Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées en cours
25 avril 2014

Guinée

Le 23 avril à 18 heures, le Ministère guinéen de la Santé avait notifié un total cumulé de 218 cas cliniques de maladie à virus Ebola, dont 141 mortels. À ce jour, des tests de recherche de l’infection à virus Ebola ont été pratiqués pour 191 patients et 115 cas ont été confirmés en laboratoire, dont 72 mortels. De plus, 42 cas (34 décès) correspondent à la définition du cas probable et 61 cas (35 décès) sont classés comme des cas suspects. Le nombre d’agents de santé touchés est de 26 (18 cas confirmés), avec 16 décès (12 confirmés).

Des cas cliniques de maladie à virus Ebola ont été notifiés à Conakry (58 cas, dont 24 mortels), Guékédou (127/91), Macenta (22/16), Kissidougou (6/5), Dabola (4/4) et Djingaraye (1/1). Des cas confirmés en laboratoire et des décès ont été notifiés à Conakry (37 cas, dont 19 mortels), Guékédou (63/41), Macenta (13/10), Kissidougou (1/1) et Dabola (1/1). Le cas clinique le plus récent, un cas suspect, est survenu le 23 avril, tandis que l’isolement le plus récent d’un cas confirmé remonte au 22 avril.

Deux nouveaux décès ont aussi été signalés parmi les cas existants, l’un d’eux concernant un patient ayant une maladie à virus Ebola confirmée. Il y a en tout 13 patients en isolement, à Conakry (6 patients, 5 cas confirmés) et à Guékédou (7 patients, tous des cas confirmés). Les activités de recherche des contacts se poursuivent dans toutes les zones affectées.

Globalement, la situation épidémiologique en Guinée s’est sensiblement améliorée ces dernières semaines. La date de survenue du dernier cas notifié à Macenta remonte à 24 jours et un laps de temps comparable s’est écoulé à Dabola (25 jours), Kissidougou (26 jours) et Djingaraye (31 jours). La norme est d’attendre un délai équivalent à deux fois la période d’incubation (soit 42 jours) sans observer de nouveau cas pour déclarer qu’une flambée de maladie à virus Ebola est terminée sur un site particulier.

Les activités de riposte se concentrent désormais sur la prise en charge des cas cliniques et sur les formations en cours concernant la lutte contre les infections et la prévention en milieu hospitalier. Un documentaire sera produit sur la structure de soins en isolement mise en place par Médecins sans Frontières à Guékédou. L’OMS, en collaboration avec le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN), a mobilisé une nouvelle équipe médicale comportant des médecins spécialisés dans la lutte contre les infections et les soins intensifs, pour venir en aide aux médecins de l’hôpital Donka à Conakry.

Les nombres de cas et de contacts restent susceptibles d’évoluer en raison de la synthèse des données sur les cas, les contacts et les résultats de laboratoire, du renforcement des activités de surveillance et de recherche des contacts. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à Atlanta (États-Unis d’Amérique) ont envoyé du personnel en Guinée pour renforcer encore les capacités de diagnostic de la maladie à virus Ebola et faire des tests sérologiques pour les patients négatifs à l’amplification génique (PCR).

La réunion transfrontalière sur la riposte à la maladie à virus Ebola réunissant les autorités guinées et libériennes s’est tenue avec succès sous l’égide du Gouvernement guinéen, avec des délégations des deux pays rassemblant 25 participants. L’objectif général était de renforcer la surveillance épidémiologique et le suivi des contacts le long de la frontière entre les deux pays afin de mettre fin à la transmission.

Les mesures essentielles à appliquer sont les suivantes: élaboration d’un plan d’action pour la riposte transfrontalière à la maladie à virus Ebola; renforcement de la coordination des activités transfrontalières avec l’engagement des autorités locales; échanges d’informations sur les mouvements transfrontaliers de cas suspects; renforcement de la sensibilisation des communautés à la maladie à virus Ebola et moyens de réduire le risque de maladie aux niveaux individuel et communautaire; renforcement de la surveillance active et de la recherche des contacts le long de la frontière autant que de besoin.

La période d’incubation de cette maladie pouvant aller jusqu’à trois semaines, il est probable que les autorités sanitaires guinéennes continueront de notifier de nouveaux cas dans les prochaines semaines et d’autres cas suspects pourraient également être identifiés dans les pays limitrophes.

Libéria

Du 13 mars, date de survenue du premier cas confirmé en laboratoire au Libéria, au 24 avril, le Ministère de la Santé et des Affaires sociales du Libéria a notifié au total 35 cas cliniquement compatibles avec la maladie à virus Ebola ; 6 cas confirmés, 2 cas probables et 27 cas suspects. Le cas confirmé le plus récent est survenu le 6 avril. Le Ministère a commencé à reclasser les cas suspects en fonction des résultats de laboratoire. On s’attend à ce que la plupart d’entre eux aient été écartés à la fin du processus.

En collaboration avec le GOARN, l’OMS planifie le remplacement des experts qui ont achevé récemment leur mission au Libéria dans les domaines de la prise en charge des cas, de la lutte contre l’infection et de l’épidémiologie.

Sierra Leone

Le Ministère de la Santé et de l’Assainissement de la Sierra Leone enquête actuellement sur trois patients présentant un tableau clinique compatible avec une fièvre hémorragique virale pour déterminer s’il s’agit de la maladie à virus Ebola ou de la fièvre de Lassa (endémique en Sierra Leone). Toutes les rumeurs de cas font l’objet d’investigations et la recherche active des cas se poursuit.

Le laboratoire à l’unité de soins en isolement pour la fièvre de Lassa à l’hôpital public de Kenema analyse tous les cas suspects de fièvre hémorragique virale en recherchant la fièvre de Lassa et la maladie à virus Ebola. Au 24 avril 2014, 98 échantillons prélevés avaient été analysés; 10 ont donné des résultats positifs pour la fièvre de Lassa et les 88 autres des résultats négatifs pour les deux maladies. Quinze contacts ont terminé leur période de suivi de 21 jours et 20 autres demeurent sous observation médicale.

Sur la base des informations actuellement disponibles concernant cet événement, l’OMS ne recommande pas que des restrictions aux voyages ou aux échanges commerciaux soient imposées à la Guinée, au Libéria ou à la Sierra Leone.

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