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Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les
représentants,
Mesdames et Messieurs,
A l'Assemblée mondiale de la Santé, il y a quatre
mois, j'ai déclaré que le plus grand pari pour nous était de
répondre aux attentes des milliards de personnes qui se trouvent dans
la situation cruelle de ne pouvoir réaliser leur potentiel à cause
de problèmes de santé pourtant évitables.
Nous vivons dans un monde où l'écart entre les
riches et les pauvres continue de s'élargir ; un monde dans
lequel seuls quelques privilégiés profitent des bienfaits de la
révolution technologique. Nous avons pour mission de combler cet
écart. Nous pouvons y arriver en facilitant l’accès aux ressources,
aux biens, à l'information, à la technologie, aux systèmes de
santé, moyennant les infrastructures et les institutions
indispensables.
A l'OMS, nous collaborons avec vous pour relever ce
défi dans la Région du Pacifique occidental.
Nous savons que de nombreux systèmes de santé
nationaux ne sont pas en mesure d'offrir des soins aussi efficaces,
aussi bien adaptés et financés aussi équitablement que les
populations et les gouvernements le souhaiteraient. Bien que
nécessaires, les conseils techniques et les partenariats bien
organisés ne suffisent pas dans les pays pauvres. En effet, dans ces
pays, les systèmes de santé ne pourront bien fonctionner que s’ils
disposent de ressources bien plus importantes.
Au cours de l'année écoulée, et même depuis
l'Assemblée de la Santé, l’opinion mondiale a pris conscience de
la nécessité d'investir beaucoup plus dans la santé des populations
afin d'amplifier le développement socio-économique.
Je vais bientôt recevoir le rapport de la
Commission Macro-économie et santé. Je m'attends à ce que ses
membres, sous la conduite du Professeur Jeffrey Sachs, demandent une
intensification spectaculaire et rapide de l'action en faveur de la
santé, à la lumière de leur analyse du rôle crucial que joue la
santé dans le développement économique et dans la lutte contre la
pauvreté.
La communauté internationale commence à réagir
en s'appuyant sur les mesures déjà prises par de nombreux pays. A
l'Assemblée mondiale de la Santé, à la session extraordinaire de
l'Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA et au Sommet
du G8, il a été promis d'accroître les ressources pour la santé
dans le monde. Les organismes du secteur public, privé ou bénévole
prennent déjà de nouveaux engagements en ce sens.
Pour utiliser efficacement ces nouvelles ressources,
un certain nombre d'acteurs de la scène internationale (gouvernements,
instituts de recherche, entreprises privées et organisations
internationales) doivent agir ensemble en suivant les mêmes
orientations. Le travail de chacun est intimement lié à celui des
autres. Aucun d’entre eux ne pourra œuvrer efficacement si les
autres n'assument pas leur part.
Il nous faut donc un cadre d'action faisant le lien
entre la promesse de nouvelles ressources et la manière dont
celles-ci seront utilisées.
Ce cadre repose sur un certain nombre d'éléments
clés, notamment l’exercice des fonctions mondiales essentielles,
comme les programmes de recherche stratégique et de développement de
médicaments et de vaccins ou les partenariats stratégiques
indispensables pour faire diminuer le prix des médicaments et les
mettre à la portée des collectivités les plus pauvres.
Mais nous aurons également besoin de programmes
pour acheter à bon prix et distribuer équitablement les biens
essentiels, en respectant évidemment la propriété intellectuelle,
et les accords commerciaux internationaux et en montrant comment tirer
parti des progrès de la biotechnologie.
Nous avons besoin, en outre, de dispositifs
efficaces et rapides pour les transferts de fonds, reliés à un
système de contrôle et d’examen des résultats qui soit
indépendant et fasse autorité. Ces dispositifs sont indispensables
pour obtenir un engagement à long terme.
L'un de ces dispositifs sera le Fonds mondial SIDA
et Santé. Il devrait être opérationnel d’ici la fin de l'année.
L'OMS insiste sur le fait que ce fonds doit être, comme son nom
l'indique, mondial. C'est-à-dire qu'il doit profiter aux
populations qui en ont besoin dans toutes les Régions, y compris
celle-ci.
