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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr Gro Harlem Brundtland       
Directeur général
Organisation mondiale de la santé

Genève 
18 juin 2001

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Réunion des Parties intéressées - Allocution d'ouverture

Merci, Monsieur l’Ambassadeur,

Bonjour à tous. Je suis très heureuse de vous accueillir et vous remercie de votre présence.

Nous pouvons tous constater aujourd’hui la place de plus en plus importante qu’occupent les questions de santé dans les préoccupations de la communauté mondiale. Les déplacements de population et le développement des échanges, de plus en plus rapides, favorisent également la propagation des bactéries, des virus et de modes de vie préjudiciables à la santé. La fièvre de la Vallée du Rift en Arabie saoudite, la fièvre à virus West Nile aux Etats-Unis, la poliomyélite au Cap-Vert et en Bulgarie ou la tuberculose un peu partout dans le monde ne sont que quelques exemples de maladies infectieuses qui se propagent à travers le globe. De même, les maladies liées au tabac, favorisées par les efforts de commercialisation inlassables pour remplacer la perte de marchés aux Etats-Unis, au Japon ou en Europe. Le diabète et les maladies cardiaques se répandent également jusqu’en Micronésie ou dans les faubourgs de Lagos, bien au-delà des pays riches et industrialisés qui en ont longtemps eu le monopole.

Ces problèmes mondiaux appellent une riposte mondiale – ce qui suppose des méthodes de travail nouvelles et novatrices dans le domaine de la santé.

Par ailleurs, une augmentation sensible des conflits et des catastrophes naturelles a mis en lumière la nécessité de protéger la santé dans les situations d’urgence complexes.

A tous ces problèmes, on s’efforce de plus en plus de trouver des solutions internationales, mais cela exige aussi une meilleure coordination entre ceux qui les mettent en oeuvre. La réforme du système des Nations Unies a pour but de permettre aux organisations de mieux répondre aux besoins des Etats Membres et d’offrir un point de ralliement pour atteindre les buts du développement international. Cette démarche suppose que l’on privilégie l’efficacité à travers des moyens intergouvernementaux, une action collective et de nouvelles formes de partenariat, les différents partenaires souhaitant travailler sous la conduite d’institutions spécialisées des Nations Unies comme l’OMS.

Des changements analogues se produisent dans les pays. Dans beaucoup, le rôle de l’Etat évolue rapidement et le secteur privé et la société civile apparaissent comme des acteurs importants en matière de santé. Dans les pays en développement, un nombre croissant d’organisations internationales et d’institutions financières, de fondations privées et d’organisations non gouvernementales interviennent dans le secteur national de la santé. Partout dans le monde, les gens attendent davantage des services de santé qui, de ce fait, deviennent plus complexes et plus difficiles à gérer. Les ministères de la santé et leurs partenaires de la société civile et du secteur privé veulent savoir quelles sont les meilleures pratiques recommandées par l’OMS en matière de politique sanitaire, de comportements sains ou de services de santé.

Face à ces profonds bouleversements sociaux, politiques et économiques, l’OMS est de plus en plus sollicitée.

Et les exigences vis-à-vis de l’Organisation ne sont pas près de diminuer. Depuis quelques années, les dirigeants mondiaux insistent sur l’importance de la santé comme préalable à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration du bien-être. Au cours des douze derniers mois, nous avons vu se concrétiser cette idée. Interpellés par les appels de plus en plus nombreux à amplifier l’action face à la pandémie de VIH/SIDA, les dirigeants nationaux, les peuples et la société civile, au niveau mondial comme au niveau communautaire, exigent que l’on dépense davantage pour la santé, que l’on recherche des solutions nouvelles et plus efficaces pour réduire la charge de morbidité qui entretient la pauvreté et pour élargir l’accès aux médicaments et autres biens essentiels.

