Monsieur le
Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, Excellences,
Chers collègues, Mesdames et Messieurs,
C’est un grand plaisir pour moi de vous
accueillir à Genève à la cent septième session du Conseil
exécutif. Les six Directeurs régionaux et moi-même comptons sur
vous pour nous guider dans la poursuite de nos efforts en faveur de l’amélioration
de la santé des populations du monde entier.
Il y a quelques semaines, alors que je me trouvais
dans une cellule nue de l’hôpital de la prison Butyrskaya à Moscou,
un homme très amaigri, d’une quarantaine d’années peut-être, me
racontait comment il luttait contre sa tuberculose
polychimiorésistante et comment, malgré les médicaments qu’il
recevait, il ne pensait pas vivre assez longtemps pour retrouver la
liberté après avoir purgé sa peine de neuf ans, car il était
également VIH-positif.
Autour de lui, il y avait plusieurs compagnons de
cellule, tous tombés malades de la tuberculose en milieu carcéral et
dont la plupart infecteraient probablement d’autres personnes à
leur libération, car tous n’avaient pas l’assurance de pouvoir
poursuivre leur traitement une fois sortis de prison.
C’est le Vice-Ministre russe de la Santé qui
nous avait accompagnés auprès des détenus malades. Ensuite nous
avons parlé aux agents de santé qui ont évoqué les difficultés
rencontrées pour soigner les malades de la tuberculose ainsi que
leurs préoccupations concernant leur sécurité personnelle. Nous
avons rencontré les responsables des ministères qui ont souligné
les coûts prohibitifs liés aux soins des prisonniers atteints de
tuberculose polychimiorésistante et nous ont parlé des problèmes
beaucoup plus graves que l’on connaissait dans d’autres parties de
la Russie. Au bureau de l’OMS à Moscou, nous avons rencontré
certains des experts mondiaux de la tuberculose venus s’entretenir
avec leurs homologues russes et avec les collaborateurs d’organisations
de développement pour envisager les options stratégiques de la lutte
contre la tuberculose dans ces situations difficiles.
La Russie fait tout ce qu’elle peut pour lutter
contre l’épidémie de tuberculose, et tant le Ministère de la
Santé que celui de la Justice s’efforcent de tirer le maximum des
ressources limitées dont ils disposent. Mais la tuberculose n’est
pas seulement un problème russe. Cette cellule aurait pu se situer
dans toute une série de pays. La tuberculose et la
pharmacorésistance sont des problèmes mondiaux.
La tuberculose touche les plus pauvres et les plus
faibles d’entre nous et elle appauvrit ses victimes. Les traitements
existent, mais la recherche de moyens de réduire la vulnérabilité
face à la maladie dépasse de loin le pouvoir d’un ministère de la
santé. Pour apporter une réponse efficace, il faut des ressources,
une société informée et un système de santé opérationnel au sens
le plus large.
Le problème de la tuberculose témoigne de l’approche
énoncée dans la stratégie institutionnelle de l’OMS que vous avez
approuvée il y a un an. Nous sommes bien engagés dans notre tâche
centrale – aider à réduire la pauvreté en améliorant la santé.
Nous inscrivons la santé dans le contexte du développement humain,
faisant davantage pour atteindre un consensus sur une politique de
santé efficace, améliorant les résultats sanitaires au moyen de
partenariats efficaces et créant une culture institutionnelle qui
encourage l’innovation et la responsabilité comptable, la
réflexion stratégique et la rapidité de l’action.
Notre mission a conduit l’OMS dans de nombreux
endroits nouveaux – et elle nous a fait voir autrement des lieux
anciens. Personnellement, elle m’a conduite dans cette cellule d’une
prison de Moscou et dans la salle des orphelins du SIDA infectés par
le VIH, dans un hôpital de Durban. Au Sommet des dirigeants du G8 au
Japon et au Sommet sur le paludisme en Afrique à Abuja, Nigéria. A
la table avec les chefs d’Etat africains ou ceux du G8 ; dans
les discussions avec les chefs de secrétariat des principaux
laboratoires pharmaceutiques ou dans la maternité de l’hôpital
central dévasté de Dili, au Timor-Oriental.
Toutes mes visites m’ont renforcée dans ma foi
dans les principes fondamentaux de notre travail :
-
Les données factuelles et la science doivent
guider notre action et nos politiques ;
-
Nous ne pouvons favoriser des résultats plus
équitables en matière de santé qu’en développant des
interventions qui ont fait leurs preuves ;
-
Pour obtenir des résultats efficaces et durables,
nous devons dépasser les limites de nos propres organisations et bien
travailler avec d’autres organisations qui partagent les mêmes
valeurs ;
-
Nous devons faire tout notre possible pour que la
mondialisation soit favorable aux populations démunies ;
-
Nous avons besoin de ressources sensiblement
accrues pour atteindre les buts de la réduction de la pauvreté et de
la santé pour tous.
