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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr Gro Harlem Brundtland       
Directeur général
Organisation mondiale de la santé

 Madrid
12 septembre 2001

 

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Comité régional de l’Europe - Cinquante et unième session

Madame la Présidente,

Docteur Danzon,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs,

Nous avons tous été choqués par les terribles évènements qui ont endeuillé les Etats-Unis, cette semaine. Nous tenons à faire part de notre profonde tristesse devant les pertes en vies humaines et l'ampleur des souffrances. Dans une telle situation, il est d'autant plus important de renforcer les moyens par lesquels nous collaborons. Nous devons continuer d'appliquer les principes et de défendre les valeurs qui ont toujours inspiré notre action en faveur de la santé dans le monde.

Le Directeur régional vous a déjà présenté un rapport détaillé et vous avez examiné plusieurs des questions qui préoccupent l’ensemble de la Région. Je me concentrerai donc sur un petit nombre de thèmes qui intéressent ce Comité.

Les défis liés à la maladie et à la pauvreté ont déjà occupé une grande part de vos débats. Vous ne serez pas surpris de m’entendre redire que la maladie prive des millions de personnes de la possibilité de réaliser leurs potentialités. La situation de ces millions de laissés-pour-compte pose un sérieux problème aux dirigeants mondiaux qui préparent le monde futur.

Le nombre des personnes considérées comme pauvres dans la Région de l’Europe a augmenté au cours de cette dernière décennie. Comme vous l’avez déjà indiqué, la pauvreté est présente même dans les Etats Membres les plus prospères. Les inégalités en matière de santé entre les sociétés et au sein de chacune d’elles ont des répercussions pour tous ceux qui en font partie. Du fait de la mondialisation, les conséquences de la pauvreté peuvent aussi être ressenties à une grande distance, influant à la fois sur les résultats sanitaires et sur la perception qu’ont les gens de leurs chances de vivre à l’avenir en bonne santé.

Pourtant – tandis que nous sommes réunis ici aujourd’hui – le clivage entre les nantis et les plus démunis s’accentue. Seuls quelques privilégiés ont accès aux fruits de l’innovation et des nouvelles technologies. Ce fossé, malheureusement, est net dans la Région de l’Europe, dans les pays qui commencent à connaître des taux de croissance économique positifs après une décennie caractérisée par des baisses dramatiques. Pour vous, responsables de la santé dans la Région, le défi consiste à tirer parti de la reprise et à commencer à combler le fossé dans le domaine de la santé.

Le Secrétariat de l’OMS vous aide à faire face à ce défi. Nous partageons votre engagement à améliorer l’accès de tous à des systèmes de santé efficaces. Il faut pour cela axer l’attention sur les personnes et les communautés les plus démunies. Veiller à ce qu’elles aient accès aux soins de santé essentiels. Assurer la promotion de la santé. Faire en sorte qu’elles disposent des denrées essentielles. Mettre en place les moyens nécessaires permettant aux professionnels de santé de dispenser des soins de qualité aux personnes et aux populations. Donner au public et à ceux qui prennent les décisions concernant la fourniture des services l’accès aux informations utiles. Fournir la technologie qui permet de disposer de ces informations. Mettre en place les infrastructures et les établissements indispensables au fonctionnement des systèmes de santé. Instaurer les mécanismes voulus pour augmenter les chances de ces systèmes de fonctionner convenablement. Nous savons que vous attendez davantage de l’OMS. Nous nous préparons à vous soutenir de notre mieux.

Chers collègues,

Quelle que soit sa définition, la pauvreté est le principal déterminant de la morbidité. En même temps, il apparaît de plus en plus que les pauvres ont d’autant moins de chances de sortir de leur pauvreté qu’ils ne sont pas en bonne santé. D’où la reconnaissance croissante que la réduction de la pauvreté et la sécurité humaine passent par l’absence de maladie.

