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World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr Gro Harlem Brundtland       
Directeur général
Organisation mondiale de la santé

 Brunéi Darussalam
11 septembre 2001

  English

Comité régional du Pacifique occidental - Cinquante-deuxième session 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames et Messieurs,

A l'Assemblée mondiale de la Santé, il y a quatre mois, j'ai déclaré que le plus grand pari pour nous était de répondre aux attentes des milliards de personnes qui se trouvent dans la situation cruelle de ne pouvoir réaliser leur potentiel à cause de problèmes de santé pourtant évitables.

Nous vivons dans un monde où l'écart entre les riches et les pauvres continue de s'élargir ; un monde dans lequel seuls quelques privilégiés profitent des bienfaits de la révolution technologique. Nous avons pour mission de combler cet écart. Nous pouvons y arriver en facilitant l’accès aux ressources, aux biens, à l'information, à la technologie, aux systèmes de santé, moyennant les infrastructures et les institutions indispensables.

A l'OMS, nous collaborons avec vous pour relever ce défi dans la Région du Pacifique occidental.

Nous savons que de nombreux systèmes de santé nationaux ne sont pas en mesure d'offrir des soins aussi efficaces, aussi bien adaptés et financés aussi équitablement que les populations et les gouvernements le souhaiteraient. Bien que nécessaires, les conseils techniques et les partenariats bien organisés ne suffisent pas dans les pays pauvres. En effet, dans ces pays, les systèmes de santé ne pourront bien fonctionner que s’ils disposent de ressources bien plus importantes.

Au cours de l'année écoulée, et même depuis l'Assemblée de la Santé, l’opinion mondiale a pris conscience de la nécessité d'investir beaucoup plus dans la santé des populations afin d'amplifier le développement socio-économique.

Je vais bientôt recevoir le rapport de la Commission Macro-économie et santé. Je m'attends à ce que ses membres, sous la conduite du Professeur Jeffrey Sachs, demandent une intensification spectaculaire et rapide de l'action en faveur de la santé, à la lumière de leur analyse du rôle crucial que joue la santé dans le développement économique et dans la lutte contre la pauvreté.

La communauté internationale commence à réagir en s'appuyant sur les mesures déjà prises par de nombreux pays. A l'Assemblée mondiale de la Santé, à la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA et au Sommet du G8, il a été promis d'accroître les ressources pour la santé dans le monde. Les organismes du secteur public, privé ou bénévole prennent déjà de nouveaux engagements en ce sens.

Pour utiliser efficacement ces nouvelles ressources, un certain nombre d'acteurs de la scène internationale (gouvernements, instituts de recherche, entreprises privées et organisations internationales) doivent agir ensemble en suivant les mêmes orientations. Le travail de chacun est intimement lié à celui des autres. Aucun d’entre eux ne pourra œuvrer efficacement si les autres n'assument pas leur part.

Il nous faut donc un cadre d'action faisant le lien entre la promesse de nouvelles ressources et la manière dont celles-ci seront utilisées.

Ce cadre repose sur un certain nombre d'éléments clés, notamment l’exercice des fonctions mondiales essentielles, comme les programmes de recherche stratégique et de développement de médicaments et de vaccins ou les partenariats stratégiques indispensables pour faire diminuer le prix des médicaments et les mettre à la portée des collectivités les plus pauvres.

Mais nous aurons également besoin de programmes pour acheter à bon prix et distribuer équitablement les biens essentiels, en respectant évidemment la propriété intellectuelle, et les accords commerciaux internationaux et en montrant comment tirer parti des progrès de la biotechnologie.

Nous avons besoin, en outre, de dispositifs efficaces et rapides pour les transferts de fonds, reliés à un système de contrôle et d’examen des résultats qui soit indépendant et fasse autorité. Ces dispositifs sont indispensables pour obtenir un engagement à long terme.