Au cours de ces 12 derniers mois, le monde s’est
rendu compte de l’importance capitale de la santé. La santé est le
fondement du développement humain. Elle est la clé de la
prospérité. La santé était l’un des thèmes centraux de la
session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies
sur le développement social au mois de juin, puis lors du Sommet du
millénaire, en septembre. Les chefs d’Etat demandent que des
mesures soient prises pour améliorer les résultats sanitaires et
améliorer ainsi la capacité de leur population à gagner de l’argent
et à apprendre, à produire et à contribuer à la sécurité humaine.
L’importance de la santé dans les processus
politiques est à nouveau apparue clairement ici, à Genève, lorsque
les négociateurs ont commencé à travailler sur la convention-cadre
pour la lutte antitabac, au mois d’octobre. Elle a aussi été
illustrée dans le nouveau cadre de coopération de grande ampleur
entre l’OMS et l’Union européenne, qui est entré en vigueur à
la mi-décembre.
Les chefs d’Etat ont fixé des cibles ambitieuses
pour la santé de leur population. Il en résulte que les ministres de
la santé se trouvent plus encore sous les feux des projecteurs,
appelés à répondre à des questions difficiles alors qu’on attend
d’eux qu’ils fassent des miracles avec des budgets limités.
L’écart est énorme entre les ressources
nécessaires pour aider les communautés défavorisées à remédier
à différentes causes de maladies et les moyens financiers et les
capacités humaines dont elles disposent actuellement. Un milliard de
dollars supplémentaires par an utilisés de façon judicieuse seront
nécessaires si l’on veut atteindre les cibles fixées pour faire
reculer le paludisme en Afrique. Pour lutter contre la tuberculose, il
faut au moins un demi-milliard de dollars par an dans les pays où la
charge de morbidité est élevée. Dans le cas du VIH/SIDA, le
déficit est plus important encore – probablement de l’ordre de 3
milliards de dollars pour améliorer la prévention, le traitement et
les activités de soutien en Afrique seulement. Si on y ajoute les
antirétroviraux, les chiffres atteignent des niveaux plus
spectaculaires encore.
Il n’est pas possible d’obtenir de bons
résultats sanitaires sans des investissements durables et suffisants.
Nous devons combler le déficit de ressources. Les ressources pour la
santé doivent être considérablement accrues, en particulier dans
les pays pauvres. Nous devons mobiliser ceux qui ne réagissent pas,
et leur demander de ne pas fermer les yeux sur l’évidence.
Ce déficit peut être comblé en partie par un
accroissement des efforts financiers de la part des pays eux-mêmes.
Mais ils se heurtent à de réels obstacles. Nous demandons maintenant
une augmentation sensible et durable de l’aide au
développement – y compris le financement de l’allégement de la
dette – pour promouvoir une amélioration des résultats sanitaires
dans les populations les plus démunies.
Je retiens de mon expérience que nous ne pouvons
encourager de nouveaux investissements en faveur de la santé que si
nous disposons de données factuelles établissant l’ampleur des
besoins et ce qui peut être réalisé dans des conditions
favorables.
Nous utilisons des systèmes normalisés pour
surveiller la charge de morbidité mondiale, régionale et nationale.
L’OMS dispose de données sur l’incidence, la prévalence et la
distribution des maladies transmissibles (y compris le VIH, le
paludisme et la tuberculose), la violence et les traumatismes, la
santé des enfants, la santé maternelle et les maladies non
transmissibles. Partout où cela est possible, ces données sont
analysées sous l’angle de la sexospécificité, de l’âge et du
groupe social. Comme vous le montreront les documents du Conseil, les
approches normalisées de la collecte des données sanitaires sont
encouragées.
On s’efforce actuellement de quantifier les
risques auxquels est exposée la santé des populations. Dans le
courant de l’année, la Commission de l’OMS Macroéconomie et
Santé nous aidera à faire ressortir la justification économique des
investissements en faveur de la santé. Elle présentera la gamme des
interventions efficaces qui sont actuellement disponibles. Elle fera
observer ce qu’il en coûte de ne pas investir suffisamment en
faveur de la santé, ou de choisir les mauvais investissements.
Depuis que j’ai été élue au poste de Directeur
général, j’entends les ministres de la santé parler des
difficultés qu’ils ont à évaluer l’efficacité des systèmes de
santé, à examiner la manière dont les ressources ont été
utilisées et à justifier leurs demandes de fonds supplémentaires.
Les systèmes de santé incarnent les myriades d’actions
conçues pour améliorer les résultats sanitaires des populations.
Depuis deux ans, je vois se dégager des discussions, au sein de ce
Conseil et d’autres instances, un consensus sur les buts et les
fonctions souhaitables des systèmes de santé nationaux. L’OMS a
élaboré un groupe d’indicateurs, fondés sur ce consensus, pour
mesurer la performance des systèmes de santé. Au cours de ces deux
dernières années, nous avons procédé à des évaluations
quantitatives de la performance de tous les systèmes de santé dans
le monde. Pour ce faire, nous avons défini des indicateurs au moyen
de méthodes faisant appel aux disciplines de la santé publique et de
l’économétrie, sur la base des données disponibles dans chaque
Etat Membre. En l’absence de données, nous avons fait des
estimations en nous fondant sur des techniques mathématiques
standard. Le degré d’incertitude a été traduit en termes d’intervalles
de confiance. Les résultats ont été exprimés sous forme d’indices
dans l’annexe au Rapport sur la santé dans le monde, 2000.
