|
Madame la
Présidente,
Docteur
Danzon,
Mesdames et
Messieurs les Ministres,
Mesdames et
Messieurs,
Nous avons tous été choqués par les terribles
évènements qui ont endeuillé les Etats-Unis, cette semaine. Nous
tenons à faire part de notre profonde tristesse devant les pertes en
vies humaines et l'ampleur des souffrances. Dans une telle situation,
il est d'autant plus important de renforcer les moyens par lesquels
nous collaborons. Nous devons continuer d'appliquer les principes et
de défendre les valeurs qui ont toujours inspiré notre action en
faveur de la santé dans le monde.
Le Directeur régional vous a déjà présenté un
rapport détaillé et vous avez examiné plusieurs des questions qui
préoccupent l’ensemble de la Région. Je me concentrerai donc sur
un petit nombre de thèmes qui intéressent ce Comité.
Les défis liés à la maladie et à la pauvreté
ont déjà occupé une grande part de vos débats. Vous ne serez pas
surpris de m’entendre redire que la maladie prive des millions de
personnes de la possibilité de réaliser leurs potentialités. La
situation de ces millions de laissés-pour-compte pose un sérieux
problème aux dirigeants mondiaux qui préparent le monde futur.
Le nombre des personnes considérées comme pauvres
dans la Région de l’Europe a augmenté au cours de cette dernière
décennie. Comme vous l’avez déjà indiqué, la pauvreté est
présente même dans les Etats Membres les plus prospères. Les
inégalités en matière de santé entre les sociétés et au sein de
chacune d’elles ont des répercussions pour tous ceux qui en font
partie. Du fait de la mondialisation, les conséquences de la
pauvreté peuvent aussi être ressenties à une grande distance,
influant à la fois sur les résultats sanitaires et sur la perception
qu’ont les gens de leurs chances de vivre à l’avenir en bonne
santé.
Pourtant – tandis que nous sommes réunis ici
aujourd’hui – le clivage entre les nantis et les plus démunis s’accentue.
Seuls quelques privilégiés ont accès aux fruits de l’innovation
et des nouvelles technologies. Ce fossé, malheureusement, est net
dans la Région de l’Europe, dans les pays qui commencent à
connaître des taux de croissance économique positifs après une
décennie caractérisée par des baisses dramatiques. Pour vous,
responsables de la santé dans la Région, le défi consiste à tirer
parti de la reprise et à commencer à combler le fossé dans le
domaine de la santé.
Le Secrétariat de l’OMS vous aide à faire face
à ce défi. Nous partageons votre engagement à améliorer l’accès
de tous à des systèmes de santé efficaces. Il faut pour cela
axer l’attention sur les personnes et les communautés les plus
démunies. Veiller à ce qu’elles aient accès aux soins de santé
essentiels. Assurer la promotion de la santé. Faire en sorte qu’elles
disposent des denrées essentielles. Mettre en place les moyens
nécessaires permettant aux professionnels de santé de dispenser des
soins de qualité aux personnes et aux populations. Donner au public
et à ceux qui prennent les décisions concernant la fourniture des
services l’accès aux informations utiles. Fournir la technologie
qui permet de disposer de ces informations. Mettre en place les
infrastructures et les établissements indispensables au
fonctionnement des systèmes de santé. Instaurer les mécanismes
voulus pour augmenter les chances de ces systèmes de fonctionner
convenablement. Nous savons que vous attendez davantage de l’OMS.
Nous nous préparons à vous soutenir de notre mieux.
Chers collègues,
Quelle que soit sa définition, la pauvreté est le
principal déterminant de la morbidité. En même temps, il apparaît
de plus en plus que les pauvres ont d’autant moins de chances de
sortir de leur pauvreté qu’ils ne sont pas en bonne santé. D’où
la reconnaissance croissante que la réduction de la pauvreté et la
sécurité humaine passent par l’absence de maladie.
Au cours de l’année écoulée, le monde a pris
davantage conscience de la nécessité d’investir beaucoup plus en
faveur de la santé de toutes les populations. Les investissements
efficaces destinés à assurer des résultats sanitaires équitables
sont désormais reconnus comme essentiels pour le développement
humain et économique des sociétés défavorisées.
