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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr. Gro Harlem Brundtland        
Directeur général
Organisation mondiale de la Santé

Geneva,
21 juillet 1998

In English
  

Allocution à l'intention du personnel de l'OMS

 

Mes chers collègues de l'OMS,
Mesdames et Messieurs les représentants des missions à Genève,
Mesdames et Messieurs les représentants des médias,

Au mois de mai, j'ai dit devant l'Assemblée mondiale de la Santé qu'ayant été élue Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, je me sentais investie d'une responsabilité particulière. Aujourd'hui, alors que je prends mes fonctions parmi vous, j'éprouve le même sentiment. Défendre la cause de la santé dans le monde est certainement une tâche écrasante.

Mais servir l'OMS est aussi un privilège. Nous pouvons créer la différence. Nous pouvons aider à promouvoir la santé des communautés et des populations. Nous pouvons combattre les problèmes de santé. Nous pouvons jouer notre rôle dans la lutte contre la pauvreté et la souffrance. Pour moi, rien dans la vie n'a davantage de sens.

Aujourd'hui, je me sens aussi pleine d'espoir et d'enthousiasme. Je crois dans l'immense potentiel de cette Organisation et des plus de 3500 personnes qui travaillent pour elle. Aujourd'hui, je veux partager cet espoir et cet enthousiasme avec vous tous - à Genève, Manille, New Delhi, Harare, Alexandrie, Copenhague et Washington - et avec tous ceux qui travaillent dans les pays - sur le terrain où notre action prend tout son sens.

Créer la différence exigera de nous le dévouement et l'engagement les plus résolus. Il faudra que l'OMS agisse comme une organisation unique - comme une entité animée d'un véritable esprit d'équipe - et qu'elle fasse de sa diversité sa force. Pour réussir, nous aurons besoin du concours de chacun d'entre nous - à tous les niveaux de l'Organisation. Tous, nous avons des responsabilités.

Je souhaite saluer en particulier les représentants des missions permanentes à Genève. Votre rôle est important pour nous. Vous représentez ceux pour qui agit l'OMS. Vous représentez les autorités nationales et locales qui sont les principales dispensatrices des prestations de santé. Je souhaite vous tenir tous informés de ce que nous faisons et de ce que nous projetons. Et je compte que vous m'informerez à votre tour en toute liberté.

Je salue aussi les représentants des médias. Je suis heureuse que vous soyez avec nous aujourd'hui. Je crois que nous avons une histoire passionnante à écrire et je vous invite à la raconter avec nous.

Tournons-nous maintenant vers ce qui nous attend.

Oui, il y aura des changements. Un changement d'orientation. Un changement dans la façon dont nous organisons notre travail. Un changement dans la façon dont nous agissons. Un changement dans la façon dont nous travaillons comme une équipe.

A la suite de vos échanges avec l'équipe de transition, vous connaissez maintenant notre projet dans ses grandes lignes. Vous en avez déjà façonné une part importante grâce à votre participation active et à vos contributions.

Nous avons attentivement examiné vos conseils et vos idées. Nous continuerons de le faire. Je suis persuadée que nous pourrons progresser en nous appuyant sur la base de connaissances la plus large possible. Cela ne signifie pas qu'il y aura toujours un accord. Certains de vos avis nous indiquent des orientations différentes. Certains d'entre vous auraient souhaité nous voir consacrer encore davantage de temps à écouter et à discuter.

Je puis vous assurer que la petite équipe de transition a donné tout ce qu'elle pouvait et au-delà. Je la remercie de sa précieuse contribution.

Soyez assurés que le 21 juillet ne marque pas la fin de notre collaboration, mais bien le début. C'est mon premier jour de travail. Que cette journée soit pour nous l'occasion de rassembler nos énergies et de tracer une voie dans laquelle beaucoup, et non quelques-uns, se retrouveront.

Je vois dans l'immédiat deux objectifs pour le processus de changement :

A l'intérieur :

  • nous devrons donner à l'OMS une unité nouvelle en axant nos efforts sur nos tâches essentielles

  • nous devrons resserrer les liens au sein de l'Organisation par une structure plus horizontale, des communications plus efficaces, une plus grande transparence et une distribution plus claire des responsabilités

  • et nous devrons nous doter d'une culture propre qui ne soit pas régie par des règles bureaucratiques, mais axée sur l'action et les résultats.

