Mesdames et
Messieurs les Ministres,
Madame la
Présidente,
Monsieur le
Directeur régional,
Mesdames et
Messieurs,
Ceux qui ont attaqué New York et Washington le 11
septembre ont provoqué une insoutenable désolation. Ils ont agi au mépris
de vies innocentes – faisant impitoyablement usage de la
douleur et de la peur d’autrui pour parvenir à leurs fins. Ils
enfreignent les principes que nous – professionnels de santé
publique –défendons.
Nous sommes fiers des milliers de médecins,
personnels paramédicaux, infirmières et psychologues qui se sont
regroupés au cours de ces deux dernières semaines et qui
s’emploient sans relâche à soulager les souffrances et à panser
les blessures – blessures physiques des personnes directement
touchées et blessures mentales des nombreuses personnes confrontées
à l’horreur. La tâche, pour ces agents de santé, est énorme et
impressionnante. Leur dévouement et leur énergie sont un exemple
pour nous tous.
Ceux qui ont attaqué New York et Washington ont
aussi fait naître partout la peur, menaçant les fondements
essentiels de notre sécurité humaine.
La peur, qu’elle soit inspirée par la cruauté,
la violence ou la maladie, fragilise la confiance entre les
gens et entre les groupes et les communautés qui ont besoin
d’oeuvrer ensemble. Elle porte atteinte à la sécurité et
à la prévisibilité dont nous avons tous besoin pour croître,
nous développer et prospérer. Elle nous amène à douter que l’être
humain soit bon, et non mauvais, croyance sans laquelle nos
actions seraient dépourvues de sens. Elle hypothèque notre liberté
de nous engager avec d’autres à améliorer nos sociétés.
Dans ce contexte de peur, notre communauté
mondiale est mise à rude épreuve comme jamais auparavant.
Les pays peuvent-ils continuer de faire face
ensemble aux grands problèmes qui affectent l’avenir de l’humanité ?
Peuvent-ils maintenir l’élan en faveur de la
liberté et de la démocratie qui doit permettre à tous les êtres
humains de vivre et de se développer ensemble ?
Leurs dirigeants peuvent-ils maîtriser les forces
qui provoquent la terreur et promouvoir les valeurs humaines ?
Pouvons-nous tous continuer à mener la campagne
contre la pauvreté dans le monde, si fondamentale pour l’avenir de
notre monde ?
La pauvreté est le principal facteur de souffrance
et de détresse dans le monde aujourd’hui. Nous devons poursuivre
notre combat contre la pauvreté dans le monde avec toute l’énergie
que nous pouvons mobiliser. Nous savons que, faute de sécurité
physique et humaine, les pauvres sont condamnés à rester pauvres.
Cela signifie que la réduction de la pauvreté et la sécurité
future de notre monde passent notamment par l’absence de terreur, de
violence et de maladie.
Chers collègues,
Nous appartenons tous à une vaste communauté
mondiale qui s’emploie à protéger le monde de la souffrance et de
la peur. Nous savons que la santé – et l’accès aux soins de
santé – sont essentiels pour la paix et la sécurité. Nous
travaillons ensemble pour le bien de tous, à la recherche des
meilleurs moyens de combler le fossé qui existe dans le domaine de la
santé. Face aux difficultés économiques et au changement constant
des priorités mondiales, c’est la connaissance des résultats
possibles qui nous guide. Nous savons que de nombreux succès ont été
obtenus grâce au rôle catalyseur de la société civile, à
l’appui des gouvernements et des ONG, à l’action durable des systèmes
de santé et aux soutiens à l’intérieur du système des Nations
Unies. A l’exemple des efforts sans précédent déployés pour
promouvoir la santé et éradiquer la rougeole dans cette Région, ces
réussites ne font pas souvent la une des médias comme elles le mériteraient.
De nombreux dirigeants dans le monde ont placé la
santé au centre de l’action pour le développement parce qu’ils
reconnaissent le rôle déterminant des investissements en faveur de
la santé pour le développement humain et économique.
En réaction à la nouvelle place accordée à la
santé, les professionnels de santé redoublent d’efforts.
Nous nous employons plus activement à faire
reculer les maladies, comme le VIH et le paludisme, qui compromettent
le bien-être des pauvres et des populations marginalisées. Nous
accordons une attention particulière aux besoins des femmes et des
enfants.