Cet effort pour élaborer des instruments d’analyse
et de dialogue entre les responsables politiques, aux plans national
et international, a suscité un intérêt public considérable. Ce
processus a également fait l’objet d’un important débat, y
compris des critiques. Diverses personnes ont été associées à ce
débat – responsables de nombreux pays, universitaires,
représentants de l’OMS dans les pays et d’autres membres du
personnel, membres d’organismes et de banques de développement et,
bien sûr, vous-mêmes pendant la retraite de Weggis. Le débat doit
se poursuivre de façon à refléter les vues et les inquiétudes de
tous les Etats Membres.
Malgré la controverse, je perçois que, pour les
ministres de la santé, les données sur la performance des systèmes
de santé nationaux aident à démontrer comment les ressources sont
utilisées. Elles leur permettent plus facilement d’accomplir un
travail de sensibilisation à leurs besoins, d’expliquer les
principales questions politiques auxquelles le système de santé se
trouve confronté et de demander l’appui des ministres des finances
et d’autres sources. L’OMS est l’organisation qui devrait aider
les pays à évaluer régulièrement la performance des systèmes de
santé. Je veux être sûre que, dans notre façon de procéder, nous
nous inspirions des réflexions utiles actuellement fournies par l’ensemble
des Etats Membres.
A cette fin :
-
je mettrai en place un processus de consultation
technique associant des personnels et des perspectives d’Etats
Membres de différentes Régions de l’OMS, avec l’appui conjoint
de membres des équipes de pays de l’OMS, des bureaux régionaux et
des Départements à Genève ;
-
je veillerai à ce que l’OMS consulte chaque Etat
Membre sur les meilleures données à utiliser pour évaluer la
performance du système de santé et fournisse des informations
préalables sur les valeurs des indicateurs obtenues par l’OMS à
partir de ces données ;
-
je prévois que l’OMS établira un rapport sur la
performance des systèmes de santé tous les deux ans : la
prochaine tournée sera achevée en mai 2002 et publiée, après
consultation, en octobre 2002. Je veillerai aussi à ce que les Etats
Membres reçoivent les rapports ainsi établis par l’OMS avant qu’ils
ne soient accessibles au grand public ;
-
je créerai un petit groupe consultatif, dont
feront notamment partie des membres du Conseil exécutif et du Comité
consultatif de la Recherche en Santé, qui pourra m’aider à
surveiller l’appui apporté par l’OMS à l’évaluation de la
performance des systèmes de santé.
En résumé, je voudrais que les Etats Membres et
le Secrétariat adoptent une approche constructive face à l’évaluation
de la performance des systèmes de santé. Elle doit être
transparente, crédible et équitable. Et je prévois qu’à mesure
que nous améliorerons notre approche grâce à l’expérience
acquise, la participation de tous les Etats Membres s’intensifiera.
Les bases factuelles sont le fondement même de
toute notre action en faveur de la santé des gens. Le défi consiste
à améliorer l’action face aux priorités sanitaires et à
améliorer les résultats. L’OMS aide les pays à le faire en
réunissant des chercheurs pour tenter de combler les insuffisances de
la base de données factuelles. Nous établissons des réseaux
techniques efficaces, qui relient les équipes dans les pays, dans les
Régions et à Genève. Nous mettons à profit le nouvel élan
politique que nous avons aidé à créer. Nous établissons des liens
avec des partenaires qui peuvent contribuer à l’élaboration de
mesures efficaces. Nous mesurons les progrès.
J’en viens à la question du VIH et du SIDA. En
tant qu’organisation coparrainant l’ONUSIDA et l’ensemble de l’action
déployée par le système des Nations Unies contre le SIDA, l’OMS a
participé à la réduction des taux d’infection dans de nombreux
pays. Cependant, la pandémie nous précède et la riposte
internationale n’est pas satisfaisante. Le VIH/SIDA est un défi
particulier pour les systèmes de santé et les agents de santé –
un défi en termes de ressources, d’infrastructures, de matériel et
d’accès aux médicaments.
Conformément aux instructions de l’Assemblée
mondiale de la Santé, l’OMS renforce l’appui en faveur d’une
intervention efficace des systèmes de santé pour prévenir l’infection,
réduire la vulnérabilité et faire en sorte que les personnes
infectées bénéficient des soins et du soutien appropriés et
bienveillants dont elles ont besoin.
Nous avons réorganisé le Département chargé du
VIH/SIDA au sein du Groupe Santé familiale et communautaire de façon
à aider les sociétés à faire face à la pandémie en proposant aux
gouvernements les outils et les informations dont ils ont besoin dans
le domaine de la santé pour renforcer leurs politiques et leurs
activités.
L’OMS n’accepte pas le statu quo, avec des
inégalités croissantes dans l’accès aux soins pour le VIH/SIDA.
Elle a donc entrepris d’étudier de nouvelles options afin de donner
accès à des soins améliorés, y compris aux médicaments
antirétroviraux. Nous sommes impatients d’obtenir des résultats et
continuerons à favoriser les progrès dans ce sens.
