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Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de Direction,
Mesdames et Messieurs,
C'est un grand plaisir pour moi d'être présente à la Quarante et
unième session du Conseil de Direction du Centre international de
Recherche sur le Cancer. Le Centre continue de soutenir la recherche
sur le cancer au niveau international et a apporté une précieuse
contribution à la science dans ce domaine depuis la dernière
session, en mai 1999.
La tâche qui consiste à combattre les maladies non transmissibles
dans le monde est incommensurable. Dans les pays en développement,
ces maladies, au nombre desquelles le cancer, se substituent
rapidement aux principales causes d'incapacité et de décès
prématuré observées traditionnellement, notamment les maladies
infectieuses et la malnutrition. La rapidité avec laquelle
s'étendent ces problèmes est l'un des principaux obstacles au
développement dans le monde au XXIe siècle et met en péril la vie
et la santé de millions de personnes. Au niveau mondial, les cancers
sont désormais à l'origine d'une part croissante de la mortalité et
d'années vécues avec une incapacité. Parmi les cancers, celui qui
est associé à la plus lourde charge de morbidité est le cancer du
poumon, qui devrait devenir plus fréquent encore dans les décennies
à venir si la tendance actuelle du tabagisme se maintient.
Pour que l'OMS soit en mesure de faire face au gigantesque
problème que posent les maladies non transmissibles, j'ai accordé un
rang de priorité bien plus élevé à la lutte contre ces maladies
lorsque j'ai pris mes fonctions en juillet 1998. Lors de la dernière
session du Conseil de Direction en mai de l'année passée, j'ai
parlé de la restructuration entreprise il y a près de deux ans ainsi
que du rôle et des responsabilités accrus qu'elle conférait à
l'OMS au niveau mondial dans le domaine des maladies non
transmissibles. Bien des choses ont été accomplies depuis et je suis
heureuse de pouvoir faire état aujourd'hui de deux grandes
réalisations dans ce domaine.
La première est la formulation d'une stratégie mondiale de lutte
contre les maladies non transmissibles, récemment examinée et
approuvée par le Conseil exécutif à sa dernière session, en
janvier 2000. La stratégie a trois grands objectifs :
- établir une cartographie de l'épidémie émergente de maladies
non transmissibles et analyser les déterminants sociaux, économiques,
comportementaux et politiques, en s'attachant particulièrement aux
populations pauvres et défavorisées, afin de donner des orientations
pour la mise au point des mesures politiques et législatives.
- réduire l'exposition des individus et des populations aux
principaux déterminants et éviter l'apparition de facteurs communs
de risque évitables comme le tabagisme, une alimentation
déséquilibrée et la sédentarité.
- Renforcer les soins de santé à l'intention des personnes
atteintes de maladies non transmissibles en favorisant une réforme du
secteur de la santé et des interventions rentables.
La stratégie, mise au point l'année dernière avec le concours du
Dr Paul Kleihues et de plusieurs membres du personnel du Centre, fait
de la lutte contre le cancer l'un des principaux secteurs d'activité ;
elle fixe les orientations stratégiques qui guideront notre action
future et définit le rôle de l'OMS, des Etats Membres et de la
communauté internationale dans la lutte contre le cancer et contre
d'autres maladies non transmissibles. L'OMS se concentrera sur quatre
grands aspects interdépendants, dont l'appui stratégique à la
recherche-développement. L'importance accordée à la lutte contre le
cancer ressort également de mon rapport à la Cent cinquième session
du Conseil exécutif sur le programme d'action stratégique du
Secrétariat de l'OMS.
Le deuxième élément nouveau concerne la structure de l'OMS au
Siège. Nos stratégies d'ouverture aux Etats Membres et de
collaboration accrue avec nos partenaires extérieurs venant à être
appliquées plus largement, j'ai décidé, il y a peu, de réunir le
groupe Maladies non transmissibles et le groupe Changements sociaux et
santé mentale en un seul, intitulé Maladies non transmissibles et
santé mentale. Cette fusion étaie plus solidement notre action dans
le domaine des maladies non transmissibles et favorise les synergies
entre les secteurs d'activité clés concernés.