Nous nous attaquons sans pitié aux principaux
facteurs de risque pour la santé tels que le tabac, la violence et
les milieux insalubres.
Nous réformons les systèmes de santé afin de les
rendre efficaces, réactifs et équitables.
Nous veillons aussi avec soin à ce que les
politiques de développement dans tous les secteurs contribuent de façon
optimale à l’amélioration de la santé.
Par tous ces moyens, nous jouons un rôle déterminant
dans la réduction de la pauvreté et la sécurité humaine.
Madame la Présidente,
A la fin de la semaine dernière, le Secrétaire américain
à la Santé, Tommy Thompson, a évoqué l’incidence croissante du
syndrome post-traumatique consécutif aux traumatismes subis le 11
septembre. Cela nécessitera, selon lui, « le renforcement des
services de conseil et de santé mentale dans tout le pays » et
« des moyens financiers considérablement accrus ». Le
bien-être mental de millions de personnes est en effet menacé par
les traumatismes, la peur, les préjugés et l’incertitude.
L’OMS a lancé cette année une campagne mondiale
destinée à mettre fin aux préjugés qui entourent la santé mentale
– préjugés qui dénient aux personnes qui en ont besoin
l’accès à des soins de santé, conduisent à une discrimination
aux plans de l’activité professionnelle et du logement ainsi que
pour d’autres opportunités et, trop souvent encore, amènent les
planificateurs sanitaires à négliger ce domaine.
Nous avons invité les professionnels de santé,
les associations et les gouvernements à cesser partout d’exclure
les malades mentaux et à dire « oui aux soins ».
La réaction est impressionnante. La Journée
mondiale de la Santé, cette année, a témoigné du souhait et de la
volonté extraordinaires de presque tous les pays de renforcer les
systèmes de santé pour qu’ils dispensent des services de santé
mentale meilleurs et, par l’intermédiaire des médias, de
sensibiliser davantage l’opinion et de réduire les préjugés.
A Caracas, en 1990, les pays d’Amérique latine
ont déclaré qu’ils réformeraient les politiques de santé mentale.
Leurs principes sont justes. La charge de morbidité actuelle et
future dans le domaine de la santé mentale a été sous-estimée.
Pour y faire face, nous devons améliorer les stratégies de santé
mentale. Elles doivent prévoir l’accès à une prévention et des
traitements efficaces et mettre l’accent sur la famille au sein de
la communauté. Des stratégies sont énoncées plus en détail dans
le rapport sur la santé dans le monde de cette année.
Madame la Présidente,
La Commission de l’OMS Macroéconomie et Santé,
dans son rapport à la fin de l’année, insistera sur la nécessité
d’accroître considérablement et rapidement l’action destinée à
améliorer la santé, et les perspectives, des personnes les plus
pauvres dans le monde. Les membres de la Commission indiqueront le
niveau des nouvelles ressources nécessaires. Au moins dix milliards
de dollars, voire vingt-cinq, par an.
Nous avons entendu cette année les dirigeants
mondiaux s’engager à améliorer la santé des pauvres – lors
de l’Assemblée mondiale de la Santé, à la session extraordinaire
de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA,
pendant les sommets régionaux et au Sommet du G8 à Gênes. Les
gouvernements, les associations et les organismes privés s’engagent
à augmenter les ressources consacrées à l’action de santé.
Aucun gouvernement, aucun organisme, aucune
association et aucun groupe de pression ne peut opérer seul de grands
changements dans le domaine de la santé. C’est pourquoi nous
associons action et sensibilisation, travaillant à la fois avec la
société civile et les responsables politiques. Nous encourageons des
échanges constructifs entre les ministères de la santé et des
finances. Nous cherchons à instaurer un dialogue régulier entre les
gouvernements et les dispensateurs de ressources extérieures des
organismes donateurs, des fondations, des banques de développement et
des associations. Pour plus d’efficacité, nous associons les
efforts de groupes à l’intérieur et à l’extérieur des
gouvernements et nous établissons des alliances avec le secteur privé
sur la base de valeurs et de buts communs.
Nous savons que les ressources disponibles pour la
santé ne seront jamais suffisantes. Aussi devons-nous utiliser celles
dont nous disposons aussi efficacement que possible. Cela explique que
nous privilégiions l’action coordonnée des gouvernements, des établissements
de recherche, des entreprises du secteur privé et des organisations
internationales.
