|
Merci, Monsieur l’Ambassadeur,
Bonjour à tous. Je suis très heureuse de vous
accueillir et vous remercie de votre présence.
Nous pouvons tous constater aujourd’hui la place
de plus en plus importante qu’occupent les questions de santé dans
les préoccupations de la communauté mondiale. Les déplacements de
population et le développement des échanges, de plus en plus rapides,
favorisent également la propagation des bactéries, des virus et de
modes de vie préjudiciables à la santé. La fièvre de la Vallée du
Rift en Arabie saoudite, la fièvre à virus West Nile aux Etats-Unis,
la poliomyélite au Cap-Vert et en Bulgarie ou la tuberculose un peu
partout dans le monde ne sont que quelques exemples de maladies
infectieuses qui se propagent à travers le globe. De même, les
maladies liées au tabac, favorisées par les efforts de
commercialisation inlassables pour remplacer la perte de marchés aux
Etats-Unis, au Japon ou en Europe. Le diabète et les maladies
cardiaques se répandent également jusqu’en Micronésie ou dans les
faubourgs de Lagos, bien au-delà des pays riches et industrialisés
qui en ont longtemps eu le monopole.
Ces problèmes mondiaux appellent une riposte
mondiale – ce qui suppose des méthodes de travail nouvelles et
novatrices dans le domaine de la santé.
Par ailleurs, une augmentation sensible des
conflits et des catastrophes naturelles a mis en lumière la
nécessité de protéger la santé dans les situations d’urgence
complexes.
A tous ces problèmes, on s’efforce de plus en
plus de trouver des solutions internationales, mais cela exige aussi
une meilleure coordination entre ceux qui les mettent en oeuvre. La
réforme du système des Nations Unies a pour but de permettre aux
organisations de mieux répondre aux besoins des Etats Membres et d’offrir
un point de ralliement pour atteindre les buts du développement
international. Cette démarche suppose que l’on privilégie l’efficacité
à travers des moyens intergouvernementaux, une action collective et
de nouvelles formes de partenariat, les différents partenaires
souhaitant travailler sous la conduite d’institutions spécialisées
des Nations Unies comme l’OMS.
Des changements analogues se produisent dans les
pays. Dans beaucoup, le rôle de l’Etat évolue rapidement et le
secteur privé et la société civile apparaissent comme des acteurs
importants en matière de santé. Dans les pays en développement, un
nombre croissant d’organisations internationales et d’institutions
financières, de fondations privées et d’organisations non
gouvernementales interviennent dans le secteur national de la santé.
Partout dans le monde, les gens attendent davantage des services de
santé qui, de ce fait, deviennent plus complexes et plus difficiles
à gérer. Les ministères de la santé et leurs partenaires de la
société civile et du secteur privé veulent savoir quelles sont les
meilleures pratiques recommandées par l’OMS en matière de
politique sanitaire, de comportements sains ou de services de santé.
Face à ces profonds bouleversements sociaux,
politiques et économiques, l’OMS est de plus en plus sollicitée.
Et les exigences vis-à-vis de l’Organisation ne
sont pas près de diminuer. Depuis quelques années, les dirigeants
mondiaux insistent sur l’importance de la santé comme préalable à
la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration du bien-être. Au
cours des douze derniers mois, nous avons vu se concrétiser cette
idée. Interpellés par les appels de plus en plus nombreux à
amplifier l’action face à la pandémie de VIH/SIDA, les dirigeants
nationaux, les peuples et la société civile, au niveau mondial comme
au niveau communautaire, exigent que l’on dépense davantage pour la
santé, que l’on recherche des solutions nouvelles et plus efficaces
pour réduire la charge de morbidité qui entretient la pauvreté et
pour élargir l’accès aux médicaments et autres biens essentiels.
Les gouvernements des pays industrialisés ainsi
que des fondations, des banques de développement et d’autres
bailleurs de fonds se sont engagés à renouveler leur action, à
proposer de nouvelles stratégies et à offrir des ressources
supplémentaires en vue d’obtenir des résultats sanitaires
équitables. En s’efforçant de créer un fonds mondial SIDA et
santé, les pays industrialisés ont mis en place ce qui sera
peut-être le partenariat le plus large et le plus important à ce
jour, auquel ils ont associé des institutions financières, des
organisations du système des Nations Unies, des pays en
développement et la société civile.
