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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr. Gro Harlem Brundtland        
Directeur général
Organisation mondiale de la Santé

WHO, Headquarters,
10 November 1998

In English
  

Address to Permanent Missions in Geneva

Mesdames et Messieurs les représentants des Etats Membres,
Chers collègues,
Chers amis de l'OMS,

Bienvenue à tous et merci d'être là.

La dernière fois que je me suis adressée à beaucoup d'entre vous, le 21 juillet, dans un contexte analogue, je vous ai dit que les missions -- qui représentent ceux pour qui agit l'OMS -- étaient importantes pour nous. Je vous ai dit également que je voulais vous tenir bien informés de ce que nous faisons et de ce que nous pensons.

Ces dernières semaines, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec beaucoup d'entre vous. Mais je voulais attendre que le 1er novembre soit derrière nous pour vous inviter tous à un premier aperçu de la nouvelle OMS.

Il y a eu des changements -- de profonds changements. Hier, j'ai remercié les membres du personnel au Siège de leur engagement et de leur disponibilité pendant ces trois mois de changements structurels intensifs.

Le 21 juillet, j'ai dit aux membres du personnel qu'il y aurait des changements. Un changement d'orientation. Un changement dans la façon dont nous organisons notre travail. Un changement dans la façon dont nous agissons. Un changement dans la façon dont nous travaillons comme une équipe. J'ai demandé aux nouveaux Directeurs exécutifs -- les chefs des groupes organiques -- de se mettre au travail, d'organiser les activités de leurs groupes -- et de me rendre compte de leur action avant le 1er novembre.

Depuis, la date du 1er novembre est en quelque sorte devenue un point de ralliement. Pour certains, elle marquait une ambition trop hâtive, pour d'autres elle ne pouvait venir trop tôt !

Cette date spéciale est maintenant derrière nous.

J'aimerais aujourd'hui transmettre trois messages à nos Etats Membres :

  • Premièrement, nous avons maintenant accompli les changements structurels dont j'ai présenté les grandes lignes à l'Assemblée mondiale de la Santé au mois de mai.
  • Deuxièmement, un programme décisif d'action en faveur de la santé mondiale nous attend.
  • Troisièmement, nous invitons les Etats Membres à nous rejoindre alors que nous nous apprêtons à mettre en oeuvre ce programme.

J'aimerais tout d'abord vous rendre compte de 100 jours de changements structurels.

Quand la nouvelle administration est entrée en fonction en juillet, nous avions une idée claire des changements qu'il nous paraissait essentiel d'entreprendre pour que l'action de l'OMS soit mieux adaptée aux besoins, mieux ciblée et mieux perçue.

Nous avons décidé de commencer par des réformes au Siège -- de commencer par demander aux bureaux régionaux de collaborer plus étroitement et d'agir activement pour placer résolument l'OMS parmi les organismes ouvertement acquis à la cause du développement.

La date cible était le 1er novembre.

Vous avez pris connaissance de la nouvelle structure organique.

Cinquante programmes ont été répartis entre neuf groupes organiques, chacun ayant à sa tête un Directeur exécutif. Depuis, les programmes ont été ramenés à 35 départements. Chaque groupe a énoncé sa mission. Les départements seront placés sous l'autorité de Directeurs.

Nous sommes maintenant au milieu du processus de sélection. Au cours de la première phase, la priorité sera donnée aux directeurs qui étaient à la tête d'un programme. Mais nous profitons également des réaffectations pour encourager les membres du personnel au Siège, dans les bureaux régionaux et dans les bureaux de pays à davantage de mobilité. Nous souhaitons voir augmenter le nombre des femmes à des postes de responsabilité et nous souhaitons aussi voir quelques nouveaux venus à ces postes.

Hier, j'ai dit aux membres du personnel qu'ils avaient fait du bon travail. Je leur ai dit : Consacrons maintenant toutes nos énergies aux activités techniques. Attachons-nous maintenant à poursuivre et à améliorer l'excellent travail de coopération technique qui a valu à cette organisation l'estime du monde entier.

Au mois de mai, j'ai dit devant l'Assemblée mondiale de la Santé que nous devions nous rendre dignes de notre rôle de chef de file et je suis convaincue que nous pouvons le faire.