La Commission Macroéconomie et Santé et ses six
groupes de travail ont soigneusement analysé cette nouvelle manière
de penser. Les membres de la Commission, sous la direction du
Professeur Jeffrey Sachs de l’Université de Harvard, doivent
publier leur rapport à la fin de l’année. Ils demanderont
vraisemblablement que soit considérablement et rapidement
intensifiée l’action visant à améliorer la santé, et les
perspectives, des personnes les plus pauvres dans le monde.
Les pays commencent déjà à répondre à cet
appel. Ils s’engagent à investir davantage en faveur de la santé,
s’appuyant sur les actions existantes lorsque celles-ci s’avèrent
efficaces. Ils recherchent des ressources supplémentaires ailleurs,
auprès d’organismes donateurs, de fondations, de banques de
développement et du mouvement associatif. Ils entretiennent des
partenariats fondés sur des valeurs et des buts communs, réunissant
des groupes appartenant tant au secteur public qu’au secteur privé.
Ils cherchent à nouer de nouvelles alliances raisonnées avec des
entités privées. Ils savent en effet qu’aucun gouvernement, aucun
organisme, aucune association et aucun groupe de pression ne peut
apporter seul la réponse – certainement pas sans unir ses efforts
à ceux de la société civile et de ses dirigeants politiques.
La communauté internationale réagit également,
et pas seulement en paroles. Lors de l’Assemblée mondiale de la
Santé de cette année, pendant la session extraordinaire de l’Assemblée
générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA et au Sommet du G8 à
Gênes, des engagements fermes ont été pris en faveur d’une
augmentation du niveau des ressources disponibles pour la santé dans
le monde. Les gouvernements, les associations et les organismes
privés prennent déjà de nouveaux engagements.
Les nouvelles ressources nécessaires pour la
santé atteignent des proportions considérables. Dix milliards de
dollars par an au minimum. Ce qui signifie que les ressources qui sont
disponibles doivent être utilisées aussi efficacement que
possible. Pour ce faire, l’OMS associe les gouvernements, les
établissements de recherche, les entreprises du secteur privé et les
organisations internationales, en veillant à promouvoir une synergie
entre les buts et les stratégies. Nous reconnaissons que ces
alliances sont inégales et qu’elles peuvent évoluer. Nous savons
que chaque Partie a ses propres priorités, ses obligations de
résultats et ses avantages comparatifs.
Lorsque différentes organisations s’emploient
ensemble à promouvoir la santé et le bien-être, il est fréquent qu’elles
subissent des influences réciproques. Les conséquences d’une
mauvaise coordination se mesurent en souffrances humaines : pour
l’OMS, une aide internationale insuffisamment coordonnée est un
signe d’échec. Des buts communs et une synergie peuvent en revanche
conférer un pouvoir assez remarquable.
Le Fonds mondial SIDA et Santé stimulera de façon
importante l’action internationale coordonnée en faveur de la
santé. Le Fonds devrait être opérationnel d’ici à la fin de l’année.
Pour l’OMS, il est important que ce Fonds réponde aux attentes et
soit véritablement un fonds mondial. C’est-à-dire qu’il
doit bénéficier aux personnes démunies de toutes les Régions, y
compris celle-ci.
Le Fonds devrait encourager le fonctionnement
plus efficace des systèmes de santé ne disposant pas de moyens
financiers suffisants. Il devrait notamment améliorer la
capacité de divers groupes prestataires à fournir des services et
des biens essentiels par le biais de toutes sortes de canaux privés,
associatifs et publics. Il est important que la direction soit
assurée par les gouvernements, même dans les situations d’urgence
complexes, pour que la qualité soit garantie et que les pauvres
profitent des avantages prévus.
De nombreux pays ont entrepris de réformer leur
système de santé. Il est évident que des réformes qui ne se
soldent pas par une amélioration des résultats ont échoué. De
nombreuses réformes focalisées entreprises dans la Région ont été
menées à bien. Les analyses et les synthèses de l’Observatoire
européen de la Santé sont pour nous tous riches d’enseignement.