Dans cette situation, l’expérience et la
compétence de l’Organisation mondiale de la Santé sont
déterminantes. Notre personnel – dans les pays, dans les Régions
et au niveau mondial – a été invité à expliquer ce que cette
accélération signifiait concrètement. Dans les pays et communautés
les plus pauvres du monde, quels sont les types d’investissements
susceptibles d’avoir le plus fort impact et le plus durable sur la
santé ? Quels sont les meilleurs moyens de les financer, de les
mettre à disposition, de les maintenir et de les contrôler ?
Qui doit participer à cet effort ?
Notre contribution à cette nouvelle dynamique
repose sur les expériences menées depuis une trentaine d’années :
celle des pouvoirs publics et des communautés locales, celle des
organismes nationaux et internationaux qui ont soutenu l’action
nationale et locale, et celle, enfin, des chercheurs, du Nord et du
Sud, qui en ont analysé les résultats.
Nous savons qu’il est essentiel que les gens
puissent avoir un accès équitable à des interventions rentables, qu’ils
soient en mesure de les utiliser et qu’ils s’y tiennent pour
obtenir des résultats. Pour que les résultats soient durables, tous
les peuples ont besoin de systèmes de santé efficaces, financés de
manière équitable et dotés de personnels convenablement formés et
motivés. Il est également essentiel de pouvoir disposer d’une
infrastructure viable encore que minimale et d’un soutien logistique
adéquat, de pouvoir évaluer régulièrement les résultats et d’utiliser
ces évaluations pour adapter les systèmes de façon à ce qu’ils
fonctionnent mieux.
Les gouvernements nationaux, les organismes
internationaux et les bailleurs de fonds doivent faire face à des
sollicitations croissantes, étant invités à amplifier leur action
et à en améliorer l’efficacité, l’efficience et l’impact.
Face à ces nouveaux défis, l’OMS répond toujours présente.
Mesdames, Messieurs,
Compte tenu de l’ampleur des problèmes de santé
à résoudre au plan mondial, il est évident que l’OMS ne peut pas
tout faire. Lors de l’élaboration du programme général de travail
et du budget pour 2002-2003, nous nous sommes efforcés de clarifier
le rôle particulier de l’OMS dans la santé mondiale.
Il y a deux ans, lorsque j’ai présenté le
budget pour le présent exercice biennal, j’ai engagé l’OMS à
travailler différemment. En définissant des priorités et en
réduisant, voire en supprimant, les programmes non prioritaires. En
concentrant les ressources sur les priorités et en coupant les frais
d’administration. En améliorant notre aptitude à travailler
ensemble, de manière stratégique, au niveau des pays, mais aussi au
niveau mondial, et en accroissant nos revenus pour pouvoir le faire.
Cela revient à :
- adopter une conception plus large de la santé dans le contexte
du développement humain, de l’action humanitaire, de l’égalité
entre hommes et femmes et des droits fondamentaux, l’accent
étant mis particulièrement sur les liens entre santé et lutte
contre la pauvreté ;
-
assumer un rôle plus important en
établissant un consensus plus large aux niveaux national et
international sur la politique, les stratégies et les normes de
santé – en gérant la recherche et la génération et l’application
de connaissances et de compétences ;
-
susciter une action plus efficace en vue
de promouvoir et d’améliorer la santé et de réduire les
inégalités sur le plan des résultats sanitaires, à travers des
partenariats soigneusement négociés et la mise à profit de l’action
catalytique de nos partenaires ;
-
créer une culture d’entreprise qui
encourage la réflexion stratégique, la rapidité d’action, le
maillage créatif, l’innovation et la responsabilité, et
renforce notre influence au plan mondial.
Tout cela se traduit par un effort accru qui permet
à l’Organisation d’apporter la contribution la plus importante
possible à la santé dans le monde en développant son leadership
technique, intellectuel, éthique et politique.
