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World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr. Gro Harlem Brundtland        
Directeur général
Organisation mondiale de la Santé

Lyon, le 11 mai 2000


In English

Quarante et unième session du Conseil de Direction
Centre international de Recherche sur le Cancer

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de Direction,
Mesdames et Messieurs,

C'est un grand plaisir pour moi d'être présente à la Quarante et unième session du Conseil de Direction du Centre international de Recherche sur le Cancer. Le Centre continue de soutenir la recherche sur le cancer au niveau international et a apporté une précieuse contribution à la science dans ce domaine depuis la dernière session, en mai 1999.

La tâche qui consiste à combattre les maladies non transmissibles dans le monde est incommensurable. Dans les pays en développement, ces maladies, au nombre desquelles le cancer, se substituent rapidement aux principales causes d'incapacité et de décès prématuré observées traditionnellement, notamment les maladies infectieuses et la malnutrition. La rapidité avec laquelle s'étendent ces problèmes est l'un des principaux obstacles au développement dans le monde au XXIe siècle et met en péril la vie et la santé de millions de personnes. Au niveau mondial, les cancers sont désormais à l'origine d'une part croissante de la mortalité et d'années vécues avec une incapacité. Parmi les cancers, celui qui est associé à la plus lourde charge de morbidité est le cancer du poumon, qui devrait devenir plus fréquent encore dans les décennies à venir si la tendance actuelle du tabagisme se maintient.

Pour que l'OMS soit en mesure de faire face au gigantesque problème que posent les maladies non transmissibles, j'ai accordé un rang de priorité bien plus élevé à la lutte contre ces maladies lorsque j'ai pris mes fonctions en juillet 1998. Lors de la dernière session du Conseil de Direction en mai de l'année passée, j'ai parlé de la restructuration entreprise il y a près de deux ans ainsi que du rôle et des responsabilités accrus qu'elle conférait à l'OMS au niveau mondial dans le domaine des maladies non transmissibles. Bien des choses ont été accomplies depuis et je suis heureuse de pouvoir faire état aujourd'hui de deux grandes réalisations dans ce domaine.

La première est la formulation d'une stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles, récemment examinée et approuvée par le Conseil exécutif à sa dernière session, en janvier 2000. La stratégie a trois grands objectifs :

  • établir une cartographie de l'épidémie émergente de maladies non transmissibles et analyser les déterminants sociaux, économiques, comportementaux et politiques, en s'attachant particulièrement aux populations pauvres et défavorisées, afin de donner des orientations pour la mise au point des mesures politiques et législatives.
  • réduire l'exposition des individus et des populations aux principaux déterminants et éviter l'apparition de facteurs communs de risque évitables comme le tabagisme, une alimentation déséquilibrée et la sédentarité.
  • Renforcer les soins de santé à l'intention des personnes atteintes de maladies non transmissibles en favorisant une réforme du secteur de la santé et des interventions rentables.

La stratégie, mise au point l'année dernière avec le concours du Dr Paul Kleihues et de plusieurs membres du personnel du Centre, fait de la lutte contre le cancer l'un des principaux secteurs d'activité ; elle fixe les orientations stratégiques qui guideront notre action future et définit le rôle de l'OMS, des Etats Membres et de la communauté internationale dans la lutte contre le cancer et contre d'autres maladies non transmissibles. L'OMS se concentrera sur quatre grands aspects interdépendants, dont l'appui stratégique à la recherche-développement. L'importance accordée à la lutte contre le cancer ressort également de mon rapport à la Cent cinquième session du Conseil exécutif sur le programme d'action stratégique du Secrétariat de l'OMS.

Le deuxième élément nouveau concerne la structure de l'OMS au Siège. Nos stratégies d'ouverture aux Etats Membres et de collaboration accrue avec nos partenaires extérieurs venant à être appliquées plus largement, j'ai décidé, il y a peu, de réunir le groupe Maladies non transmissibles et le groupe Changements sociaux et santé mentale en un seul, intitulé Maladies non transmissibles et santé mentale. Cette fusion étaie plus solidement notre action dans le domaine des maladies non transmissibles et favorise les synergies entre les secteurs d'activité clés concernés.