Autre élément de ce cadre : les mesures
novatrices à prendre d’urgence pour assurer le bon fonctionnement
des systèmes de santé, même quand le financement fait cruellement
défaut. Il s’agit d'améliorer la capacité de différents
prestateurs à offrir les biens et services essentiels par des voies
diverses, privées, publiques ou bénévoles. L'accent doit porter sur
la tutelle exercée par les autorités publiques, même en situation
d'urgence complexe.
En tant que membre du groupe de travail provisoire
chargé du projet de fonds mondial, l'OMS veut s'assurer que celui-ci
contribuera au développement des systèmes de santé nationaux. Nous
aimerions que le fonds aide les gouvernements et la société civile
à renforcer les systèmes de santé. Il faut pour cela se concentrer
sur les priorités, la couverture et la qualité des interventions et
assurer un suivi rigoureux des résultats obtenus. Il faut amener les
systèmes de santé à utiliser plus efficacement leurs maigres
ressources afin d'obtenir de meilleurs résultats sanitaires pour tous.
Le dernier élément clé du cadre d'action que je
citerai est la mobilisation sociale qu’il faut chercher à obtenir
aux niveaux national et mondial par une action de sensibilisation
crédible et optimiste auprès des dirigeants politiques et des
personnalités marquantes de la vie publique. Cette action se fera par
l'intermédiaire des gouvernements, des ONG et des médias et reposera
sur le thème de la collaboration pour "que les forces de la
mondialisation contribuent à assurer l'avenir de l'humanité".
L'Alliance mondiale pour les vaccins et la
vaccination illustre ce qu’il est possible de faire. Fondée il y a
deux ans, elle a créé un fonds pour la vaccination auquel la
Fondation Bill and Melinda Gates a fait une généreuse donation
initiale de US $750 millions.
Le fonds pour la vaccination verse des crédits aux
pays. Les membres de l'Alliance aident ces derniers à rendre leurs
systèmes de santé plus performants en matière de vaccination des
enfants. L'OMS, en tant que membre essentiel de cette Alliance, offre
toute sa compétence technique pour aider à renforcer les programmes
nationaux de vaccination et, au besoin, à introduire de nouveaux
vaccins.
L'Alliance tient compte des priorités nationales
et s’emploie, en collaborant avec les pouvoirs publics et la
société civile, à utiliser au mieux les ressources dont disposent
les systèmes de santé. Plusieurs pays de la Région ont déjà
bénéficié de cette aide après s'être engagés à mieux vacciner
les enfants.
Le conseil de l'Alliance tire les leçons de
l'expérience acquise peu à peu. Ses membres adaptent le mode de
fonctionnement de façon à répondre avec souplesse et efficacité
aux besoins des pays en matière de vaccination. L’Alliance peut
également jouer un rôle de pionnier dans d'autres domaines. Lors de
la réunion du Comité régional pour l’Afrique, le mois dernier,
les ministres ont déclaré que leurs suggestions concernant le
nouveau fonds SIDA et Santé s’inspiraient de l’Alliance.
Le réseau de l'OMS appuie ces initiatives, ces
partenariats et bien d'autres encore.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les
représentants,
S’agissant du VIH/SIDA, l'attention s'est à
juste titre portée essentiellement sur l'Afrique. Nous estimons
cependant que plus d'un million de personnes sont contaminées par le
VIH dans la Région du Pacifique occidental. Bien que certains pays
aient réussi à diminuer les taux d'infection, ceux-ci augmentent
rapidement dans d'autres pays et la tendance générale donne des
raisons de s’inquiéter.
En juillet de cette année, la session
extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA
s'est penchée sur les stratégies et interventions susceptibles de
stopper la propagation de l’infection. Nous sommes tous résolus à
mieux riposter en aidant les gens à se protéger et en faisant en
sorte que les malades accèdent plus nombreux aux soins.
Comme nous en avons déjà fait l'expérience, il
n'est pas facile d'intensifier notre riposte à cette crise sanitaire
sans précédent. Il faut déployer des moyens extraordinaires et
lutter courageusement. L'expérience montre que l'hésitation et la
lenteur aux premiers stades de l'épidémie ont entraîné des
conséquences dévastatrices pour l'ensemble de la société.
