles toute évaluation des besoins sanitaires et la fourniture des services requis. Je tiens à rendre hommage aux membres de notre personnel, en particulier les ressortissants afghans, qui s’efforcent, dans des conditions très difficiles, de dispenser des services de santé essentiels à ceux qui en ont besoin.

L’OMS continue néanmoins d’accélérer l’action internationale pour répondre aux besoins de la population afghane et elle soutient les pays voisins aux prises avec la crise actuelle.

Nous avons continué à apporter notre soutien à l’Iraq dans le cadre de la résolution 986 du Conseil de Sécurité. Outre des médicaments et des fournitures médicales, l’opération couvre la reconstruction des établissements de santé, des activités de contrôle de la qualité de l’eau et le renforcement de l’enseignement médical.

Dans les territoires palestiniens, le Bureau régional a joué un rôle important en renforçant la capacité du système de santé de l’administration à faire face à la morbidité et à la mortalité résultant des actes de violence récents.

Nous faisons de notre mieux pour nous acquitter du rôle qui nous incombe actuellement dans cette Région. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire les souffrances dues aux situations d’urgence et aux conflits au cours de ces prochains mois.

En dépit des menaces que font peser les situations d’urgence actuelles, une lumière brille à l’horizon de la santé publique. Je veux parler de l’éradication de la poliomyélite. C’est un événement pour la santé publique dans le monde. Des millions d’enfants ont été vaccinés au cours des campagnes successives. Les activités de surveillance ont atteint un niveau impensable auparavant. Des centaines de milliers de bénévoles ont été mobilisés dans le monde entier. Ils ont beaucoup travaillé, dans des conditions difficiles, spécialement dans les régions en proie à des conflits.

Les efforts déployés actuellement pour mener à bien l’éradication de la poliomyélite figurent parmi les interventions de santé publique les plus étendues et les plus impressionnantes que le monde ait pu voir. L’année dernière, 550 millions – 85 pour cent – d’enfants dans le monde ont été vaccinés. L’initiative pour l’éradication mondiale de la poliomyélite a permis de réduire de 99 pour cent le nombre des cas. En 2000, 3500 cas avaient été déclarés dans le monde. Pour l’année en cours, seulement 309 cas de poliomyélite ont été confirmés à ce jour dans le monde. Cela signifie que, dans les pays en développement, trois millions de personnes qui, sinon, auraient été paralysées, marchent aujourd’hui.

Nous faisons des progrès dans cette Région. Ces quelques derniers jours, des professionnels de santé et des bénévoles ont mené des journées nationales de vaccination en Afghanistan et au Pakistan, et ce dans des conditions extrêmement difficiles. Au mois de mars, au Pakistan, j’ai pu constater le dévouement et l’énergie de ces agents courageux et infatigables. Mais avec l’éventualité d’importants mouvements de population et un niveau élevé d’insécurité et de tension dans les pays où la poliomyélite est encore endémique, atteindre notre but de la certification de l’éradication mondiale de la poliomyélite dans les délais fixés sera pour nous une formidable gageure.

A travers la campagne contre la poliomyélite, les gens voient ce que peut donner une action de santé. Dans les années à venir, les bienfaits de cette action s’étendront au-delà de l’éradication de la poliomyélite. Les systèmes de santé auront été renforcés et rendus plus efficaces. Les programmes de santé publique disposeront d’infrastructures viables. Des milliers de personnels de santé et de bénévoles s’acquitteront de nouvelles tâches avec fierté et détermination.

Inspirons-nous des progrès réalisés dans le domaine de la poliomyélite pour relever d’autres grands défis.

Nous devons tous faire davantage pour réduire l’impact du VIH sur la sécurité humaine. Lorsque les Chefs d’Etat se sont réunis à New York au mois de juin, ils ont manifesté avec force leur engagement politique en faveur d’une riposte beaucoup plus énergique. Nous sommes convenus de stratégies prioritaires pour interrompre la propagation de l’infection à VIH. Nous nous sommes engagés à aider les gens à mieux se protéger contre l’infection, et à accroître le nombre des personnes qui ont accès aux soins pour les maladies liées au VIH.

Dans cette Région, le nombre des personnes infectées, bien que très variable localement, est relativement faible. Mais l’OMS, montrant l’exemple, a rappelé aux Etats Membres avec quelle rapidité les taux d’infection peuvent augmenter, d’abord dans les groupes vulnérables, puis dans la population générale. La chance et la cohésion culturelle qui ont protégé jusqu’ici de nombreuses populations de cette Région ne doivent pas entraîner un relâchement de la vigilance.