Les gouvernements des pays industrialisés ainsi que des fondations, des banques de développement et d’autres bailleurs de fonds se sont engagés à renouveler leur action, à proposer de nouvelles stratégies et à offrir des ressources supplémentaires en vue d’obtenir des résultats sanitaires équitables. En s’efforçant de créer un fonds mondial SIDA et santé, les pays industrialisés ont mis en place ce qui sera peut-être le partenariat le plus large et le plus important à ce jour, auquel ils ont associé des institutions financières, des organisations du système des Nations Unies, des pays en développement et la société civile.

Dans cette situation, l’expérience et la compétence de l’Organisation mondiale de la Santé sont déterminantes. Notre personnel – dans les pays, dans les Régions et au niveau mondial – a été invité à expliquer ce que cette accélération signifiait concrètement. Dans les pays et communautés les plus pauvres du monde, quels sont les types d’investissements susceptibles d’avoir le plus fort impact et le plus durable sur la santé ? Quels sont les meilleurs moyens de les financer, de les mettre à disposition, de les maintenir et de les contrôler ? Qui doit participer à cet effort ?

Notre contribution à cette nouvelle dynamique repose sur les expériences menées depuis une trentaine d’années : celle des pouvoirs publics et des communautés locales, celle des organismes nationaux et internationaux qui ont soutenu l’action nationale et locale, et celle, enfin, des chercheurs, du Nord et du Sud, qui en ont analysé les résultats.

Nous savons qu’il est essentiel que les gens puissent avoir un accès équitable à des interventions rentables, qu’ils soient en mesure de les utiliser et qu’ils s’y tiennent pour obtenir des résultats. Pour que les résultats soient durables, tous les peuples ont besoin de systèmes de santé efficaces, financés de manière équitable et dotés de personnels convenablement formés et motivés. Il est également essentiel de pouvoir disposer d’une infrastructure viable encore que minimale et d’un soutien logistique adéquat, de pouvoir évaluer régulièrement les résultats et d’utiliser ces évaluations pour adapter les systèmes de façon à ce qu’ils fonctionnent mieux.

Les gouvernements nationaux, les organismes internationaux et les bailleurs de fonds doivent faire face à des sollicitations croissantes, étant invités à amplifier leur action et à en améliorer l’efficacité, l’efficience et l’impact. Face à ces nouveaux défis, l’OMS répond toujours présente.

Mesdames, Messieurs,

Compte tenu de l’ampleur des problèmes de santé à résoudre au plan mondial, il est évident que l’OMS ne peut pas tout faire. Lors de l’élaboration du programme général de travail et du budget pour 2002-2003, nous nous sommes efforcés de clarifier le rôle particulier de l’OMS dans la santé mondiale.

Il y a deux ans, lorsque j’ai présenté le budget pour le présent exercice biennal, j’ai engagé l’OMS à travailler différemment. En définissant des priorités et en réduisant, voire en supprimant, les programmes non prioritaires. En concentrant les ressources sur les priorités et en coupant les frais d’administration. En améliorant notre aptitude à travailler ensemble, de manière stratégique, au niveau des pays, mais aussi au niveau mondial, et en accroissant nos revenus pour pouvoir le faire.

Cela revient à :

  • adopter une conception plus large de la santé dans le contexte du développement humain, de l’action humanitaire, de l’égalité entre hommes et femmes et des droits fondamentaux, l’accent étant mis particulièrement sur les liens entre santé et lutte contre la pauvreté ;
  • assumer un rôle plus important en établissant un consensus plus large aux niveaux national et international sur la politique, les stratégies et les normes de santé – en gérant la recherche et la génération et l’application de connaissances et de compétences ;

  • susciter une action plus efficace en vue de promouvoir et d’améliorer la santé et de réduire les inégalités sur le plan des résultats sanitaires, à travers des partenariats soigneusement négociés et la mise à profit de l’action catalytique de nos partenaires ;

  • créer une culture d’entreprise qui encourage la réflexion stratégique, la rapidité d’action, le maillage créatif, l’innovation et la responsabilité, et renforce notre influence au plan mondial.