Les réformes des systèmes de santé n’ont
guère de chances d’aboutir sans une participation de la
population à l’action de santé aux niveaux local, national,
régional et mondial. Cela nécessite des programmes crédibles et
optimistes de sensibilisation et une action catalytique. L’expérience
dans cette Région montre que les responsables professionnels, les
politiques, les médias et les personnalités publiques peuvent jouer
un rôle déterminant dans les mouvements en faveur de la santé –
que ce soit dans les villes, sur les lieux de travail ou dans les
écoles. En général, les gouvernements et les autorités locales
travaillent avec les ONG, les associations professionnelles et les
médias. Tous reconnaissent la nécessité de collaborer – afin que
« les forces de la mondialisation servent la sécurité future
de l’humanité ».
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les
délégués,
Les dirigeants mondiaux ont focalisé leur
attention sur les effets dévastateurs de l’infection à VIH et du
SIDA sur notre société mondiale. Le défi du SIDA concerne tous les
professionnels de santé. Dans cette Région, les taux d’infection
absolus sont encore relativement bas. C’est une bonne nouvelle. Mais
si nous n’agissons pas maintenant, avec détermination et de façon
concertée, les choses tourneront mal très rapidement. Plusieurs pays
d’Europe centrale et orientale et des Etats nouvellement
indépendants voient déjà les taux d’infection à VIH augmenter de
façon inquiétante. Il y a dix ans, des chiffres comparables étaient
enregistrés dans certains pays d’Afrique. Notre riposte collective
n’a pas suffi à stopper la hausse. Pour les populations de certains
pays, les conséquences humaines et économiques sont extrêmement
graves. Nous devons prévenir une catastrophe similaire dans cette
Région.
La session extraordinaire de l’Assemblée
générale des Nations Unies sur le VIH en juillet dernier a tenté d’élaborer
des stratégies et des interventions capables de stopper la
propagation de l’infection à VIH. Nous avons tous pris l’engagement
de riposter plus efficacement – en aidant les gens à se protéger
contre l’infection et en augmentant la proportion des personnes
affectées par le VIH qui ont accès à des soins.
Renforcer les appels à l’appui d’une riposte
extraordinaire et courageuse.
Nous devons intensifier les mesures de prévention
axées sur les risques connus en améliorant pour ce faire la
surveillance des infections. Nous devons agir en respectant les droits
et la dignité des personnes. Nous devons améliorer l’accès à des
moyens diagnostiques et des traitements efficaces dans le cadre de la
riposte globale au VIH.
J’ai donné des instructions pour que l’OMS
renforce sa contribution à l’action menée. Notre but est d’aider
à définir des actions plus efficaces et à les mettre en oeuvre
efficacement en tenant compte des traditions culturelles et des
réalités sociales.
En liaison avec le VIH/SIDA, l’épidémie de
tuberculose se propage dans la Région. En novembre dernier à Moscou,
j’ai été témoin personnellement de l’effroyable propagation de
la tuberculose dans la population carcérale et de la croissance de la
tuberculose polychimiorésistante.
Récemment, le Dispositif mondial pour l’approvisionnement
en médicaments antituberculeux a réussi à réduire sensiblement les
prix des principaux antituberculeux, y compris certains de ceux qui
agissent contre les souches polychimiorésistantes. Les schémas
thérapeutiques observés s’avèrent efficaces. Nous avançons dans
la mise en place des conditions voulues pour que tous ceux qui en ont
besoin puissent bénéficier d’un traitement à un prix abordable.
Les pays pourront s’appuyer sur ces progrès pour élaborer leurs
plans d’action. Nous attendons avec intérêt les rapports sur les
progrès accomplis qui seront présentés au Forum des Partenaires
Halte à la tuberculose le mois prochain à Washington.
Chers collègues,
L’OMS a catalysé l’établissement d’une
série de partenariats en faveur de l’action de santé, qu’elle
soutient maintenant. Les effets de l’Alliance mondiale pour les
vaccins et la vaccination se font déjà sentir. La campagne d’éradication
de la poliomyélite fait des progrès remarquables : dans de
grandes parties de cette Région, la poliomyélite est déjà
considérée comme une menace d’un autre temps. Les cas isolés
découverts en Bulgarie au début de l’année nous rappellent qu’aucun
d’entre nous n’est réellement en sécurité tant que le monde
entier n’est pas déclaré exempt de poliomyélite.