Nous avons changé -- mais nous n'avons licencié personne. Nous n'avons pas fermé de bureau. Nous ne nous sommes pas repliés sur nous-mêmes. Permettez-moi de vous présenter certains des changements intervenus ces derniers mois :

  • Nous avons entrepris de modifier notre structure, et nos partenaires s'adressent désormais directement aux groupes organiques -- et non à 50 programmes distincts. Les donateurs focalisent leur intérêt sur les groupes organiques, ce qui nous donne des occasions nouvelles de mieux voir comment s'articulent entre elles les activités de l'OMS, d'avoir une meilleure unité d'action.
  • Nous plaçons la santé parmi les objectifs à atteindre au niveau mondial. Nous avons établi de nouvelles relations de travail avec l'Organisation mondiale du Commerce. Nous avons structuré nos relations avec la Banque mondiale. Il y a deux semaines, à Washington, le Directeur général du FMI a explicitement demandé à l'OMS d'établir des indicateurs sanitaires pour le Fonds de sorte que les ajustements structurels tiennent dûment compte des besoins sanitaires et sociaux, en particulier des pauvres et des personnes vulnérables. J'ai répondu à Michel Camdessus que l'OMS relèverait ce défi.
  • Nous pratiquons l'ouverture : cet automne, nous avons tenu plusieurs tables rondes, avec des ONG et avec l'industrie. Notre projet AFaire reculer le paludisme@ et l'initiative ASe libérer du tabac@ sont organisés en partenariat. C'est un climat nouveau.
  • Nous créons la différence dans la façon dont nous travaillons. L'initiative Se libérer du tabac est en train d'infléchir le programme d'action mondiale en montrant clairement la direction à suivre. Il y a dix jours, nous avons lancé le projet Faire reculer le paludisme en collaboration avec l'UNICEF, la Banque mondiale et le PNUD. Comme l'a indiqué au CAC le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, AC'est la réforme des Nations Unies en marche@.
  • De plus en plus, nous nous exprimons comme Une OMS : le Cabinet -- qui comprend le Directeur général et les Directeurs exécutifs -- s'est réuni 15 fois depuis le mois de juillet. Il apprend à travailler comme une équipe et se révèle un précieux moyen de partager les expériences, les opportunités mais aussi les difficultés. J'aimerais maintenant que cette méthode de travail devienne celle des groupes organiques et inspire la façon dont les Directeurs exécutifs collaborent avec les Directeurs de département, les chefs d'équipe et tous les membres du personnel. Il y aura alors davantage d'unité d'action.
  • Nous nouons des contacts plus étroits avec les Régions. J'ai tenu deux réunions d'une journée avec les Directeurs régionaux, j'ai assisté aux sessions de tous les comités régionaux et j'ai rencontré de nombreux représentants dans les pays. Les membres du personnel des bureaux régionaux ont été associés à plusieurs activités lorsque nous avons créé les groupes organiques et les départements. Ensemble, nous mettons en place une organisation unie en un véritable réseau.
  • Nous sommes en train d'élaborer un nouveau budget -- nouveau par sa structure et par son orientation. La tâche a été ardue. En effet, lorsque nous sommes arrivés, l'administration précédente avait pratiquement achevé l'élaboration du budget pour 2000-2001 et même plus, puisqu'elle avait déjà substantiellement avancé dans l'élaboration du programme de travail pour les six prochaines années -- soit au-delà de mon mandat !

Tout en sachant que nous allions solliciter le personnel au maximum, nous avons cependant décidé de changer. Dans le budget, nous avons aligné les postes budgétaires sur notre stratégie. Le budget du Siège se lira groupe organique par groupe organique. Pour l'exercice en cours -- et lors de la planification du prochain -- nous avons opéré des réorientations concrètes de ressources en faveur des domaines d'activités que nous souhaitions voir privilégier pendant la prochaine période biennale.