Il est essentiel d'intensifier de manière
systématique et coordonnée les efforts de prévention et d’améliorer
la surveillance dans la Région. Sinon, nous assisterions à une
explosion du nombre de séropositifs et de décès dus au SIDA, ce qu’on
ne peut tolérer.
Nous avons les preuves que la prévention est
utile. Des pays aussi différents que la Nouvelle-Zélande et le
Cambodge ont montré qu'il est possible de faire de la prévention et
d’obtenir des résultats impressionnants.
J'ai pris des dispositions pour que l'OMS s’engage
plus à fond dans ce combat. Notre but est d'aider à concevoir des
mesures plus efficaces et de les appliquer en tenant compte des
traditions culturelles et des réalités sociales.
Avec les autres coparrainants de l'ONUSIDA, ainsi
que des organismes d’aide au développement gouvernementaux et non
gouvernementaux, nous nous efforçons d'adapter les pratiques reposant
sur des bases factuelles aux besoins des populations. Pour savoir ce
qui marche, nous coordonnons et poursuivons d’importants travaux de
recherche sur les méthodes diagnostiques, les spermicides, les
vaccins, des travaux de recherche opérationnelle sur les soins et le
soutien, ainsi que sur l'efficacité des programmes.
A cette fin, nous avons réorganisé et
sensiblement augmenté la contribution de l'OMS à la lutte contre le
VIH/SIDA. Nous sommes désormais mieux en mesure de répondre
rapidement et efficacement aux demandes d'aide émanant des pays. Nous
continuerons d'améliorer notre contribution à l'avenir.
Monsieur le Président,
Cette réunion a lieu à un moment qui marque un
succès remarquable dans la Région du Pacifique occidental. En
octobre dernier, la Région a été certifiée exempte de
poliomyélite. Malgré le voisinage d'un des derniers réservoirs dans
le monde, aucun cas de poliomyélite n'a été notifié pendant
l'année écoulée. Voilà qui témoigne de la réussite de la
politique de vigilance menée dans la Région.
A l'échelle mondiale, nous cherchons
systématiquement à éradiquer la poliomyélite. Nous sommes les
témoins d'un événement sensationnel en santé publique. Des
millions d'enfants ont été vaccinés lors de campagnes répétées.
La surveillance est devenue plus stricte qu’on aurait pu l’imaginer,
souvent dans des pays déchirés par la guerre. Des centaines de
milliers de bénévoles ont été mobilisés et ont travaillé dur,
dans des conditions difficiles, notamment dans les régions en proie
à des conflits.
Les efforts actuellement déployés pour éradiquer
la poliomyélite sont parmi les plus ambitieux et les plus
convaincants jamais entrepris en santé publique. Rien que l'année
dernière, 85 % des enfants du monde, soit 550 millions, ont
été vaccinés.
Grâce à l'initiative mondiale pour l'éradication
de la poliomyélite, le nombre de cas a diminué de 99%. Pendant
l'année 2000, 3500 cas ont été signalés dans le monde. Cette
année, on ne compte jusqu'à présent que 266 cas confirmés.
Autrement dit, grâce à la campagne que nous avons lancée en 1988
avec l'UNICEF, Rotary et les CDC pour principaux partenaires, trois
millions d'habitants du monde en développement ont échappé à la
paralysie.
Le succès de la campagne contre la poliomyélite
montre ce qu’il est possible de réaliser grâce à l'action
sanitaire. Dans les années qui viennent, les retombées de cette
action ne se limiteront pas à l'éradication de la poliomyélite :
les systèmes de santé auront été renforcés et seront devenus plus
efficaces ; les programmes de santé publique reposeront sur une
infrastructure viable. Des milliers d'agents de santé et de
bénévoles s’attelleront à de nouvelles tâches avec fierté et
dévouement.
Ce succès encourageant nous pousse à nous
attaquer à d'autres problèmes dans la Région. La tâche est énorme.
Comment faire en sorte que tous les peuples aient accès à un
système de santé efficace, équitable et adapté à leurs besoins ?