L'un de ces dispositifs sera le Fonds mondial SIDA et Santé. Il devrait être opérationnel d’ici la fin de l'année. L'OMS insiste sur le fait que ce fonds doit être, comme son nom l'indique, mondial. C'est-à-dire qu'il doit profiter aux populations qui en ont besoin dans toutes les Régions, y compris celle-ci.

Autre élément de ce cadre : les mesures novatrices à prendre d’urgence pour assurer le bon fonctionnement des systèmes de santé, même quand le financement fait cruellement défaut. Il s’agit d'améliorer la capacité de différents prestateurs à offrir les biens et services essentiels par des voies diverses, privées, publiques ou bénévoles. L'accent doit porter sur la tutelle exercée par les autorités publiques, même en situation d'urgence complexe.

En tant que membre du groupe de travail provisoire chargé du projet de fonds mondial, l'OMS veut s'assurer que celui-ci contribuera au développement des systèmes de santé nationaux. Nous aimerions que le fonds aide les gouvernements et la société civile à renforcer les systèmes de santé. Il faut pour cela se concentrer sur les priorités, la couverture et la qualité des interventions et assurer un suivi rigoureux des résultats obtenus. Il faut amener les systèmes de santé à utiliser plus efficacement leurs maigres ressources afin d'obtenir de meilleurs résultats sanitaires pour tous.

Le dernier élément clé du cadre d'action que je citerai est la mobilisation sociale qu’il faut chercher à obtenir aux niveaux national et mondial par une action de sensibilisation crédible et optimiste auprès des dirigeants politiques et des personnalités marquantes de la vie publique. Cette action se fera par l'intermédiaire des gouvernements, des ONG et des médias et reposera sur le thème de la collaboration pour "que les forces de la mondialisation contribuent à assurer l'avenir de l'humanité".

L'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination illustre ce qu’il est possible de faire. Fondée il y a deux ans, elle a créé un fonds pour la vaccination auquel la Fondation Bill and Melinda Gates a fait une généreuse donation initiale de US $750 millions.

Le fonds pour la vaccination verse des crédits aux pays. Les membres de l'Alliance aident ces derniers à rendre leurs systèmes de santé plus performants en matière de vaccination des enfants. L'OMS, en tant que membre essentiel de cette Alliance, offre toute sa compétence technique pour aider à renforcer les programmes nationaux de vaccination et, au besoin, à introduire de nouveaux vaccins.

L'Alliance tient compte des priorités nationales et s’emploie, en collaborant avec les pouvoirs publics et la société civile, à utiliser au mieux les ressources dont disposent les systèmes de santé. Plusieurs pays de la Région ont déjà bénéficié de cette aide après s'être engagés à mieux vacciner les enfants.

Le conseil de l'Alliance tire les leçons de l'expérience acquise peu à peu. Ses membres adaptent le mode de fonctionnement de façon à répondre avec souplesse et efficacité aux besoins des pays en matière de vaccination. L’Alliance peut également jouer un rôle de pionnier dans d'autres domaines. Lors de la réunion du Comité régional pour l’Afrique, le mois dernier, les ministres ont déclaré que leurs suggestions concernant le nouveau fonds SIDA et Santé s’inspiraient de l’Alliance.

Le réseau de l'OMS appuie ces initiatives, ces partenariats et bien d'autres encore.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les représentants,

S’agissant du VIH/SIDA, l'attention s'est à juste titre portée essentiellement sur l'Afrique. Nous estimons cependant que plus d'un million de personnes sont contaminées par le VIH dans la Région du Pacifique occidental. Bien que certains pays aient réussi à diminuer les taux d'infection, ceux-ci augmentent rapidement dans d'autres pays et la tendance générale donne des raisons de s’inquiéter.

En juillet de cette année, la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA s'est penchée sur les stratégies et interventions susceptibles de stopper la propagation de l’infection. Nous sommes tous résolus à mieux riposter en aidant les gens à se protéger et en faisant en sorte que les malades accèdent plus nombreux aux soins.