Nous devons intensifier les efforts destinés à atteindre les personnes démunies, en particulier dans les communautés les plus pauvres. Nous ne devons jamais cesser de combattre les préjugés et la discrimination, qui entravent toute riposte efficace du système de santé. Nous devons nous souvenir qu’il faut déployer des efforts particuliers pour atteindre les femmes, spécialement les adolescentes, et les aider à éviter la double menace de l’infection à VIH et des pathologies liées à la procréation.

L’OMS renforce sa contribution à la lutte. Notre but est d’aider à définir des ripostes plus efficaces et de faciliter leur mise en oeuvre compte tenu des traditions culturelles et des réalités sociales.

La tuberculose se propage, dans le sillage du VIH. Je compte retrouver certains d’entre vous le mois prochain à Washington pour le premier forum des partenaires de l’initiative Halte à la tuberculose. Nous déterminerons comment faire progresser le partenariat mondial. Nous devrons également arrêter des stratégies pour améliorer la mise en oeuvre dans les pays des mesures destinées à stopper la tuberculose, conformément aux cibles nationales et mondiale de la lutte antituberculeuse.

Les présages sont favorables. Le prix des principaux médicaments antituberculeux, y compris certains de ceux qui sont nécessaires contre les souches polychimiorésistantes, est en baisse. Les schémas de traitement sous surveillance fonctionnent bien. Nous savons mieux désormais comment atteindre toutes les personnes qui ont besoin d’un traitement financièrement abordable. Des plans nationaux de lutte antituberculeuse ont en outre été mis au point, même s’ils attendent des ressources financières.

Le Fonds mondial SIDA et Santé aidera les systèmes de santé nationaux à améliorer leur riposte face au VIH, à la tuberculose et au paludisme. En aidant à la conception et au fonctionnement du Fonds, l’OMS s’efforcera de faire en sorte que le Fonds ait une portée mondiale, qu’il utilise les ressources efficacement et qu’il renforce la capacité des pays à agir durablement et efficacement. Il est indispensable que les efforts du Fonds soient couronnés de succès et qu’il soit en mesure d’attirer le type de ressources dont il aura besoin au cours de ces prochaines années. Il ne faut pas que ce soit un simple feu de paille.

Monsieur le Président,

Dans votre Région, les plus grands efforts ont été faits pour améliorer les systèmes de santé. On est en train d’en préciser les objectifs, et tout un éventail de moyens sont mis en oeuvre pour prodiguer les soins essentiels aux plus démunis.

Dans beaucoup de pays, c’est le financement de la santé qui est au premier plan des préoccupations. Il s’agit d’assurer une protection contre les risques financiers tout en faisant en sorte que les services fournis soient de bonne qualité. L’OMS est en train de mettre au point des politiques types de financement de la santé à l’intention des pays qui tentent de résoudre ces questions.

Les gouvernements, qui exercent un pouvoir de tutelle en matière de santé, sont tenus de veiller à ce que les services rendus par le système de santé soient à la mesure des objectifs qu’ils ont fixés et de tirer le meilleur parti de leur système de santé dans la limite des fonds disponibles.

Exercer un pouvoir de tutelle en matière de santé amène inévitablement à prendre des décisions difficiles : l’OMS peut prodiguer aux décideurs des conseils techniques fondés sur des analyses mondiales ou régionales sur les questions de santé. C’est ainsi que nous sommes actuellement en train de réunir une série d’informations de base sur les différents facteurs de risque pour la santé humaine et sur le rapport coût/efficacité de diverses interventions menées auprès des populations dans le domaine de la santé.

Les autorités de tutelle ont également besoin de disposer de renseignements fiables émanant de leur propre pays. Ceux-ci doivent porter à la fois sur le poids de la morbidité au sein de différents groupes de population et sur les façons dont le système de santé y fait face.

Pour prendre des décisions sur le moment où il convient d’agir face à des menaces sanitaires spécifiques, il est préférable de se fonder sur des renseignements fiables recueillis auprès des populations. Les pays de votre Région oeuvrent ensemble à la bonne marche des systèmes nationaux de surveillance et d’intervention contre les maladies.

Ces systèmes nationaux font eux-mêmes partie d’un réseau d’ampleur mondiale soutenu par l’OMS et bénéficiant de la compétence, des ressources déjà en place et de l’appui de plus de 250 laboratoires. Ce système mondial fonctionne dans le cadre du Règlement sanitaire international – un instrument ayant force obligatoire qui régit la notification des maladies pouvant donner lieu à épidémies ainsi que l’application de mesures destinées à en prévenir la propagation. Ce réseau mondial peut également être utile aux
pays – en effectuant des recherches sur des agents pathogènes dangereux et en confirmant des diagnostics.