Nous sommes en train de développer l’action
entreprise pour améliorer la santé maternelle et infantile – en
rassemblant davantage de données, en les diffusant plus largement, en
établissant des liens plus étroits avec nos partenaires et en
passant en revue plus fréquemment les progrès accomplis. Grâce à
des relations de travail étroites entre les équipes de pays, les
bureaux régionaux et le Siège de l’OMS à Genève, nos ressources
sont utilisées plus efficacement. La coordination avec les autres
institutions du système des Nations Unies et les banques de
développement nous permet de les aider à encourager l’adoption des
meilleures pratiques dans les pays à travers leurs politiques et
leurs programmes.
Nous avons aussi accéléré les activités de
vaccination, et les résultats sont là. L’éradication de la
poliomyélite aux niveaux national et mondial est en bonne voie. Chefs
d’Etat, agents de santé, Rotary, société civile et, bien sûr, le
personnel de l’OMS et de nos partenaires – tous ont répondu
présents. Nous avons été témoins de leur engagement extrême et
aussi de leur courage, car il faut souvent travailler dans des
situations dangereuses.
C’est ainsi que la transmission de la
poliomyélite en Inde a beaucoup baissé ; la maladie a été
éliminée dans la Région du Pacifique occidental et la couverture
vaccinale s’améliore de manière spectaculaire en Afrique. Les
systèmes de surveillance – sur lesquels repose la phase finale de l’éradication
– se mettent en place. Cela nous permet de déceler les petites
flambées – comme ce fut le cas l’année dernière dans l’île d’Hispaniola
et au Cap-Vert – et de réagir rapidement. Nous sommes sur la bonne
voie pour faire cesser la transmission de la poliomyélite d’ici la
fin de 2002 et en certifier l’éradication d’ici 2005.
Nous aidons à remettre sur pied les services de
vaccination généraux et à les intégrer aux systèmes de santé. L’Alliance
mondiale pour les vaccins et la vaccination va de l’avant. Les fonds
arrivent, la coopération entre les gouvernements, les institutions et
le secteur privé est excellente et l’action menée dans les pays
progresse de manière satisfaisante. L’année dernière, l’Alliance
a reçu et traité des propositions émanant de 38 pays, soit plus de
la moitié des 74 pays concernés. Vingt et une propositions ont été
approuvées ; les engagements envers ces pays s’élèvent à
environ 310 millions de dollars sur cinq ans.
La montée en puissance dans ce domaine est
maintenant bien réelle. L’Alliance mondiale collabore avec les
pays, décourageant la fragmentation des efforts et encourageant le
renforcement des systèmes de santé. Cette année, les
investissements permettront d’augmenter la couverture vaccinale de
près de 30 %. Plus de 90 % des enfants seront vaccinés
contre l’hépatite B, Haemophilus influenzae de type b et/ou
la fièvre jaune. Au moins 500 000 vies seront sauvées. Nous
attendons encore plus de l’Alliance l’année prochaine.
Il en va de même des efforts pour faire reculer le
paludisme. La stratégie est simple, rentable, et bénéficie d’un
large appui. Il existe des moyens de prévention et de traitement
efficaces. Les prix des produits essentiels comme les moustiquaires et
les associations à base d’artésunate ont baissé. Nous avons aidé
à négocier le maintien de l’emploi du DDT si nécessaire pour la
lutte antipaludique. Les systèmes de santé ne ménagent pas leurs
efforts pour relever le défi du paludisme. D’autres secteurs
apportent aussi leur contribution – par la sensibilisation, la
réduction des tarifs douaniers ou la réduction des risques. L’OMS
et ses partenaires suivront de près les progrès accomplis. Les pays
se sont organisés pour développer leur action – ce sont désormais
les ressources qui leur font défaut.
Nous sommes intervenus dans des situations d’urgence
complexes. Les demandes adressées à l’OMS ont été nombreuses,
notamment lorsque les ministères de la santé sont par trop
surchargés. Nous ferons plus encore pour aider à fixer des normes,
coordonner les différents prestataires de services et suivre les
progrès. Là aussi, il nous faut mobiliser des ressources
supplémentaires et les utiliser judicieusement, comme en Iraq où l’OMS
apporte une contribution majeure à la santé et au bien-être de la
population.
En septembre dernier, un réseau d’institutions
et d’ONG réunies par l’OMS a réagi rapidement et efficacement à
l’appel du Gouvernement ougandais en aidant à endiguer une flambée
épidémique majeure de fièvre à virus Ebola. L’intervention a
été couronnée de succès, grâce, notamment, à l’expérience de
l’Ouganda dans ce domaine.
Nous nous concentrons maintenant sur l’incidence
d’une mauvaise santé mentale sur le bien-être des populations et
sur les difficultés particulières qu’elle entraîne pour les plus
pauvres. Nous sommes en train de réunir des données pour le rapport
sur la santé dans le monde de cette année, qui fera le bilan de nos
connaissances : la charge mondiale actuelle et future de la
morbidité mentale et des troubles neurologiques ; l’efficacité
de la prévention et l’existence de traitements ou d’obstacles à
ceux-ci ; et les politiques nécessaires pour lutter contre l’exclusion
et la discrimination et mettre en place et financer des moyens de
prévention et de traitement efficaces.