Comment améliorer les services destinés aux personnes les plus
difficiles à atteindre, que ce soit à cause de leur pauvreté, pour
des raisons géographiques ou du fait de leur sexe ? Comment mieux
lutter contre les maladies transmissibles, les risques que courent les
femmes enceintes et les enfants, les épidémies de maladies non
transmissibles et les affections liées à l'hygiène du milieu ?
Ma réponse à ces questions est simple :
premièrement, consacrer beaucoup plus de ressources à la
santé ; deuxièmement, veiller à ce que la mise en œuvre de
ces ressources profite à la santé de tous.
L'OMS doit assumer un rôle prépondérant en
s'efforçant toute entière de soutenir du mieux qu’elle peut
l'action de santé au niveau mondial et les efforts fournis par les
pays, sans négliger pour autant l’influence qu’elle peut exercer
en aidant les autres à obtenir les meilleurs résultats possibles.
Lors de la réunion des Parties intéressées,
tenue à Genève à la fin du mois de juin dernier, il nous a été
expliqué comment le réseau OMS collabore avec ses partenaires pour
faire en sorte que leurs initiatives, dans le secteur de la santé
comme ailleurs, contribuent au maximum et le plus durablement possible
à la santé, à l'équité en santé, au bien-être et au
développement socio-économique. L'accent a été mis sur la manière
dont l'OMS doit encourager, faciliter et appuyer les initiatives
prises par ses partenaires.
Cet été, l'OMS a donné un bon exemple des moyens
qu’elle emploie à cette fin en prenant une nouvelle initiative
censée faciliter l'accès à l'information sanitaire. Vous savez
peut-être que le Secrétaire général a créé un réseau
international pour la santé dans le cadre du plan du millénaire.
L'OMS a contribué à la conclusion d'un accord entre certains des
plus grands éditeurs internationaux de textes biomédicaux en vue de
mettre gratuitement à disposition un millier de revues par le canal
du réseau international pour la santé et de permettre ainsi à des
milliers de professionnels de la santé et de chercheurs d'avoir
accès à des informations d'une importance cruciale.
Cette initiative s'inspire du projet SciELO mené
avec succès par l'Organisation panaméricaine de la Santé et
d'autres projets similaires. Il y a de fortes chances pour qu'elle
contribue à réduire l'écart entre les pays riches et les pays
pauvres concernant l'accès à l'information sanitaire.
Cette initiative illustre la façon dont la
mondialisation peut promouvoir l'équité. Grâce à elle, en effet,
ceux qui détiennent un savoir pourront le communiquer à un nombre
infini de personnes, nouer des contacts avec elles et s’intéresser
de plus près à leurs préoccupations.
C'est là un autre moyen encore qu'emploie l'OMS
pour combler les écarts en matière de santé.
Monsieur le Président,
La charge de morbidité due aux maladies mentales
et aux troubles neurologiques est un grave problème dans le monde. La
plupart des pays manquent de ressources et de personnel pour prendre
en charge les problèmes de santé mentale. Or, il existe aujourd'hui
de nouvelles méthodes, plus efficaces, pour traiter et prévenir les
troubles mentaux et neurologiques. Les soins modernes misent davantage
sur l'appui aux familles au sein de la communauté locale. Ils sont
axés sur la prévention, le dépistage et le traitement précoces et
font appel à des médicaments efficaces et relativement bon marché.
Je constate avec satisfaction que vous consacrez
une session spéciale à la santé mentale et je trouve intéressant
le projet de stratégie régionale que vous allez examiner. Ses deux
principes fondamentaux – une approche intersectorielle des
problèmes de santé mentale et l'intégration du traitement des
troubles mentaux dans les services de santé généraux – sont
les piliers d'une politique moderne et efficace de santé mentale.
Le Rapport sur la santé dans le monde, qui
paraîtra le 4 octobre prochain, a pour thème la santé mentale.
Il donne un aperçu des problèmes de santé mentale dans le monde
d'aujourd'hui et de demain et des principaux facteurs. Il propose des
stratégies pour mettre en place et financer des services de
prévention et de traitement efficaces.