La surveillance est d’une importance cruciale dans votre Région comme dans d’autres ; nous devons faire face à la menace de la fièvre de la Vallée du Rift et à d’autres flambées épidémiques.

Cette surveillance devient d’autant plus vitale que nous devons nous préparer à l’éventualité de voir les populations délibérément contaminées par des agents biologiques ou chimiques. Il est important de trouver la parade qui convient. Les médecins peuvent avoir accès sur le site Internet de l’OMS à des protocoles permettant de lutter contre les flambées de maladies consécutives à de telles attaques – qu’elles soient causées par l’anthrax, des virus hémorragiques, d’autres agents pathogènes, des toxines biologiques ou des substances chimiques nocives. La semaine passée, nous avons renforcé les procédures que nous avions mises en place pour aider les pays à faire face à des cas suspectés de contamination délibérée.

Monsieur le Président,

Beaucoup de pays ont souligné la nécessité de disposer de méthodes internationales normalisées de collecte des données sur la performance des systèmes de santé. Pour répondre à ce souci, l’OMS encourage les pays à réaliser régulièrement des enquêtes sur leurs services de santé en les aidant à adapter à leur situation différents éléments du protocole mis au point au cours de l’année écoulée pour l’enquête sur la santé dans le monde.

Il pourrait s’avérer nécessaire de disposer d’un autre type d’information afin d’aider tel chef d’Etat ou tel ministre de la santé à répondre à la question suivante : « Dans quelle mesure notre système de santé
donne-t-il satisfaction ? », et afin de lui permettre de comparer la qualité des prestations du système de santé d’une province ou d’une région à une autre à l’intérieur d’un même pays. A cette fin, l’OMS travaille actuellement à la mise au point d’indices composites de la performance des systèmes de santé tenant compte de la mesure dans laquelle un système de santé favorise la santé, répond à l’attente de la population, est financé de manière juste et contribue à l’équité.

Des résultats préliminaires ont été publiés dans le Rapport sur la santé dans le monde, 2000. Beaucoup d’Etats Membres se sont montrés satisfaits de cette nouvelle approche, quoique certains aient soulevé des questions en ce qui concerne la méthodologie, les sources des données, la classification par ordre d’importance et l’utilité.

Lorsque le Conseil exécutif s’est réuni en janvier de cette année, j’ai proposé de tenir une série de consultations sur les méthodes permettant d’évaluer la performance des systèmes de santé, de procéder à un réexamen collégial de la méthodologie utilisée par l’OMS et de demander l’avis de spécialistes au sujet de ces travaux. Ces propositions sont actuellement mises en oeuvre et beaucoup d’entre vous apportent leur contribution.

Je m’intéresse personnellement à ces consultations et à ce réexamen collégial et je présenterai un rapport sur leurs résultats au Conseil exécutif en janvier 2002. J’escompte qu’à ce moment-là, nous serons en mesure de choisir d’un commun accord une méthode permettant d’évaluer la performance d’ensemble des systèmes de santé nationaux, méthode qui sera publiée par l’OMS en 2002.

Monsieur le Président,

Dans votre Région, quantité de mesures novatrices ont été prises pour freiner la progression du tabagisme. Je suis particulièrement heureuse de voir des pays se mobiliser pour réduire le nombre de jeunes qui commencent à fumer, ou pour aider ceux qui souhaitent s’arrêter. Vous conviendrez que beaucoup reste encore à faire compte tenu des efforts accrus déployés par les fabricants de tabac pour contrecarrer votre action. C’est pourquoi les gouvernements doivent continuer de participer activement aux négociations relatives à la convention-cadre pour la lutte antitabac de l’OMS, jusqu’à ce que celle-ci soit définitivement mise au point, en 2003 je l’espère. Je me réjouis de l’appui sans faille apporté par les pays de la Région, dans le cadre des négociations en cours, en vue de mettre en place une convention-cadre aussi forte et efficace que possible.

Il n’y a pas seulement la controverse suscitée par le tabac. Le partenariat entre le public et le privé pour la recherche, les schémas thérapeutiques pour la prise en charge des maladies, la révision des listes de médicaments essentiels pour faire face aux problèmes de santé prioritaires, les stratégies à adopter pour se procurer des médicaments de qualité à bon marché et les recommandations relatives à la nutrition et à l’hygiène du milieu font tous l’objet de vifs débats. Les Etats Membres souhaitent une interaction accrue avec le Secrétariat sur ces questions – tant directement que par l’intermédiaire du Conseil exécutif et de l’Assemblée mondiale de la Santé. Il faut tout faire pour que le travail normatif de l’OMS soit toujours conforme aux meilleures informations disponibles, tout en faisant en sorte que les Etats Membres puissent débattre des façons de faire progresser ce travail normatif.