Comme nous en avons déjà fait l'expérience, il n'est pas facile d'intensifier notre riposte à cette crise sanitaire sans précédent. Il faut déployer des moyens extraordinaires et lutter courageusement. L'expérience montre que l'hésitation et la lenteur aux premiers stades de l'épidémie ont entraîné des conséquences dévastatrices pour l'ensemble de la société.

Il est essentiel d'intensifier de manière systématique et coordonnée les efforts de prévention et d’améliorer la surveillance dans la Région. Sinon, nous assisterions à une explosion du nombre de séropositifs et de décès dus au SIDA, ce qu’on ne peut tolérer.

Nous avons les preuves que la prévention est utile. Des pays aussi différents que la Nouvelle-Zélande et le Cambodge ont montré qu'il est possible de faire de la prévention et d’obtenir des résultats impressionnants.

J'ai pris des dispositions pour que l'OMS s’engage plus à fond dans ce combat. Notre but est d'aider à concevoir des mesures plus efficaces et de les appliquer en tenant compte des traditions culturelles et des réalités sociales.

Avec les autres coparrainants de l'ONUSIDA, ainsi que des organismes d’aide au développement gouvernementaux et non gouvernementaux, nous nous efforçons d'adapter les pratiques reposant sur des bases factuelles aux besoins des populations. Pour savoir ce qui marche, nous coordonnons et poursuivons d’importants travaux de recherche sur les méthodes diagnostiques, les spermicides, les vaccins, des travaux de recherche opérationnelle sur les soins et le soutien, ainsi que sur l'efficacité des programmes.

A cette fin, nous avons réorganisé et sensiblement augmenté la contribution de l'OMS à la lutte contre le VIH/SIDA. Nous sommes désormais mieux en mesure de répondre rapidement et efficacement aux demandes d'aide émanant des pays. Nous continuerons d'améliorer notre contribution à l'avenir.

Monsieur le Président,

Cette réunion a lieu à un moment qui marque un succès remarquable dans la Région du Pacifique occidental. En octobre dernier, la Région a été certifiée exempte de poliomyélite. Malgré le voisinage d'un des derniers réservoirs dans le monde, aucun cas de poliomyélite n'a été notifié pendant l'année écoulée. Voilà qui témoigne de la réussite de la politique de vigilance menée dans la Région.

A l'échelle mondiale, nous cherchons systématiquement à éradiquer la poliomyélite. Nous sommes les témoins d'un événement sensationnel en santé publique. Des millions d'enfants ont été vaccinés lors de campagnes répétées. La surveillance est devenue plus stricte qu’on aurait pu l’imaginer, souvent dans des pays déchirés par la guerre. Des centaines de milliers de bénévoles ont été mobilisés et ont travaillé dur, dans des conditions difficiles, notamment dans les régions en proie à des conflits.

Les efforts actuellement déployés pour éradiquer la poliomyélite sont parmi les plus ambitieux et les plus convaincants jamais entrepris en santé publique. Rien que l'année dernière, 85 % des enfants du monde, soit 550 millions, ont été vaccinés.

Grâce à l'initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite, le nombre de cas a diminué de 99%. Pendant l'année 2000, 3500 cas ont été signalés dans le monde. Cette année, on ne compte jusqu'à présent que 266 cas confirmés. Autrement dit, grâce à la campagne que nous avons lancée en 1988 avec l'UNICEF, Rotary et les CDC pour principaux partenaires, trois millions d'habitants du monde en développement ont échappé à la paralysie.

Le succès de la campagne contre la poliomyélite montre ce qu’il est possible de réaliser grâce à l'action sanitaire. Dans les années qui viennent, les retombées de cette action ne se limiteront pas à l'éradication de la poliomyélite : les systèmes de santé auront été renforcés et seront devenus plus efficaces ; les programmes de santé publique reposeront sur une infrastructure viable. Des milliers d'agents de santé et de bénévoles s’attelleront à de nouvelles tâches avec fierté et dévouement.