Nous avons fait ce que nous pouvions faire avant que le budget ne parte chez l'imprimeur dans deux semaines pour pouvoir être examiné par le Conseil exécutif en janvier. Le reste devra être fait l'année prochaine -- à mesure que nous approcherons de la date réelle d'exécution en janvier 2000. Nous devons nous pencher également sur les budgets des bureaux régionaux et de nos bureaux de pays -- dans le même esprit : davantage d'unité d'action à travers toute l'Organisation et en veillant à ce que les mêmes priorités générales se reflètent à tous les niveaux.

  • Nous sommes en train de développer nos moyens de communication. Le projet technologie de l'information est bien avancé. A l'ère du satellite, les choses demandent encore du temps et j'ai été informée qu'il faudrait peut-être attendre encore un an pour qu'un téléréseau interne de premier ordre -- reliant en temps réel toutes les parties de notre Organisation par le son et par l'image -- devienne opérationnel.
  • Nous sommes en train de renforcer le dialogue interne -- en rassemblant personnel et administration au sein d'une nouvelle instance. Le mois dernier, le personnel et l'administration du Siège et des bureaux régionaux se sont rencontrés pour évoquer les mêmes problèmes. C'était une première et c'est un événement qui fera date.
  • Nous mettons l'accent également sur le développement du personnel. La politique de mobilité a pour but de favoriser le développement des carrières -- en offrant des postes plus stimulants et de nouvelles possibilités dans toute l'Organisation. Il n'a jamais été dit que les fonctionnaires étaient nommés à un poste pour l'occuper indéfiniment.

    D'autres institutions des Nations Unies ont une politique de mobilité dans le cadre de leur gestion des ressources humaines. Les fonctionnaires passent quelques années sur le terrain puis reviennent au Siège ou dans un bureau régional et vice versa. Cela favorise le processus d'apprentissage dans toute l'Organisation. C'est la voie que nous suivrons.
  • Nous allons prendre de nouvelles mesures en faveur de l'égalité des sexes. La composition du Cabinet avec six femmes et quatre hommes a donné un premier signal. Nous sommes maintenant en train de mettre en place une procédure de recrutement dans laquelle nous veillerons à ce que 6 nouvelles recrues sur 10 soient des femmes hautement qualifiées.
  • Nous sommes en train de faire en sorte que nos administrateurs aient à leur disposition des outils plus efficaces pour gérer les activités. Dans le système des Nations Unies, on se demande encore comment améliorer les compétences des gestionnaires. C'est ce que nous avons fait, avec la création des Unités d'Appui administratif.

Chaque Directeur exécutif dispose maintenant d'administrateurs du personnel, des finances et du budget. Une centaine de personnes ont été réaffectées -- à travers un processus ouvert et de mise en concurrence. L'exercice n'a pas entraîné d'augmentation des effectifs, ni d'augmentation des coûts -- au contraire. En revanche, il est maintenant plus facile d'obtenir la réponse à une question, une information ou un conseil administratif; il n'y a pas pour cela à parcourir des couloirs et des services entiers ou à attendre des mois.

Voici quelques-uns des points saillants de la restructuration. Désormais, nous évoluerons dans le cadre de notre activité normale. Cela veut dire que nous allons apprendre à mesure que nous progresserons et que nous nous adapterons si nécessaire.

Permettez-moi de commenter brièvement la prochaine étape de notre effort vers plus d'unité d'action à l'OMS. A présent que la structure est en place au Siège, nous devons améliorer les communications et le maillage dans toute l'Organisation.

Nous n'avons pas au niveau régional à reproduire scrupuleusement la structure du Siège. Mais je pense que nous pourrions profiter de deux innovations :

Nous avons besoin, dans les bureaux régionaux, d'interlocuteurs spécifiquement désignés par les Directeurs exécutifs. Sept personnes -- une au Siège et six collègues dans les bureaux régionaux -- devraient pouvoir, par téléphone ou par vidéo, discuter de projets conjoints et des manifestations prévues.

Nous aurions également clairement intérêt à établir une structure plus uniforme parmi les bureaux régionaux. Cela accroîtrait la transparence et simplifierait nos processus budgétaires, renforcerait nos processus de planification et nous permettrait de mieux atteindre nos cibles.