Au cours de l’année écoulée, le monde a pris davantage conscience de la nécessité d’investir beaucoup plus en faveur de la santé de toutes les populations. Les investissements efficaces destinés à assurer des résultats sanitaires équitables sont désormais reconnus comme essentiels pour le développement humain et économique des sociétés défavorisées.

La Commission Macroéconomie et Santé et ses six groupes de travail ont soigneusement analysé cette nouvelle manière de penser. Les membres de la Commission, sous la direction du Professeur Jeffrey Sachs de l’Université de Harvard, doivent publier leur rapport à la fin de l’année. Ils demanderont vraisemblablement que soit considérablement et rapidement intensifiée l’action visant à améliorer la santé, et les perspectives, des personnes les plus pauvres dans le monde.

Les pays commencent déjà à répondre à cet appel. Ils s’engagent à investir davantage en faveur de la santé, s’appuyant sur les actions existantes lorsque celles-ci s’avèrent efficaces. Ils recherchent des ressources supplémentaires ailleurs, auprès d’organismes donateurs, de fondations, de banques de développement et du mouvement associatif. Ils entretiennent des partenariats fondés sur des valeurs et des buts communs, réunissant des groupes appartenant tant au secteur public qu’au secteur privé. Ils cherchent à nouer de nouvelles alliances raisonnées avec des entités privées. Ils savent en effet qu’aucun gouvernement, aucun organisme, aucune association et aucun groupe de pression ne peut apporter seul la réponse – certainement pas sans unir ses efforts à ceux de la société civile et de ses dirigeants politiques.

La communauté internationale réagit également, et pas seulement en paroles. Lors de l’Assemblée mondiale de la Santé de cette année, pendant la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA et au Sommet du G8 à Gênes, des engagements fermes ont été pris en faveur d’une augmentation du niveau des ressources disponibles pour la santé dans le monde. Les gouvernements, les associations et les organismes privés prennent déjà de nouveaux engagements.

Les nouvelles ressources nécessaires pour la santé atteignent des proportions considérables. Dix milliards de dollars par an au minimum. Ce qui signifie que les ressources qui sont disponibles doivent être utilisées aussi efficacement que possible. Pour ce faire, l’OMS associe les gouvernements, les établissements de recherche, les entreprises du secteur privé et les organisations internationales, en veillant à promouvoir une synergie entre les buts et les stratégies. Nous reconnaissons que ces alliances sont inégales et qu’elles peuvent évoluer. Nous savons que chaque Partie a ses propres priorités, ses obligations de résultats et ses avantages comparatifs.

Lorsque différentes organisations s’emploient ensemble à promouvoir la santé et le bien-être, il est fréquent qu’elles subissent des influences réciproques. Les conséquences d’une mauvaise coordination se mesurent en souffrances humaines : pour l’OMS, une aide internationale insuffisamment coordonnée est un signe d’échec. Des buts communs et une synergie peuvent en revanche conférer un pouvoir assez remarquable.

Le Fonds mondial SIDA et Santé stimulera de façon importante l’action internationale coordonnée en faveur de la santé. Le Fonds devrait être opérationnel d’ici à la fin de l’année. Pour l’OMS, il est important que ce Fonds réponde aux attentes et soit véritablement un fonds mondial. C’est-à-dire qu’il doit bénéficier aux personnes démunies de toutes les Régions, y compris celle-ci.

Le Fonds devrait encourager le fonctionnement plus efficace des systèmes de santé ne disposant pas de moyens financiers suffisants. Il devrait notamment améliorer la capacité de divers groupes prestataires à fournir des services et des biens essentiels par le biais de toutes sortes de canaux privés, associatifs et publics. Il est important que la direction soit assurée par les gouvernements, même dans les situations d’urgence complexes, pour que la qualité soit garantie et que les pauvres profitent des avantages prévus.

De nombreux pays ont entrepris de réformer leur système de santé. Il est évident que des réformes qui ne se soldent pas par une amélioration des résultats ont échoué. De nombreuses réformes focalisées entreprises dans la Région ont été menées à bien. Les analyses et les synthèses de l’Observatoire européen de la Santé sont pour nous tous riches d’enseignement.