Tout cela se traduit par un effort accru qui permet à l’Organisation d’apporter la contribution la plus importante possible à la santé dans le monde en développant son leadership technique, intellectuel, éthique et politique.

Cela signifie également que l’on concentre plus clairement les efforts sur le lien entre santé et pauvreté. Nous nous efforçons de nous concentrer sur la façon dont l’action sanitaire, et notamment les mesures qui ont une incidence sur les déterminants plus larges de la santé, peut aider à atténuer la pauvreté.

Pour mettre en oeuvre ces activités, le Secrétariat de l’OMS se concentre sur six fonctions essentielles :

  • définir des positions cohérentes, éthiques et circonstanciées en matière de politique générale et de sensibilisation ;
  • gérer l’information en évaluant les tendances et en comparant les résultats ; favoriser la recherche et le développement et en définir les buts ;

  • catalyser les changements à travers un soutien technique et politique, de manière à stimuler la coopération et l’action et à renforcer durablement les capacités nationales et interpays ;

  • négocier et soutenir des partenariats nationaux et mondiaux ;

  • fixer et valider des normes et en assurer et en surveiller l’application ;

  • encourager la mise au point et la mise à l’essai de technologies, d’outils et de principes directeurs nouveaux pour la lutte contre les maladies, la réduction des risques, la gestion des soins de santé et la prestation de services.

Je tiens à souligner que ces fonctions sont exercées à tous les niveaux de l’Organisation : au Siège, dans les bureaux régionaux et dans les bureaux de pays. La distinction nette entre coopération technique d’une part et action normative d’autre part n’a plus lieu d’être. La coopération technique comprend l’action de plaidoyer, l’établissement de partenariats, l’encouragement de la recherche et du développement au niveau local et l’action consultative. En fonction des besoins de chaque pays, il sera fait appel pour cela à du personnel du Siège, des bureaux régionaux ou des bureaux de pays.

J’ai dit que l’OMS ne pouvait pas tout faire. Nous devons mieux cibler notre action. J’aimerais maintenant vous expliquer comment j’entends poursuivre nos principales priorités au cours de la prochaine période biennale.

Par priorité, nous entendons un nombre limité de domaines d’activités que nous allons privilégier, dans lesquels nous allons accroître nos efforts et auxquels nous allons consacrer des ressources supplémentaires. Il s’agit de domaines qui offrent la possibilité de réduire sensiblement la charge de morbidité au moyen d’interventions d’un bon rapport coût/efficacité, de problèmes de santé aux répercussions socio-économiques majeures ou qui ont un impact disproportionné sur les conditions de vie des pauvres et de domaines dans lesquels nous considérons qu’il existe une réelle opportunité d’agir.

Mais cette notion de priorité est une notion complexe dans une Organisation comme la nôtre. Certains domaines d’activités demeurent très importants même s’ils n’ont pas été déclarés prioritaires. La fourniture de biens publics mondiaux est en elle-même une priorité – qu’il s’agisse d’élargir le réseau de surveillance des maladies transmissibles, d’actualiser le Règlement sanitaire international, de promouvoir la liste des médicaments essentiels ou de tenir à jour une base de connaissances accessible à tous. Il s’agit là d’activités essentielles qui touchent à tous nos domaines d’action.

Avec un budget ordinaire gelé à US $842 millions pour un nouvel exercice biennal, nous avons de plus en plus de difficultés à mener à bien ces activités essentielles. Nos activités dans les domaines prioritaires sont aussi affectées et nous devrons trouver des fonds extrabudgétaires supplémentaires pour plusieurs de ces domaines.

La destination de ces fonds extrabudgétaires est importante. Au lieu de financer des projets spécifiques, certains bailleurs de fonds tendent maintenant à financer tout un domaine d’activité, ce qui facilite considérablement l’intégration de nos plans de travail, quelles qu’en soient les sources de financement. J’encourage tous nos donateurs à envisager d’adopter cette approche.