A l'extérieur :

  • nous devrons nous ouvrir au reste de la famille des Nations Unies et rechercher des moyens novateurs d'unir nos forces en faveur de la santé, du développement et de la lutte contre la pauvreté

  • nous devrons nous ouvrir à tous ceux que concerne notre action, et ils sont nombreux - dans la société civile, dans le secteur privé et dans la communauté des professions de la santé et des chercheurs.

D'une manière générale, nous devrons agir comme nous parlons - travaillant dur, concentrés sur nos objectifs - pénétrés de notre mission vitale en faveur de la santé et du développement humain.

Je vais vous dire comment je compte engager le processus de changement. Au cours de cette première année de mon mandat, j'ai décidé de limiter mes déplacements à mes obligations essentielles. Je compte faire intimement connaissance avec l'Organisation et conduire le changement avec votre aide.

Je crois que la structure que je vais vous présenter nous permettra de prendre un bon départ. Mais aucun modèle n'est éternel. Nous apprendrons chemin faisant, ouverts aux suggestions et aux idées. Je prendrai du recul de temps en temps pour voir si nous sommes dans la bonne direction. Cette structure est faite pour susciter le changement. Nous l'évaluerons au bout d'un certain temps pour décider si c'est bien là la meilleure structure pour la réalisation de nos objectifs.

Les messages adressés par nos organes directeurs étaient clairs : ils souhaitent voir l'accent porter davantage sur notre manière de travailler dans les pays. Le moment est venu pour nous de répondre à leur demande.

Qu'importe ce que nous faisons ici à Genève et dans les bureaux régionaux si la situation sur le terrain ne s'en trouve pas modifiée. Ce que nous faisons n'a de l'importance que si, finalement, l'accès des enfants aux soins est amélioré - si les systèmes de santé sont mieux à même d'inverser la pandémie de VIH/SIDA, d'éradiquer la poliomyélite et de faire reculer des maladies qui tuent comme le paludisme et la tuberculose - si nous pouvons aider les pays à relever des défis aussi divers que la menace due au tabac, le vieillissement rapide des populations et le fardeau trop souvent négligé que sont les maladies mentales.

La tâche est complexe. J'ai déclaré au Conseil exécutif au mois de janvier qu'en définitive, c'est l'épreuve du terrain qui décidera. Et au mois de mai, j'ai dit à l'Assemblée mondiale de la Santé que nous devions être capables de mesurer les effets de notre action.

Les effets de notre travail sur le terrain sont parfois difficiles à mesurer. L'OMS n'est pas et ne deviendra pas une organisation de terrain. Notre rôle consiste à dispenser les avis les meilleurs qui soient, soutenir et élaborer les meilleures politiques, susciter et encourager les meilleures recherches.

Nous ne sommes pas les premiers dispensateurs de soins. Ce travail est celui des gouvernements et des autorités régionales, des ONG et de la société civile. C'est pourquoi nous devons instaurer avec eux des relations qui nous lient et nous engagent plus profondément. Je dis ceci sans détour aux ministres de la santé : vous avez déjà embarqué - nous avons besoin d'atteindre un éventail plus large de décideurs, y compris les ministres des finances et de la planification, voire les premiers ministres et les présidents - nous avons besoin d'atteindre la société civile et nous avons besoin d'atteindre le secteur privé.

Je m'emploierai à faciliter la circulation des cerveaux et des ressources de l'Organisation tout entière au bénéfice des pays. Ce sera le principal point à l'ordre du jour de la réunion que j'aurai dans trois semaines avec les Directeurs régionaux. J'ai aussi l'intention de réunir tous les représentants dans les pays pour qu'ils me fassent part de leur expérience et que je leur expose mon point de vue.

Vous constaterez à partir d'aujourd'hui que tous les programmes et les activités existants ont été répartis en groupes organiques - chaque groupe indiquant ce qui nous occupe. Qu'est-ce que cela signifiera pour nous tous ? Beaucoup d'entre vous peuvent se demander - qu'est-ce que cela signifiera pour mon travail quotidien ?

Premièrement, je vous dirai ceci : demain, quand vous arriverez à l'OMS, vous reprendrez votre travail là où vous l'aurez laissé ce soir. Les programmes qui suivent un plan de travail ou une stratégie particulière s'y tiendront.