Cela signifie également que l’on concentre plus
clairement les efforts sur le lien entre santé et pauvreté. Nous
nous efforçons de nous concentrer sur la façon dont l’action
sanitaire, et notamment les mesures qui ont une incidence sur les
déterminants plus larges de la santé, peut aider à atténuer la
pauvreté.
Pour mettre en oeuvre ces activités, le
Secrétariat de l’OMS se concentre sur six fonctions essentielles :
- définir des positions cohérentes, éthiques et
circonstanciées en matière de politique générale et de sensibilisation ;
-
gérer l’information en évaluant
les tendances et en comparant les résultats ; favoriser la
recherche et le développement et en définir les buts ;
-
catalyser les changements à travers un soutien
technique et politique, de manière à stimuler la
coopération et l’action et à renforcer durablement les
capacités nationales et interpays ;
-
négocier et soutenir des partenariats
nationaux et mondiaux ;
-
fixer et valider des normes et en
assurer et en surveiller l’application ;
-
encourager la mise au point et la mise à
l’essai de technologies, d’outils et de principes
directeurs nouveaux pour la lutte contre les maladies, la
réduction des risques, la gestion des soins de santé et la
prestation de services.
Je tiens à souligner que ces fonctions sont
exercées à tous les niveaux de l’Organisation : au Siège,
dans les bureaux régionaux et dans les bureaux de pays. La
distinction nette entre coopération technique d’une part et action
normative d’autre part n’a plus lieu d’être. La coopération
technique comprend l’action de plaidoyer, l’établissement de
partenariats, l’encouragement de la recherche et du développement
au niveau local et l’action consultative. En fonction des besoins de
chaque pays, il sera fait appel pour cela à du personnel du Siège,
des bureaux régionaux ou des bureaux de pays.
J’ai dit que l’OMS ne pouvait pas tout faire.
Nous devons mieux cibler notre action. J’aimerais maintenant vous
expliquer comment j’entends poursuivre nos principales priorités au
cours de la prochaine période biennale.
Par priorité, nous entendons un nombre limité de
domaines d’activités que nous allons privilégier, dans lesquels
nous allons accroître nos efforts et auxquels nous allons consacrer
des ressources supplémentaires. Il s’agit de domaines qui offrent
la possibilité de réduire sensiblement la charge de morbidité au
moyen d’interventions d’un bon rapport coût/efficacité, de
problèmes de santé aux répercussions socio-économiques majeures ou
qui ont un impact disproportionné sur les conditions de vie des
pauvres et de domaines dans lesquels nous considérons qu’il existe
une réelle opportunité d’agir.
Mais cette notion de priorité est une notion
complexe dans une Organisation comme la nôtre. Certains domaines d’activités
demeurent très importants même s’ils n’ont pas été déclarés
prioritaires. La fourniture de biens publics mondiaux est en
elle-même une priorité – qu’il s’agisse d’élargir le
réseau de surveillance des maladies transmissibles, d’actualiser le
Règlement sanitaire international, de promouvoir la liste des
médicaments essentiels ou de tenir à jour une base de connaissances
accessible à tous. Il s’agit là d’activités essentielles qui
touchent à tous nos domaines d’action.
Avec un budget ordinaire gelé à US $842 millions
pour un nouvel exercice biennal, nous avons de plus en plus de
difficultés à mener à bien ces activités essentielles. Nos
activités dans les domaines prioritaires sont aussi affectées et
nous devrons trouver des fonds extrabudgétaires supplémentaires pour
plusieurs de ces domaines.
La destination de ces fonds extrabudgétaires est
importante. Au lieu de financer des projets spécifiques, certains
bailleurs de fonds tendent maintenant à financer tout un domaine d’activité,
ce qui facilite considérablement l’intégration de nos plans de
travail, quelles qu’en soient les sources de financement. J’encourage
tous nos donateurs à envisager d’adopter cette approche.