La stratégie institutionnelle décrit par quels moyens l’OMS entend relever les défis liés à l’évolution rapide du contexte sanitaire international. Le budget s’inspire du cadre politique dont il suit les principes essentiels. C’est notamment sur la base des critères énoncés dans ce cadre que 11 priorités ont été arrêtées par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session. Pour faciliter le suivi – qu’il s’agisse du transfert de ressources au profit des domaines prioritaires ou des résultats obtenus – ces priorités ont été clairement indiquées dans le budget.

La préparation du budget du prochain exercice est sensiblement novatrice à plusieurs égards : premièrement, il a été élaboré dans un esprit de réelle collaboration entre les bureaux régionaux et Genève ; deuxièmement, il applique les principes de la budgétisation fondée sur les résultats en énonçant les résultats escomptés et des indicateurs de performance pour tous les domaines stratégiques de l’Organisation ; et troisièmement, il a été examiné intégralement pour la première fois par les comités régionaux avant d’être transmis au Conseil exécutif.

Trente-cinq domaines d’activité ont été recensés pour toute l’Organisation. Ils sont indiqués dans le programme général de travail et constituent les fondements de notre plan de travail pour toute l’OMS. Vingt-six d’entre eux couvrent des domaines techniques et onze reflètent les priorités approuvées par le Conseil exécutif et l’Assemblée mondiale de la Santé. Le budget programme stratégique pour 2002-2003 précise la contribution de l’Organisation dans chaque domaine d’activité, les résultats que nous espérons obtenir, que les activités soient financées au titre du budget ordinaire ou par des ressources volontaires supplémentaires, et les jalons qui seront utilisés pour évaluer les progrès accomplis. L’objectif est de refléter aussi fidèlement que possible l’éventail actuel des activités du Secrétariat de l’OMS et d’assurer un niveau de continuité suffisant par rapport au budget précédent pour permettre une comparaison et une analyse significatives des tendances.

Le processus d’élaboration du budget programme pour chaque domaine d’activité s’est étendu à l’ensemble de l’Organisation, associant les personnels des bureaux régionaux et du Siège. Il traduit mieux l’interdépendance des différents niveaux de l’OMS compte tenu des objectifs mondiaux convenus, des stratégies et des résultats escomptés. En même temps, le processus a été assorti d’une réallocation de crédits disponibles au titre du budget ordinaire en faveur des domaines d’activité prioritaires.

Une fois le nouveau budget mis en oeuvre, le processus permet aussi aux différents éléments du réseau OMS de fonctionner en synergie en appliquant des stratégies et des plans de travail communs ouverts à tous. Dans le cadre de ce processus, on s’emploiera ultérieurement à améliorer nos systèmes d’information pour faciliter l’évaluation de nos dépenses et l’examen de la performance pour chaque domaine d’activité. Nous souhaitons également étendre les principes du budget stratégique à l’activité de l’OMS dans les pays pour que les programmes régionaux ou basés à Genève soutiennent efficacement l’action dans les pays. A cette fin, nous consacrerons des ressources au renforcement du potentiel de nos équipes de pays afin qu’elles soient mieux à même d’aider à ce que tous les investissements en faveur de la santé dans les pays donnent des résultats sanitaires équitables.

Dans ce cadre, nous avons entrepris d’intégrer le projet biennal du Cabinet sur les stratégies pour la coopération et les partenariats dans l’activité principale de l’Organisation au moyen d’une initiative relevant du Groupe Relations extérieures et organes directeurs. L’initiative utilisera le travail du projet du Cabinet et les résultats de la réunion mondiale des représentants de l’OMS et des chargés de liaison qui s’est tenue au mois de mars, ainsi que les travaux du Groupe mondial OMS pour la gestion du programme.

Mesdames et Messieurs,

Notre Conseil exécutif, lors de sa réunion du mois dernier, s’est interrogé sur les modalités des liens entre la disponibilité de ressources nouvelles et leur utilisation. La discussion a été articulée autour de six points.