J'ai entamé cette discussion avec les Directeurs régionaux la semaine dernière et je me réjouis de la poursuivre. Au cours des mois à venir, certaines des personnes qui, à Genève, ont contribué à la mise en place du changement vont pouvoir apporter leur concours aux bureaux régionaux et les aider à s'adapter à leur tour.

Puis nous devrons nous concentrer sur les pays. Comme je l'ai annoncé en juillet, je compte inviter tous les représentants de l'OMS dans les pays à Genève, sans doute en février.

Quel est le but ? Il s'agit d'établir des liens directs entre le Siège et les pays; de leur présenter ce que les groupes organiques ont à offrir; d'apprendre par eux quels sont les réalités, les enjeux et les possibilités d'action au niveau des pays; d'enclencher le processus qui nous mènera à un programme de pays pour chaque pays -- en regroupant les activités et en se concentrant sur celles auxquelles l'OMS peut contribuer.

Un programme d'action important pour la santé publique dans le monde

Je considère qu'aucun modèle n'est gravé dans le marbre. De temps en temps, je prendrai un peu de recul pour voir si nous allons toujours dans la bonne direction. Mais, aujourd'hui, ma responsabilité première est de m'atteler, avec mon personnel, à notre programme d'action pour la santé publique dans le monde -- et c'est mon second message aujourd'hui.

Regardez autour de vous, voyez combien de défis immédiats ou à long terme pour la santé s'accumulent :

  • L'ouragan Mitch a fait des milliers de victimes et dévasté une région entière. Des millions de personnes sont maintenant exposées à des maladies émergentes comme le choléra, la dengue ou le paludisme. Une grande partie de l'infrastructure sanitaire est détruite. L'OMS va devoir rassembler des moyens de soutien et conseiller au mieux les pays pendant toute la période de reconstruction qui s'annonce.
  • Les projections démographiques de l'ONU ont récemment fait les gros titres des journaux, montrant comment, en Afrique, la pandémie de VIH et de SIDA menace de déstabiliser des sociétés entières. Ces chiffres n'étaient pas nouveaux -- ils ont déjà un an. L'OMS devra être là pour mettre en exergue l'élément santé de l'alliance ONUSIDA -- pour appuyer les efforts en faveur de la mise à disposition d'un vaccin, renforcer la sécurité transfusionnelle, soutenir les efforts de sensibilisation et, tout aussi important, conseiller les autorités sanitaires sur la meilleure façon pour le système de santé de relever ce défi.
  • Le paludisme tue 3000 enfants chaque jour. L'OMS est le chef de file du projet Faire reculer le paludisme -- le premier partenariat mondial dirigé contre la maladie la plus meurtrière pour les pauvres.
  • L'OMS joue par ailleurs un rôle directeur dans le projet Halte à la tuberculose en unissant les forces contre une maladie qui continue à tuer des millions de personnes et qui se propage maintenant dans des pays où elle ne sévissait plus depuis des décennies.
  • L'OMS est la force agissante dans la dernière étape de la campagne d'éradication de la poliomyélite -- il reste 26 mois et beaucoup à faire pour débarrasser le monde de cette maladie invalidante.
  • Il est probable que le tabac va devenir au cours du prochain siècle le principal fléau et facteur de morbidité -- et qu'il fera passer le nombre des décès de 3,5 millions à l'heure actuelle à plus de 10 millions après l'an 2010. L'OMS est ici chef de file au sein d'un partenariat solide afin d'intensifier la lutte antitabac et de protéger nos enfants de cette nouvelle épidémie.
  • L'OMS doit assumer le rôle primordial qui consiste à conseiller les pays en transition sur la manière de recentrer leurs systèmes de santé; de faire face au double fardeau de la maladie -- l'ancien programme des maladies transmissibles et le nouveau programme des maladies non transmissibles, lesquels exigent une approche totalement différente, une formation totalement différente et des ressources totalement différentes; de structurer un système de financement des soins de santé viable; de résister à l'agitation financière et préserver les services de santé élémentaires qui devraient être partagés entre tous.
  • De manière plus générale, l'OMS doit être un porte-parole et faire passer le message selon lequel la pauvreté est à l'origine de la plupart des problèmes de santé -- lesquels engendrent à leur tour la pauvreté. Nous devons présenter les bases factuelles et choisir les termes à employer afin de démontrer que, pour investir correctement dans la santé -- pour tous, mais plus particulièrement pour les enfants et les femmes -- il faut investir dans une économie vigoureuse, soustraire les gens à la pauvreté et permettre aux pays de mobiliser des ressources humaines -- facteur essentiel de succès au XXIe siècle.