Nous cherchons à réaliser ce difficile équilibre
entre des stratégies et buts communs, le respect réciproque du
mandat et des priorités de chacun, et la nécessité de tenir compte
des avantages comparatifs dans tout ce que fait chacun d’entre nous.
Les buts communs et la synergie dans l’action de
santé ont un pouvoir remarquable. Les conséquences d’une
coordination insuffisante, en revanche, se mesurent en souffrances
humaines et cela, pour nous tous, est un signe d’échec évident.
Madame la Présidente,
Nous devons tous faire davantage pour réduire
l’impact du VIH sur la sécurité humaine. Lorsque les Chefs
d’Etat se sont réunis à New York au mois de juin, ils ont manifesté
avec force leur engagement politique en faveur d’une riposte
beaucoup plus énergique. Nous sommes convenus de stratégies
prioritaires pour interrompre la propagation de l’infection à VIH.
Nous nous sommes engagés à aider les gens à mieux se protéger
contre l’infection et à accroître le nombre des personnes qui ont
accès aux soins pour les maladies liées au VIH.
Il existe dans cette Région de solides programmes
de lutte contre l’infection à VIH qui offrent des soins aux
personnes vivant avec le VIH fondés sur des traitements éprouvés et
efficaces. Ils utilisent les médicaments antirétroviraux peu coûteux,
rendus de plus en plus disponibles par les efforts combinés des
gouvernements nationaux, des laboratoires pharmaceutiques, des ONG et
des fabricants de médicaments génériques.
Il s’ensuit que la riposte régionale au VIH est
fermement ancrée dans les systèmes de santé, qu’elle associe tout
l’éventail des professionnels de santé et reflète une approche
globale. On a observé qu’un accès accru aux soins améliorait
l’impact des mesures préventives, en particulier chez les personnes
les plus exposées, et qu’il réduisait la proportion des lits d’hôpitaux
occupés par des personnes vivant avec le VIH.
L’infection à VIH et le SIDA restent des défis
extraordinaires pour les Amériques et les Caraïbes. Nous devons
intensifier les efforts destinés à atteindre les personnes démunies,
en particulier dans les communautés les plus pauvres. Nous devons
constamment combattre les préjugés et la discrimination, qui
entravent toute riposte efficace du système de santé. Nous devons
nous souvenir qu’il faut déployer des efforts particuliers pour
atteindre les femmes, spécialement les adolescentes, et les aider à
éviter la double menace de l’infection à VIH et des pathologies liées
à la procréation.
L’OMS renforce sa contribution à la lutte. Notre
but est d’aider à définir des ripostes plus efficaces et de
faciliter leur mise en oeuvre compte tenu des traditions culturelles
et des réalités sociales.
La tuberculose se propage, dans le sillage du VIH.
Je compte retrouver un grand nombre d’entre vous le mois prochain
ici à Washington pour le premier forum des partenaires de
l’initiative Halte à la tuberculose. Nous déterminerons comment
faire progresser le partenariat mondial. Nous devrons également arrêter
des stratégies pour améliorer la mise en oeuvre dans les pays des
mesures destinées à stopper la tuberculose conformément aux cibles
nationales et mondiale de la lutte antituberculeuse.
Les présages sont favorables. Le prix des
principaux médicaments antituberculeux, y compris certains de ceux
qui sont nécessaires contre les souches polychimiorésistantes, est
en baisse. Les schémas de traitement sous surveillance fonctionnent
bien. Nous savons mieux désormais comment atteindre toutes les
personnes qui ont besoin d’un traitement financièrement abordable.
Des plans nationaux de lutte antituberculeuse ont en outre été mis
au point, même s’ils ont besoin de ressources financières.
Le Fonds mondial SIDA et Santé aidera les systèmes
de santé nationaux à améliorer leur riposte face au VIH, à la
tuberculose et au paludisme. En aidant à la conception et au
fonctionnement du Fonds, l’OMS s’efforcera de faire en sorte que
le Fonds ait une portée mondiale, qu’il utilise les ressources
efficacement et qu’il renforce la capacité des pays à agir
durablement et efficacement. Il est indispensable que les efforts du
Fonds soient couronnés de succès et qu’il soit en mesure
d’attirer le type de ressources dont il aura besoin pendant ces
prochaines années. Il ne faut pas que ce soit un simple feu de paille.
