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Dr
Nafo-Traoré,
Dr Samba,
Mesdames et
Messieurs les Ministres,
Chers
collègues,
C’est un plaisir pour moi de participer à
Brazzaville à ce déjeuner de l’Alliance mondiale pour les vaccins
et la vaccination ; c’est un plaisir aussi de constater que l’Alliance
est désormais opérationnelle et qu’elle change la vie des gens, en
Afrique et dans le monde entier.
Pour cela, nous devons remercier la myriade de
participants altruistes qui ont consacré leur temps et leur énergie
à la création, la mise en oeuvre et l’administration de l’Alliance.
Je songe au conseil, au groupe de travail, au secrétariat, ainsi que
plus largement à tout le réseau des partenaires de l’Alliance
regroupant les gouvernements, les établissements de recherche, les
donateurs et les organismes au niveau des pays.
Nous savons d’expérience que la vaccination est
l’une des interventions en matière de santé qui présente le
meilleur rapport coût/efficacité. L’accès à une vaccination
efficace permet de sauver des vies et contribue au bien-être de
toutes les sociétés.
Au cours des années 80, la proportion des enfants
de la planète qui ont été vaccinés contre six maladies courantes
de l’enfant a augmenté de manière spectaculaire. Pourtant, au
cours des années 90, les programmes de vaccination de certains pays
ont connu la stagnation et parfois on a même assisté à une
dégradation de la situation. En outre, les plus pauvres et les plus
vulnérables n’avaient pas accès aux nouveaux vaccins rentables
comme celui contre l’hépatite B.
Il y a deux ans, nous nous sommes réunis pour
relever le défi – pour contribuer à réduire la pauvreté et
améliorer le sort des sociétés désavantagées. Nous cherchions un
meilleur moyen de répondre aux besoins des enfants et d’améliorer
leur accès à la vaccination.
Je crois que nous avons trouvé un de ces moyens.
Nous avons permis aux gouvernements, aux entités
privées, aux ONG et aux organismes du système des Nations Unies d’unir
leurs forces sur la base des meilleures bases factuelles disponibles.
Nous avons mis les pays au centre de nos
préoccupations.
Nous avons mobilisé de nouveaux fonds et trouvé
des moyens nouveaux et novateurs pour que nos investissements
profitent à ceux qui en ont le plus besoin.
Nous ne nous sommes pas concentrés sur des
détails et nous n’avons pas créé des charges inutiles pour les
autorités nationales. Au lieu de cela, nous avons utilisé les
meilleures pratiques compte tenu des spécificités de chaque pays.
Nous avons fait oeuvre de pionnier, en avançant
dans des voies nouvelles et en appliquant des principes nouveaux.
L’an dernier, nous avons invité les 74 pays les
plus pauvres à soumettre des propositions au secrétariat de l’Alliance.
Avant la fin de l’année, les fonds ont commencé à affluer et les
vaccins ont commencé à parvenir dans les pays au début de cette
année. Jusqu’ici, des propositions ont été reçues de 54 pays,
36 ont été approuvées et le fonds a pris des engagements s’élevant
à US $600 millions pour les cinq prochaines années.
Qu’est-ce qui a permis le succès de l’Alliance ?
L’Alliance et le Fonds pour les vaccins ont
bénéficié d’une contribution initiale exceptionnelle de
US $750 millions de la Fondation Bill et Melinda Gates.
Cette contribution a permis de transformer une
initiative naissante en un interlocuteur de poids. La confiance et l’engagement
dont a fait preuve aussi rapidement la famille Gates ont joué un
rôle de catalyseur, incitant les Gouvernements du Royaume-Uni, de la
Norvège, des Pays-Bas, des Etats-Unis ainsi que d’autres donateurs
à lui emboîter le pas.
Un engagement substantiel ferme sur plusieurs
années a donné à l’Alliance la liberté d’agir rapidement et de
rationaliser les procédures. Il nous a permis de passer directement
du lancement de l’Alliance à la distribution des fonds nécessaires
pour obtenir les vaccins. La perspective et les engagements à plus
long terme ont encouragé les pays à entreprendre une planification
sur plusieurs années.
Nous avons résisté aux pressions visant à faire
du processus de l’Alliance un instrument général, complexe et
laborieux. Nous avons évité les frais élevés dus aux transactions
et fait en sorte que les décisions soient prises et les recrutements
faits au niveau des pays.
L’Alliance est un modèle pour des initiatives
nouvelles, notamment le nouveau Fonds mondial SIDA et Santé. Elle
démontre que les partenariats mondiaux n’ont pas besoin d’un
secrétariat pléthorique pour mener à bien leurs activités.
Chers collègues,
Sur les 74 pays qui remplissent les conditions
nécessaires pour bénéficier d’un appui du Fonds des vaccins, 36
sont en Afrique et, sur ces 36 pays, 19 ont déjà vu leur proposition
approuvée, notamment la Tanzanie, le Libéria, Madagascar et le
Mozambique.
Naturellement, l’approbation d’une proposition
ne représente que la première étape. Il faut ensuite mener les
activités à bien, renforcer les systèmes de santé afin de pouvoir
vacciner davantage d’enfants. Et comme l’Alliance est fondée sur
le principe de dons sur la base des résultats obtenus, les pays
devront tout mettre en oeuvre pour obtenir des résultats tangibles et
démontrer que le succès est bien là au bout du chemin.
Nous avons enregistré des succès considérables,
mais il y a également plusieurs défis à relever au niveau des pays.
Nous devons :
- Mieux utiliser les services d’appui à la vaccination.
-
Renforcer encore la coordination
nationale et interinstitutions.
-
Renforcer les efforts de mobilisation
politique et sociale, surtout en ce qui concerne l’importance
cruciale de l’investissement en faveur de la santé.
-
Introduire des vaccins associés nouveaux
et sous-utilisés.
-
Assurer le fonctionnement efficace des
systèmes de santé même en cas de financement nettement
insuffisant.
-
Apporter des mécanismes efficaces,
rapides et transparents pour acheminer les fonds là où on en a
besoin et les dépenser à bon escient.
Enfin et surtout, nous devons :
- Aider les pays dont la proposition n’a pas encore été
approuvée à recevoir l’aide de l’Alliance. J’invite
instamment ces pays à solliciter l’aide dont ils ont besoin
pour qu’ils puissent eux aussi recevoir leur part de ce
financement vital.
Votre action est nécessaire pour que nous
puissions aller de l’avant. Ensemble, nous pourrons atteindre la
cible que nous nous sommes fixée, à savoir vacciner 85 % au
moins de tous les enfants africains.
Je vous remercie. |