Ce succès encourageant nous pousse à nous attaquer à d'autres problèmes dans la Région. La tâche est énorme. Comment faire en sorte que tous les peuples aient accès à un système de santé efficace, équitable et adapté à leurs besoins ? Comment améliorer les services destinés aux personnes les plus difficiles à atteindre, que ce soit à cause de leur pauvreté, pour des raisons géographiques ou du fait de leur sexe ? Comment mieux lutter contre les maladies transmissibles, les risques que courent les femmes enceintes et les enfants, les épidémies de maladies non transmissibles et les affections liées à l'hygiène du milieu ?

Ma réponse à ces questions est simple : premièrement, consacrer beaucoup plus de ressources à la santé ; deuxièmement, veiller à ce que la mise en œuvre de ces ressources profite à la santé de tous.

L'OMS doit assumer un rôle prépondérant en s'efforçant toute entière de soutenir du mieux qu’elle peut l'action de santé au niveau mondial et les efforts fournis par les pays, sans négliger pour autant l’influence qu’elle peut exercer en aidant les autres à obtenir les meilleurs résultats possibles.

Lors de la réunion des Parties intéressées, tenue à Genève à la fin du mois de juin dernier, il nous a été expliqué comment le réseau OMS collabore avec ses partenaires pour faire en sorte que leurs initiatives, dans le secteur de la santé comme ailleurs, contribuent au maximum et le plus durablement possible à la santé, à l'équité en santé, au bien-être et au développement socio-économique. L'accent a été mis sur la manière dont l'OMS doit encourager, faciliter et appuyer les initiatives prises par ses partenaires.

Cet été, l'OMS a donné un bon exemple des moyens qu’elle emploie à cette fin en prenant une nouvelle initiative censée faciliter l'accès à l'information sanitaire. Vous savez peut-être que le Secrétaire général a créé un réseau international pour la santé dans le cadre du plan du millénaire. L'OMS a contribué à la conclusion d'un accord entre certains des plus grands éditeurs internationaux de textes biomédicaux en vue de mettre gratuitement à disposition un millier de revues par le canal du réseau international pour la santé et de permettre ainsi à des milliers de professionnels de la santé et de chercheurs d'avoir accès à des informations d'une importance cruciale.

Cette initiative s'inspire du projet SciELO mené avec succès par l'Organisation panaméricaine de la Santé et d'autres projets similaires. Il y a de fortes chances pour qu'elle contribue à réduire l'écart entre les pays riches et les pays pauvres concernant l'accès à l'information sanitaire.

Cette initiative illustre la façon dont la mondialisation peut promouvoir l'équité. Grâce à elle, en effet, ceux qui détiennent un savoir pourront le communiquer à un nombre infini de personnes, nouer des contacts avec elles et s’intéresser de plus près à leurs préoccupations.

C'est là un autre moyen encore qu'emploie l'OMS pour combler les écarts en matière de santé.

Monsieur le Président,

La charge de morbidité due aux maladies mentales et aux troubles neurologiques est un grave problème dans le monde. La plupart des pays manquent de ressources et de personnel pour prendre en charge les problèmes de santé mentale. Or, il existe aujourd'hui de nouvelles méthodes, plus efficaces, pour traiter et prévenir les troubles mentaux et neurologiques. Les soins modernes misent davantage sur l'appui aux familles au sein de la communauté locale. Ils sont axés sur la prévention, le dépistage et le traitement précoces et font appel à des médicaments efficaces et relativement bon marché.

Je constate avec satisfaction que vous consacrez une session spéciale à la santé mentale et je trouve intéressant le projet de stratégie régionale que vous allez examiner. Ses deux principes fondamentaux – une approche intersectorielle des problèmes de santé mentale et l'intégration du traitement des troubles mentaux dans les services de santé généraux – sont les piliers d'une politique moderne et efficace de santé mentale.

Le Rapport sur la santé dans le monde, qui paraîtra le 4 octobre prochain, a pour thème la santé mentale. Il donne un aperçu des problèmes de santé mentale dans le monde d'aujourd'hui et de demain et des principaux facteurs. Il propose des stratégies pour mettre en place et financer des services de prévention et de traitement efficaces.

