Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Poliomyélite au Niger

Après la notification le 3 janvier 2013 d’un cas d’infection par un poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) au Niger, la riposte se poursuit dans le pays. Ce cas a été détecté dans la région de Tahoua, avec apparition de la paralysie le 15 novembre 2012 (c’est le premier cas au Niger depuis décembre 2011). Le séquençage génétique a confirmé que le virus était nouvellement importé et que sa parenté était la plus étroite avec les virus en circulation dans l’État de Kano, au Nigéria.

Le gouvernement du Niger continue de mettre en place une riposte globale conforme aux lignes directrices publiées en la matière par l’Assemblée mondiale de la Santé dans sa résolution WHA59.1. Après une activité initiale de vaccination supplémentaire (AVS) le 15 janvier 2013 pour administrer le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent à environ deux millions d’enfants, des AVS ont eu lieu à l’échelle nationale du 2 au 5 février 2013, ciblant l’administration du VPO trivalent à plus de cinq millions d’enfants. Une nouvelle AVS nationale est prévue du 2 au 5 mars avec le VPO bivalent. Il y avait eu auparavant des AVS nationales le 23 novembre 2012 avec le VPO bivalent. Le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique a déployé une équipe conjointe, nationale et internationale, d’épidémiologistes et d’experts de la santé publique, afin d’aider les autorités nigériennes à enquêter, à planifier les actions de riposte et à soutenir la recherche active d’autres cas de poliomyélite paralytique.

Cet événement confirme le risque de persistance de la propagation internationale d’un agent pathogène (le PVS) sur le point d’être éradiqué. En mai 2012, l’Assemblée mondiale de la Santé a déclaré dans sa résolution WHA65.5 que l’achèvement de l’éradication de la poliomyélite était une urgence programmatique pour la santé publique mondiale. Compte tenu des antécédents de propagation internationale de la poliomyélite en Afrique de l’Ouest à partir du Nord du Nigéria, l’OMS évalue le risque d’une nouvelle propagation internationale comme élevé. Sur la base des précédentes importations au Niger et de la riposte actuelle, l’OMS évalue que le risque de propagation internationale à partir du Niger est modéré à élevé. Ce risque est actuellement amplifié par les mouvements importants de populations liés à l’insécurité au Mali. Pour réduire ce risque le plus possible, des AVS synchronisées sont prévues dans 13 pays d’Afrique de l’Ouest fin avril et fin mai pour administrer en association le VPO bivalent et trivalent.

En raison de la persistance des lacunes locales de la surveillance dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest, on ne peut exclure pour l’instant la poursuite d’une circulation non détectée. Des enquêtes sont en cours pour repérer plus clairement ces lacunes dans la Région, notamment au niveau des populations mobiles, migrantes et mal desservies. Des mesures sont prises pour renforcer la surveillance au niveau sous-national, afin de garantir qu’une surveillance de qualité couvre bien tous les groupes et toutes les régions, notamment les populations à haut risque.

Conformément aux recommandations décrites par l’OMS dans Voyages internationaux et santé, les voyageurs à destination ou en provenance du Niger et des autres pays où sévit la poliomyélite, doivent être totalement protégés par la vaccination. Il est important que tous les pays, en particulier ceux dont les populations ont des contacts fréquents avec des pays où il y a la poliomyélite, renforcent la surveillance des cas de paralysie flasque aiguë (PFA), afin de détecter rapidement toute nouvelle importation de poliovirus et de faciliter une riposte rapide. Les pays devraient également analyser les données de la couverture vaccinale pour repérer les lacunes locales dans l’immunité des populations, afin d’orienter les actions de rattrapage et ainsi réduire le plus possible les conséquences d’une éventuelle introduction du virus. La priorité doit être donnée aux zones à haut risque d’importation et celles où la couverture du VPO3/DTC3 est inférieure à 80%.

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