Mesdames et Messieurs les
représentants des Etats Membres,
Chers collègues,
Chers amis de l'OMS,Bienvenue à tous et merci d'être là.
La dernière fois que je me suis adressée à beaucoup d'entre vous, le
21 juillet, dans un contexte analogue, je vous ai dit que les missions -- qui
représentent ceux pour qui agit l'OMS -- étaient importantes pour nous. Je vous ai dit
également que je voulais vous tenir bien informés de ce que nous faisons et de ce que
nous pensons.
Ces dernières semaines, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec beaucoup d'entre vous.
Mais je voulais attendre que le 1er novembre soit derrière nous pour vous
inviter tous à un premier aperçu de la nouvelle OMS.
Il y a eu des changements -- de profonds changements. Hier, j'ai remercié les membres
du personnel au Siège de leur engagement et de leur disponibilité pendant ces trois mois
de changements structurels intensifs.
Le 21 juillet, j'ai dit aux membres du personnel qu'il y aurait des changements. Un
changement d'orientation. Un changement dans la façon dont nous organisons notre travail.
Un changement dans la façon dont nous agissons. Un changement dans la façon dont nous
travaillons comme une équipe. J'ai demandé aux nouveaux Directeurs exécutifs -- les
chefs des groupes organiques -- de se mettre au travail, d'organiser les activités de
leurs groupes -- et de me rendre compte de leur action avant le 1er novembre.
Depuis, la date du 1er novembre est en quelque sorte devenue un point de
ralliement. Pour certains, elle marquait une ambition trop hâtive, pour d'autres elle ne
pouvait venir trop tôt !
Cette date spéciale est maintenant derrière nous.
J'aimerais aujourd'hui transmettre trois messages à nos Etats Membres :
- Premièrement, nous avons maintenant accompli les changements structurels dont j'ai
présenté les grandes lignes à l'Assemblée mondiale de la Santé au mois de mai.
- Deuxièmement, un programme décisif d'action en faveur de la santé mondiale nous
attend.
- Troisièmement, nous invitons les Etats Membres à nous rejoindre alors que nous nous
apprêtons à mettre en oeuvre ce programme.
J'aimerais tout d'abord vous rendre compte de 100 jours de changements structurels.
Quand la nouvelle administration est entrée en fonction en juillet, nous avions une
idée claire des changements qu'il nous paraissait essentiel d'entreprendre pour que
l'action de l'OMS soit mieux adaptée aux besoins, mieux ciblée et mieux perçue.
Nous avons décidé de commencer par des réformes au Siège -- de commencer par
demander aux bureaux régionaux de collaborer plus étroitement et d'agir activement pour
placer résolument l'OMS parmi les organismes ouvertement acquis à la cause du
développement.
La date cible était le 1er novembre.
Vous avez pris connaissance de la nouvelle structure organique.
Cinquante programmes ont été répartis entre neuf groupes organiques, chacun ayant à
sa tête un Directeur exécutif. Depuis, les programmes ont été ramenés à
35 départements. Chaque groupe a énoncé sa mission. Les départements seront
placés sous l'autorité de Directeurs.
Nous sommes maintenant au milieu du processus de sélection. Au cours de la première
phase, la priorité sera donnée aux directeurs qui étaient à la tête d'un programme.
Mais nous profitons également des réaffectations pour encourager les membres du
personnel au Siège, dans les bureaux régionaux et dans les bureaux de pays à davantage
de mobilité. Nous souhaitons voir augmenter le nombre des femmes à des postes de
responsabilité et nous souhaitons aussi voir quelques nouveaux venus à ces postes.
Hier, j'ai dit aux membres du personnel qu'ils avaient fait du bon travail. Je leur ai
dit : Consacrons maintenant toutes nos énergies aux activités techniques.
Attachons-nous maintenant à poursuivre et à améliorer l'excellent travail de
coopération technique qui a valu à cette organisation l'estime du monde entier.
Au mois de mai, j'ai dit devant l'Assemblée mondiale de la Santé que nous devions
nous rendre dignes de notre rôle de chef de file et je suis convaincue que nous pouvons
le faire.