Dans l'ensemble de la Région, les pays s'efforcent de rendre leurs systèmes de santé plus efficaces d'une manière générale. Ils comprennent la nécessité d'une information fiable, concernant à la fois la charge de morbidité et la performance des systèmes de santé.

Les décideurs et les responsables de programmes doivent prendre des décisions éclairées concernant l'affectation des ressources. Ils ont besoin de connaître régulièrement l'état de santé de la population et la performance du système de santé. A cet effet, certains pays font régulièrement des enquêtes nationales. L'OMS est disposée et tient à les aider à cet égard.

Monsieur le Président,

Le tabac fait peser une lourde menace sur la santé de tous les peuples de la Région du Pacifique occidental. L'incidence du tabagisme chez les hommes y est la plus élevée du monde, et les coûts et les souffrances engendrés par les maladies liées au tabac croissent rapidement. Alors qu’un décès sur quatre dus au tabac se produit déjà dans cette Région, la consommation de tabac continue d'augmenter de manière alarmante.

De nombreux pays de la Région sont conscients du danger que présente l'augmentation de la consommation de tabac. Je suis heureuse que l'OMS ait pu aider les pays à prendre des mesures susceptibles de dissuader les jeunes de fumer ou d’aider ceux qui le souhaitent à renoncer au tabac. Mais bien des efforts sont nécessaires encore pour contrecarrer les plans de ceux qui encouragent l'usage du tabac et exercent ainsi une influence défavorable sur la santé. C'est la raison pour laquelle les gouvernements de la Région participent aux négociations sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac.

Lors de la deuxième session de négociations en mai dernier, l'avant-projet de convention a été longuement discuté. La prochaine session aura lieu en novembre. Je suis certaine que les Etats Membres adopteront une convention qui aidera véritablement les pays à protéger leur peuple des méfaits du tabac. J'insiste sur le fait que les pays doivent maintenir leur engagement jusqu'à l'adoption du texte final de la convention, en 2003 si tout va bien.

Je suis bien sûr très satisfaite que la République de Corée et le Japon aient décidé de bannir le tabac de la coupe du monde de football l'année prochaine. C'est le genre de message qui doit être entendu dans le monde entier et j'y adhère sans réserve.

L'accès aux soins de santé et aux résultats de la recherche médicale suscite tous les jours de nouvelles controverses.

La plupart de la recherche biomédicale s’effectue actuellement dans les pays industrialisés et sert essentiellement des intérêts commerciaux. Cette situation est inacceptable du point de vue de l'éthique. Si l'on n'intervient pas, le fossé qui sépare les pays industrialisés et les pays en développement sur le plan théorique et technologique se creusera et les besoins sanitaires des pays pauvres ne recevront pas l'attention qu'ils méritent.

Les programmes de recherche de l'OMS contribuent à réduire cet écart en instaurant des réseaux internationaux regroupant des chercheurs du monde entier qui travaillent en commun pour augmenter leurs chances de succès.

On entend parler d'innovations capables de prolonger l'espérance de vie et de favoriser le bien-être le l'homme, mais dans notre travail quotidien, nous sommes témoins des difficultés auxquelles se heurtent les personnes atteintes de paludisme ou de tuberculose pour accéder aux soins peu coûteux qui pourtant existent déjà et dont l'efficacité est reconnue.

Les professionnels de la santé de cette Région font quotidiennement des choix difficiles concernant l'affectation des ressources. Ils se demandent, par exemple, quand les résultats des récents progrès de la génétique auront des retombées favorables sur la santé de tous les habitants de la Région.

Les bureaux régionaux de l'OMS et les départements au Siège aident les pays à aborder des questions compliquées d'éthique, concernant, par exemple, la déontologie de la recherche portant sur des sujets humains. Il est temps aujourd'hui d'entreprendre ce travail en commun, de permettre aux Etats Membres de s'informer mutuellement, de parvenir à un consensus et de mieux appréhender les problèmes particuliers d'éthique.