Ce que nous recherchons, c'est une plus grande unité de but - un but qui soit plus que la somme d'approches verticales. Comme je l'ai dit au mois de mai - l'OMS doit être une et indivisible - et non pas 50 programmes séparés.

Pour relier entre elles nos différentes activités, je réunis une nouvelle équipe dirigeante composée des neuf Directeurs exécutifs, à la tête des groupes organiques, et un petit groupe de conseillers dans mon Bureau, qui aura aussi à sa tête un Directeur exécutif.

Le Cabinet - dix membres en tout, avec les neuf responsables des groupes couvrant un large éventail d'expérience. Les six Régions de l'OMS sont représentées. Cinq membres du Cabinet viennent du Nord et cinq viennent du Sud. Avec un très haut niveau d'expérience, acquise au niveau des pays, au niveau international, dans le secteur public et le secteur privé.

Le Cabinet compte six femmes et quatre hommes. Je n'ai pas choisi une majorité d'hommes ni de femmes. J'ai opté pour l'équilibre des expériences. Et je l'ai obtenu. A la tribune de l'Assemblée mondiale de la Santé, j'ai invité des femmes qualifiées à faire acte de candidature. Voyez là un signal : nous amorçons un rééquilibrage des expériences et toute l'Organisation en bénéficiera.

Le message général "Créer la différence" en contient quatre autres : l'OMS est là pour aider à renforcer la santé des populations et des communautés, à combattre les problèmes de santé, à soutenir l'action de santé et à appuyer notre travail interne et pratiquer une politique d'ouverture.

Je vais maintenant vous présenter les personnes et les groupes.

Premièrement, les trois groupes qui sous-tendent le message "Santé des populations et des communautés".

J'ai demandé à Mme Poonam Khetrapal Singh de diriger le groupe organique Développement durable et Milieux favorables à la Santé. Mme Singh possède une vaste expérience qu'elle a acquise en Inde au sein du Gouvernement du Pendjab où elle a été à deux reprises Secrétaire à la Santé. Elle a une grande connaissance des systèmes de santé et de la politique sanitaire dans un pays en transition sociale et économique rapide. Elle est également très familiarisée avec le secteur financier et la Banque mondiale.

Ce groupe a une double mission. D'une part, poursuivre notre action sur les liens entre santé et politiques et pratiques environnementales. D'autre part, je souhaite le voir aller plus loin en ce qui concerne les conséquences pour la santé du développement économique, du commerce et des changements environnementaux et stimuler l'élaboration de stratégies pour combattre le cercle vicieux de la pauvreté et de la maladie.

J'ai demandé au Dr Olive Shisana de diriger le groupe organique Santé de la Famille et Services de Santé. Le Dr Shisana a une expérience directe du processus complexe de transition que le système de santé a connu en Afrique du Sud, lorsqu'il a dû assurer des prestations à l'ensemble de la population et pas seulement à quelques privilégiés - c'est là une expérience dont la portée se situe bien au-delà de l'Afrique du Sud.

Ce groupe se démarque du passé en rassemblant des entités qui auparavant s'occupaient séparément de questions concernant les systèmes de santé et des résultats obtenus en matière de soins. Il sera chargé d'améliorer le développement des systèmes de santé et, partant, la qualité des services - sous l'angle à la fois des dispensateurs et des consommateurs -, l'accent étant particulièrement mis sur les besoins des populations pauvres et défavorisées.

C'est une approche novatrice. L'appui au développement du secteur de la santé doit être une constante dans tous nos efforts. Ce groupe aura une responsabilité de premier plan - être plus sensible aux exigences liées à notre fonction essentielle d'exécution et aux exigences des populations dans le besoin. Il faudra pour réussir une coopération et une consultation approfondies au sein de l'Organisation.

J'ai demandé au Dr Yasuhiro Suzuki de diriger le groupe organique Changements sociaux et Santé mentale. Le Dr Suzuki possède une vaste expérience de la santé publique, qu'il a acquise à l'occasion de ses engagements au niveau international et des responsabilités de premier plan qu'il a exercées au Japon. Tout récemment, il était chargé d'élaborer des stratégies en vue de prendre en compte les conséquences d'une population en vieillissement rapide sur le système de santé.

Ce groupe donne une nouvelle définition de l'engagement de l'OMS qui est de servir ses Etats Membres en relevant les grands défis posés par les bouleversements sociaux et démographiques. La santé mentale et le vieillissement seront des éléments importants, mais il nous faudra également considérer le fardeau des maladies émergentes sous le nouvel angle des traumatismes, des incapacités, des conflits et des changements liés à l'emploi, à la famille et aux structures sociales.

