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Monsieur le
Président,
Mesdames et
Messieurs les délégués,
Nous voici arrivés au terme d’une Assemblée
mondiale de la Santé qui a été le théâtre de débats à la fois
intenses et passionnants.
Une Assemblée placée sous le signe de la crise
sanitaire grandissante que connaît le monde en développement, mais
qui s’est tenue au moment même où se manifeste une volonté
nouvelle d’agir au niveau planétaire en faveur d’une plus grande
équité en santé. La santé occupe désormais une place
nouvelle : elle est au coeur même du processus de développement.
Il n’est plus acceptable que des millions de gens souffrent parce qu’ils
se voient privés des services préventifs et curatifs dont seuls
quelques privilégiés bénéficient. Cela signifie qu’un effort
spécial doit être fait – pour accroître l’accès aux
médicaments et aux vaccins, à des systèmes de santé qui
fonctionnent et, enfin, à des ressources qui parviennent jusqu’à
ceux qui en ont le plus besoin.
Le Président a évoqué les fructueuses tables
rondes de mardi dernier. Elles ont été très intéressantes. Nous
avons constaté que les mentalités évoluaient face aux problèmes de
santé mentale. De nombreux ministres ont confirmé que ces problèmes
étaient prioritaires dans leurs plans et leurs activités. Ils
intègrent de plus en plus les soins de santé mentale dans leurs
services de santé – selon des modalités adaptées aux besoins de
la population et aux meilleures pratiques en matière de soins. Mais
ce n’est pas tout. Ils sont en train de définir de meilleurs moyens
de faire échec à l’ostracisme et à la discrimination – en
modifiant la législation, en introduisant de nouvelles méthodes et
en sensibilisant davantage le grand public.
Nous sommes maintenant mieux à même de dire non
à l’exclusion et oui aux soins. Grâce à nos activités, nous
pouvons faire sortir de l’ombre ceux qui souffrent de maladie
mentale. Nous pouvons changer le cours des choses.
Nous avons fait de réels progrès dans le domaine
controversé qu’est la nutrition chez le nourrisson et le jeune
enfant. L’an dernier, l’OMS a convoqué les meilleurs
spécialistes scientifiques et analysé les données, ce qui a
débouché sur l’adoption d’une utile résolution.
Il y a eu des réunions d’information technique
enrichissantes – sur la lèpre, la poliomyélite, le tabac et les
maladies associées à la pauvreté, autant de domaines importants
pour notre action collective. On peut noter des signes de réels
progrès en vue d’un monde libéré de la lèpre et de la
poliomyélite, de même que pour faire reculer le paludisme et faire
barrage à la tuberculose.
Au cours de cette Assemblée, deux questions ont
dominé les débats : le VIH/SIDA et le budget.
La visite que nous a rendue jeudi dernier M. Kofi
Annan, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, a
été pour tous une source d’inspiration. Il nous a rappelé que le
discernement et l’appui de l’Assemblée étaient des plus
nécessaires pour la lutte mondiale contre ce fléau planétaire qu’est
le VIH/SIDA. Il a raison.
L’Assemblée a su relever le défi lancé par M.
Annan. La résolution sur le VIH/SIDA ouvre une ère nouvelle. Jamais
auparavant soins et prévention n’avaient été associés de façon
aussi évidente, sans la moindre équivoque.
La résolution définit des priorités très
claires tant pour la lutte mondiale que pour l’action de l’OMS.
Elle définit très précisément nos orientations et nous montre la
direction à suivre. Le chemin est maintenant tracé. L’OMS peut et
va jouer un rôle essentiel en tant qu’organisation coparrainante de
l’ONUSIDA, dans la création du Fonds mondial pour le VIH/SIDA et la
santé et dans l’aide aux pays pour qu’ils puissent déployer une
riposte efficace.
Nous avons réussi à boucler un nouveau budget. Le
compromis réalisé lundi est un succès – pour nous tous. Mais les
contributions dues pendant la prochaine période biennale ne
couvriront pas totalement notre budget ordinaire. Je me sens toutefois
encouragée par la volonté évidente de bien des Etats Membres de
contribuer généreusement aux recettes diverses. De la sorte, les
fonds disponibles couvriront à la fois le budget et les montants
additionnels dont nous aurons besoin pour les actions prioritaires.
Nous saurons surmonter les difficultés et
disposerons d’un net surcroît de ressources pour nos activités
prioritaires. Comme Mme Noreen Kaleeba l’a chanté à cette tribune
il y a neuf jours après son émouvante allocution : We shall
Overcome !
Enfin, je voudrais m’associer au Président pour
remercier toutes les délégations et, en particulier, vous-même,
Madame le Président, ainsi que les Vice-Présidents de l’Assemblée
et les Présidents des commissions et des tables rondes. J’aimerais
également remercier tous mes collaborateurs de l’OMS et nos
interprètes. Tous ont travaillé avec acharnement pour aider à
mettre au point les mesures importantes qu’a adoptées l’Assemblée
en matière de santé.
Je vous remercie. |