Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Poliovirus au Cameroun – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Au Cameroun, trois nouveaux cas d’infection par le poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) ont été notifiés, avec apparition de la paralysie les 6, 25 et 31 janvier 2014 dans trois nouvelles régions (Nord-Ouest, Adamaoua et Centre) confirmant la poursuite de la transmission du PVS et l’expansion géographique des zones infectées, après la détection de quatre cas en octobre 2013 (voir le bulletin d’information sur les flambées épidémiques en date du 21 novembre 2013). Au total, sept cas d’infection par le PVS1 ont été désormais notifiés dans les régions de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Centre et de l’Adamaoua, avec une apparition de la paralysie entre le 1er octobre 2013 et le 31 janvier 2014. Le séquençage génétique des PVS1 isolés semble indiquer une circulation prolongée qui n’a pas été détectée. En raison de cette circulation continue, des lacunes de la surveillance et de l’afflux de populations réfugiées vulnérables en provenance de République centrafricaine, l’OMS évalue désormais le risque de propagation internationale de la poliomyélite à partir du Cameroun comme étant très élevé.

Après la confirmation de la flambée en octobre 2013, le Cameroun a mené trois campagnes de vaccination à l’échelle nationale et une quatrième activité a commencé le 9 mars 2014. Bien qu’une évaluation indépendante indique certains progrès, de sérieuses lacunes demeurent au niveau de la qualité (en termes de mise en œuvre comme de suivi) et il convient d’y remédier d’urgence. La qualité est très variable selon les régions. La principale raison pour laquelle les enfants ne sont pas vaccinés est que les maisons n’ont pas été visitées (43% de ces enfants). L’analyse de l’immunité générale de la population (données sur la paralysie flasque aiguë non poliomyélitique chez les 6-59 mois) laisse penser que jusqu’à 40% des enfants ne sont pas suffisamment vaccinés (avec 30% des enfants n’ayant reçu aucune dose (0 dose) de vaccin antipoliomyélitique oral – VPO). La poursuite et l’extension de la transmission indiquent de sérieuses lacunes au niveau de la qualité de la riposte à la flambée.

La confirmation de nouveaux cas a entraîné la planification de nouvelles activités de riposte d’urgence à la flambée, dont la conversion d’une campagne locale de vaccination en activité nationale en avril 2014 et la mise en œuvre de campagnes nationales en mai et juin 2014. Pour obtenir le succès, il sera essentiel de veiller à une amélioration substantielle de la qualité des campagnes pour administrer à tous les enfants de multiples doses de VPO. Point également important, il faudra s’efforcer d’améliorer rapidement la qualité de la surveillance de façon à pouvoir déterminer la véritable ampleur de la flambée et suivre l’évolution de la situation.

Il est important que tous les pays, en particulier ceux qui ont des contacts fréquents, voyages des populations ou autres, avec des pays et territoires touchés par la poliomyélite, renforcent la surveillance des cas de paralysie flasque aiguë, afin de détecter rapidement toute nouvelle importation et de faciliter une riposte rapide. Les pays, territoires et zones doivent aussi maintenir une couverture uniformément élevée de la vaccination systématique au niveau des districts pour réduire le plus possible les conséquences de toute nouvelle introduction du virus.

Dans "Voyage internationaux et santé", l’OMS recommande à tous les voyageurs à destination ou en provenance des zones affectées par la poliomyélite d’être à jour dans leur vaccination contre cette maladie.

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