Madame la Présidente,
Les systèmes de santé de cette Région font
actuellement l’objet de réformes. On a entrepris de définir les
buts des systèmes, et toutes sortes de canaux privés, volontaires et
publics sont utilisés pour dispenser des soins essentiels à ceux qui
en ont besoin.
Dans de nombreux pays, les questions relatives au
financement de l’action de santé dominent. Le plus difficile
consiste à se prémunir contre les risques financiers tout en
veillant à la qualité des services dispensés. L’OMS élabore des
politiques modèles de financement des services de santé à l’usage
des pays qui doivent faire face à ces difficultés. La qualité des
initiatives de soins en cours dans cette Région est très riche
d’enseignements.
En tant qu’administrateurs de la santé, les
gouvernements doivent rendre compte de la mesure dans laquelle les résultats
des systèmes de santé répondent aux buts qu’ils ont fixés, et il
leur incombe de tirer le meilleur parti possible de leur système de
santé avec les fonds disponibles. Cela explique l’importance
croissante qui est donnée dans cette Région à l’efficacité de
l’administration des systèmes de santé.
Administrer la santé amène à prendre des décisions
difficiles : l’OMS offre aux décideurs des conseils techniques
fondés sur des analyses mondiales et régionales des questions de
santé. Nous recueillons par exemple maintenant des données de référence
sur le rôle de différents facteurs de risque dans la santé des
personnes et le rapport coût/efficacité de différentes
interventions de santé fondées sur la population.
Les administrateurs de la santé doivent également
pouvoir disposer d’informations fiables dans leur pays. Celles-ci
doivent couvrir à la fois la charge de morbidité supportée par différents
groupes de population, et la manière dont le système de santé y
fait face.
Il est préférable de disposer d’informations
fiables fondées sur la population pour décider du moment où il y a
lieu d’intervenir face à certaines menaces pour la santé. Les pays
de cette Région collaborent à la mise en place de systèmes
nationaux de surveillance des maladies et de riposte aux maladies.
Ces systèmes nationaux sont reliés en réseau,
constituant un système mondial soutenu par l’OMS, doté de compétences
techniques, de ressources prêtes à être utilisées et du soutien de
plus de 250 laboratoires. Le système mondial est rattaché au Règlement
sanitaire international – instrument juridiquement contraignant
qui régit la déclaration des maladies potentiellement épidémiques
et l’application des mesures destinées à prévenir leur
propagation. Le système mondial peut aussi travailler avec les pays –
pour examiner des agents pathogènes dangereux et confirmer le
diagnostic des cas.
Les scientifiques et les laboratoires de l’hémisphère
occidental sont indispensables au système mondial de surveillance des
maladies. Ils ont également participé à la riposte internationale
à de nombreuses flambées
– et ont notamment endigué la flambée d’Ebola qui a débuté
en Ouganda en octobre de l’année passée et qui est la plus
importante jamais enregistrée.
La surveillance est essentielle dans cette Région,
car nous faisons face à la menace que font peser la dengue et la
dengue hémorragique. La riposte n’est pas facile. Il n’existe pas
d’intervention efficace et simple qui permette de prévenir et de maîtriser
la dengue ; à nouveau, la clé du problème est une action
commune par l’intermédiaire d’organisations travaillant en
partenariat.
Comme pour le paludisme, la nature et la
combinaison de ces actions peuvent varier d’un pays à l’autre.
Toutefois, ce qui est universel, c’est la nécessité de susciter
l’engagement politique voulu afin de tout faire pour maîtriser la
propagation de la dengue et alléger les souffrances qu’elle
provoque.
La surveillance devient d’autant plus vitale que
nous devons nous préparer à la possibilité d’atteintes délibérées
des populations au moyen d’agents biologiques ou chimiques. Il
convient d’apporter la réponse adéquate. Les protocoles permettant
de contrer l’action de ces agents – bacille du charbon, virus
des fièvres hémorragiques, autres agents pathogènes, toxines
d’origine biologique ou substances chimiques nocives – sont
à la disposition de la profession médicale sur le site Web de
l’OMS. Nous avons actualisé nos procédures la semaine dernière
afin d’aider les pays à faire face à des incidents présumés
d’infection délibérée.
Madame la Présidente,
Dans cette Région, le programme d’appui de
l’OPS aux systèmes nationaux d’information sanitaire a permis de
dégager une gamme d’indicateurs pour suivre la performance des systèmes
de santé.
