Directeur général

Allocution du Directeur général de l'OMS lors de la deuxième réunion de dialogue sur le financement de l’Organisation

Dr Margaret Chan
Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé

Genève, Suisse
25 novembre 2013

Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chers collègues de la santé publique et partenaires du financement de l’action de l’OMS, représentants des institutions des Nations Unies, Mesdames et Messieurs,

Bienvenue à tous.

Nous sommes donc réunis pour un deuxième dialogue sur le financement, étape suivante d’un processus entamé en janvier 2010, lorsque l’OMS a convoqué une consultation informelle sur l’avenir du financement de l’OMS.

Le monde se remettait alors du choc de la crise financière de 2008. Les fonds destinés à la santé tant au plan national qu’international étaient en diminution dans de nombreux pays.

En préparant cette consultation, il m’est apparu clairement que le financement devait être aligné sur les fonctions et que les changements apportés au financement de l’OMS devraient s’inscrire dans un processus de réforme plus large.

Ce processus est désormais bien avancé. Les réformes mises en œuvre à ce jour sont destinées à rendre les activités de l’OMS plus structurées, plus stratégiques, plus réalistes. Par exemple, les États Membres ont demandé un budget réaliste et non un budget prévisionnel. Cette année, pour la première fois, l’Assemblée de la Santé a donc approuvé un budget programme dans son intégralité fondé non seulement sur les contributions fixées, mais aussi sur les contributions volontaires.

Des réformes ont déjà été appliquées. Certaines exigeaient une vaste consultation avec les États Membres afin que soit établi un cadre fondamental pour la fixation des priorités et des catégories d’activités de façon à orienter l’allocation des ressources, ainsi qu’un ensemble limité de priorités de leadership pour conférer une orientation de haut niveau. D’autres, y compris celles qui concernaient le financement, demandent plus de temps.

Les évaluations récentes entreprises par les États Membres permettent de confirmer de façon indépendante que nous allons dans la bonne direction. Par exemple, l’examen de l’aide multilatérale conduit par le Gouvernement du Royaume-Uni et le réseau d’évaluation des résultats des organisations multilatérales composé d’un groupe de 17 pays donateurs. Ces bilans nous apprennent que nos résultats s’améliorent, ce à quoi nous aspirons tous.

Mais d’autres questions méritent de retenir notre attention. Dans le secteur de la santé, la crise financière a ouvert une ère sans précédent marquée par davantage de transparence, de responsabilisation et de suivi indépendant des résultats. Les gouvernements et autres donateurs veulent des éléments probants montrant que ce qu’ils investissent dans l’OMS produit des résultats.

Nous voulons tous que le financement de l’OMS soit plus transparent. Nous voulons tous qu’il soit mieux aligné sur le budget programme.

En un sens, le budget programme est un contrat qui établit un lien entre les résultats de l’action de l’OMS et les attentes des États Membres. Les obligations vont dans les deux sens. L’OMS a besoin d’un financement

À un moment où l’OMS doit réagir à l’évolution rapide de besoins sanitaires complexes, l’Organisation doit également pouvoir compter sur un financement prévisible et souple. .

Nous voulons tous que le budget programme soit intégralement financé. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera véritablement réaliste et non plus uniquement prévisionnel.

Ces bonnes nouvelles, et ces moins bonnes, seront suivies d’une séance au cours de laquelle ce sera à vous de nous faire entendre vos idées sur ce qui doit être fait.

Ce débat sur les solutions possibles et les stratégies à mettre en œuvre se poursuivra demain. Nos efforts conjoints pour rechercher la meilleure solution seront également enrichis par des tables rondes sur des sujets particuliers.

Dès le départ, nous avons fait notre possible pour faire de la réforme de l’OMS un processus participatif. Je remercie les nombreux États Membres et les bailleurs de fonds non étatiques de leur participation enthousiaste aux réunions et aux consultations bilatérales organisées au cours des derniers mois. Avec les discussions qui ont eu lieu lors des comités régionaux et avec les missions à Genève, elles ont permis de définir le programme des deux prochains jours.

Vous avez clairement fait savoir que vous ne vouliez pas une réunion ordinaire ou simplement une réédition de la réunion de juin. Vous souhaitez une réunion ambitieuse, qui arrive à des conclusions, qui permette de se mettre d’accord sur des étapes claires et concrètes. Je comprends votre impatience. Un financement de qualité est une condition préalable à une gestion efficace de notre travail. Nous accueillons favorablement les propositions concrètes qui peuvent être mises en œuvre rapidement.

Mesdames et Messieurs,

Le Président du Comité du Programme, du Budget et de l’Administration nous a rappelé les principales mesures sur lesquelles nous étions tombés d’accord lors de la réunion de juin. Les progrès accomplis depuis juin sont récapitulés dans un rapport de deux pages que vous trouverez dans vos dossiers.

Permettez-moi de revenir sur certains de ces progrès.

Le portail Web du budget programme a été mis en ligne il y a une semaine. Il propose un accès ouvert aux données sur les indicateurs de base, des précisions pour la planification opérationnelle, et fait le point sur le financement et les déficits. Cet outil est un pas de plus vers une plus grande transparence.

Scott Pendergast vous donnera un rapide aperçu du portail Web dans quelques minutes. Il s’agit d’un travail évolutif. Certains chiffres seront modifiés à mesure que de nouvelles informations seront reçues des États Membres et d’autres bailleurs de fonds et à mesure que nous procéderons aux vérifications internes.

La planification opérationnelle tient compte de la nécessité de refléter les priorités des pays dans le cadre d’une planification ascendante. Les résultats de ce processus de planification devraient soutenir l’allocation stratégique des ressources conformément aux priorités clairement définies des pays. Nous n’en sommes pas encore là mais nous avons beaucoup progressé.

En juin, nous avons promis qu’un large débat se poursuivrait. Cela s’est fait à l’occasion des comités régionaux et de plus de 20 réunions, consultations et séances d’information. Comme je l’ai dit, les avis exprimés par les participants ont permis de définir le programme du présent dialogue.

Demain, nous vous expliquerons ce que nous faisons pour coordonner la mobilisation des ressources.

Comme cela avait été demandé, les mesures visant à élargir la base des donateurs se sont tout d’abord concentrées sur les États Membres. Dans un deuxième temps, nous étudierons le rôle possible d’autres acteurs, notamment de fondations philanthropiques.

Enfin, lors de la réunion de juin, il m’avait été demandé de donner une indication sur la façon dont les contributions fixées peuvent être utilisées de manière stratégique pour garantir un financement intégral du budget. Cela fait partie de mon mandat.

Sur environ 929 millions de dollars (US $) de contributions fixées dont dispose l’OMS, j’ai décidé, en consultation avec les Directeurs régionaux, d’allouer 750 millions au financement intégral du budget programme 2014-2015. Cela garantira que chaque catégorie d’activités dispose d’un financement suffisant pour assurer la continuité des activités au début de l’exercice biennal.

Le montant restant sera alloué à mesure que les fonds seront disponibles, en visant à atteindre progressivement un financement intégral de toutes les réalisations prévues. Cela sera fait en pleine consultation avec les Directeurs régionaux.

Je sais que vous attendez beaucoup de cette réunion et j’écouterai attentivement vos avis et vos demandes.

Je vous remercie.

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