Deux groupes s'attacheront à combattre les problèmes de santé.

J'ai demandé au Dr David Heymann de diriger le groupe organique Maladies transmissibles. Comme vous le savez, le Dr Heymann, qui était jusqu'à ce jour Directeur de la Division des Maladies émergentes et autres Maladies transmissibles, a acquis une solide expérience au cours de ses nombreuses années d'activité dans son propre pays, les Etats-Unis d'Amérique, ainsi qu'en Afrique et en Asie. Cette expérience s'étend également à la création de nouveaux mécanismes destinés à aider la communauté internationale à faire face aux menaces que représentent les maladies nouvelles et émergentes.

Ce groupe sera chargé de développer et de renforcer la capacité de l'OMS à réagir efficacement aux maladies transmissibles et émergentes. Ces maladies restent une menace, surtout dans les pays les plus pauvres. L'OMS doit tout faire pour que cette lutte reste toujours au centre des préoccupations.

J'ai demandé au Dr Jie Chen de diriger le groupe organique Maladies non transmissibles. Le Dr Chen possède une vaste expérience universitaire dans le domaine de la santé publique et de la gestion des affaires sanitaires et elle a occupé des postes importants à l'Université de Shanghai où elle s'est spécialisée dans les questions relevant de la lutte contre le tabagisme et les maladies chroniques, la gestion hospitalière et l'hygiène du milieu.

Le mandat de ce groupe sera de renforcer la capacité de l'OMS à s'attaquer aux menaces que représentent les maladies non transmissibles. Il nous reste encore beaucoup à faire, et nous devrons élargir notre action. Les stratégies à poursuivre sont complexes. Elles nécessitent des moyens substantiels à la fois pour le traitement et pour une mobilisation à long terme en faveur des changements comportementaux. Une attention particulière doit être accordée au renforcement institutionnel, notamment dans les pays à faible revenu et dans les pays en transition où le fardeau des maladies non transmissibles s'alourdit très rapidement.

Deux groupes collaboreront pour soutenir l'action de santé.

J'ai demandé au Dr Julio Frenk de diriger le groupe organique Bases factuelles et Information à l'Appui des Politiques. Médecin et sociologue, le Dr Frenk possède une vaste expérience universitaire qu'il a acquise tant au niveau international que dans son propre pays, le Mexique. Le Dr Frenk a beaucoup fait pour mettre en lumière la nécessité d'utiliser activement les données épidémiologiques et économiques dans la conception de systèmes de santé plus équitables et d'un meilleur rapport coût/efficacité.

Ce groupe montre combien il importe de disposer de bases factuelles correctes à l'appui des grandes orientations, d'introduire de nouveaux domaines de travail et de recentrer des activités déjà exécutées par un certain nombre de programmes. Par son travail, ce groupe nous permettra de donner des conseils qui aideront les Etats Membres à atteindre des objectifs essentiels d'équité, de coût/efficacité et de qualité dans leurs services de santé.

J'ai demandé à M. Michael Sholtz de diriger le groupe organique Technologie de la Santé et Médicaments. M. Sholtz, qui a obtenu son doctorat en chimie organique en Allemagne, a accompli sa carrière professionnelle dans l'industrie pharmaceutique, à divers postes de gestion et de marketing.

L'OMS doit être à même d'influencer le développement, la qualité, le coût et la distribution des médicaments et des technologies de la santé pour le bénéfice de la santé des populations. J'ai voulu au sein de mon équipe quelqu'un qui connaisse bien le secteur privé, non pas quelqu'un qui le représente mais plutôt quelqu'un qui complète l'expérience et les connaissances de l'Organisation. Il faut élargir notre horizon si nous voulons nous occuper efficacement du domaine complexe de la technologie de la santé, des médicaments et du développement des vaccins et, surtout, de la mise au point de nouveaux médicaments et de leur mise à disposition générale à des prix abordables.

Deux groupes travailleront dans le cadre de l'appui interne - Ouverture.

J'ai demandé au Dr Lyagoubi-Ouahchi de diriger le groupe organique Affaires extérieures et Organes directeurs. Comme vous le savez, le Dr Lyagoubi-Ouahchi a été Ministre de la Santé de Tunisie et Ambassadeur de son pays à Genève, avant d'entrer à l'OMS en 1991.

