Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Chikungunya dans la partie française de l’Île caribéenne de Saint-Martin

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
10 décembre 2013

Le 6 décembre 2013, deux cas de chikungunya, confirmés en laboratoire et contractés localement dans la partie française de l’île caribéenne de Saint-Martin, ont été notifiés à l’OMS. L’autre partie de l’île (Sint Maarten) appartient au Royaume des Pays-Bas. Ces deux cas ont été confirmés par PCR (amplification génique) au Centre National de Référence des arbovirus à Marseille (France).

Une flambée épidémique de dengue sévit à Saint Martin/Sint Maarten depuis janvier 2013. Le chikungunya a été détecté au cours de l’investigation qui a suivi la notification de cinq cas présentant des douleurs articulaires et de la fièvre le 18 novembre 2013, pour lesquels le diagnostic de dengue a été écarté. Pour ces cinq cas, les symptômes sont apparus entre le 12 octobre et le 15 novembre 2013.

Au 10 décembre 2013, au total 2 cas confirmés, 4 cas probables et 20 cas suspects d’infection par le virus du chikungunya avaient été notifiés.

Le chikungunya est une maladie virale rarement mortelle transmise à l’homme par des moustiques infectés. Les symptômes comportent une forte fièvre et des céphalées, avec des douleurs importantes dans les articulations (chevilles, poignets) pouvant persister pendant plusieurs semaines. Ils apparaissent de 4 à 7 jours après la piqûre d’un moustique infecté. Le nom de chikungunya dérive d’un mot de la langue makondée signifiant en gros « maladie de l’homme courbé », décrivant l’état physique de la personne atteinte.

En l’absence de traitement spécifique et de vaccin efficace, les mesures de prévention reposent sur une double stratégie:

  • sensibilisation aux facteurs de risque de l’infection à chikungunya, ainsi qu’aux mesures de protection individuelle que l’on peut prendre pour éviter les piqûres de moustiques ;
  • arrêt de la prolifération des moustiques par la réduction des gîtes larvaires.

C’est la première fois que l’on détecte une transmission locale de chikungunya dans la Région OMS des Amériques.

Les autorités sanitaires française et néerlandaise de l’île collaborent pour riposter à cette flambée, en coordination étroite avec les autorités sanitaires en France et aux Pays-Bas. Les mesures appliquées à ce jour par les autorités locales sont les suivantes:

  • Surveillance épidémiologique comportant la surveillance par syndrome et celle des cas sévères.
  • Des activités de lutte antivectorielles ont été mises en œuvre dans la zone touchée et seront rapidement étendues à l’île toute entière, y compris autour des aéroports, des écoles, des crèches et des hôpitaux.
  • Communication et mobilisation sociale : des informations sont diffusées auprès des professionnels de santé, du grand public (sur la protection individuelle, l’élimination des gîtes larvaires) et des voyageurs avec des renseignements spécifiques donnés dans les aéroports.

Au regard de cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas pour l’instant d’appliquer des restrictions aux voyages ou aux échanges commerciaux.

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