Nous avons changé -- mais nous n'avons licencié personne. Nous n'avons pas fermé de
bureau. Nous ne nous sommes pas repliés sur nous-mêmes. Permettez-moi de vous présenter
certains des changements intervenus ces derniers mois :
- Nous avons entrepris de modifier notre structure, et nos partenaires s'adressent
désormais directement aux groupes organiques -- et non à 50 programmes distincts. Les
donateurs focalisent leur intérêt sur les groupes organiques, ce qui nous donne des
occasions nouvelles de mieux voir comment s'articulent entre elles les activités de
l'OMS, d'avoir une meilleure unité d'action.
- Nous plaçons la santé parmi les objectifs à atteindre au niveau mondial. Nous avons
établi de nouvelles relations de travail avec l'Organisation mondiale du Commerce. Nous
avons structuré nos relations avec la Banque mondiale. Il y a deux semaines, à
Washington, le Directeur général du FMI a explicitement demandé à l'OMS d'établir des
indicateurs sanitaires pour le Fonds de sorte que les ajustements structurels tiennent
dûment compte des besoins sanitaires et sociaux, en particulier des pauvres et des
personnes vulnérables. J'ai répondu à Michel Camdessus que l'OMS relèverait ce
défi.
- Nous pratiquons l'ouverture : cet automne, nous avons tenu plusieurs tables rondes,
avec des ONG et avec l'industrie. Notre projet AFaire reculer le paludisme@ et
l'initiative ASe libérer du tabac@ sont organisés en partenariat. C'est un climat
nouveau.
- Nous créons la différence dans la façon dont nous travaillons. L'initiative Se
libérer du tabac est en train d'infléchir le programme d'action mondiale en montrant
clairement la direction à suivre. Il y a dix jours, nous avons lancé le projet Faire
reculer le paludisme en collaboration avec l'UNICEF, la Banque mondiale et le PNUD. Comme
l'a indiqué au CAC le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, AC'est la réforme
des Nations Unies en marche@.
- De plus en plus, nous nous exprimons comme Une OMS : le Cabinet -- qui comprend le
Directeur général et les Directeurs exécutifs -- s'est réuni 15 fois depuis le
mois de juillet. Il apprend à travailler comme une équipe et se révèle un précieux
moyen de partager les expériences, les opportunités mais aussi les difficultés.
J'aimerais maintenant que cette méthode de travail devienne celle des groupes organiques
et inspire la façon dont les Directeurs exécutifs collaborent avec les Directeurs de
département, les chefs d'équipe et tous les membres du personnel. Il y aura alors
davantage d'unité d'action.
- Nous nouons des contacts plus étroits avec les Régions. J'ai tenu deux réunions d'une
journée avec les Directeurs régionaux, j'ai assisté aux sessions de tous les comités
régionaux et j'ai rencontré de nombreux représentants dans les pays. Les membres du
personnel des bureaux régionaux ont été associés à plusieurs activités lorsque nous
avons créé les groupes organiques et les départements. Ensemble, nous mettons en place
une organisation unie en un véritable réseau.
- Nous sommes en train d'élaborer un nouveau budget -- nouveau par sa structure et par
son orientation. La tâche a été ardue. En effet, lorsque nous sommes arrivés,
l'administration précédente avait pratiquement achevé l'élaboration du budget pour
2000-2001 et même plus, puisqu'elle avait déjà substantiellement avancé dans
l'élaboration du programme de travail pour les six prochaines années -- soit au-delà de
mon mandat !
Tout en sachant que nous allions solliciter le personnel au maximum, nous avons
cependant décidé de changer. Dans le budget, nous avons aligné les postes budgétaires
sur notre stratégie. Le budget du Siège se lira groupe organique par groupe organique.
Pour l'exercice en cours -- et lors de la planification du prochain -- nous avons
opéré des réorientations concrètes de ressources en faveur des domaines d'activités
que nous souhaitions voir privilégier pendant la prochaine période biennale.
Nous avons fait ce que nous pouvions faire avant que le budget ne parte chez
l'imprimeur dans deux semaines pour pouvoir être examiné par le Conseil exécutif en
janvier. Le reste devra être fait l'année prochaine -- à mesure que nous approcherons
de la date réelle d'exécution en janvier 2000. Nous devons nous pencher également sur
les budgets des bureaux régionaux et de nos bureaux de pays -- dans le même esprit :
davantage d'unité d'action à travers toute l'Organisation et en veillant à ce que les
mêmes priorités générales se reflètent à tous les niveaux.