Les réformes des systèmes de santé n’ont guère de chances d’aboutir sans une participation de la population à l’action de santé aux niveaux local, national, régional et mondial. Cela nécessite des programmes crédibles et optimistes de sensibilisation et une action catalytique. L’expérience dans cette Région montre que les responsables professionnels, les politiques, les médias et les personnalités publiques peuvent jouer un rôle déterminant dans les mouvements en faveur de la santé – que ce soit dans les villes, sur les lieux de travail ou dans les écoles. En général, les gouvernements et les autorités locales travaillent avec les ONG, les associations professionnelles et les médias. Tous reconnaissent la nécessité de collaborer – afin que « les forces de la mondialisation servent la sécurité future de l’humanité ».

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les délégués,

Les dirigeants mondiaux ont focalisé leur attention sur les effets dévastateurs de l’infection à VIH et du SIDA sur notre société mondiale. Le défi du SIDA concerne tous les professionnels de santé. Dans cette Région, les taux d’infection absolus sont encore relativement bas. C’est une bonne nouvelle. Mais si nous n’agissons pas maintenant, avec détermination et de façon concertée, les choses tourneront mal très rapidement. Plusieurs pays d’Europe centrale et orientale et des Etats nouvellement indépendants voient déjà les taux d’infection à VIH augmenter de façon inquiétante. Il y a dix ans, des chiffres comparables étaient enregistrés dans certains pays d’Afrique. Notre riposte collective n’a pas suffi à stopper la hausse. Pour les populations de certains pays, les conséquences humaines et économiques sont extrêmement graves. Nous devons prévenir une catastrophe similaire dans cette Région.

La session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH en juillet dernier a tenté d’élaborer des stratégies et des interventions capables de stopper la propagation de l’infection à VIH. Nous avons tous pris l’engagement de riposter plus efficacement – en aidant les gens à se protéger contre l’infection et en augmentant la proportion des personnes affectées par le VIH qui ont accès à des soins.

Renforcer les appels à l’appui d’une riposte extraordinaire et courageuse.

Nous devons intensifier les mesures de prévention axées sur les risques connus en améliorant pour ce faire la surveillance des infections. Nous devons agir en respectant les droits et la dignité des personnes. Nous devons améliorer l’accès à des moyens diagnostiques et des traitements efficaces dans le cadre de la riposte globale au VIH.

J’ai donné des instructions pour que l’OMS renforce sa contribution à l’action menée. Notre but est d’aider à définir des actions plus efficaces et à les mettre en oeuvre efficacement en tenant compte des traditions culturelles et des réalités sociales.

En liaison avec le VIH/SIDA, l’épidémie de tuberculose se propage dans la Région. En novembre dernier à Moscou, j’ai été témoin personnellement de l’effroyable propagation de la tuberculose dans la population carcérale et de la croissance de la tuberculose polychimiorésistante.

Récemment, le Dispositif mondial pour l’approvisionnement en médicaments antituberculeux a réussi à réduire sensiblement les prix des principaux antituberculeux, y compris certains de ceux qui agissent contre les souches polychimiorésistantes. Les schémas thérapeutiques observés s’avèrent efficaces. Nous avançons dans la mise en place des conditions voulues pour que tous ceux qui en ont besoin puissent bénéficier d’un traitement à un prix abordable. Les pays pourront s’appuyer sur ces progrès pour élaborer leurs plans d’action. Nous attendons avec intérêt les rapports sur les progrès accomplis qui seront présentés au Forum des Partenaires Halte à la tuberculose le mois prochain à Washington.

Chers collègues,

L’OMS a catalysé l’établissement d’une série de partenariats en faveur de l’action de santé, qu’elle soutient maintenant. Les effets de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination se font déjà sentir. La campagne d’éradication de la poliomyélite fait des progrès remarquables : dans de grandes parties de cette Région, la poliomyélite est déjà considérée comme une menace d’un autre temps. Les cas isolés découverts en Bulgarie au début de l’année nous rappellent qu’aucun d’entre nous n’est réellement en sécurité tant que le monde entier n’est pas déclaré exempt de poliomyélite.