La stratégie institutionnelle décrit par quels
moyens l’OMS entend relever les défis liés à l’évolution
rapide du contexte sanitaire international. Le budget s’inspire du
cadre politique dont il suit les principes essentiels. C’est
notamment sur la base des critères énoncés dans ce cadre que 11
priorités ont été arrêtées par le Conseil exécutif à sa cent
cinquième session. Pour faciliter le suivi – qu’il s’agisse du
transfert de ressources au profit des domaines prioritaires ou des
résultats obtenus – ces priorités ont été clairement indiquées
dans le budget.
La préparation du budget du prochain exercice est
sensiblement novatrice à plusieurs égards : premièrement, il a
été élaboré dans un esprit de réelle collaboration entre les
bureaux régionaux et Genève ; deuxièmement, il applique les
principes de la budgétisation fondée sur les résultats en
énonçant les résultats escomptés et des indicateurs de performance
pour tous les domaines stratégiques de l’Organisation ; et
troisièmement, il a été examiné intégralement pour la première
fois par les comités régionaux avant d’être transmis au Conseil
exécutif.
Trente-cinq domaines d’activité ont été
recensés pour toute l’Organisation. Ils sont indiqués dans le
programme général de travail et constituent les fondements de notre
plan de travail pour toute l’OMS. Vingt-six d’entre eux couvrent
des domaines techniques et onze reflètent les priorités approuvées
par le Conseil exécutif et l’Assemblée mondiale de la Santé. Le
budget programme stratégique pour 2002-2003 précise la contribution
de l’Organisation dans chaque domaine d’activité, les résultats
que nous espérons obtenir, que les activités soient financées au
titre du budget ordinaire ou par des ressources volontaires
supplémentaires, et les jalons qui seront utilisés pour évaluer les
progrès accomplis. L’objectif est de refléter aussi fidèlement
que possible l’éventail actuel des activités du Secrétariat de l’OMS
et d’assurer un niveau de continuité suffisant par rapport au
budget précédent pour permettre une comparaison et une analyse
significatives des tendances.
Le processus d’élaboration du budget programme
pour chaque domaine d’activité s’est étendu à l’ensemble de l’Organisation,
associant les personnels des bureaux régionaux et du Siège. Il
traduit mieux l’interdépendance des différents niveaux de l’OMS
compte tenu des objectifs mondiaux convenus, des stratégies et des
résultats escomptés. En même temps, le processus a été assorti d’une
réallocation de crédits disponibles au titre du budget ordinaire en
faveur des domaines d’activité prioritaires.
Une fois le nouveau budget mis en oeuvre, le
processus permet aussi aux différents éléments du réseau OMS de
fonctionner en synergie en appliquant des stratégies et des plans de
travail communs ouverts à tous. Dans le cadre de ce processus, on s’emploiera
ultérieurement à améliorer nos systèmes d’information pour
faciliter l’évaluation de nos dépenses et l’examen de la
performance pour chaque domaine d’activité. Nous souhaitons
également étendre les principes du budget stratégique à l’activité
de l’OMS dans les pays pour que les programmes régionaux ou basés
à Genève soutiennent efficacement l’action dans les pays. A cette
fin, nous consacrerons des ressources au renforcement du potentiel de
nos équipes de pays afin qu’elles soient mieux à même d’aider
à ce que tous les investissements en faveur de la santé dans les
pays donnent des résultats sanitaires équitables.
Dans ce cadre, nous avons entrepris d’intégrer
le projet biennal du Cabinet sur les stratégies pour la coopération
et les partenariats dans l’activité principale de l’Organisation
au moyen d’une initiative relevant du Groupe Relations extérieures
et organes directeurs. L’initiative utilisera le travail du projet
du Cabinet et les résultats de la réunion mondiale des
représentants de l’OMS et des chargés de liaison qui s’est tenue
au mois de mars, ainsi que les travaux du Groupe mondial OMS pour la
gestion du programme.
Mesdames et Messieurs,
Notre Conseil exécutif, lors de sa réunion du
mois dernier, s’est interrogé sur les modalités des liens entre la
disponibilité de ressources nouvelles et leur utilisation. La
discussion a été articulée autour de six points.