- Nous sommes en train de développer nos moyens de communication. Le projet technologie
de l'information est bien avancé. A l'ère du satellite, les choses demandent encore du
temps et j'ai été informée qu'il faudrait peut-être attendre encore un an pour qu'un
téléréseau interne de premier ordre -- reliant en temps réel toutes les parties de
notre Organisation par le son et par l'image -- devienne opérationnel.
- Nous sommes en train de renforcer le dialogue interne -- en rassemblant personnel et
administration au sein d'une nouvelle instance. Le mois dernier, le personnel et
l'administration du Siège et des bureaux régionaux se sont rencontrés pour évoquer les
mêmes problèmes. C'était une première et c'est un événement qui fera date.
- Nous mettons l'accent également sur le développement du personnel. La politique de
mobilité a pour but de favoriser le développement des carrières -- en offrant des
postes plus stimulants et de nouvelles possibilités dans toute l'Organisation. Il n'a
jamais été dit que les fonctionnaires étaient nommés à un poste pour l'occuper
indéfiniment.
D'autres institutions des Nations Unies ont une politique de mobilité dans le cadre de
leur gestion des ressources humaines. Les fonctionnaires passent quelques années sur le
terrain puis reviennent au Siège ou dans un bureau régional et vice versa. Cela favorise
le processus d'apprentissage dans toute l'Organisation. C'est la voie que nous suivrons.
- Nous allons prendre de nouvelles mesures en faveur de l'égalité des sexes. La
composition du Cabinet avec six femmes et quatre hommes a donné un premier signal. Nous
sommes maintenant en train de mettre en place une procédure de recrutement dans laquelle
nous veillerons à ce que 6 nouvelles recrues sur 10 soient des femmes hautement
qualifiées.
- Nous sommes en train de faire en sorte que nos administrateurs aient à leur disposition
des outils plus efficaces pour gérer les activités. Dans le système des Nations Unies,
on se demande encore comment améliorer les compétences des gestionnaires. C'est ce que
nous avons fait, avec la création des Unités d'Appui administratif.
Chaque Directeur exécutif dispose maintenant d'administrateurs du personnel, des
finances et du budget. Une centaine de personnes ont été réaffectées -- à travers un
processus ouvert et de mise en concurrence. L'exercice n'a pas entraîné d'augmentation
des effectifs, ni d'augmentation des coûts -- au contraire. En revanche, il est
maintenant plus facile d'obtenir la réponse à une question, une information ou un
conseil administratif; il n'y a pas pour cela à parcourir des couloirs et des services
entiers ou à attendre des mois.
Voici quelques-uns des points saillants de la restructuration. Désormais, nous
évoluerons dans le cadre de notre activité normale. Cela veut dire que nous allons
apprendre à mesure que nous progresserons et que nous nous adapterons si nécessaire.
Permettez-moi de commenter brièvement la prochaine étape de notre effort vers plus
d'unité d'action à l'OMS. A présent que la structure est en place au Siège, nous
devons améliorer les communications et le maillage dans toute l'Organisation.
Nous n'avons pas au niveau régional à reproduire scrupuleusement la structure du
Siège. Mais je pense que nous pourrions profiter de deux innovations :
Nous avons besoin, dans les bureaux régionaux, d'interlocuteurs spécifiquement
désignés par les Directeurs exécutifs. Sept personnes -- une au Siège et
six collègues dans les bureaux régionaux -- devraient pouvoir, par téléphone
ou par vidéo, discuter de projets conjoints et des manifestations prévues.
Nous aurions également clairement intérêt à établir une structure plus uniforme
parmi les bureaux régionaux. Cela accroîtrait la transparence et simplifierait nos
processus budgétaires, renforcerait nos processus de planification et nous permettrait de
mieux atteindre nos cibles.
J'ai entamé cette discussion avec les Directeurs régionaux la semaine dernière et je
me réjouis de la poursuivre. Au cours des mois à venir, certaines des personnes qui, à
Genève, ont contribué à la mise en place du changement vont pouvoir apporter leur
concours aux bureaux régionaux et les aider à s'adapter à leur tour.