Ce groupe sera chargé de développer des partenariats et des alliances avec d'autres acteurs clefs comme des organismes des Nations Unies, des organisations non gouvernementales et le secteur privé. Il organisera le travail des organes directeurs, renforcera la collaboration entre l'OMS et tous ses Etats Membres et aidera à mettre au point une stratégie d'ouverture plus vaste vers le monde extérieur.

Beaucoup doit être fait dans ce domaine. Par exemple, je souhaite renforcer la présence de l'OMS à New York. Nous avons besoin de communiquer plus facilement avec des organisations régionales telles que l'OUA, l'ANASE et l'OCDE. Et je crois aussi qu'une collaboration plus structurée et mieux adaptée s'impose avec l'Union européenne dans la mesure où celle-ci est de plus en plus active dans le domaine de la santé.

J'ai demandé à Ann Kern de diriger le groupe organique Administration. Mme Kern possède une vaste expérience de la gestion qu'elle a acquise en Australie dans le secteur sanitaire au niveau central et provincial. Elle connaît également très bien l'OMS pour y avoir travaillé et avoir tenu le rôle de Conseiller auprès d'un certain nombre de missions à Genève pour les questions relevant de la santé internationale. Depuis février, elle joue un rôle clé au sein de l'équipe de transition et elle connaît parfaitement la philosophie qui est à la base des groupes organiques.

L'une des principales tâches du groupe Administration sera d'appuyer la mise en place de la structure organique et d'orienter le processus de changement dans les méthodes de gestion en toute transparence. Les mentalités doivent évoluer. Un certain nombre de fonctions administratives seront dévolues aux groupes organiques. L'Administration doit être comprise comme un centre de services qui est là pour faciliter et soutenir l'action de l'ensemble de l'Organisation - tout en montrant aux Etats Membres et aux donateurs que les ressources de l'OMS sont gérées de façon efficace et professionnelle, avec une totale transparence, et que nous en sommes comptables.

J'ai déclaré aux Directeurs exécutifs ce matin : Vous êtes responsables de votre groupe organique, vous travaillerez avec les directeurs de programme et avec tout le personnel à élaborer des objectifs communs, à rechercher des synergies, à supprimer les doubles emplois et à accroître au maximum la coopération avec les autres groupes organiques, les bureaux régionaux et les représentants de l'OMS dans les pays.

Je leur ai dit : L'essentiel de votre travail concerne votre groupe - mais vous ne devez jamais perdre de vue l'intérêt de l'Organisation dans son ensemble. Contribuer à l'unité de l'action - tel est votre principal critère de réussite. Agir ensemble - travailler avec les autres groupes - favoriser l'ouverture - faire plus et mieux - telle doit être votre méthode.

Au cours de ces mois de changement, la communication sera un élément capital. Pour répondre aux questions, de nouvelles filières d'information, de nouveaux cadres seront créés. Mais les questions essentielles devront être posées et discutées au sein de chaque groupe. A l'image du Cabinet, chaque groupe organique sera le lieu du partage des connaissances pour le personnel qui y est rattaché.

L'apprentissage continu sera un aspect essentiel des activités de chaque groupe. A cet égard, une responsabilité particulière incombe au groupe Bases factuelles et Information à l'Appui des Politiques. L'un des outils à notre disposition sera le rapport sur la santé dans le monde, qui relève du groupe Bases Factuelles. Pour 1999, je prévois de concentrer l'attention sur le thème "Créer la différence".

Beaucoup d'entre nous seront associés à la préparation de ce rapport, qui nous contraindra à nous demander précisément de quelle façon notre unité peut faire évoluer les choses et comment nous pouvons le mieux contribuer à l'instauration de la santé, au développement et à la lutte contre la pauvreté. J'entends m'impliquer personnellement dans la préparation du rapport sur la santé dans le monde de cette année et j'espère que vous vous joindrez à moi pour en faire un instrument utile pour énoncer et faire connaître nos priorités pour les années à venir.

J'aimerais également vous faire part maintenant de la composition initiale du Bureau du Directeur général. J'aurai besoin de m'entourer d'un groupe de conseillers spéciaux de haut niveau pour m'aider dans mon travail quotidien et m'aider aussi à rester en contact permanent avec les groupes, les bureaux régionaux et les Etats Membres à travers leurs missions à Genève. Il s'agira d'intermédiaires, qui aideront et encourageront le processus de changement, en soutenant l'action du Cabinet et du Directeur général.