L’OMS facilite également l’adoption d’autres
mesures pouvant avoir un impact profond. Cet été, nous avons
présenté une nouvelle initiative destinée à améliorer l’accès
à l’information sur la santé. L’OMS a notamment aidé à
élaborer un accord entre certains des principaux éditeurs
internationaux de littérature biomédicale pour la diffusion gratuite
sur Internet d’un millier de revues. Des milliers de professionnels
de santé et de chercheurs ont ainsi la possibilité d’accéder à
des informations essentielles. Plusieurs pays de la Région sont en
mesure de participer à cette initiative.
Chers collègues,
Dans cette Région, l’OMS a été à la pointe
des travaux concernant l’environnement et la santé, en mettant plus
particulièrement l’accent sur la santé de l’enfant, le transport
et la santé et, surtout, l’amélioration de l’accès à l’eau
potable et à un système d’assainissement adéquat. Les leçons du
Bureau régional de l’Europe sont appliquées dans d’autres
Régions de l’OMS par toute une série de partenaires résolus.
L’OMS collabore actuellement avec vous pour faire
face à la charge de morbidité liée aux maladies mentales et aux
troubles neurologiques. Dans la plupart des pays, les ressources et le
personnel disponible sont insuffisants. Mais des moyens nouveaux et
plus efficaces existent désormais pour traiter et prévenir
les troubles neurologiques et mentaux. Grâce à ces moyens, les soins
de santé mentale modernes privilégient davantage l’aide à la
famille au sein de la communauté locale. Ils permettent de prévenir
et d’assurer un dépistage et un traitement précoces ; ils
permettent aussi d’utiliser des médicaments efficaces et
relativement peu coûteux.
L’Europe a enregistré des résultats assez
remarquables en matière de mise au point et d’application de
stratégies nouvelles de prévention et de traitement des maladies
mentales. Les efforts de certains pays constituent eux-mêmes des
modèles en vue d’une approche plus efficace, plus professionnelle
et aussi plus humaine face au problème. Mais, comme l’a récemment
fait observer la Déclaration d’Athènes, en juin de cette année,
il reste encore beaucoup à faire pour que nos connaissances en
matière de prévention, d’utilisation efficace des médicaments, de
soutien communautaire et de réduction des préjugés et de la
discrimination se traduisent par des mesures concrètes permettant d’améliorer
la vie des millions de personnes atteintes de troubles mentaux.
Le rapport sur la santé dans le monde, qui
paraîtra le 4 octobre prochain, donnera une vue d’ensemble de la
charge actuelle et future de morbidité liée aux troubles mentaux
ainsi que des principaux facteurs qui y contribuent. Le rapport offre
des stratégies visant à assurer à la fois la mise en place et
le financement adéquat de la prévention et du traitement.
Cette Région a également été à la pointe des
efforts consentis face au problème du préjudice que peut causer l’alcool
à la vie des jeunes. Beaucoup d’entre nous ont participé en
février à une réunion pour élaborer une riposte, à l’occasion
de la Conférence ministérielle européenne à Stockholm.
Cette réunion s’inscrivait dans un contexte
sérieux. On observe des signes alarmants d’une dégradation des
comportements en matière de consommation d’alcool chez les jeunes
dans l’ensemble de la Région. Je suis très heureuse de constater
qu’on est en train de relever le défi. Une déclaration claire a
été adoptée. Certains pays ont déjà mis en oeuvre des politiques
nouvelles, en associant les jeunes au processus d’élaboration de
ces politiques et en gardant la distance qui convient par rapport aux
intérêts commerciaux.
Je suis également heureuse de constater que l’Union
européenne a adopté deux mesures liées à l’alcool en juin qui
sont en harmonie avec le plan d’action européen sur l’alcool. L’Union
européenne a lancé un appel en faveur de la coopération
internationale, surtout avec l’OMS – afin de suivre les progrès
et d’échanger les données d’expérience.
Chers collègues,
Le tabac continue de présenter une énorme menace
pour la santé dans l’ensemble de la Région européenne. Je suis
particulièrement préoccupée par l’aggravation rapide de la
morbidité liée au tabac et du nombre de décès chez les femmes.