De nombreux pays ont signalé la nécessité d’élaborer
des méthodes uniformisées sur le plan international pour recueillir
les données. L’OMS leur répond en soutenant les enquêtes
nationales qui sont faites régulièrement sur la santé et en aidant
les pays à adapter divers éléments du protocole de l’enquête
sanitaire mondiale élaborée au cours de l’année passée.
Il est possible que l’on ait besoin d’autres
types d’informations pour aider un chef d’Etat ou un ministre de
la santé à répondre à la question « Notre système de santé
fonctionne-t-il bien ? » et comparer la performance
des systèmes de santé entre différentes provinces ou différents
Etats au sein même d’un pays. A cette fin, l’OMS travaille à la
mise au point d’indices composites de la performance des systèmes
de santé qui tiennent compte de la mesure dans laquelle un système
de santé « produit » de la santé, répond aux attentes
des populations, est correctement financé et contribue à l’équité.
Les résultats préliminaires ont été publiés
dans le cadre du Rapport sur la santé dans le monde, 2000. De
nombreux Etats Membres ont apprécié cette nouvelle approche, même
si certains ont eu des questions à poser sur la méthodologie, les
sources de données, les procédures de classement et l’utilité de
l’exercice. Certaines préoccupations ont été exprimées dans le
cadre de cette réunion régionale à l’automne dernier.
Lors du Conseil exécutif qui s’est tenu en
janvier de cette année, j’ai proposé une série de consultations
sur diverses approches de l’évaluation de la performance des systèmes
de santé, un examen collégial de la méthodologie utilisée par
l’OMS et l’offre d’avis d’experts sur la manière de
poursuivre ces travaux. Ces consultations sont en cours et nombre
d’entre vous y participent.
Je prends également note du souhait exprimé récemment
par certains pays d’élargir cette étude afin de couvrir des
mesures comme « l’espérance de vie ajustée sur l’incapacité »
qui est utilisée depuis quelques années et qui s’intitule désormais
« espérance de vie en bonne santé ».
Je m’intéresse personnellement aux consultations
et à l’examen collégial et, m’appuyant sur leurs conclusions, je
présenterai un rapport au Conseil exécutif en janvier 2002. Je pense
que nous pourrons ensuite adopter une approche qui sera agréée par
tous pour évaluer la performance générale des systèmes de santé
nationaux qui sera publiée par l’OMS en 2002.
Madame la Présidente,
Le tabac continue de menacer gravement la santé de
la population de toute la Région. Cependant, je dois féliciter la Région,
et le Dr Alleyne en particulier, d’avoir mis ces derniers mois
l’accent sur les activités qui visent à réduire la consommation
de tabac.
Je suis heureuse de constater que de nombreux pays
prennent des mesures pour réduire le nombre de jeunes qui commencent
à fumer ou aider ceux qui souhaitent arrêter de fumer. Vous
conviendrez qu’il y a encore beaucoup à faire compte tenu du fait
que les sociétés du tabac redoublent d’efforts pour tourner ces
mesures. C’est la raison pour laquelle les gouvernements doivent
s’engager à poursuivre les négociations sur la convention-cadre de
l’OMS pour la lutte antitabac – jusqu’à ce que la convention
soit mise au point, on l’espère, en 2003.
Je me félicite particulièrement de l’action menée
par le Ministre de la Santé du Brésil, José Serra, afin de
trouver une approche commune au sein d’un groupe de pays d’Amérique
latine à Rio en novembre.
Nous devons faire face à certaines controverses en
plus de celles qui sont liées au tabac. Les partenariats de recherche
public-privé, les schémas de prise en charge de la maladie, la révision
des listes de médicaments essentiels pour résoudre les problèmes de
santé prioritaires, les stratégies permettant d’obtenir des médicaments
de qualité à faible coût, et les recommandations sur les questions
nutritionnelles ou d’hygiène de l’environnement font tous
l’objet d’un débat intense. Les Etats Membres souhaitent accroître
l’interaction avec le Secrétariat sur ces questions – à la fois
directement et par l’intermédiaire du Conseil exécutif et de
l’Assemblée mondiale de la Santé. Il faut relever le défi, à
savoir s’assurer que les travaux normatifs de l’OMS intègrent
toujours les meilleures données dont on dispose, tout en permettant
aux Etats Membres de débattre la manière de poursuivre lesdits
travaux.