J'ai demandé à Monsieur l'Ambassadeur Jonas Støre dont vous connaissez le rôle au sein de l'équipe de transition de diriger ce Bureau. Il y sera aux côtés du Dr Asamoah-Baah qui apporte avec lui sa grande expérience du secteur sanitaire du Ghana, du Dr Daniel Tarantola (France) qui a longtemps exercé des fonctions variées au sein de l'OMS à Genève et a participé à diverses opérations sur le terrain, et du Dr J. W. Lee (Corée) qui apportera la solide expérience qu'il a acquise au niveau régional ainsi qu'au sein du Programme mondial des Vaccins et Vaccinations qu'il a dirigé avec succès ces dernières années. J'ai également demandé au Dr Tomris Türmen et à M. Denis Aitken de prêter leur concours aux membres de mon Bureau et de nous faire profiter de leur expérience.

Au sein du Cabinet, les chefs de groupe et moi-même formerons une équipe. Nous nous réunirons une fois par semaine et définirons ensemble les grandes lignes de notre action. Je resterai en contact fréquent avec les Directeurs régionaux - les considérant comme des membres essentiels de mon équipe restreinte, au même titre que les Directeurs exécutifs. Les priorités seront différentes aux différents niveaux de l'Organisation, mais il n'y aura qu'un seul programme d'action de l'OMS.

Le Cabinet n'aura pas de fonction centralisatrice. En donnant des pouvoirs aux Directeurs exécutifs, par des contacts réguliers avec les Directeurs et les bureaux régionaux, je souhaite faire partager nos objectifs et nos stratégies à l'échelle de l'Organisation. J'attends des Directeurs exécutifs et des Directeurs régionaux qu'ils travaillent avec leur personnel de la même façon. Vous serez tous informés de l'ordre du jour des réunions du Cabinet. Vous aurez tous accès aux principales conclusions de ses travaux sur Internet.

Nous avons besoin d'une culture du partage de l'information. J'invite les groupes organiques à présenter leur action au reste de l'Organisation. J'invite leurs collègues à apporter leurs sandwiches pour une séance de "brainstorming" d'une heure. Pour réfléchir ensemble à ce pour quoi nous sommes là - à nos problèmes communs - à de nouvelles idées. Dans la mesure du possible, je m'efforcerai d'assister à ces séances.

Les Directeurs exécutifs commenceront à travailler dès aujourd'hui. Je leur ai demandé de réunir leurs collaborateurs aujourd'hui même et de réunir l'ensemble de leur groupe dans les jours à venir. Nous avons besoin d'un peu de temps pour mettre en place les nouvelles dispositions pratiques.

La décision de faire fusionner ou au contraire de scinder des programmes ou des unités doit être mûrement réfléchie. Ceux qui pensent que nous avons des idées toutes faites sur la question se trompent. C'est, comme je l'ai dit, mon premier jour de travail. Si nous devons faire des changements et lorsque nous les ferons, nous consulterons le personnel, nos partenaires et les organismes coparrainants. La communication au cours de cette période sera essentielle. Les groupes, ainsi que leurs unités respectives d'appui administratif, seront le lieu privilégié des échanges.

J'ai demandé aux chefs de groupe de présenter au Cabinet leurs recommandations sur la façon dont le travail au sein de leur groupe devrait être organisé et la façon dont leur mandat devrait être formulé. Cette tâche devra être achevée le 1er novembre.

Je sais que certains d'entre vous sont anxieux. Je désire être claire sur ce point : je ne cherche pas à réduire les effectifs de l'OMS. Les défis posés par la santé dans le monde requièrent les efforts de l'ensemble de notre Organisation.

Mais je crois que nous pouvons faire plus - et avoir des carrières plus intéressantes et plus enrichissantes - si nous avons une politique du personnel qui permette à celui-ci une plus grande mobilité - au Siège et entre les différents niveaux de l'Organisation. J'ai dit aux Directeurs et aux administrateurs de programme que je pourrais inviter certains d'entre eux à alterner afin qu'ils posent un oeil neuf et apportent de nouvelles expériences pour l'exécution de nos activités. Et nous devrions accepter une certaine part de recrutement externe pour que ces personnes apportent à notre travail leur expérience.