Dans l'ensemble de la Région, les pays s'efforcent
de rendre leurs systèmes de santé plus efficaces d'une manière
générale. Ils comprennent la nécessité d'une information fiable,
concernant à la fois la charge de morbidité et la performance des
systèmes de santé.
Les décideurs et les responsables de programmes
doivent prendre des décisions éclairées concernant l'affectation
des ressources. Ils ont besoin de connaître régulièrement l'état
de santé de la population et la performance du système de santé. A
cet effet, certains pays font régulièrement des enquêtes nationales.
L'OMS est disposée et tient à les aider à cet égard.
Monsieur le Président,
Le tabac fait peser une lourde menace sur la santé
de tous les peuples de la Région du Pacifique occidental. L'incidence
du tabagisme chez les hommes y est la plus élevée du monde, et les
coûts et les souffrances engendrés par les maladies liées au tabac
croissent rapidement. Alors qu’un décès sur quatre dus au tabac se
produit déjà dans cette Région, la consommation de tabac continue
d'augmenter de manière alarmante.
De nombreux pays de la Région sont conscients du
danger que présente l'augmentation de la consommation de tabac. Je
suis heureuse que l'OMS ait pu aider les pays à prendre des mesures
susceptibles de dissuader les jeunes de fumer ou d’aider ceux qui le
souhaitent à renoncer au tabac. Mais bien des efforts sont
nécessaires encore pour contrecarrer les plans de ceux qui
encouragent l'usage du tabac et exercent ainsi une influence
défavorable sur la santé. C'est la raison pour laquelle les
gouvernements de la Région participent aux négociations sur la
convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac.
Lors de la deuxième session de négociations en
mai dernier, l'avant-projet de convention a été longuement discuté.
La prochaine session aura lieu en novembre. Je suis certaine que les
Etats Membres adopteront une convention qui aidera véritablement les
pays à protéger leur peuple des méfaits du tabac. J'insiste sur le
fait que les pays doivent maintenir leur engagement jusqu'à
l'adoption du texte final de la convention, en 2003 si tout va bien.
Je suis bien sûr très satisfaite que la
République de Corée et le Japon aient décidé de bannir le tabac de
la coupe du monde de football l'année prochaine. C'est le genre de
message qui doit être entendu dans le monde entier et j'y adhère
sans réserve.
L'accès aux soins de santé et aux résultats de
la recherche médicale suscite tous les jours de nouvelles
controverses.
La plupart de la recherche biomédicale s’effectue
actuellement dans les pays industrialisés et sert essentiellement des
intérêts commerciaux. Cette situation est inacceptable du point de
vue de l'éthique. Si l'on n'intervient pas, le fossé qui sépare les
pays industrialisés et les pays en développement sur le plan
théorique et technologique se creusera et les besoins sanitaires des
pays pauvres ne recevront pas l'attention qu'ils méritent.
Les programmes de recherche de l'OMS contribuent à
réduire cet écart en instaurant des réseaux internationaux
regroupant des chercheurs du monde entier qui travaillent en commun
pour augmenter leurs chances de succès.
On entend parler d'innovations capables de
prolonger l'espérance de vie et de favoriser le bien-être le l'homme,
mais dans notre travail quotidien, nous sommes témoins des
difficultés auxquelles se heurtent les personnes atteintes de
paludisme ou de tuberculose pour accéder aux soins peu coûteux qui
pourtant existent déjà et dont l'efficacité est reconnue.
Les professionnels de la santé de cette Région
font quotidiennement des choix difficiles concernant l'affectation des
ressources. Ils se demandent, par exemple, quand les résultats des
récents progrès de la génétique auront des retombées favorables
sur la santé de tous les habitants de la Région.
Les bureaux régionaux de l'OMS et les
départements au Siège aident les pays à aborder des questions
compliquées d'éthique, concernant, par exemple, la déontologie de
la recherche portant sur des sujets humains. Il est temps aujourd'hui
d'entreprendre ce travail en commun, de permettre aux Etats Membres de
s'informer mutuellement, de parvenir à un consensus et de mieux
appréhender les problèmes particuliers d'éthique.
