Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Le 27 novembre 2013, le point focal national pour Règlement sanitaire international (RSI) au Qatar a notifié à l’OMS que le Conseil suprême de la Santé et le Ministère de l’Environnement, en collaboration avec aux Pays-Bas l’Institut national de la Santé publique et de l’Environnement (RIVM) du Ministère de la Santé et le Centre médical Erasmus, ont détecté le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) dans un troupeau de dromadaires lié à deux cas confirmés d’infection chez l’homme (voir les bulletins en date du 18/10/13 et du 29/10/13).

Résultats des investigations au Qatar

Suite à la détection de deux cas d’infection humaine par le MERS-CoV, les autorités du Qatar (Ministère de la Santé publique et Ministère des Ressources animales) ont mené une enquête épidémiologique complète pour découvrir les sources potentielles d’exposition des cas humains, avec l’appui d’une équipe internationale constituée par l’OMS et la FAO.

Les analyses de laboratoires menées au RIVM et au Centre médical Erasmus ont confirmé la présence du MERS-CoV chez trois dromadaires appartenant à un troupeau de 14 animaux avec lequel les deux cas humains ont été en contact. À titre de précaution, les 14 dromadaires de la ferme ont été isolés. Tous les animaux étaient asymptomatiques ou n’avaient que des symptômes bénins au moment où les échantillons ont été prélevés; leur état n’a pas évolué dans les 40 jours qui ont suivi. Tous les contacts des deux cas humains confirmés, ainsi que toutes les autres personnes travaillant dans cette exploitation, ont eu un dépistage et tous ont donné des résultats négatifs en laboratoire pour le MERS-CoV.

Ces résultats démontrent que les dromadaires peuvent être infectés par le MERS-CoV, mais on ne dispose pas d’informations suffisantes pour établir le rôle qu’ils pourraient jouer, ainsi que d’autres animaux, dans la transmission du virus aux êtres humains ou à partir d’eux. Le Conseil suprême de la Santé collabore avec le RIVM et le Centre médical Erasmus pour analyser des échantillons supplémentaires provenant d’autres espèces animales et de l’environnement du troupeau. De plus, le Ministère de la Santé publique et le Ministère des Ressources animales procèdent à d’autres études au niveau national pour étudier le risque infectieux chez les personnes en contact étroit avec les animaux.

Les personnes exposées à un risque élevé de maladie grave due au MERS-CoV devraient éviter les contacts rapprochés avec les animaux lorsqu’ils vont dans des fermes ou des élevages situés dans des zones connues de circulation potentielle du virus. Pour le grand public qui visite une ferme ou un élevage, il faut appliquer les mesures générales d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché des animaux, éviter d’être en contact avec des animaux malades et observer les règles d’hygiène alimentaire.

L’OMS collabore avec les autorités qataries pour poursuivre l’examen de ces observations et élaborer de nouvelles lignes directrices si nécessaire.

À l’échelle mondiale, de septembre 2012 jusqu’à présent, l’OMS a été informée au total de 160 cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV, parmi lesquels il y a eu 68 décès.

Lignes directrices de l’OMS aux pays concernant le MERS-CoV

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS invite tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

Il est conseillé aux personnels soignants de rester vigilants. Les voyageurs revenus récemment d’un séjour au Moyen-Orient et chez lesquels une IRAS apparaît devraient avoir un dépistage du MERS-CoV conformément aux recommandations actuelles en matière de surveillance.

Les patients diagnostiqués et notifiés jusqu’à présent ont eu comme affection primaire une maladie respiratoire. La diarrhée est couramment signalée et les complications sévères comprennent l’insuffisance rénale et le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) avec choc. Il est possible que les patients souffrant d’une immunodéficience sévère présentent des signes et symptômes atypiques.

Il est rappelé aux établissements de soins l’importance de l’application systématique des mesures de prévention et de lutte contre les infections. Les établissements soignant des patients chez lesquels une infection par le MERS-CoV est suspectée ou confirmée doivent prendre les mesures appropriées pour réduire le risque de transmission de ce virus à d’autres patients, aux personnels soignants et aux visiteurs.

Il est rappelé à tous les États Membres qu’ils doivent évaluer et notifier rapidement à l’OMS tout nouveau cas d’infection par le MERS-CoV en lui communiquant également les informations relatives aux expositions pouvant avoir entraîné l’infection, ainsi que la description de l’évolution clinique. Il convient d’entreprendre sans délai les investigations pour identifier le mode d’exposition, de façon à éviter que le virus ne continue de se transmettre.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas actuellement d’appliquer des restrictions aux voyages ou au commerce.

L’OMS a convoqué un Comité d’urgence en application du Règlement sanitaire international (RSI) pour conseiller le Directeur général sur l’état de la situation actuelle. Ce comité, qui réunit des experts venant de toutes les Régions de l’OMS, a formulé à l’unanimité l’avis que, compte tenu des informations disponibles, les conditions n’étaient pas remplies pour l’instant pour décider que l’on se trouvait devant une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

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