L’OMS facilite également l’adoption d’autres mesures pouvant avoir un impact profond. Cet été, nous avons présenté une nouvelle initiative destinée à améliorer l’accès à l’information sur la santé. L’OMS a notamment aidé à élaborer un accord entre certains des principaux éditeurs internationaux de littérature biomédicale pour la diffusion gratuite sur Internet d’un millier de revues. Des milliers de professionnels de santé et de chercheurs ont ainsi la possibilité d’accéder à des informations essentielles. Plusieurs pays de la Région sont en mesure de participer à cette initiative.

Chers collègues,

Dans cette Région, l’OMS a été à la pointe des travaux concernant l’environnement et la santé, en mettant plus particulièrement l’accent sur la santé de l’enfant, le transport et la santé et, surtout, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à un système d’assainissement adéquat. Les leçons du Bureau régional de l’Europe sont appliquées dans d’autres Régions de l’OMS par toute une série de partenaires résolus.

L’OMS collabore actuellement avec vous pour faire face à la charge de morbidité liée aux maladies mentales et aux troubles neurologiques. Dans la plupart des pays, les ressources et le personnel disponible sont insuffisants. Mais des moyens nouveaux et plus efficaces existent désormais pour traiter et prévenir les troubles neurologiques et mentaux. Grâce à ces moyens, les soins de santé mentale modernes privilégient davantage l’aide à la famille au sein de la communauté locale. Ils permettent de prévenir et d’assurer un dépistage et un traitement précoces ; ils permettent aussi d’utiliser des médicaments efficaces et relativement peu coûteux.

L’Europe a enregistré des résultats assez remarquables en matière de mise au point et d’application de stratégies nouvelles de prévention et de traitement des maladies mentales. Les efforts de certains pays constituent eux-mêmes des modèles en vue d’une approche plus efficace, plus professionnelle et aussi plus humaine face au problème. Mais, comme l’a récemment fait observer la Déclaration d’Athènes, en juin de cette année, il reste encore beaucoup à faire pour que nos connaissances en matière de prévention, d’utilisation efficace des médicaments, de soutien communautaire et de réduction des préjugés et de la discrimination se traduisent par des mesures concrètes permettant d’améliorer la vie des millions de personnes atteintes de troubles mentaux.

Le rapport sur la santé dans le monde, qui paraîtra le 4 octobre prochain, donnera une vue d’ensemble de la charge actuelle et future de morbidité liée aux troubles mentaux ainsi que des principaux facteurs qui y contribuent. Le rapport offre des stratégies visant à assurer à la fois la mise en place et le financement adéquat de la prévention et du traitement.

Cette Région a également été à la pointe des efforts consentis face au problème du préjudice que peut causer l’alcool à la vie des jeunes. Beaucoup d’entre nous ont participé en février à une réunion pour élaborer une riposte, à l’occasion de la Conférence ministérielle européenne à Stockholm.

Cette réunion s’inscrivait dans un contexte sérieux. On observe des signes alarmants d’une dégradation des comportements en matière de consommation d’alcool chez les jeunes dans l’ensemble de la Région. Je suis très heureuse de constater qu’on est en train de relever le défi. Une déclaration claire a été adoptée. Certains pays ont déjà mis en oeuvre des politiques nouvelles, en associant les jeunes au processus d’élaboration de ces politiques et en gardant la distance qui convient par rapport aux intérêts commerciaux.

Je suis également heureuse de constater que l’Union européenne a adopté deux mesures liées à l’alcool en juin qui sont en harmonie avec le plan d’action européen sur l’alcool. L’Union européenne a lancé un appel en faveur de la coopération internationale, surtout avec l’OMS – afin de suivre les progrès et d’échanger les données d’expérience.

Chers collègues,

Le tabac continue de présenter une énorme menace pour la santé dans l’ensemble de la Région européenne. Je suis particulièrement préoccupée par l’aggravation rapide de la morbidité liée au tabac et du nombre de décès chez les femmes.

