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World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr Gro Harlem Brundtland       
Directeur général
Organisation mondiale de la santé

Brazzaville 
29 août 2001

  English

Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination  

Allocution prononcée à l’occasion du déjeuner de l’Alliance

Dr Nafo-Traoré,

Dr Samba,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Chers collègues,

C’est un plaisir pour moi de participer à Brazzaville à ce déjeuner de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination ; c’est un plaisir aussi de constater que l’Alliance est désormais opérationnelle et qu’elle change la vie des gens, en Afrique et dans le monde entier.

Pour cela, nous devons remercier la myriade de participants altruistes qui ont consacré leur temps et leur énergie à la création, la mise en oeuvre et l’administration de l’Alliance. Je songe au conseil, au groupe de travail, au secrétariat, ainsi que plus largement à tout le réseau des partenaires de l’Alliance regroupant les gouvernements, les établissements de recherche, les donateurs et les organismes au niveau des pays.

Nous savons d’expérience que la vaccination est l’une des interventions en matière de santé qui présente le meilleur rapport coût/efficacité. L’accès à une vaccination efficace permet de sauver des vies et contribue au bien-être de toutes les sociétés.

Au cours des années 80, la proportion des enfants de la planète qui ont été vaccinés contre six maladies courantes de l’enfant a augmenté de manière spectaculaire. Pourtant, au cours des années 90, les programmes de vaccination de certains pays ont connu la stagnation et parfois on a même assisté à une dégradation de la situation. En outre, les plus pauvres et les plus vulnérables n’avaient pas accès aux nouveaux vaccins rentables comme celui contre l’hépatite B.

Il y a deux ans, nous nous sommes réunis pour relever le défi – pour contribuer à réduire la pauvreté et améliorer le sort des sociétés désavantagées. Nous cherchions un meilleur moyen de répondre aux besoins des enfants et d’améliorer leur accès à la vaccination.

Je crois que nous avons trouvé un de ces moyens.

Nous avons permis aux gouvernements, aux entités privées, aux ONG et aux organismes du système des Nations Unies d’unir leurs forces sur la base des meilleures bases factuelles disponibles.

Nous avons mis les pays au centre de nos préoccupations.

Nous avons mobilisé de nouveaux fonds et trouvé des moyens nouveaux et novateurs pour que nos investissements profitent à ceux qui en ont le plus besoin.

Nous ne nous sommes pas concentrés sur des détails et nous n’avons pas créé des charges inutiles pour les autorités nationales. Au lieu de cela, nous avons utilisé les meilleures pratiques compte tenu des spécificités de chaque pays.

Nous avons fait oeuvre de pionnier, en avançant dans des voies nouvelles et en appliquant des principes nouveaux.

L’an dernier, nous avons invité les 74 pays les plus pauvres à soumettre des propositions au secrétariat de l’Alliance. Avant la fin de l’année, les fonds ont commencé à affluer et les vaccins ont commencé à parvenir dans les pays au début de cette année. Jusqu’ici, des propositions ont été reçues de 54 pays, 36 ont été approuvées et le fonds a pris des engagements s’élevant à US $600 millions pour les cinq prochaines années.

Qu’est-ce qui a permis le succès de l’Alliance ?

L’Alliance et le Fonds pour les vaccins ont bénéficié d’une contribution initiale exceptionnelle de US $750 millions de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Cette contribution a permis de transformer une initiative naissante en un interlocuteur de poids. La confiance et l’engagement dont a fait preuve aussi rapidement la famille Gates ont joué un rôle de catalyseur, incitant les Gouvernements du Royaume-Uni, de la Norvège, des Pays-Bas, des Etats-Unis ainsi que d’autres donateurs à lui emboîter le pas.

Un engagement substantiel ferme sur plusieurs années a donné à l’Alliance la liberté d’agir rapidement et de rationaliser les procédures. Il nous a permis de passer directement du lancement de l’Alliance à la distribution des fonds nécessaires pour obtenir les vaccins. La perspective et les engagements à plus long terme ont encouragé les pays à entreprendre une planification sur plusieurs années.

Nous avons résisté aux pressions visant à faire du processus de l’Alliance un instrument général, complexe et laborieux. Nous avons évité les frais élevés dus aux transactions et fait en sorte que les décisions soient prises et les recrutements faits au niveau des pays.

L’Alliance est un modèle pour des initiatives nouvelles, notamment le nouveau Fonds mondial SIDA et Santé. Elle démontre que les partenariats mondiaux n’ont pas besoin d’un secrétariat pléthorique pour mener à bien leurs activités.

Chers collègues,

Sur les 74 pays qui remplissent les conditions nécessaires pour bénéficier d’un appui du Fonds des vaccins, 36 sont en Afrique et, sur ces 36 pays, 19 ont déjà vu leur proposition approuvée, notamment la Tanzanie, le Libéria, Madagascar et le Mozambique.

Naturellement, l’approbation d’une proposition ne représente que la première étape. Il faut ensuite mener les activités à bien, renforcer les systèmes de santé afin de pouvoir vacciner davantage d’enfants. Et comme l’Alliance est fondée sur le principe de dons sur la base des résultats obtenus, les pays devront tout mettre en oeuvre pour obtenir des résultats tangibles et démontrer que le succès est bien là au bout du chemin.

Nous avons enregistré des succès considérables, mais il y a également plusieurs défis à relever au niveau des pays.

Nous devons :

  • Mieux utiliser les services d’appui à la vaccination.
  • Renforcer encore la coordination nationale et interinstitutions.

  • Renforcer les efforts de mobilisation politique et sociale, surtout en ce qui concerne l’importance cruciale de l’investissement en faveur de la santé.

  • Introduire des vaccins associés nouveaux et sous-utilisés.

  • Assurer le fonctionnement efficace des systèmes de santé même en cas de financement nettement insuffisant.

  • Apporter des mécanismes efficaces, rapides et transparents pour acheminer les fonds là où on en a besoin et les dépenser à bon escient.

Enfin et surtout, nous devons :

  • Aider les pays dont la proposition n’a pas encore été approuvée à recevoir l’aide de l’Alliance. J’invite instamment ces pays à solliciter l’aide dont ils ont besoin pour qu’ils puissent eux aussi recevoir leur part de ce financement vital.

Votre action est nécessaire pour que nous puissions aller de l’avant. Ensemble, nous pourrons atteindre la cible que nous nous sommes fixée, à savoir vacciner 85 % au moins de tous les enfants africains.

Je vous remercie.

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