Notre effort de sensibilisation portera sur la
Journée mondiale de la Santé 2001, au début avril. Il s’agira
surtout de lutter contre l’ostracisme qui s’attache à la mauvaise
santé mentale et de faire savoir qu’il existe de nombreux
traitements efficaces et abordables, mais qu’ils ne sont pas
suffisamment utilisés, ni dans les pays en développement ni dans les
pays industrialisés. Je m’attends à ce que les efforts que nous
déploierons cette année contribuent à accroître l’importance
accordée à la santé mentale par rapport aux aspects physiques de la
santé, le but étant de lui accorder le même degré de priorité et
de respect.
La montée en puissance de l’action pour
améliorer la santé des plus pauvres appelle des systèmes de santé
efficaces – qui recouvrent toutes les mesures expressément conçues
pour améliorer la santé. Nous comptons voir les systèmes de santé
améliorer la santé, répondre aux attentes de la population et être
financés de manière équitable. Cela suppose une gestion avisée des
pouvoirs publics de façon à tirer le meilleur du secteur public et
à mobiliser toutes les énergies des organismes privés, bénévoles
ou communautaires.
Ainsi, nous renforçons notre action pour répondre
aux pays qui nous demandent de les aider à rendre leurs systèmes de
santé plus performants. Nous travaillons en étroite collaboration
avec les gouvernements et les institutions nationales, ainsi qu’avec
d’autres organismes de développement pour analyser les données d’expérience
et mettre en commun les meilleures pratiques. Nous aidons à planifier
et à gérer les soins aux niveaux national et du district, dans les
hôpitaux et les centres de santé, en donnant des avis sur le
développement des ressources humaines, et sur la budgétisation et le
financement des services.
Les pays attendent également de nous que nous les
aidions à répertorier les risques pour la santé, à y faire face et
à promouvoir des modes de vie sains. Nous travaillons sur les risques
aux niveaux local, national et mondial – et en fait les Risques
pour la santé constitueront le thème du Rapport sur la santé
dans le monde, 2002.
Nous voulons que les collectivités et les pays
soient en mesure d’évaluer les risques pour la santé présents
dans les aliments qu’ils consomment, l’eau qu’ils utilisent, l’air
qu’ils respirent et les comportements qu’ils adoptent. Lorsque les
données le justifient, nous encourageons la conclusion d’accords
nationaux et internationaux. Nous aidons à établir des codes de
pratique volontaires et soutenons les différentes parties qui
entreprennent de les appliquer. Si nécessaire, nous aiderons à
élaborer des règlements sanitaires internationaux et des
conventions-cadres.
Nous nous efforçons d’étudier les problèmes
scientifiques qui se posent dans des domaines aussi complexes que la
nutrition du nourrisson, la salubrité des aliments ou la salubrité
de l’environnement, en examinant les données nouvelles dès qu’elles
sont disponibles et en déterminant leurs répercussions au plan des
politiques. Dans ces domaines, l’analyse scientifique des effets sur
la santé est essentielle à notre dialogue avec les autorités
nationales et avec la société civile.
Nous avons d’ailleurs eu une abondante
illustration de l’importance de l’action pour la salubrité de l’environnement
au cours de ces derniers jours, avec les préoccupations croissantes
que suscite l’utilisation de revêtements d’uranium appauvri sur
du matériel militaire utilisé en Iraq et dans les Balkans. Les pays
et l’OTAN se tournent vers l’ONU afin de savoir s’il existe des
données établissant les effets de l’uranium appauvri sur la
santé.
Malgré les résultats encourageants de la
première analyse rétrospective des effets de l’utilisation de l’uranium
appauvri sur la santé au Kosovo, nous ne pouvons déterminer le
véritable risque pour la santé de la population associé à l’exposition
à l’uranium appauvri sans une enquête approfondie supplémentaire.
Le Siège de l’OMS et son Bureau régional, en collaboration avec le
Centre international de Recherche sur le Cancer et le Programme des
Nations Unies pour l’Environnement, ont déjà répondu présents.
Nous ferons rapport sur la situation plus tard au printemps.
Parallèlement, l’OMS collabore avec ceux qui
sont directement concernés. Elle cherche à obtenir des informations
supplémentaires sur l’incidence des tumeurs et autres effets
indésirables possibles sur la santé parmi la population civile dans
les Balkans et au Moyen-Orient, parmi le personnel humanitaire et
parmi le personnel militaire, notamment chez ceux qui ont manipulé de
l’uranium appauvri. Ces informations devront ensuite être
analysées de façon à mettre en évidence le risque relatif de
leucémie et d’autres problèmes de santé associé à différents
modes d’exposition.
L’OMS propose des protocoles d’étude qui
pourraient être utilisés par les autorités civiles et militaires
concernées. L’utilisation de ces protocoles offrira peut-être des
réponses définitives aux questions qui ont été posées récemment
par les gouvernements et par les médias.