De nombreux pays d’Europe centrale et orientale
et de nombreux Etats nouvellement indépendants sont devenus des
cibles majeures d’une industrie du tabac à l’affût de nouveaux
marchés. Mais je constate avec satisfaction que l’OMS collabore
avec les pays pour mettre en oeuvre des solutions contribuant à
réduire le nombre de jeunes qui commencent à fumer ou à aider ceux
qui le désirent à cesser de fumer. Il faut encore faire beaucoup
plus. C’est pour cela que les gouvernements doivent ne pas relâcher
leur engagement dans les négociations en vue de la convention-cadre
de l’OMS pour la lutte antitabac tant que la convention n’aura pas
été mise au point de manière définitive, en 2003 je l’espère.
Nous sommes confrontés tous les jours aux
controverses concernant l’accès aux soins de santé et les
résultats de la recherche médicale.
Une grande partie de la recherche biomédicale est
actuellement entreprise dans les pays industrialisés, en premier
lieu, sur la base des considérations du marché. Cela est
inacceptable du point de vue éthique. Tant que les choses ne
changeront pas, l’écart des connaissances et des technologies entre
les pays industrialisés et les pays en développement continuera de s’accroître,
et les besoins des pays pauvres en matière de santé ne retiendront
pas toute l’attention qu’ils méritent.
Les programmes de recherche de l’OMS contribuent
à combler ce fossé en établissant des réseaux internationaux
associant des chercheurs du monde entier qui s’efforcent ensemble d’améliorer
les chances de succès. Les chercheurs des pays de cette Région
jouent à cet égard un rôle clé.
Pourtant, les professionnels de la santé dans la
Région sont constamment confrontés à des choix difficiles sur l’affectation
des ressources dont ils disposent. Ces choix sont complexes et
revêtent souvent une dimension éthique.
Les bureaux régionaux de l’OMS et les
Départements au Siège aident les pays à aborder les questions
éthiques complexes – par exemple en ce qui concerne les codes de
conduite pour la recherche faisant intervenir des sujets humains. Le
moment est venu de réunir tous ces efforts.
Je propose donc de mettre sur pied une initiative,
à l’échelle de l’Organisation dans son ensemble, sur l’éthique
sanitaire, basée dans un premier temps dans mon Bureau. Elle mettra l’accent
sur l’éthique dans la santé publique, l’éthique dans
la recherche en santé et l’éthique en biotechnologie.
Elle envisagera les aspects éthiques des travaux sur le génome
humain, la recherche sur les cellules-souches, le clonage et les
autres domaines des sciences biomédicales. Elle contribuera à
accroître les capacités des Etats Membres à répondre aux questions
éthiques et à apporter un appui à l’action intergouvernementale
– que ce soit dans le cadre du système des Nations Unies, des
institutions régionales ou de partenariats avec des institutions
comme le Conseil de l’Europe. Nous collaborerons étroitement avec l’Assemblée
générale des Nations Unies et d’autres organismes des Nations
Unies (y compris l’UNESCO) et pourrons nous prévaloir de certains
travaux de pionnier actuellement entrepris par les Etats Membres de
cette Région et par le Bureau régional de l’Europe.
Chers collègues,
En mars, j’ai pris la parole à l’occasion d’une
importante réunion sur la salubrité des aliments à Uppsala.
A cette occasion, j’ai mentionné trois grands
défis à relever dans le domaine de la salubrité des aliments en
Europe :
- Nous devons accepter que les systèmes que nous utilisons en
Europe pour assurer la salubrité des aliments ne sont pas aussi
parfaits que nous pouvions le croire. Pour améliorer ces
systèmes et rétablir la confiance du consommateur, nous devons
les réévaluer à tous les stades, de la ferme jusqu’à la
salle à manger.
-
Nous devons veiller à la mise en place
de normes raisonnables de salubrité des aliments qui s’appliquent
dans le monde entier et nous devons aider tous les pays à
respecter ces normes ; à la longue, cela est dans notre
propre intérêt. Si nous ne le faisons pas, les pays en
développement ne pourront participer à des systèmes d’échanges
commerciaux planétaires.