Puis nous devrons nous concentrer sur les pays. Comme je l'ai annoncé en juillet, je
compte inviter tous les représentants de l'OMS dans les pays à Genève, sans doute en
février.
Quel est le but ? Il s'agit d'établir des liens directs entre le Siège et les pays;
de leur présenter ce que les groupes organiques ont à offrir; d'apprendre par eux quels
sont les réalités, les enjeux et les possibilités d'action au niveau des pays;
d'enclencher le processus qui nous mènera à un programme de pays pour chaque pays -- en
regroupant les activités et en se concentrant sur celles auxquelles l'OMS peut
contribuer.
Un programme d'action important pour la santé publique dans le monde
Je considère qu'aucun modèle n'est gravé dans le marbre. De temps en temps, je
prendrai un peu de recul pour voir si nous allons toujours dans la bonne direction. Mais,
aujourd'hui, ma responsabilité première est de m'atteler, avec mon personnel, à notre
programme d'action pour la santé publique dans le monde -- et c'est mon second message
aujourd'hui.
Regardez autour de vous, voyez combien de défis immédiats ou à long terme pour la
santé s'accumulent :
- L'ouragan Mitch a fait des milliers de victimes et dévasté une région entière. Des
millions de personnes sont maintenant exposées à des maladies émergentes comme le
choléra, la dengue ou le paludisme. Une grande partie de l'infrastructure sanitaire est
détruite. L'OMS va devoir rassembler des moyens de soutien et conseiller au mieux les
pays pendant toute la période de reconstruction qui s'annonce.
- Les projections démographiques de l'ONU ont récemment fait les gros titres des
journaux, montrant comment, en Afrique, la pandémie de VIH et de SIDA menace de
déstabiliser des sociétés entières. Ces chiffres n'étaient pas nouveaux -- ils ont
déjà un an. L'OMS devra être là pour mettre en exergue l'élément santé de
l'alliance ONUSIDA -- pour appuyer les efforts en faveur de la mise à disposition d'un
vaccin, renforcer la sécurité transfusionnelle, soutenir les efforts de sensibilisation
et, tout aussi important, conseiller les autorités sanitaires sur la meilleure façon
pour le système de santé de relever ce défi.
- Le paludisme tue 3000 enfants chaque jour. L'OMS est le chef de file du projet
Faire reculer le paludisme -- le premier partenariat mondial dirigé contre la maladie la
plus meurtrière pour les pauvres.
- L'OMS joue par ailleurs un rôle directeur dans le projet Halte à la tuberculose en
unissant les forces contre une maladie qui continue à tuer des millions de personnes et
qui se propage maintenant dans des pays où elle ne sévissait plus depuis des décennies.
- L'OMS est la force agissante dans la dernière étape de la campagne d'éradication de
la poliomyélite -- il reste 26 mois et beaucoup à faire pour débarrasser le
monde de cette maladie invalidante.
- Il est probable que le tabac va devenir au cours du prochain siècle le principal fléau
et facteur de morbidité -- et qu'il fera passer le nombre des décès de
3,5 millions à l'heure actuelle à plus de 10 millions après l'an 2010.
L'OMS est ici chef de file au sein d'un partenariat solide afin d'intensifier la lutte
antitabac et de protéger nos enfants de cette nouvelle épidémie.
- L'OMS doit assumer le rôle primordial qui consiste à conseiller les pays en transition
sur la manière de recentrer leurs systèmes de santé; de faire face au double fardeau de
la maladie -- l'ancien programme des maladies transmissibles et le nouveau programme
des maladies non transmissibles, lesquels exigent une approche totalement différente, une
formation totalement différente et des ressources totalement différentes; de structurer
un système de financement des soins de santé viable; de résister à l'agitation
financière et préserver les services de santé élémentaires qui devraient être
partagés entre tous.