Premièrement : les ressources doivent
impérativement et sensiblement augmenter, toutes sources
confondues – nationales et internationales – pour couvrir les
investissements requis. La priorité absolue ira à la lutte contre le
VIH, la tuberculose et le paludisme.
Deuxièmement : les fonctions mondiales
essentielles doivent être assurées, et notamment les suivantes :
- programmes de recherche stratégique et de développement des
médicaments et vaccins nécessaires ;
-
partenariats stratégiques pour réduire
le prix des nouvelles technologies – pour la prévention, le
diagnostic, le traitement et la communication – afin de les
rendre plus accessibles aux communautés les plus pauvres ;
-
mise en oeuvre des accords mondiaux –
comme la convention-cadre pour la lutte antitabac et le Règlement
sanitaire international.
Mais nous aurons aussi besoin de systèmes pour l’achat
efficace et la distribution équitable des biens essentiels, selon des
modalités permettant de tirer parti des clauses de sauvegarde
prévues dans l’Accord sur les ADPIC compte tenu de l’importance
de la propriété intellectuelle pour assurer la continuité des
innovations. Cela signifie qu’il faut exploiter les accords de
commerce internationaux d’une façon qui n’entrave pas les
progrès dans le domaine des biotechnologies – celles qui sont de
nature à assurer l’équité sanitaire – qui doivent être
traitées comme des biens publics.
Troisièmement : une action novatrice et
urgente est nécessaire pour assurer le fonctionnement efficace des systèmes
de santé même lorsque leur financement est largement insuffisant.
Le but général sera de veiller à ce que les systèmes de santé
soient capables de dispenser des services qui soient aussi efficaces,
réactifs et équitablement financés que possible vu les ressources
disponibles.
Quatrièmement : il faut assurer le suivi
indépendant et rigoureux et l’examen des résultats, en
reliant ceux-ci aux investissements, en publiant rapidement des
rapports et en organisant des activités de relations publiques –
afin de pérenniser la participation des donateurs.
Cinquièmement : il faut sensibiliser l’opinion
au rôle central des investissements en faveur de la santé comme
facteur de réduction de la pauvreté dans les pays et au niveau
mondial. Des programmes crédibles et optimistes devront être mis en
oeuvre pour informer les responsables politiques et des
personnalités clés au sujet des aspects importants dans ce
domaine en évolution rapide. Cela signifie que nous devons collaborer
avec les gouvernements, les ONG et les médias en nous employant à
faire en sorte que « les forces de la mondialisation agissent
pour le bien futur de l’humanité ».
Enfin, et ce n’est pas là l’aspect le moins
important, nous avons besoin d’un mécanisme rapide et efficace
pour transférer les fonds et les dépenser à bon escient là où les
besoins se font sentir. A cet effet, l’OMS est maintenant
profondément engagée avec ses partenaires des Nations Unies et les
pays à définir les détails techniques du projet de fonds mondial
SIDA et santé. En cela, notre tâche sortira de l’ordinaire.
En même temps, nous préparons l’OMS à faire
face aux demandes qui résulteront de cet élargissement de l’action
mondiale. L’OMS, à tous les niveaux, sera très sollicitée. C’est
dans ce contexte que s’inscrit notre réunion de ces deux prochaines
semaines.
Mesdames et Messieurs,
Je vais être claire. Les demandes auxquelles l’OMS
devra faire face continueront d’augmenter. Les ressources sont rares.
L’OMS a réalisé d’importantes économies par gain de
productivité au cours de ces trois dernières années. Nous avons
redistribué les fonds que nous avons pu pour soutenir les activités
dans les domaines prioritaires convenus. Notre travail normatif
continue d’intéresser tous nos Etats Membres ; il est
néanmoins menacé parce que nous avons dû faire ce qu’on attend de
nous, et tenir compte des nouvelles priorités mondiales, avec un
budget ordinaire en baisse. La situation s’est maintenant aggravée
à la suite du débat de l’Assemblée mondiale de la Santé le mois
dernier sur les contributions. Si nous devons continuer de fonctionner
avec un budget ordinaire de croissance nominale zéro, nous devrons
compter sur les contributions supplémentaires des Etats Membres pour
que nos recettes diverses atteignent les US $37 millions qu’il nous
faudra encore.