De nombreux pays d’Europe centrale et orientale et de nombreux Etats nouvellement indépendants sont devenus des cibles majeures d’une industrie du tabac à l’affût de nouveaux marchés. Mais je constate avec satisfaction que l’OMS collabore avec les pays pour mettre en oeuvre des solutions contribuant à réduire le nombre de jeunes qui commencent à fumer ou à aider ceux qui le désirent à cesser de fumer. Il faut encore faire beaucoup plus. C’est pour cela que les gouvernements doivent ne pas relâcher leur engagement dans les négociations en vue de la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac tant que la convention n’aura pas été mise au point de manière définitive, en 2003 je l’espère.

Nous sommes confrontés tous les jours aux controverses concernant l’accès aux soins de santé et les résultats de la recherche médicale.

Une grande partie de la recherche biomédicale est actuellement entreprise dans les pays industrialisés, en premier lieu, sur la base des considérations du marché. Cela est inacceptable du point de vue éthique. Tant que les choses ne changeront pas, l’écart des connaissances et des technologies entre les pays industrialisés et les pays en développement continuera de s’accroître, et les besoins des pays pauvres en matière de santé ne retiendront pas toute l’attention qu’ils méritent.

Les programmes de recherche de l’OMS contribuent à combler ce fossé en établissant des réseaux internationaux associant des chercheurs du monde entier qui s’efforcent ensemble d’améliorer les chances de succès. Les chercheurs des pays de cette Région jouent à cet égard un rôle clé.

Pourtant, les professionnels de la santé dans la Région sont constamment confrontés à des choix difficiles sur l’affectation des ressources dont ils disposent. Ces choix sont complexes et revêtent souvent une dimension éthique.

Les bureaux régionaux de l’OMS et les Départements au Siège aident les pays à aborder les questions éthiques complexes – par exemple en ce qui concerne les codes de conduite pour la recherche faisant intervenir des sujets humains. Le moment est venu de réunir tous ces efforts.

Je propose donc de mettre sur pied une initiative, à l’échelle de l’Organisation dans son ensemble, sur l’éthique sanitaire, basée dans un premier temps dans mon Bureau. Elle mettra l’accent sur l’éthique dans la santé publique, l’éthique dans la recherche en santé et l’éthique en biotechnologie. Elle envisagera les aspects éthiques des travaux sur le génome humain, la recherche sur les cellules-souches, le clonage et les autres domaines des sciences biomédicales. Elle contribuera à accroître les capacités des Etats Membres à répondre aux questions éthiques et à apporter un appui à l’action intergouvernementale – que ce soit dans le cadre du système des Nations Unies, des institutions régionales ou de partenariats avec des institutions comme le Conseil de l’Europe. Nous collaborerons étroitement avec l’Assemblée générale des Nations Unies et d’autres organismes des Nations Unies (y compris l’UNESCO) et pourrons nous prévaloir de certains travaux de pionnier actuellement entrepris par les Etats Membres de cette Région et par le Bureau régional de l’Europe.

Chers collègues,

En mars, j’ai pris la parole à l’occasion d’une importante réunion sur la salubrité des aliments à Uppsala.

A cette occasion, j’ai mentionné trois grands défis à relever dans le domaine de la salubrité des aliments en Europe :

  • Nous devons accepter que les systèmes que nous utilisons en Europe pour assurer la salubrité des aliments ne sont pas aussi parfaits que nous pouvions le croire. Pour améliorer ces systèmes et rétablir la confiance du consommateur, nous devons les réévaluer à tous les stades, de la ferme jusqu’à la salle à manger.
  • Nous devons veiller à la mise en place de normes raisonnables de salubrité des aliments qui s’appliquent dans le monde entier et nous devons aider tous les pays à respecter ces normes ; à la longue, cela est dans notre propre intérêt. Si nous ne le faisons pas, les pays en développement ne pourront participer à des systèmes d’échanges commerciaux planétaires.