Je propose donc de prendre une initiative, commune
à toute l'OMS, pour l'éthique en santé publique, l’éthique de la
recherche en santé et l’éthique de la biotechnologie. Elle
englobera les questions d'éthique liées au génie génétique, à la
recherche sur les cellules souches, au clonage et à d'autres aspects
de la science biomédicale. L'initiative aura pour but d’aider les
Etats Membres à aborder les questions d'éthique et d'appuyer
l'action intergouvernementale en rapport avec la santé et les
questions d'éthique.
Le problème des aliments génétiquement modifiés
met en jeu la santé, l'éthique et l'économie et suscite des
tensions. Cependant, les organismes génétiquement modifiés sont
déjà largement utilisés. Ils sont susceptibles d'augmenter
considérablement la production alimentaire et de réduire ainsi les
carences nutritionnelles. Mais ces produits sont-ils sûrs et
profitables au consommateur ?
Ils peuvent avoir des conséquences fâcheuses,
surtout s'ils sont trop chers pour les pauvres ou s'ils ne sont pas
correctement testés. Il est donc essentiel que les autorités
responsables des normes et de la sécurité alimentaires se soucient
avant tout du bien-être des consommateurs et non des bénéfices des
producteurs ou des fournisseurs. L'OMS intensifie sa coopération avec
la FAO afin d'aider les pays à résoudre les problèmes de salubrité
de tous les aliments, y compris les aliments génétiquement modifiés.
Je constate avec satisfaction que la Région
envisage d'adopter une stratégie globale pour la salubrité des
aliments. En dehors des coûts médicaux et de la baisse de
productivité qu'engendrent les maladies d'origine alimentaire, la
salubrité des aliments prend de plus en plus d’importance à mesure
que se mondialise le commerce des denrées alimentaires. Une meilleure
sécurité alimentaire permettrait de faire des économies
considérables et réduirait énormément les souffrances humaines.
Monsieur le Président,
L'action de l'OMS est toute entière consacrée
aux pays, mais se déroule en partie seulement dans les
pays. L'action au niveau national est pourtant essentielle et les
représentants dans les pays sont au cœur de tout ce que nous
entreprenons.
Nous entendons renforcer les équipes OMS dans les
pays qui ont le plus besoin de notre aide afin qu’elles contribuent
plus utilement à améliorer la situation sanitaire et à instaurer
une plus grande équité. Les représentants de l'OMS et les bureaux
régionaux joueront un rôle prépondérant dans cette entreprise. Ils
s'inspireront des stratégies que nous avons récemment adoptées pour
coopérer avec les pays.
L'action menée par les bureaux régionaux de l'OMS
et les départements au Siège se trouve résumée dans la stratégie
institutionnelle qu’applique le Secrétariat de l'OMS depuis son
approbation par les Etats Membres en 1999. Cette stratégie forme la
base du programme général de travail pour 2002-2005.
En l'an 2000, le Secrétariat a établi un budget
programme stratégique qui recense 35 domaines d'activité
communs à toute l'Organisation. C'est en fonction de ces domaines
qu'ont été définis les résultats attendus, les étapes et les
activités et qu'ont été affectées les ressources du budget
ordinaire et les ressources extrabudgétaires pour l'exercice
2002-2003.
Avec l'aide des Directeurs régionaux, je
définirai provisoirement dans les mois qui viennent une série de
priorités mondiales pour la prochaine période biennale, 2004-2005.
Nous tiendrons compte de vos débats à la présente session du
Comité régional. Je soumettrai ensuite mes propositions au Conseil
exécutif lorsqu'il se réunira à Genève en janvier 2002.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les
représentants,
En tant que professionnels de la santé, nous avons
tous une mission ardue à accomplir. Les populations ont des attentes
plus grandes que jamais. Nous répondons à leurs attentes légitimes
d'une façon qui favorise l'équité en santé et qui contribue à
soulager la misère.
Ces principes sont à la base de toute notre
action, tant celle des Etats Membres de l'OMS que celle du
Secrétariat.
Contribuons ensemble au succès de cette session et
à l'efficacité de l'action qui sera menée dans l'ensemble de la
Région l'année prochaine.
Je vous remercie. |