Monsieur le Président,
Toute notre action dans le domaine de la nutrition
du nourrisson repose aussi sur des bases scientifiques. Près de
1,5 million d’enfants meurent encore chaque année faute d’une
alimentation appropriée. Il est aussi regrettable que moins de
35 % des nourrissons dans le monde soient exclusivement nourris
au sein pendant les quatre premiers mois de leur vie, et qu’encore
aujourd’hui les méthodes d’alimentation d’appoint soient
souvent inadaptées et présentent des risques. Il est plus difficile
que jamais de répondre aux besoins nutritionnels du jeune enfant en
raison du nombre croissant de situations d’urgence majeures, de la
pandémie de VIH/SIDA et des difficultés de la vie moderne.
Compte tenu de l’impact singulier des modes d’alimentation
sur la survie, la santé et le développement pendant les premières
années de la vie, l’OMS a depuis longtemps soutenu les efforts des
Etats Membres pour améliorer l’alimentation du nourrisson et du
jeune enfant. L’initiative des hôpitaux « amis des bébés »
et le Code international de commercialisation des substituts du lait
maternel sont deux exemples de mesures remarquablement efficaces.
Afin de développer encore nos efforts dans ce
domaine essentiel, j’ai entamé l’année dernière l’élaboration
d’une nouvelle stratégie mondiale pour l’alimentation du
nourrisson et du jeune enfant qui se veut un cadre d’action pour
tous. Des consultations ont commencé aux niveaux national et
régional. Cette semaine, vous examinerez les progrès faits dans l’élaboration
de cette stratégie mondiale. Vous examinerez le projet de résolution
correspondant. Vos délibérations sur ce point guideront l’Assemblée
de la Santé.
L’OMS préconise actuellement que la durée
optimale de l’allaitement maternel exclusif doit être de 4 à
6 mois, selon la croissance du nourrisson et les risques que
présente l’environnement au foyer. Au vu du débat permanent
soulevé par ce problème, j’ai commandé l’année dernière une
étude scientifique systématique de la littérature existante
concernant la durée optimale de l’allaitement maternel exclusif.
Cette étude, confiée à des experts extérieurs indépendants, a
nécessité l’examen laborieux de près de 3000 références
bibliographiques et supposé l’application de critères rigoureux de
sélection de la documentation pertinente.
Tout ce travail d’analyse sera examiné lors d’une
consultation d’experts convoquée à Genève fin mars. Il est
important que ce processus scientifique puisse aller jusqu’à son
terme pour pouvoir servir de base aux politiques futures. Mais ce n’est
peut-être pas le meilleur moment de réexaminer la recommandation
actuelle de l’OMS sur la durée de l’allaitement maternel exclusif.
En tant qu’organisation, nous avons toujours pris
position d’autant plus clairement que les bases factuelles sur
lesquelles reposaient nos politiques étaient plus solides. Par
exemple, nous avons toujours soutenu sans équivoque des modes de vie
sans tabac.
L’OMS a entrepris un rôle inédit avec la
préparation d’une convention-cadre pour la lutte antitabac. C’est
la première fois en effet que nous nous sommes prévalus de la
possibilité d’élaborer un traité de droit international visant à
améliorer la santé publique. Il a fallu pour cela que l’OMS
institue un mécanisme interne entièrement nouveau. Si l’organe
intergouvernemental de négociation, présidé par M. Amorim,
Ambassadeur du Brésil, relève de l’Assemblée mondiale de la
Santé, il représente le premier processus distinct des travaux de l’Assemblée
mondiale de la Santé dirigé par les Etats Membres.
Cette année sera importante pour la négociation
de la convention. L’organe intergouvernemental se réunira à
nouveau fin avril. Nous espérons qu’un pas important sera alors
franchi.
La session de l’organe intergouvernemental qui a
eu lieu l’année dernière a été précédée d’une série d’auditions
publiques sur la convention-cadre. Cette manifestation sans
précédent a permis à tous de se faire entendre. Peut-être
pourrions-nous utiliser ce type d’approche plus souvent lorsque nous
sollicitons des contributions en rapport avec d’autres questions
complexes.
Par ailleurs, l’OMS a publié le texte d’une
étude indépendante sur les tentatives faites par l’industrie du
tabac pour influencer les travaux de l’Organisation. Cette étude
nous a montré comment un groupe pouvait chercher à influencer nos
travaux. Le rapport d’étude nous rappelle que nous devons être
vigilants, que nous devons résister aux pressions de toutes sortes
qui entrent en conflit avec nos valeurs intrinsèques. Je remercie le
Dr Thomas Zeltner, membre du présent Conseil, pour le soin
qu’il a mis à mener cette enquête. Nous avons déjà pris en
compte nombre de ses recommandations – en lançant des
recherches pour savoir dans quelle mesure les sociétés productrices
de tabac ont réussi dans leurs tentatives et en élaborant, pour l’OMS,
des politiques relatives aux conflits d’intérêts.
Monsieur le Président,
Grâce aux travaux que nous avons entrepris avec d’autres
partenaires des Nations Unies, l’Union européenne, le G8 et le
secteur privé, nous avons souligné la nécessité de mener des
activités à l’intention des pauvres à l’échelon mondial. Une
des activités essentielles consiste à améliorer l’accès aux
médicaments essentiels et aux autres produits pharmaceutiques.