- De manière plus générale, l'OMS doit être un porte-parole et faire passer le message
selon lequel la pauvreté est à l'origine de la plupart des problèmes de santé
-- lesquels engendrent à leur tour la pauvreté. Nous devons présenter les bases
factuelles et choisir les termes à employer afin de démontrer que, pour investir
correctement dans la santé -- pour tous, mais plus particulièrement pour les enfants et
les femmes -- il faut investir dans une économie vigoureuse, soustraire les gens à la
pauvreté et permettre aux pays de mobiliser des ressources humaines -- facteur essentiel
de succès au XXIe siècle.
Nous donnerons corps aux travaux de l'OMS et nous les orienterons afin de mieux relever
ces défis. Vous allez recevoir aujourd'hui les grandes lignes de la structure de tous les
groupes organiques avec leur énoncé de mission. Lorsqu'il a élaboré le budget pour
2000-2001, le Cabinet a décidé quels sont les domaines de travail qui seront mis plus
particulièrement en relief.
Résumons très brièvement groupe par groupe :
Le Groupe des Maladies transmissibles s'attachera essentiellement à réduire
les conséquences néfastes du paludisme et de la tuberculose grâce à des partenariats
mondiaux et à poursuivre le renforcement des systèmes mondiaux chargés de surveiller
les problèmes de santé intéressant la santé publique internationale et mettre en place
des mécanismes permettant de faire face aux épidémies avec efficacité.
Le Groupe des Maladies non transmissibles a pour principale tâche d'élaborer
et de mettre à l'épreuve des stratégies de prévention propres à combattre plusieurs
grandes maladies par le biais de leurs facteurs de risque communs. L'accent sera mis
surtout sur le cancer, les maladies cardio-vasculaires et le tabac.
Le Groupe Développement durable et Milieux favorables à la Santé cherchera
plus spécialement à renforcer la capacité des pays à favoriser des politiques qui
viennent à bout de la pauvreté en tant que cause et conséquence essentielles d'un
mauvais état de santé.
Le Groupe Systèmes de Santé et Santé communautaire s'intéressera tout
particulièrement à la prestation de services de santé de grande qualité et au
développement du rôle de l'OMS dans le cadre de la riposte internationale à
l'épidémie mondiale de VIH/SIDA.
Le Groupe Bases factuelles et Information à l'Appui des Politiques mettra
d'abord l'accent sur l'élaboration de méthodes, outils et normes permettant de
recueillir des bases factuelles pour analyser les politiques de santé. On attend de ce
Groupe qu'il contribue à élaborer des méthodes solides pour examiner les effets des
diverses approches du financement des soins de santé.
Le Groupe Technologies de la Santé et Produits pharmaceutiques s'attachera
spécialement à la technologie clinique pour garantir l'innocuité, la qualité et
l'efficacité de la transfusion sanguine, des produits et des services. Il cherchera
également à renforcer davantage le rôle de l'OMS dans le domaine de la vaccination. Il
accordera une importance particulière à la dernière étape de la longue marche vers
l'éradication de la poliomyélite.
Le Groupe Changements sociaux et Santé mentale mettra plus particulièrement
l'accent sur la santé mentale -- source d'un nombre croissant de maladies.
Le Groupe Relations extérieures et Organes directeurs devra, pour l'essentiel,
réussir à s'ouvrir aux partenaires extérieurs -- autres organismes des Nations
Unies, institutions de Bretton Woods, secteur privé et ONG.
Enfin, le Groupe Administration centrera son action sur la poursuite de la
réforme administrative et visera généralement à réduire les coûts administratifs,
accroître nos moyens informatiques et élaborer de nouvelles politiques propices au
développement des carrières et à la formation du personnel.
Un grand nombre de ces objectifs ne pourront être atteints par un groupe seul
-- ils exigeront une collaboration approfondie entre groupes. Un exemple en est le
domaine vital de la recherche. L'OMS a vocation pour centraliser les meilleures des
recherches. Comment pouvons-nous assumer ce rôle au mieux ? Au moment de nous mettre
au travail, j'estime que nous devons étudier sérieusement quelle est la meilleure
réponse à cette question -- tant sur le plan interne qu'avec l'aide des apports et
suggestions faits par nos partenaires dans le monde entier.