Des ressources considérables seront consacrées au nouveau module de développement du personnel destiné à vous aider à affiner vos connaissances et compétences et je veux que chacun puisse bénéficier de ces nouvelles possibilités de formation.

Je vais entamer un dialogue structuré avec les associations du personnel sur les conditions de travail et d'autre points touchant à la vie dans les bureaux. Nous organiserons une réunion de toutes les associations du personnel des Régions et du Siège avant novembre pour faire progresser cette question. La transparence et un traitement équitable pour tous seront la règle. Des mesures sont prises pour renforcer la fonction du Médiateur. Et comme vous le savez peut-être déjà, j'ai l'intention de m'en tenir à l'âge normal de la retraite.

Les groupes organiques offrent la possibilité de créer une interdépendance créative dans toute l'OMS. Je crois que les décisions administratives sont meilleures si elles sont prises aussi près que possible des personnes qu'elles affectent. C'est pourquoi nous avons l'intention d'introduire dans chaque groupe une Unité d'Appui administratif qui assistera le Directeur exécutif dans ses tâches de gestion. De plus, le personnel des services généraux jouera un rôle majeur dans la mise en oeuvre et dans la fluidité des changements.

Les groupes organiques permettront également une approche plus unifiée pour mobiliser les ressources. Il nous faut accroître nos moyens et je crois que nous pouvons obtenir un appui plus large de la part des donateurs pour nos programmes et activités.

Mais nous ne devons pas centraliser artificiellement nos efforts en vue de lever des fonds. Les donateurs s'attendent tout d'abord à voir une expertise de grande classe et une expérience concrète avant d'attribuer des ressources supplémentaires. Nous leur montrerons que l'OMS utilise leur argent à bon escient et nous y arriverons en leur faisant parvenir un message plus unifié sur nos objectifs, en leur faisant savoir comment nos activités sont liées et comment l'appui à l'OMS peut réellement faire la différence.

En mai, j'ai annoncé le lancement de deux projets : Faire reculer le paludisme et l'Initiative contre le tabagisme. Depuis lors nous avons commencé les préparatifs initiaux. Les postes d'administrateurs de projet ont été annoncés et les candidatures devraient être là demain.

Vous savez quelle importance j'attache au travail en projets. Les projets approuvés par le Cabinet s'intéresseront à de grandes questions de portée générale, concernant plusieurs groupes organiques, impliquant les Régions, les bureaux de pays, les Etats Membres et, ce sera plus la règle que l'exception, des partenaires extérieurs : d'autres organismes des Nations Unies, des ONG et le secteur privé.

Certains ont conclu que les projets de Cabinet avaient exclusivement la priorité. C'est faux. J'ai pris soin de dire à l'Assemblée mondiale de la Santé que l'établissement des priorités est une tâche complexe. Nous devons atteindre un équilibre critique : conserver notre objectif à long terme de la santé pour tous et, dans le même temps, être prêts et capables de réagir à un monde en mutation rapide. Il y aura, avec le temps, un certain nombre de priorités, il y aura un certain nombre de projets et d'activités, de nature, de taille et de portée différentes.

Mon message en mai était le suivant : si nous organisons efficacement notre travail, nous pourrons dire "l'Organisation mondiale de la Santé est notre priorité". L'OMS est une. Une OMS qui peut s'engager là où les besoins sont les plus grands. Une OMS à qui l'on fait confiance pour étendre au maximum ses ressources. Une OMS avec une excellence. Une OMS qui peut réellement créer la différence et où ce que nous faisons dans un domaine contribue à nos efforts dans un autre.

A ce moment précis, je veux souligner un domaine qui requiert d'urgence notre attention et qui est notre contribution à la lutte contre le VIH/SIDA.

Vous savez que l'OMS va assurer la prochaine présidence du Comité des Organismes coparrainants de l'ONUSIDA. Nous prendrons au sérieux cette responsabilité. J'ai invité le Directeur exécutif de l'ONUSIDA à me rencontrer la semaine prochaine pour examiner comment nous pouvons faire avancer le travail et comment l'OMS peut prêter tout son concours aux activités essentielles de l'ONUSIDA.