Nous travaillons en étroite collaboration avec nos
Etats Membres pour mettre à bon usage les intérêts convergents de
la médecine clinique, de la santé publique mondiale, de l’industrie
pharmaceutique axée sur la recherche, ainsi qu’avec ceux qui fixent
les règles du commerce international. Nous trouvons des occasions
propices à l’innovation et à la collaboration créatrice afin de
surmonter les défaillances du marché. Nous soutenons la protection
des brevets comme un stimulant nécessaire et efficace de la
recherche-développement. Les médicaments essentiels, cependant, sont
des produits à part. Les brevets qui s’appliquent à leur mise à
point et à leur production doivent être gérés de manière à
profiter aux détenteurs des brevets et au public.
Cela signifie que nous favorisons la fixation d’un
prix équitable pour les médicaments qui sont en passe d’être
brevetés et la production de médicaments génériques pour ceux qui
ne le sont pas, de manière à ce que les pauvres aient accès plus
facilement aux médicaments dont ils ont besoin. A cette fin, nous
poursuivons la recherche de nouvelles relations entre le secteur
public et le secteur privé – des relations qui contribueront
à la santé de tous et à l’équité en matière de santé. L’OMS
jouera un rôle majeur dans la prochaine série de réunions
internationales et régionales qui auront lieu au cours de l’année.
Nous nous attachons tout particulièrement aux sessions
extraordinaires de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le
VIH/SIDA et sur les enfants, et à la Troisième Conférence des
Nations Unies sur les pays les moins avancés, à Bruxelles, en mai.
Il est essentiel que nous établissions une collaboration et une
coordination efficaces entre les pays et les organismes de
développement afin de nous assurer que nous changeons le plus
possible le cours des choses et que nous augmentons le niveau des
ressources humaines, politiques et financières allouées à la
santé.
J’ai décrit un programme de travail intensif.
Nous nous apprêtons à le soutenir dans toute l’Organisation. Nous
continuons d’apprendre à travailler comme un réseau efficace et
unifié qui tient compte des besoins particuliers de chaque pays et de
chaque peuple. Nos équipes de pays sont en première ligne : ce
sont elles qui déterminent dans quelle mesure nous pouvons créer la
différence. Au cours de l’année à venir, nous nous efforcerons
davantage de veiller à ce que les pays, et leurs populations, soient
au coeur de tous nos travaux et de tous nos efforts.
Nous oeuvrerons tous ensemble pour soutenir au
maximum les unités interpays, les Départements régionaux et les
Groupes basés à Genève dans l’appui qu’ils offrent aux équipes
de pays. Grâce aux nouveaux systèmes téléphonique et vidéo, cela
est plus facile et moins onéreux qu’avant. La prochaine réunion
mondiale des représentants de l’OMS permettra également de
consolider les travaux entre les pays, les Régions et le Siège.
Nous prêtons également attention aux systèmes de
gestion de nos précieuses ressources humaines et de nos finances
limitées. Cela signifie qu’il faut simplifier encore des processus
complexes et adopter les meilleures pratiques dans toute l’Organisation.
Nous nous attacherons en premier lieu à améliorer
nos technologies de l’information afin que les administrateurs de
programme dans les pays, dans les Régions ou à Genève sachent où
ils en sont et obtiennent les meilleurs résultats possibles grâce à
ces ressources.
Lorsque je suis arrivée à l’OMS, j’ai dit que
je voulais que nous allions vers les autres et que nous travaillions
étroitement avec nos principaux partenaires. Nous avons noué toute
une gamme de partenariats dynamiques, en faisant porter notre effort
sur les résultats, en travaillant ensemble et en évaluant ce que
nous avions réalisé. Nous surveillons de près ces partenariats, en
identifiant les dispositions susceptibles d’être efficaces dans
divers contextes et en veillant à ce que l’OMS renforce les accords
de partenariat.
Monsieur le Président,
Je passe maintenant aux autres travaux importants
du Conseil exécutif. Toutefois, je tiens d’abord à vous remercier,
ainsi que le Gouvernement suisse, pour la fructueuse retraite du
Conseil qui a été organisée en novembre dernier. C’était la
troisième retraite depuis que ce système a été introduit, en 1998,
dans le cadre de notre processus de réforme.
Le budget programme pour 2002-2003 est le principal
point de l’ordre du jour de la session en cours. Il a été
préparé selon un nouveau processus. Un processus qui a fait appel à
la participation conjointe des Régions et du Siège dès le
début ; qui a fourni les résultats escomptés pour l’ensemble
de l’Organisation ; qui a permis au rapport budgétaire mondial
d’être examiné pour la première fois par les comités régionaux.
Ce processus a considérablement contribué à unir l’Organisation.
La stratégie institutionnelle est au coeur du
budget – elle est également la cheville ouvrière du nouveau
programme général de travail de l’OMS. Elle est mise en oeuvre
dans le cadre du budget par une programmation qui s’articule autour
de 35 domaines d’activité. Nous avons identifié les objectifs
internationaux voulus, puis nous avons proposé l’objectif de l’action
de l’OMS, les résultats escomptés et les indicateurs de résultats.