Nous donnerons corps aux travaux de l'OMS et nous les orienterons afin de mieux relever ces défis. Vous allez recevoir aujourd'hui les grandes lignes de la structure de tous les groupes organiques avec leur énoncé de mission. Lorsqu'il a élaboré le budget pour 2000-2001, le Cabinet a décidé quels sont les domaines de travail qui seront mis plus particulièrement en relief.

Résumons très brièvement groupe par groupe :

Le Groupe des Maladies transmissibles s'attachera essentiellement à réduire les conséquences néfastes du paludisme et de la tuberculose grâce à des partenariats mondiaux et à poursuivre le renforcement des systèmes mondiaux chargés de surveiller les problèmes de santé intéressant la santé publique internationale et mettre en place des mécanismes permettant de faire face aux épidémies avec efficacité.

Le Groupe des Maladies non transmissibles a pour principale tâche d'élaborer et de mettre à l'épreuve des stratégies de prévention propres à combattre plusieurs grandes maladies par le biais de leurs facteurs de risque communs. L'accent sera mis surtout sur le cancer, les maladies cardio-vasculaires et le tabac.

Le Groupe Développement durable et Milieux favorables à la Santé cherchera plus spécialement à renforcer la capacité des pays à favoriser des politiques qui viennent à bout de la pauvreté en tant que cause et conséquence essentielles d'un mauvais état de santé.

Le Groupe Systèmes de Santé et Santé communautaire s'intéressera tout particulièrement à la prestation de services de santé de grande qualité et au développement du rôle de l'OMS dans le cadre de la riposte internationale à l'épidémie mondiale de VIH/SIDA.

Le Groupe Bases factuelles et Information à l'Appui des Politiques mettra d'abord l'accent sur l'élaboration de méthodes, outils et normes permettant de recueillir des bases factuelles pour analyser les politiques de santé. On attend de ce Groupe qu'il contribue à élaborer des méthodes solides pour examiner les effets des diverses approches du financement des soins de santé.

Le Groupe Technologies de la Santé et Produits pharmaceutiques s'attachera spécialement à la technologie clinique pour garantir l'innocuité, la qualité et l'efficacité de la transfusion sanguine, des produits et des services. Il cherchera également à renforcer davantage le rôle de l'OMS dans le domaine de la vaccination. Il accordera une importance particulière à la dernière étape de la longue marche vers l'éradication de la poliomyélite.

Le Groupe Changements sociaux et Santé mentale mettra plus particulièrement l'accent sur la santé mentale -- source d'un nombre croissant de maladies.

Le Groupe Relations extérieures et Organes directeurs devra, pour l'essentiel, réussir à s'ouvrir aux partenaires extérieurs -- autres organismes des Nations Unies, institutions de Bretton Woods, secteur privé et ONG.

Enfin, le Groupe Administration centrera son action sur la poursuite de la réforme administrative et visera généralement à réduire les coûts administratifs, accroître nos moyens informatiques et élaborer de nouvelles politiques propices au développement des carrières et à la formation du personnel.

Un grand nombre de ces objectifs ne pourront être atteints par un groupe seul -- ils exigeront une collaboration approfondie entre groupes. Un exemple en est le domaine vital de la recherche. L'OMS a vocation pour centraliser les meilleures des recherches. Comment pouvons-nous assumer ce rôle au mieux ? Au moment de nous mettre au travail, j'estime que nous devons étudier sérieusement quelle est la meilleure réponse à cette question -- tant sur le plan interne qu'avec l'aide des apports et suggestions faits par nos partenaires dans le monde entier.