-
Enfin, nous devons mettre en place des
normes mondiales concernant des systèmes d’approbation avant
leur arrivée sur le marché d’aliments génétiquement
modifiés pour que ces nouveaux produits soient non seulement
sûrs, mais également bénéfiques pour le consommateur et plus
efficaces que les produits actuels.
J’ai pris connaissance avec plaisir des
initiatives régionales dans le domaine de la salubrité des aliments
qui ont été prises avec l’appui de l’OMS – je songe en
particulier au rôle des ministres de la santé publique qui ont
cherché à promouvoir les intérêts des consommateurs dans des
cadres réglementaires et juridiques.
Chers collègues,
L’activité de l’OMS est entreprise pour
les pays, mais une partie seulement s’inscrit dans le cadre
des pays. L’activité au niveau des pays est toutefois déterminante
et nos représentants dans les pays sont au centre de tout ce que nous
cherchons à accomplir.
Nous nous sommes engagés à améliorer la
capacité des équipes de l’OMS dans les pays qui ont le plus besoin
de nous pour qu’elles soient mieux en mesure de contribuer à des
résultats sanitaires meilleurs et plus équitables. Les
représentants de l’OMS dans les pays et les bureaux régionaux
joueront un rôle central à cet égard. Ils profiteront de nos
expériences récentes concernant la mise en place de stratégies de
coopération avec les différents pays et s’inspireront de la
décision de ce Comité de privilégier davantage une intervention
efficace au niveau des pays.
L’activité des bureaux régionaux de l’OMS et
des Départements du Siège est résumée dans la stratégie
institutionnelle du Secrétariat de l’OMS définie par les Etats
Membres en 1999. Elle constitue le fondement du programme général de
travail 2002-2005.
En 2000, le Secrétariat a établi un budget
programme stratégique et défini 35 domaines d’activité dans l’ensemble
de l’Organisation qui forment la base des résultats escomptés, des
étapes, des activités et de l’affectation des ressources du budget
ordinaire et des ressources extrabudgétaires pendant l’exercice
2002-2003.
Ces prochains mois, je m’attacherai avec les
Directeurs régionaux à mettre au point un ensemble de priorités
mondiales pour l’exercice suivant, 2004-2005. Nous tiendrons compte
de vos délibérations au Comité régional. Mes propositions seront
ensuite présentées au Conseil exécutif lorsqu’il se réunira à
Genève, en janvier 2002.
L’OMS et l’Union européenne sont des
collaborateurs naturels dans le domaine de la santé et je me
félicite de l’évolution de notre coopération au cours des deux
dernières années. Cette coopération s’exprime par les liens qu’entretiennent
les Etats Membres de l’Union européenne avec le Bureau régional de
l’Europe et avec le Siège de l’OMS à Genève. En outre, la
collaboration de l’OMS avec la Commission européenne est renforcée
par l’échange de lettres de la fin de l’an dernier. Cet échange
se greffe sur un dialogue très ouvert et positif entre nous sur le
nouveau cadre d’action politique concernant les principales maladies
transmissibles et l’accès aux médicaments, ainsi que dans les
domaines de la lutte antitabac, de la salubrité de l’environnement
et de la salubrité des aliments.
L’échange de lettres nous permettra de mettre en
place une collaboration importante et systématique sur un large
éventail de questions. Il prévoit des réunions annuelles aux
niveaux politique et technique afin de faire le point de la
coopération actuelle, d’examiner les priorités et d’élaborer
des plans pour l’avenir.
Chers collègues,
En tant que professionnels de la santé, nous
sommes tous confrontés à d’énormes défis. On attend toujours
plus de nous. Nous répondons à ces attentes légitimes en nous
efforçant de promouvoir l’équité des résultats en matière de
santé et de réduire la pauvreté.
Ces valeurs sous-tendent toutes nos activités –
en tant qu’Etats Membres de l’OMS, en tant que Secrétariat.
Unissons nos efforts pour que cette réunion soit
constructive et couronnée de succès et pour que l’action sanitaire
dans toute la Région au cours de l’année à venir soit un modèle
d’efficacité.
Je vous remercie. |