Les choix difficiles faits par les professionnels
de la santé sur la meilleure façon d’allouer les ressources à la
santé suscitent également des controverses. Ces choix sont complexes
et ont fréquemment une dimension éthique.
Les études sur le génome humain montrent que nous
appartenons à une seule race, qui constitue la même humanité et est
dotée du même ensemble de gènes, et que, malgré la diversité
de nos constitutions, couleurs, nuances et formes, nous avons plus de
similitudes que nous ne l’avions jamais pensé. Il nous faut protéger
notre nature commune. C’est la raison pour laquelle j’aimerais accélérer
les travaux de l’OMS sur l’éthique et – pour reprendre les
termes du Directeur général de la Santé des Etats-Unis d’Amérique,
David Satcher –, veiller à ce que « notre éthique
soit à la hauteur de notre science ».
Aussi allons-nous intensifier nos efforts pour
soutenir davantage les Etats Membres en matière de santé et d’éthique
– pour contribuer à l’éthique sur les plans de la santé
publique et de la recherche en santé. Nous étudierons également les
aspects éthiques des sciences biomédicales et notamment les travaux
sur le génome humain, la recherche sur les cellules souches et le
clonage. Cette initiative se fera en association avec d’autres
organismes du système des Nations Unies, en particulier l’UNESCO
et, au départ, relèvera directement de moi-même. Je compte en étudier
les plans avec le Conseil exécutif et l’Assemblée de la Santé
l’année prochaine.
Madame la Présidente,
Toutes nos activités sont axées sur les pays,
mais seulement quelques-unes d’entre elles sont menées dans les
pays mêmes. Les travaux dans les pays, cependant, sont essentiels et
nos représentants dans les pays sont au centre de tout ce que nous
cherchons à réaliser.
Nous nous engageons à améliorer la capacité des
équipes de l’OMS dans les pays qui ont le plus besoin de nous, afin
de mieux les armer pour qu’ils obtiennent des résultats sanitaires
meilleurs et plus équitables. Les représentants dans les pays et les
bureaux régionaux joueront un rôle clé en la matière. Ils
s’appuieront sur notre récente expérience de la mise en place de
stratégies de coopération avec les pays eux-mêmes et noueront des
liens avec les initiatives mondiales prises pour soutenir l’action
dans les pays.
Les travaux accomplis par les bureaux régionaux de
l’OMS et les départements du Siège sont résumés dans le cadre de
la stratégie institutionnelle qui a été adoptée par les Etats
Membres en 1999 concernant le Secrétariat de l’OMS. Telle est
la base du programme général de travail pour 2002-2005.
Au cours de l’année 2000, le Secrétariat a
élaboré un budget programme stratégique qui a identifié 35 domaines
d’activité dans toute l’Organisation. Cela a servi de base pour
les résultats escomptés, les jalons, les activités et
l’allocation de ressources du budget ordinaire et des fonds
extrabudgétaires pour l’exercice biennal 2002-2003.
Je collaborerai avec les Directeurs régionaux au
cours des mois à venir afin de proposer un ensemble de priorités
mondiales pour la prochaine période, 2004-2005. Nous nous appuierons
sur les débats que vous aurez eus dans ce Comité régional. Je présenterai
ensuite mes propositions au Conseil exécutif lorsqu’il se réunira
à Genève en janvier 2002.
Madame la Présidente,
Les défis que nous devons relever aujourd’hui en
qualité de professionnels de la santé sont plus grands que jamais.
Nous sommes unis dans notre lutte contre la pauvreté et l’inégalité
et nous intensifions notre riposte. Nous savons que les actions à
mener pour combattre la terreur, la faim et la maladie exigeront des décisions
prudentes et des réponses bien adaptées. Les demandes de secours
humanitaire ont déjà augmenté et nous pouvons nous attendre à ce
que leur nombre s’accroisse encore.
Le Secrétariat de l’OMS répondra du mieux
qu’il pourra aux attentes légitimes de chacun d’entre nous – où
que nous vivions, quelles que soient nos opinions, que nous soyons
riches ou pauvres, femmes, enfants ou hommes – et adoptera une
approche qui reflétera notre respect élémentaire de la dignité et
du potentiel des populations de toutes les régions du monde. Voilà
ce que ces populations attendent de notre Organisation et des
professions que nous représentons.
Je souhaite que vos travaux au cours de cette
semaine et de l’année à venir soient couronnés de succès.
Je vous remercie.