Outre ces deux réalisations, j'aimerais souligner les excellents résultats obtenus depuis votre dernière réunion dans le combat que nous menons contre le tabac. En collaboration avec les Etats Membres, nos partenaires du système des Nations Unies et la communauté internationale, nous avons progressé dans l'élaboration de la convention-cadre pour la lutte antitabac. La campagne de désinformation au sujet des travaux du CIRC sur le risque de cancer du poumon associé au tabagisme passif est un exemple parmi d'autres des énormes pressions exercées pour faire obstacle à l'élaboration de la convention.

Comme vous le savez, le Programme de lutte contre le cancer a récemment réintégré le Siège de l'OMS à Genève et a l'intention d'intensifier son action dans le monde et de contribuer à la mise en œuvre de la stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles. Le Programme apportera une aide supplémentaire aux pays pour la mise en place ou le renforcement de leur programme national de lutte contre le cancer. Les stratégies de l'OMS reposeront sur une approche intégrée de la prévention primaire visant à encourager le dépistage précoce, renforcer le traitement, en particulier là où les ressources sont rares, et à améliorer les services de soins palliatifs. Cette année, l'accent est mis sur deux domaines d'activité : le bilan des progrès accomplis au cours des dix dernières années dans l'élaboration de programmes de lutte contre le cancer dans les Etats Membres, et le renforcement de la collaboration avec d'autres partenaires internationaux. Le but est de collaborer bien plus efficacement au niveau mondial pour combattre le cancer. Nous devons adopter des approches efficaces qui s'appuient sur les acquis tout en s'attachant vaincre les difficultés rencontrées aujourd'hui, notamment dans les pays en développement, où l'on recense plus de la moitié des cancers et où ils augmentent progressivement.

Au sein de l'OMS, il est indispensable, si l'on veut remporter des victoires sur le cancer, de nouer des liens plus solides entre le programme et les différentes unités du CIRC. Il est essentiel de relier recherche sur le cancer et santé publique. De plus en plus souvent, on attend et on exige de la recherche qu'elle fournisse des preuves solides de l'efficacité des interventions de prévention. L'année dernière, je vous faisais part de la satisfaction avec laquelle je voyais s'intensifier la collaboration entre le groupe Maladies non transmissibles et le Centre. Cette année, je suis heureuse de constater que la collaboration et les échanges sont encore plus étroits entre eux. Rien qu'au cours des deux derniers mois, le personnel du Centre et le Programme de lutte contre le cancer ont tenu de deux réunions, l'une à Genève, et l'autre ici à Lyon, qui auront d'importantes retombées sur la planification et la collaboration future.

J'ai lu avec intérêt le rapport biennal 1998-1999 ainsi que le rapport de la Trente-Sixième session du Conseil scientifique. Ils mettent en valeur les travaux scientifiques du Centre dans les domaines de l'épidémiologie et de l'étiologie, les mécanismes de carcinogénèse et de prévention du cancer, ainsi que le nombre impressionnant de documents scientifiques publiés pendant cette période. Le Conseil scientifique fait des observations et tire des conclusions importantes que vous allez examiner aujourd'hui. Bon nombre d'aspects prometteurs de la prévention primaire et secondaire du cancer pourraient bénéficier d'une intensification des échanges entre les différentes unités et d'autres services de l'OMS. L'un des domaines hautement prioritaires pour l'OMS dans la prévention secondaire est le dépistage précoce du cancer du col. J'estime comme le Conseil que, dans certains secteurs d'activité, une action mieux coordonnée et plus intégrée permettrait de d'obtenir davantage de résultats et d'avoir plus d'impact.

Enfin, je tiens à féliciter le Dr Kleihues et son personnel de leurs réalisations et exprime ma satisfaction aux membres du Conseil scientifique pour le travail qu'ils ont accompli.

J'espère que cette réunion sera fructueuse et attend avec impatience vos conclusions et recommandations.

Merci.

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