L’OMS doit donc mobiliser des ressources
supplémentaires – extrabudgétaires – pour contribuer au mieux à
la santé dans le monde, et les utiliser parallèlement aux crédits
du budget ordinaire. Pour utiliser au mieux les ressources disponibles,
et accroître au maximum les annonces de fonds à destination non
spécifiée sur plusieurs années, nous avons besoin de votre apport.
Nous connaissons votre engagement à l’égard du type d’action que
l’OMS peut mener, et nous savons que vous y participez et que vous
vous y intéressez. Que vous soyez ici à titre personnel, au nom de
votre gouvernement, d’une organisation sans but lucratif ou d’une
autre organisation internationale, vous êtes les bienvenus.
Je saisis cette occasion pour remercier tous ceux d’entre
vous qui nous ont aidés face au large éventail des défis à relever
– spécialement ceux qui nous ont offert des ressources
supplémentaires. Je suis particulièrement reconnaissante à ceux qui
ont pu nous fournir des ressources dont la destination n’est pas
trop rigoureusement spécifiée et qui s’étendent sur plusieurs
années.
Nous voulons que la réunion des Parties
intéressées joue le rôle central dans le processus d’évaluation
de la performance pour chacun des domaines d’activité énoncés
dans le budget programme stratégique. C’est pourquoi nous avons
adopté cette nouvelle formule avant l’entrée en vigueur du budget
2002-2003. Nous avons conçu cette manifestation comme une occasion de
dialogue ouvert entre toutes les parties intéressées et le personnel
de l’OMS, l’accent portant sur le libre examen des résultats
obtenus au moyen de toutes les ressources disponibles au cours de l’année
écoulée, et sur les plans pour les années à venir. Dans sa forme
nouvelle, la réunion de cette année tient compte des leçons du
passé et nous continuerons de chercher à élargir et renforcer la
participation de toutes les Parties à la préparation des réunions
futures. Nous souhaitons connaître votre avis sur la nouvelle
structure de la réunion et vous serions très reconnaissants de votre
point de vue sur ce qui fonctionne et sur ce qui peut être encore
amélioré.
Cette année, nous nous efforcerons de faire un
résumé des principales questions issues des discussions dans chaque
domaine d’activité, à partir d’une synthèse établie par chaque
Directeur exécutif de l’OMS au terme des discussions avec les
participants à la réunion. Des résumés seront diffusés au fur et
à mesure de la réunion sous forme d’un bulletin, ce qui sera
utile, je pense, à ceux qui ne peuvent assister qu’à quelques
séances.
Mesdames et Messieurs,
La réunion des Parties intéressées est en passe
de devenir un élément important du système général d’évaluation
du travail de l’Organisation. Nous souhaitons qu’elle devienne
pour le personnel de l’OMS et pour ceux qui apportent des ressources
une manifestation annuelle majeure. Nous veillerons à ce que les
travaux entrepris lors de chaque réunion annuelle des Parties
intéressées fournissent les informations requises aux organes
directeurs de l’OMS. Nous ferons ainsi en sorte que les principaux
résultats de cette réunion soient à la disposition du Conseil
exécutif à sa prochaine session afin qu’il puisse se prononcer
tant sur l’évolution du processus de la réunion des Parties
intéressées que sur les résultats obtenus par l’OMS, globalement
et dans chaque domaine d’activité.
Ces jours prochains, une occasion toute
particulière nous est offerte de comprendre en quoi nos objectifs se
rejoignent. Nous comptons sur votre entière participation, espérant
que cette réunion nous apportera à tous le soutien dont nous avons
besoin pour faire face aux défis critiques liés à la santé et au
développement équitables.
Je suis très reconnaissante à M. Akram,
Ambassadeur et Représentant permanent du Pakistan auprès des Nations
Unies, qui a bien voulu présider les premières séances de cette
réunion des Parties intéressées. C’est avec plaisir que je lui
confie maintenant la conduite de nos importants débats de ces deux
prochains jours.
Je vous remercie. |