Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Poliovirus détecté dans des échantillons de l’environnement en Égypte

En Égypte, un poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) a été isolé dans des échantillons d’eaux usées prélevés les 2 et 6 décembre 2012 dans deux zones du Grand Caire. Le virus a uniquement été détecté dans les eaux usées et aucun cas de poliomyélite paralytique n’a été signalé. Le séquençage génétique a permis de déterminer que les souches étaient étroitement apparentées à un virus originaire du nord du Sindh, au Pakistan, l’un des trois pays au monde où la transmission autochtone du PVS persiste (les deux autres étant le Nigéria et l’Afghanistan). Les isolats ont été détectés grâce à la surveillance ordinaire de l’environnement qui repose sur l’analyse régulière des eaux usées d’Égypte en plusieurs points.

Suite à la détection de ces isolats, le gouvernement égyptien a lancé une campagne de grande envergure, conformément aux lignes directrices internationales relatives à la riposte en cas de flambée, produites par l’Assemblée mondiale de la Santé (AMS) dans sa Résolution WHA59.1. Du 2 au 6 février, des activités de vaccination supplémentaire (AVS) ont été menées dans les deux zones du Caire où les échantillons de l’environnement ont été prélevés, et le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) trivalent a été administré à plus de 155 000 enfants. Début mars, une AVS est prévue au Caire pour administrer le VPO monovalent de type 1 à trois millions d’enfants. Puis, en avril, d’autres AVS devraient permettre d’administrer le VPO trivalent à 12 millions d’enfants au niveau national. Une équipe comprenant des experts nationaux et internationaux dans les domaines de l’épidémiologie et de la santé publique contribue aux enquêtes et aide à planifier la riposte et à rechercher activement tout cas potentiel de poliomyélite paralytique.

Cet incident confirme qu’un agent pathogène (le PVS) promis à l’éradication continue de se propager au niveau international. L’AMS a adopté en mai 2012 la Résolution WHA65.5 déclarant que l’éradication de la poliomyélite était une urgence programmatique pour la santé publique mondiale. En se fondant sur les tendances passées en matière d’importation de cette maladie en Égypte et sur la riposte actuellement déployée, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime comme modéré le risque de propagation internationale, depuis l’Égypte, des souches du virus concernées; en revanche, elle estime que le risque de propagation associé au PVS issu du Pakistan est élevé. En 2011, ce virus s’est propagé à la Chine, entraînant une flambée dans la province occidentale du Xinjiang, avec 21 cas recensés.

Il est important que tous les pays, particulièrement ceux qui sont fréquemment en contact avec d’autres où sévit la poliomyélite, renforcent la surveillance des cas de paralysie flasque aigüe (PFA), afin de détecter promptement toute nouvelle importation de poliovirus et de permettre une riposte rapide. Les pays devraient également analyser les données disponibles sur la couverture de la vaccination systématique pour identifier les lacunes locales au niveau de l’immunité de la population, orienter les campagnes de rattrapage et ainsi réduire le plus possible les effets de toute nouvelle introduction du virus. Il convient de donner la priorité aux zones à haut risque d’importation et à celles où la couverture du DTC3/VPO3 est inférieure à 80%.

L’Égypte a interrompu la transmission du PVS autochtone, le dernier cas ayant été recensé en mai 2004. Les échantillons de l’environnement positifs au PVS1 ont été prélevés en décembre 2012, alors que le dernier échantillon à avoir été testé positif pour le PVS avant cela était lié à une souche provenant du Soudan, en décembre 2010.

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