Les choix difficiles que doivent faire les spécialistes de la santé au sujet de l’allocation des ressources dans le domaine de la santé sont aussi controversés. Ce sont là des problèmes complexes qui ont souvent une dimension éthique.

Les recherches sur le génome humain montrent que nous appartenons tous à une seule et même race et que nous avons en commun notre humanité et notre patrimoine génétique : si nous différons par la taille, la couleur de peau, les cheveux ou la corpulence, nous sommes pourtant plus semblables que nous ne le pensions. Il convient de protéger et d’épanouir notre commune nature. C’est pourquoi je souhaite développer l’action de l’OMS en matière d’éthique, afin que nos services soient aussi bons sur le plan éthique que sur le plan scientifique.

Nous allons donc tout mettre en oeuvre pour soutenir davantage les Etats Membres en ce qui concerne les questions de santé et d’éthique – et contribuer à l’éthique dans les domaines de la santé publique et de la recherche sur la santé. Nous nous intéresserons aussi aux aspects éthiques des sciences biomédicales, y compris pour ce qui touche au génome humain, à la recherche sur les cellules souches et au clonage. Notre action sera menée en liaison avec d’autres organismes des Nations Unies et en particulier l’UNESCO. Dans un premier temps, j’en serai directement responsable. Je serai heureuse de débattre de ces initiatives avec le Conseil exécutif et l’Assemblée mondiale de la Santé l’année prochaine.

Monsieur le Président,

Notre travail est tout entier destiné aux pays, mais une partie seulement s’y déroule. Or, l’action dans les pays est essentielle et nos représentants sur place jouent un rôle central. Le personnel du Siège et des Régions ont oeuvré ensemble pour élaborer les plans de l’OMS de soutien à chaque pays.

Nous sommes particulièrement soucieux d’améliorer la capacité d’action des équipes de l’OMS dans les pays qui ont le plus besoin d’elles, de façon qu’elles soient mieux à même de contribuer à rendre les services de santé plus efficaces et plus équitables. Les représentants dans les pays et les bureaux régionaux sont appelés à jouer un rôle central à cet égard. Ils tireront parti de l’expérience récemment acquise par nous dans la mise en place de stratégies de coopération avec différents pays, et assureront une liaison efficace avec les initiatives prises au plan mondial à l’appui de l’action dans les pays.

L’activité des bureaux régionaux de l’OMS et des services du Siège est décrite dans la stratégie du Secrétariat de l’OMS adoptée par les Etats Membres en 1999. Cela constitue le point de départ du programme général de travail pour 2002-2005.

En 2000, le Secrétariat a établi un budget programme stratégique en identifiant 35 domaines d’activité pour l’Organisation. A partir de là, on a pu déterminer les résultats escomptés, les étapes à franchir ainsi que les activités et l’allocation des ressources au titre du budget ordinaire pour l’exercice biennal 2002-2003. Nous cherchons maintenant à améliorer et à diversifier nos sources de financement extrabudgétaires pour chaque Région en vue d’aider à la planification des programmes de pays.

Au cours des prochains mois, je m’efforcerai avec les Directeurs régionaux de formuler une série de priorités d’ensemble qui seront proposées pour la prochaine période, 2004-2005. Nous tiendrons compte de vos délibérations au cours de la présente session. Je présenterai ensuite mes propositions au Conseil exécutif lorsqu’il se réunira à Genève en janvier 2002.

Monsieur le Président,

Les défis que nous, spécialistes de la santé, devons aujourd’hui relever sont plus difficiles que jamais. Unis dans la lutte contre la pauvreté et l’injustice, nous sommes résolus à intensifier notre action. Nous savons que les mesures à prendre pour faire face à la terreur, à la faim et à la maladie devront être le fruit de décisions bien pesées et de solutions mises au point avec doigté. Les appels à l’action humanitaire se font déjà plus insistants, et il faut s’attendre à les voir se multiplier encore.

Le Secrétariat de l’OMS s’emploiera de son mieux à répondre aux attentes légitimes de tous – où qu’ils vivent, quelles que soient leurs convictions, qu’ils soient riches ou pauvres, femmes, enfants ou
hommes – d’une manière qui traduise notre respect fondamental de la dignité et du potentiel de tous les êtres humains, où qu’ils se trouvent. C’est bien là ce qu’ils attendent de notre Organisation et des professions que nous représentons.

Je vous adresse tous mes voeux alors que vous allez entamer les importants travaux qui vous attendent durant la semaine et l’année à venir.

Je vous remercie.

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