Nous sommes prêts à aborder une autre question essentielle. En janvier
-- lorsque j'ai pris la parole devant le Conseil exécutif avant ma désignation --,
j'ai dit au Conseil que le développement du secteur de la santé devrait être un
élément qui recoupe toutes nos activités. J'ai dit aux membres du Conseil que, si ce
que nous faisions ne contribuait pas à renforcer le secteur de la santé au niveau d'un
pays, nous devrions dans ce cas éviter de nous engager.
Il est temps désormais de concrétiser cet objectif. A partir du 1er janvier,
je présenterai un nouveau projet de Cabinet aux côtés des initiatives Faire reculer le
paludisme et Se libérer du tabac. Ce projet s'intitulera Partenariat pour le
développement du secteur de la santé.
Cette question intéresse tous les groupes. L'idée du projet est de compléter et de
soutenir les systèmes de santé ainsi que les activités relatives à ce secteur dans
l'ensemble de l'OMS.
Il s'agit d'un renouveau pour l'OMS, renouveau de nos méthodes de travail, renouveau
de nos orientations pour mieux répondre aux besoins des pays, pour mettre en place des
indicateurs des systèmes de santé et un discours qui renforcera notre position au moment
d'engager un dialogue avec les autorités nationales -- et pas seulement les ministères
de la santé -- et avec des partenaires tels que les institutions de Bretton Woods.
En résumé, nous devons veiller à offrir aux pays des informations adaptées à leur
situation et à leurs priorités et non plus des conseils venus d'en haut.
Un défi pour les Etats Membres
La tâche qui nous attend est importante et stimulante. Chacun d'entre nous y
contribuera pour créer la différence -- y compris les Etats Membres. C'est là
mon troisième message.
Permettez-moi de saisir cette occasion pour remercier les Etats Membres qui ont
contribué au fonds de restructuration. Lancé par l'équipe de transition, ce projet a
été poursuivi par mon Bureau après juillet afin de réunir les ressources nécessaires
au processus de réforme. Il ne fait aucun doute -- compte tenu de notre budget en
peau de chagrin -- que ce fonds sera essentiel pour nous donner toute la souplesse
nécessaire.
Notre objectif est de réunir US $10 millions à dépenser sur
trois ans. A ce jour, nous en avons obtenu la moitié. Nos partenaires, en soutenant
ce fonds, nous ont témoigné leur confiance.
En mai dernier, j'ai informé les ministres de la santé que je pourrais demander aux
Etats Membres plus qu'il ne leur a été demandé jusqu'ici. Je leur ai dit que, selon
moi, les Etats Membres doivent être responsables des cibles qu'ils fixent et fournir les
ressources correspondantes.
Vous savez la tâche qui nous attend. Vous avez placé beaucoup d'espoir dans notre
travail. Nous sommes prêts à y répondre. Mais pas à n'importe prix. Observez les
chiffres : ces dix dernières années, le budget de l'OMS a été amputé de
22 % en valeur réelle. Mais je ne souhaite pas revenir sur le passé
-- l'avenir seul m'intéresse.
Toutefois, m'étant peu à peu familiarisée avec cette Organisation, je suis
maintenant en mesure de vous dire que nous ne pouvons plus continuer ainsi. La notion
même de croissance nominale zéro est trompeuse. Le zéro ne veut rien dire ici : il
s'agit de réduction d'effectifs; d'un rôle moins grand pour l'OMS; d'un programme de
santé publique affaibli. Si c'est là le voeu de nos Etats Membres -- ce que je ne
puis croire --, il faudrait alors qu'ils suggèrent les moyens de réduire notre
programme d'action en matière de santé.
J'ai bon espoir que nous n'en viendrons pas là. Je souhaite que nos Etats Membres, par
un dialogue direct et par l'intermédiaire de leurs missions à Genève, entament un
débat plus ouvert sur l'avenir : comment ensemble créer véritablement la
différence et oeuvrer en faveur de la santé dans le monde; comment combattre les
problèmes de santé et améliorer la santé des populations et des communautés.
Dans un premier temps, nous inviterons les missions à des séances d'information
mensuelles pour leur faire connaître notre programme. Nous nous attacherons aux nouvelles
du mois et évoquerons les aspects fondamentaux des activités en cours. La première de
ces séances est prévue pour le 9 décembre.
Je vous remercie de votre attention et suis prête à répondre à vos questions. |