Premièrement : les ressources doivent impérativement et sensiblement augmenter, toutes sources confondues – nationales et internationales – pour couvrir les investissements requis. La priorité absolue ira à la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Deuxièmement : les fonctions mondiales essentielles doivent être assurées, et notamment les suivantes :

  • programmes de recherche stratégique et de développement des médicaments et vaccins nécessaires ;
  • partenariats stratégiques pour réduire le prix des nouvelles technologies – pour la prévention, le diagnostic, le traitement et la communication – afin de les rendre plus accessibles aux communautés les plus pauvres ;

  • mise en oeuvre des accords mondiaux – comme la convention-cadre pour la lutte antitabac et le Règlement sanitaire international.

Mais nous aurons aussi besoin de systèmes pour l’achat efficace et la distribution équitable des biens essentiels, selon des modalités permettant de tirer parti des clauses de sauvegarde prévues dans l’Accord sur les ADPIC compte tenu de l’importance de la propriété intellectuelle pour assurer la continuité des innovations. Cela signifie qu’il faut exploiter les accords de commerce internationaux d’une façon qui n’entrave pas les progrès dans le domaine des biotechnologies – celles qui sont de nature à assurer l’équité sanitaire – qui doivent être traitées comme des biens publics.

Troisièmement : une action novatrice et urgente est nécessaire pour assurer le fonctionnement efficace des systèmes de santé même lorsque leur financement est largement insuffisant. Le but général sera de veiller à ce que les systèmes de santé soient capables de dispenser des services qui soient aussi efficaces, réactifs et équitablement financés que possible vu les ressources disponibles.

Quatrièmement : il faut assurer le suivi indépendant et rigoureux et l’examen des résultats, en reliant ceux-ci aux investissements, en publiant rapidement des rapports et en organisant des activités de relations publiques – afin de pérenniser la participation des donateurs.

Cinquièmement : il faut sensibiliser l’opinion au rôle central des investissements en faveur de la santé comme facteur de réduction de la pauvreté dans les pays et au niveau mondial. Des programmes crédibles et optimistes devront être mis en oeuvre pour informer les responsables politiques et des personnalités clés au sujet des aspects importants dans ce domaine en évolution rapide. Cela signifie que nous devons collaborer avec les gouvernements, les ONG et les médias en nous employant à faire en sorte que « les forces de la mondialisation agissent pour le bien futur de l’humanité ».

Enfin, et ce n’est pas là l’aspect le moins important, nous avons besoin d’un mécanisme rapide et efficace pour transférer les fonds et les dépenser à bon escient là où les besoins se font sentir. A cet effet, l’OMS est maintenant profondément engagée avec ses partenaires des Nations Unies et les pays à définir les détails techniques du projet de fonds mondial SIDA et santé. En cela, notre tâche sortira de l’ordinaire.

En même temps, nous préparons l’OMS à faire face aux demandes qui résulteront de cet élargissement de l’action mondiale. L’OMS, à tous les niveaux, sera très sollicitée. C’est dans ce contexte que s’inscrit notre réunion de ces deux prochaines semaines.

Mesdames et Messieurs,

Je vais être claire. Les demandes auxquelles l’OMS devra faire face continueront d’augmenter. Les ressources sont rares. L’OMS a réalisé d’importantes économies par gain de productivité au cours de ces trois dernières années. Nous avons redistribué les fonds que nous avons pu pour soutenir les activités dans les domaines prioritaires convenus. Notre travail normatif continue d’intéresser tous nos Etats Membres ; il est néanmoins menacé parce que nous avons dû faire ce qu’on attend de nous, et tenir compte des nouvelles priorités mondiales, avec un budget ordinaire en baisse. La situation s’est maintenant aggravée à la suite du débat de l’Assemblée mondiale de la Santé le mois dernier sur les contributions. Si nous devons continuer de fonctionner avec un budget ordinaire de croissance nominale zéro, nous devrons compter sur les contributions supplémentaires des Etats Membres pour que nos recettes diverses atteignent les US $37 millions qu’il nous faudra encore.