Nous sommes prêts à aborder une autre question essentielle. En janvier -- lorsque j'ai pris la parole devant le Conseil exécutif avant ma désignation --, j'ai dit au Conseil que le développement du secteur de la santé devrait être un élément qui recoupe toutes nos activités. J'ai dit aux membres du Conseil que, si ce que nous faisions ne contribuait pas à renforcer le secteur de la santé au niveau d'un pays, nous devrions dans ce cas éviter de nous engager.

Il est temps désormais de concrétiser cet objectif. A partir du 1er janvier, je présenterai un nouveau projet de Cabinet aux côtés des initiatives Faire reculer le paludisme et Se libérer du tabac. Ce projet s'intitulera Partenariat pour le développement du secteur de la santé.

Cette question intéresse tous les groupes. L'idée du projet est de compléter et de soutenir les systèmes de santé ainsi que les activités relatives à ce secteur dans l'ensemble de l'OMS.

Il s'agit d'un renouveau pour l'OMS, renouveau de nos méthodes de travail, renouveau de nos orientations pour mieux répondre aux besoins des pays, pour mettre en place des indicateurs des systèmes de santé et un discours qui renforcera notre position au moment d'engager un dialogue avec les autorités nationales -- et pas seulement les ministères de la santé -- et avec des partenaires tels que les institutions de Bretton Woods.

En résumé, nous devons veiller à offrir aux pays des informations adaptées à leur situation et à leurs priorités et non plus des conseils venus d'en haut.

Un défi pour les Etats Membres

La tâche qui nous attend est importante et stimulante. Chacun d'entre nous y contribuera pour créer la différence -- y compris les Etats Membres. C'est là mon troisième message.

Permettez-moi de saisir cette occasion pour remercier les Etats Membres qui ont contribué au fonds de restructuration. Lancé par l'équipe de transition, ce projet a été poursuivi par mon Bureau après juillet afin de réunir les ressources nécessaires au processus de réforme. Il ne fait aucun doute -- compte tenu de notre budget en peau de chagrin -- que ce fonds sera essentiel pour nous donner toute la souplesse nécessaire.

Notre objectif est de réunir US $10 millions à dépenser sur trois ans. A ce jour, nous en avons obtenu la moitié. Nos partenaires, en soutenant ce fonds, nous ont témoigné leur confiance.

En mai dernier, j'ai informé les ministres de la santé que je pourrais demander aux Etats Membres plus qu'il ne leur a été demandé jusqu'ici. Je leur ai dit que, selon moi, les Etats Membres doivent être responsables des cibles qu'ils fixent et fournir les ressources correspondantes.

Vous savez la tâche qui nous attend. Vous avez placé beaucoup d'espoir dans notre travail. Nous sommes prêts à y répondre. Mais pas à n'importe prix. Observez les chiffres : ces dix dernières années, le budget de l'OMS a été amputé de 22 % en valeur réelle. Mais je ne souhaite pas revenir sur le passé -- l'avenir seul m'intéresse.

Toutefois, m'étant peu à peu familiarisée avec cette Organisation, je suis maintenant en mesure de vous dire que nous ne pouvons plus continuer ainsi. La notion même de croissance nominale zéro est trompeuse. Le zéro ne veut rien dire ici : il s'agit de réduction d'effectifs; d'un rôle moins grand pour l'OMS; d'un programme de santé publique affaibli. Si c'est là le voeu de nos Etats Membres -- ce que je ne puis croire --, il faudrait alors qu'ils suggèrent les moyens de réduire notre programme d'action en matière de santé.

J'ai bon espoir que nous n'en viendrons pas là. Je souhaite que nos Etats Membres, par un dialogue direct et par l'intermédiaire de leurs missions à Genève, entament un débat plus ouvert sur l'avenir : comment ensemble créer véritablement la différence et oeuvrer en faveur de la santé dans le monde; comment combattre les problèmes de santé et améliorer la santé des populations et des communautés.

Dans un premier temps, nous inviterons les missions à des séances d'information mensuelles pour leur faire connaître notre programme. Nous nous attacherons aux nouvelles du mois et évoquerons les aspects fondamentaux des activités en cours. La première de ces séances est prévue pour le 9 décembre.

Je vous remercie de votre attention et suis prête à répondre à vos questions.

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