Outre ces deux réalisations, j'aimerais souligner les excellents
résultats obtenus depuis votre dernière réunion dans le combat que
nous menons contre le tabac. En collaboration avec les Etats Membres,
nos partenaires du système des Nations Unies et la communauté
internationale, nous avons progressé dans l'élaboration de la
convention-cadre pour la lutte antitabac. La campagne de
désinformation au sujet des travaux du CIRC sur le risque de cancer
du poumon associé au tabagisme passif est un exemple parmi d'autres
des énormes pressions exercées pour faire obstacle à l'élaboration
de la convention.
Comme vous le savez, le Programme de lutte contre le cancer a
récemment réintégré le Siège de l'OMS à Genève et a l'intention
d'intensifier son action dans le monde et de contribuer à la mise en
œuvre de la stratégie mondiale de lutte contre les maladies non
transmissibles. Le Programme apportera une aide supplémentaire aux
pays pour la mise en place ou le renforcement de leur programme
national de lutte contre le cancer. Les stratégies de l'OMS
reposeront sur une approche intégrée de la prévention primaire visant
à encourager le dépistage précoce, renforcer le traitement, en
particulier là où les ressources sont rares, et à améliorer les
services de soins palliatifs. Cette année, l'accent est mis sur deux
domaines d'activité : le bilan des progrès accomplis au cours
des dix dernières années dans l'élaboration de programmes de lutte
contre le cancer dans les Etats Membres, et le renforcement de la
collaboration avec d'autres partenaires internationaux. Le but est de
collaborer bien plus efficacement au niveau mondial pour combattre le
cancer. Nous devons adopter des approches efficaces qui s'appuient sur
les acquis tout en s'attachant vaincre les difficultés rencontrées
aujourd'hui, notamment dans les pays en développement, où l'on
recense plus de la moitié des cancers et où ils augmentent
progressivement.
Au sein de l'OMS, il est indispensable, si l'on veut remporter des
victoires sur le cancer, de nouer des liens plus solides entre le
programme et les différentes unités du CIRC. Il est essentiel de
relier recherche sur le cancer et santé publique. De plus en plus
souvent, on attend et on exige de la recherche qu'elle fournisse des
preuves solides de l'efficacité des interventions de prévention.
L'année dernière, je vous faisais part de la satisfaction avec
laquelle je voyais s'intensifier la collaboration entre le groupe
Maladies non transmissibles et le Centre. Cette année, je suis
heureuse de constater que la collaboration et les échanges sont
encore plus étroits entre eux. Rien qu'au cours des deux derniers
mois, le personnel du Centre et le Programme de lutte contre le cancer
ont tenu de deux réunions, l'une à Genève, et l'autre ici à Lyon,
qui auront d'importantes retombées sur la planification et la
collaboration future.
J'ai lu avec intérêt le rapport biennal 1998-1999 ainsi que le
rapport de la Trente-Sixième session du Conseil scientifique. Ils
mettent en valeur les travaux scientifiques du Centre dans les
domaines de l'épidémiologie et de l'étiologie, les mécanismes de
carcinogénèse et de prévention du cancer, ainsi que le nombre
impressionnant de documents scientifiques publiés pendant cette
période. Le Conseil scientifique fait des observations et tire des
conclusions importantes que vous allez examiner aujourd'hui. Bon
nombre d'aspects prometteurs de la prévention primaire et secondaire
du cancer pourraient bénéficier d'une intensification des échanges
entre les différentes unités et d'autres services de l'OMS. L'un des
domaines hautement prioritaires pour l'OMS dans la prévention
secondaire est le dépistage précoce du cancer du col. J'estime comme
le Conseil que, dans certains secteurs d'activité, une action mieux
coordonnée et plus intégrée permettrait de d'obtenir davantage de
résultats et d'avoir plus d'impact.
Enfin, je tiens à féliciter le Dr Kleihues et son personnel de
leurs réalisations et exprime ma satisfaction aux membres du Conseil
scientifique pour le travail qu'ils ont accompli.
J'espère que cette réunion sera fructueuse et attend avec
impatience vos conclusions et recommandations.
Merci.
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