L’OMS doit donc mobiliser des ressources supplémentaires – extrabudgétaires – pour contribuer au mieux à la santé dans le monde, et les utiliser parallèlement aux crédits du budget ordinaire. Pour utiliser au mieux les ressources disponibles, et accroître au maximum les annonces de fonds à destination non spécifiée sur plusieurs années, nous avons besoin de votre apport. Nous connaissons votre engagement à l’égard du type d’action que l’OMS peut mener, et nous savons que vous y participez et que vous vous y intéressez. Que vous soyez ici à titre personnel, au nom de votre gouvernement, d’une organisation sans but lucratif ou d’une autre organisation internationale, vous êtes les bienvenus.

Je saisis cette occasion pour remercier tous ceux d’entre vous qui nous ont aidés face au large éventail des défis à relever – spécialement ceux qui nous ont offert des ressources supplémentaires. Je suis particulièrement reconnaissante à ceux qui ont pu nous fournir des ressources dont la destination n’est pas trop rigoureusement spécifiée et qui s’étendent sur plusieurs années.

Nous voulons que la réunion des Parties intéressées joue le rôle central dans le processus d’évaluation de la performance pour chacun des domaines d’activité énoncés dans le budget programme stratégique. C’est pourquoi nous avons adopté cette nouvelle formule avant l’entrée en vigueur du budget 2002-2003. Nous avons conçu cette manifestation comme une occasion de dialogue ouvert entre toutes les parties intéressées et le personnel de l’OMS, l’accent portant sur le libre examen des résultats obtenus au moyen de toutes les ressources disponibles au cours de l’année écoulée, et sur les plans pour les années à venir. Dans sa forme nouvelle, la réunion de cette année tient compte des leçons du passé et nous continuerons de chercher à élargir et renforcer la participation de toutes les Parties à la préparation des réunions futures. Nous souhaitons connaître votre avis sur la nouvelle structure de la réunion et vous serions très reconnaissants de votre point de vue sur ce qui fonctionne et sur ce qui peut être encore amélioré.

Cette année, nous nous efforcerons de faire un résumé des principales questions issues des discussions dans chaque domaine d’activité, à partir d’une synthèse établie par chaque Directeur exécutif de l’OMS au terme des discussions avec les participants à la réunion. Des résumés seront diffusés au fur et à mesure de la réunion sous forme d’un bulletin, ce qui sera utile, je pense, à ceux qui ne peuvent assister qu’à quelques séances.

Mesdames et Messieurs,

La réunion des Parties intéressées est en passe de devenir un élément important du système général d’évaluation du travail de l’Organisation. Nous souhaitons qu’elle devienne pour le personnel de l’OMS et pour ceux qui apportent des ressources une manifestation annuelle majeure. Nous veillerons à ce que les travaux entrepris lors de chaque réunion annuelle des Parties intéressées fournissent les informations requises aux organes directeurs de l’OMS. Nous ferons ainsi en sorte que les principaux résultats de cette réunion soient à la disposition du Conseil exécutif à sa prochaine session afin qu’il puisse se prononcer tant sur l’évolution du processus de la réunion des Parties intéressées que sur les résultats obtenus par l’OMS, globalement et dans chaque domaine d’activité.

Ces jours prochains, une occasion toute particulière nous est offerte de comprendre en quoi nos objectifs se rejoignent. Nous comptons sur votre entière participation, espérant que cette réunion nous apportera à tous le soutien dont nous avons besoin pour faire face aux défis critiques liés à la santé et au développement équitables.

Je suis très reconnaissante à M. Akram, Ambassadeur et Représentant permanent du Pakistan auprès des Nations Unies, qui a bien voulu présider les premières séances de cette réunion des Parties intéressées. C’est avec plaisir que je lui confie maintenant la conduite de nos importants débats de ces deux prochains jours.

Je vous remercie.

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