Nous avons les connaissances : le VIH est l'un des problèmes sanitaires les plus graves auxquels le monde ait à faire face, la situation actuelle étant pire que ce qui avait été projeté au début des années 90. Il constitue un obstacle important au développement et frappe la main-d'oeuvre dans ses années de meilleure productivité. Les victoires durement gagnées pour la survie des enfants et la santé des adultes sont soudain réduites à néant. Les structures de sociétés entières sont menacées, les systèmes de santé détruits.

Notre choix est aussi simple que crucial : l'OMS accroîtra ses efforts contre le VIH/SIDA en assurant une meilleure intégration des activités spécifiques de lutte contre le VIH dans tous les programmes concernés. Ces activités seront entreprises d'une manière parfaitement coordonnée dans toute l'Organisation et des ressources centrales leur seront consacrées. Elles se dérouleront en coopération étroite avec les autres partenaires dans le cadre de l'ONUSIDA.

Il y a donc beaucoup à faire et j'ai hâte de me mettre au travail avec vous.

J'aimerais saisir cette occasion pour exprimer tout spécialement ma reconnaissance aux Sous-Directeurs généraux et aux Directeurs exécutifs qui, à ma demande, ont libéré leur poste. Je sais que cela n'a pas été pour eux facile de répondre à ce défi. Je suis impressionnée par la manière dont vous avez réagi et je suis heureuse que plusieurs d'entre vous aient décidé de rester et de servir l'Organisation avec de nouvelles attributions.

Aujourd'hui j'ai procédé à quelques nominations cruciales pour la bonne continuité de notre travail.

J'ai nommé le Dr Wilfred Kreisel, Directeur exécutif et qui est par ailleurs bien connu pour ses compétences et sa vaste expérience, au poste de représentant de l'OMS à Bruxelles, où son activité s'exercera en direction de l'Union européenne, de l'OCDE et de l'OSCE.

J'ai nommé le Dr André Prost à un poste de Directeur au sein du groupe organique Maladies non transmissibles, où sa vaste expérience de l'OMS - acquise notamment sur le terrain - et ses compétences en épidémiologie jouera un rôle important dans l'engagement que j'ai pris de renforcer ce secteur majeur de l'activité de l'OMS.

J'ai nommé le Dr Bjørn Melgaard Directeur du Programme mondial des Vaccins et Vaccinations. Le Dr Melgaard possède une vaste expérience de ce Programme, acquise tant à Genève que sur le terrain, et il est parfaitement qualifié pour succéder au Dr J. W. Lee.

J'ai nommé le Dr Carlos Morel au poste de Directeur du Programme spécial de Recherche et de Formation concernant les Maladies tropicales. Le Dr Morel a été très largement recommandé par nos partenaires. Il succédera au Dr Tore Godal. Le Dr Godal a lui-même décidé de se consacrer aux activités consultatives jusqu'à la fin de son contrat. Je lui ai demandé dans un premier temps de fonctionner comme Administrateur intérimaire du projet Faire reculer le paludisme jusqu'à ce que ce poste ait été pourvu.

De même, j'ai demandé au Dr Derek Yach de fonctionner comme Administrateur du projet relatif au tabagisme en attendant la nomination de son titulaire.

J'ai nommé le Dr Chris Murray à la tête d'un nouveau programme sur les Bases factuelles, l'Equité et la Qualité au sein du groupe organique Bases factuelles et Information à l'Appui des Politiques. Le Dr Chris Murray apportera une force et des perspectives nouvelles à ce secteur prioritaire de l'activité de l'OMS.

Chers collègues,

La transition touche à sa fin. Elle a été longue pour vous comme pour moi. Elle a été probablement courte et bousculée pour les nouveaux Directeurs exécutifs qui ont tous été recrutés après l'Assemblée mondiale de la Santé en mai.

Je souhaite dire à chacun d'entre vous, ici à Genève et dans toute l'Organisation, que je me réjouis de faire cet effort avec vous - beaucoup de travail nous attend, un travail dur et important.

Laissez-moi vous dire aussi qu'à partir d'aujourd'hui, il n'y a plus d'équipe externe et d'équipe interne, l'une en transition et l'autre attendant les changements à venir. A partir d'aujourd'hui, il y a une équipe - la nôtre. Si vous avez des questions, des peurs, s'il y a des rumeurs - mettez-vous en avant - posez vos questions - parlez - et ne les gardez pas sur le coeur.

Nous sommes une équipe et je suis convaincue que nous réussirons - qu'ensemble nous ferons la différence.

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