Au cours de la réunion mondiale du personnel qui s’est
tenue la semaine dernière, tous les Directeurs régionaux qui y ont
participé ont souligné que nous devons maintenant nous appuyer sur l’esprit
qui a prévalu lors de l’élaboration du budget pour nous assurer
que son exécution se fonde sur une OMS unifiée. Nous nous engageons
tous pleinement en la matière.
Nous veillons maintenant tout particulièrement à
ce qu’il y ait une synergie entre les domaines d’activité lors de
l’interaction avec les pays. A la suite d’un programme pilote qui
a duré deux ans, nous avons maintenant établi une approche
stratégique de coopération avec les pays, mise en place
conjointement par l’OMS et les autorités nationales, qui reflète
les processus établis par les bureaux régionaux suite aux
orientations données par leurs comités régionaux. Le Comité de
Gestion du Programme mondial, qui regroupe les principaux
administrateurs de programme des Régions et du Siège, nous aidera à
suivre les progrès réalisés dans cette nouvelle méthode de
travail.
Malgré la demande accrue qui nous est faite et les
augmentations de coût auxquelles nous sommes confrontés, notre
budget ordinaire demeure étale. Nous exprimons notre reconnaissance
à ceux qui contribuent à augmenter les contributions volontaires – elles
sont indispensables à nos travaux. Nous avons particulièrement
besoin de ressources volontaires pour financer les fonctions
essentielles au niveau des pays. Nous prévoyons que les recettes
volontaires augmenteront de 15 % au cours du prochain exercice,
et nous réévaluerons cette projection avant l’Assemblée de la
Santé. Il est clair que l’octroi des fonds extrabudgétaires que
nous recevons représente un appui aux valeurs de l’OMS et ne gêne
nullement la direction de l’Organisation, ni les procédures
établies.
Comme vous le savez, de nombreuses activités ne
peuvent être financées que par le budget ordinaire. Nous avons tout
fait pour rationaliser au mieux l’utilisation de ces ressources. Je
mènerai des consultations au cours des semaines à venir sur le
meilleur moyen d’obtenir un relèvement limité du plafond de notre
budget ordinaire.
Les dernières statistiques qui montrent que la
proportion des contributions mises en recouvrement durant l’an 2000
atteignait 87 %, soit le taux annuel le plus élevé depuis 15
ans, m’ont grandement encouragée. Nous demeurons toutefois
confrontés à des arriérés considérables : il est essentiel
que toutes les contributions soient versées très tôt si l’on veut
que l’Organisation fonctionne de manière efficace.
Vous passerez également en revue, au cours du
présent Conseil, les premiers résultats des travaux que nous avons
entrepris pour élaborer et améliorer la politique relative aux
ressources humaines. Je tiens à remercier tous ceux qui ont fait
avancer ce processus, et notamment les représentants du personnel du
monde entier. De nouvelles réformes concernant les ressources
humaines sont prévues, surtout en ce qui concerne les politiques et
contrats relatifs à l’emploi.
Au cours de l’année écoulée, le personnel de l’OMS
a fait preuve d’un engagement, d’une productivité et d’une
énergie extraordinaires. La tâche a été rude, car les questions de
santé ont été mises davantage en relief dans les médias et les
débats politiques. Ceux qui accomplissent leur travail au jour le
jour sont tout aussi importants et dévoués. Nombre de membres du
personnel ont été confrontés à de réelles difficultés, et
certains ont été mis personnellement en danger.
Monsieur le Président,
Lorsqu’il a pris ses fonctions en qualité de
premier Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies,
mon compatriote Trygve Lie a reçu le conseil suivant :
« Nous ne sommes ni une société savante, ni une académie ;
nous sommes une grande organisation politique et sociale et, pour nous,
la réalité compte. C’est la matière première même de notre
travail. Vous devez donc chercher la force et le pouvoir de votre
influence non dans quelque idéalisme théorique, mais dans une
confiance optimiste fondée sur les faits. ».
Ces mots ont autant de valeur aujourd’hui qu’hier.
Nous devrions tous les avoir présents à l’esprit au moment où
nous entamons les travaux de la semaine et de l’année en cours.
Le contexte politique est sans précédent. Il
offre une réelle opportunité. Ensemble, nous avons pu saisir l’occasion
et suivre l’évolution de l’environnement. Avec votre appui, nous
ne ménageons aucun effort pour concrétiser nos engagements et
obtenir des résultats qui changent la vie des gens.
Nous avons suscité des attentes et nous y
répondons. Nous sommes tout à fait conscients de la nécessité
d’obtenir des résultats concrets dans les communautés et dans les
pays. C’est à cette condition seulement que nous pouvons obtenir
les ressources supplémentaires que l’action sanitaire nécessite
– et mérite. L’engagement durable que je prends pour l’OMS est
d’innover, de servir de référence et de faire tout ce qui est
humainement possible pour garantir l’obtention de résultats. C’est
sur ces points que nous serons tous jugés, et nous ne pouvons donc
nous permettre de faillir à la tâche.
Je vous remercie.