  • Enfin, nous devons mettre en place des normes mondiales concernant des systèmes d’approbation avant leur arrivée sur le marché d’aliments génétiquement modifiés pour que ces nouveaux produits soient non seulement sûrs, mais également bénéfiques pour le consommateur et plus efficaces que les produits actuels.

J’ai pris connaissance avec plaisir des initiatives régionales dans le domaine de la salubrité des aliments qui ont été prises avec l’appui de l’OMS – je songe en particulier au rôle des ministres de la santé publique qui ont cherché à promouvoir les intérêts des consommateurs dans des cadres réglementaires et juridiques.

Chers collègues,

L’activité de l’OMS est entreprise pour les pays, mais une partie seulement s’inscrit dans le cadre des pays. L’activité au niveau des pays est toutefois déterminante et nos représentants dans les pays sont au centre de tout ce que nous cherchons à accomplir.

Nous nous sommes engagés à améliorer la capacité des équipes de l’OMS dans les pays qui ont le plus besoin de nous pour qu’elles soient mieux en mesure de contribuer à des résultats sanitaires meilleurs et plus équitables. Les représentants de l’OMS dans les pays et les bureaux régionaux joueront un rôle central à cet égard. Ils profiteront de nos expériences récentes concernant la mise en place de stratégies de coopération avec les différents pays et s’inspireront de la décision de ce Comité de privilégier davantage une intervention efficace au niveau des pays.

L’activité des bureaux régionaux de l’OMS et des Départements du Siège est résumée dans la stratégie institutionnelle du Secrétariat de l’OMS définie par les Etats Membres en 1999. Elle constitue le fondement du programme général de travail 2002-2005.

En 2000, le Secrétariat a établi un budget programme stratégique et défini 35 domaines d’activité dans l’ensemble de l’Organisation qui forment la base des résultats escomptés, des étapes, des activités et de l’affectation des ressources du budget ordinaire et des ressources extrabudgétaires pendant l’exercice 2002-2003.

Ces prochains mois, je m’attacherai avec les Directeurs régionaux à mettre au point un ensemble de priorités mondiales pour l’exercice suivant, 2004-2005. Nous tiendrons compte de vos délibérations au Comité régional. Mes propositions seront ensuite présentées au Conseil exécutif lorsqu’il se réunira à Genève, en janvier 2002.

L’OMS et l’Union européenne sont des collaborateurs naturels dans le domaine de la santé et je me félicite de l’évolution de notre coopération au cours des deux dernières années. Cette coopération s’exprime par les liens qu’entretiennent les Etats Membres de l’Union européenne avec le Bureau régional de l’Europe et avec le Siège de l’OMS à Genève. En outre, la collaboration de l’OMS avec la Commission européenne est renforcée par l’échange de lettres de la fin de l’an dernier. Cet échange se greffe sur un dialogue très ouvert et positif entre nous sur le nouveau cadre d’action politique concernant les principales maladies transmissibles et l’accès aux médicaments, ainsi que dans les domaines de la lutte antitabac, de la salubrité de l’environnement et de la salubrité des aliments.

L’échange de lettres nous permettra de mettre en place une collaboration importante et systématique sur un large éventail de questions. Il prévoit des réunions annuelles aux niveaux politique et technique afin de faire le point de la coopération actuelle, d’examiner les priorités et d’élaborer des plans pour l’avenir.

Chers collègues,

En tant que professionnels de la santé, nous sommes tous confrontés à d’énormes défis. On attend toujours plus de nous. Nous répondons à ces attentes légitimes en nous efforçant de promouvoir l’équité des résultats en matière de santé et de réduire la pauvreté.

Ces valeurs sous-tendent toutes nos activités – en tant qu’Etats Membres de l’OMS, en tant que Secrétariat.

Unissons nos efforts pour que cette réunion soit constructive et couronnée de succès et pour que l’action sanitaire dans toute la Région au cours de l’année à venir soit un modèle d’efficacité.

Je vous remercie.

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