Je propose donc de prendre une initiative, commune à toute l'OMS, pour l'éthique en santé publique, l’éthique de la recherche en santé et l’éthique de la biotechnologie. Elle englobera les questions d'éthique liées au génie génétique, à la recherche sur les cellules souches, au clonage et à d'autres aspects de la science biomédicale. L'initiative aura pour but d’aider les Etats Membres à aborder les questions d'éthique et d'appuyer l'action intergouvernementale en rapport avec la santé et les questions d'éthique.

Le problème des aliments génétiquement modifiés met en jeu la santé, l'éthique et l'économie et suscite des tensions. Cependant, les organismes génétiquement modifiés sont déjà largement utilisés. Ils sont susceptibles d'augmenter considérablement la production alimentaire et de réduire ainsi les carences nutritionnelles. Mais ces produits sont-ils sûrs et profitables au consommateur ?

Ils peuvent avoir des conséquences fâcheuses, surtout s'ils sont trop chers pour les pauvres ou s'ils ne sont pas correctement testés. Il est donc essentiel que les autorités responsables des normes et de la sécurité alimentaires se soucient avant tout du bien-être des consommateurs et non des bénéfices des producteurs ou des fournisseurs. L'OMS intensifie sa coopération avec la FAO afin d'aider les pays à résoudre les problèmes de salubrité de tous les aliments, y compris les aliments génétiquement modifiés.

Je constate avec satisfaction que la Région envisage d'adopter une stratégie globale pour la salubrité des aliments. En dehors des coûts médicaux et de la baisse de productivité qu'engendrent les maladies d'origine alimentaire, la salubrité des aliments prend de plus en plus d’importance à mesure que se mondialise le commerce des denrées alimentaires. Une meilleure sécurité alimentaire permettrait de faire des économies considérables et réduirait énormément les souffrances humaines.

Monsieur le Président,

L'action de l'OMS est toute entière consacrée aux pays, mais se déroule en partie seulement dans les pays. L'action au niveau national est pourtant essentielle et les représentants dans les pays sont au cœur de tout ce que nous entreprenons.

Nous entendons renforcer les équipes OMS dans les pays qui ont le plus besoin de notre aide afin qu’elles contribuent plus utilement à améliorer la situation sanitaire et à instaurer une plus grande équité. Les représentants de l'OMS et les bureaux régionaux joueront un rôle prépondérant dans cette entreprise. Ils s'inspireront des stratégies que nous avons récemment adoptées pour coopérer avec les pays.

L'action menée par les bureaux régionaux de l'OMS et les départements au Siège se trouve résumée dans la stratégie institutionnelle qu’applique le Secrétariat de l'OMS depuis son approbation par les Etats Membres en 1999. Cette stratégie forme la base du programme général de travail pour 2002-2005.

En l'an 2000, le Secrétariat a établi un budget programme stratégique qui recense 35 domaines d'activité communs à toute l'Organisation. C'est en fonction de ces domaines qu'ont été définis les résultats attendus, les étapes et les activités et qu'ont été affectées les ressources du budget ordinaire et les ressources extrabudgétaires pour l'exercice 2002-2003.

Avec l'aide des Directeurs régionaux, je définirai provisoirement dans les mois qui viennent une série de priorités mondiales pour la prochaine période biennale, 2004-2005. Nous tiendrons compte de vos débats à la présente session du Comité régional. Je soumettrai ensuite mes propositions au Conseil exécutif lorsqu'il se réunira à Genève en janvier 2002.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les représentants,

En tant que professionnels de la santé, nous avons tous une mission ardue à accomplir. Les populations ont des attentes plus grandes que jamais. Nous répondons à leurs attentes légitimes d'une façon qui favorise l'équité en santé et qui contribue à soulager la misère.

Ces principes sont à la base de toute notre action, tant celle des Etats Membres de l'OMS que celle du Secrétariat.

Contribuons ensemble au succès de cette session et à l'efficacité de l'action qui sera menée dans l'ensemble de la Région l'année prochaine.

Je vous remercie.

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