Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Gérer la santé publique lors de rassemblements de masse: l’expérience de l’Arabie saoudite aux prises avec l’infection à coronavirus du Moyen-Orient

Ziad A Memisha & Abdullah A Al-Rabeeaha

a. Ministère de la Santé d’Arabie saoudite, PO Box 54146, Riyadh 11514, Arabie saoudite.

Correspondance à adresser à Ziad A Memish: zmemish@yahoo.com

Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé 2013;91:899-899A. doi: http://dx.doi.org/10.2471/BLT.13.132266

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) donne pour les rassemblements de masse la définition suivante: «événements réunissant un nombre suffisant de personnes pour peser lourdement sur les ressources d’une communauté, d’un État ou d’une nation en matière de planification et d’action».1,2 Dans la mesure du possible, le secteur de la santé et d’autres secteurs doivent préparer la planification pour ces événements au niveau central et s’y mettre longtemps à l’avance.

Les rassemblements de masse peuvent avoir, pour les secteurs de la santé des pays hôtes, des effets positifs et négatifs sur le long terme. Ils sont l’occasion d’améliorer la prestation des services de santé, d’intensifier la promotion de la santé et de renforcer les systèmes de santé publique,3 mais il arrive aussi que les services de santé soient complètement débordés.

Avec le hadj, le pèlerinage à la Mecque qui est le rassemblement de masse annuel le plus important au monde, le système de santé d’Arabie saoudite doit faire face à l’afflux de 2 à 3 millions de pèlerins musulmans convergeant de plus de 180 pays au monde pour se rendre dans les lieux les plus saints du pays. Au cours de la saison du hadj, en 2013, 1 205 880 pèlerins ont consulté dans les hôpitaux et les centres de santé du pays et 4015 ont été hospitalisés dans des unités spécialisées.

Dans les lieux saints, 25 hôpitaux disposaient d’un total de 5250 lits pour les soins aigus et plus de 22 500 employés du ministère de la Santé et praticiens étaient de service pendant les trois semaines du hadj. De plus, 459 cathétérismes intracardiaques, 22 opérations à cœur ouvert, 106 endoscopies et 1624 hémodialyses ont été pratiqués.4

Les accidents comme les lésions par écrasement ou les problèmes cardio-vasculaires ont été traditionnellement les causes les plus courantes de morbidité et de mortalité au cours des rassemblements de masse.5 Toutefois, la mondialisation et le développement des voyages ont entraîné une augmentation de la fréquence et de l’ampleur des rassemblements de masse internationaux qui facilitent la propagation des maladies transmissibles, notamment celle des maladies infectieuses émergentes.6

Heureusement, une vigilance et une planification efficaces peuvent enrayer cette propagation. Par exemple, au cours de la pandémie de 2009, une surveillance rigoureuse et des stratégies efficaces de lutte contre les maladies infectieuses ont évité une propagation généralisée du virus A(H1N1)pdm9 au cours du hadj.7

Plus récemment, l’Arabie saoudite a notifié le plus grand nombre de cas confirmés d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) et a collaboré avec d’autres pays pour déterminer les origines de l’infection et de la transmission, ainsi que pour prendre les mesures adaptées. De plus, le pays a adopté un système et une stratégie de surveillance pour éviter la transmission virale parmi les pèlerins.

S’appuyant sur plusieurs dizaines d’années d’expérience, le Ministère de la Santé d’Arabie saoudite a fondé, en octobre 2010, le Centre mondial pour la médecine des rassemblements de masse, approuvé ensuite par les ministres de la santé des États de la Ligue arabe. Le Conseil exécutif de l’OMS a peu après demandé l’élaboration d’une stratégie pour les rassemblements de masse et institué un cadre pour relever les défis sanitaires que cela implique.

On notera qu’à l’exception d’un cas récent non confirmé, aucun autre cas d’infection par le MERS-CoV n’a été signalé parmi les 6,5 millions de pèlerins qui ont participé au hadj en 2012 et 2013. Toutefois, à leur retour, l’absence de systèmes de surveillance suffisants dans les pays aux ressources limitées peut rendre difficile l’identification des agents pathogènes à longue durée d’incubation, comme le MERS-CoV.

Les méthodes scientifiques et pratiques applicables à la médecine des rassemblements de masse, appellation consacrée pour ce domaine, ont fait l’objet d’un examen lors de la Seconde Conférence internationale sur la médecine des rassemblements de masse à Riyad (Arabie saoudite), en septembre 2013. Les participants ont souligné l’importance de la recherche et de l’expérience des États, ainsi que des organisations régionales et internationales pour lutter contre les accidents et les maladies au cours des rassemblements de masse.

S’appuyant sur plusieurs dizaines d’années d’expérience, le ministère de la Santé d’Arabie saoudite a fondé, en octobre 2010, le Centre mondial pour la médecine des rassemblements de masse, approuvé ensuite par les ministres de la santé des États de la Ligue arabe. Le Conseil exécutif de l’OMS a, peu après, demandé l’élaboration d’une stratégie pour les rassemblements de masse et institué un cadre pour relever les défis sanitaires que cela implique.

Les méthodes scientifiques et pratiques applicables à la médecine des rassemblements de masse, appellation consacrée pour ce domaine, ont fait l’objet d’un examen lors de la Seconde Conférence internationale sur la médecine des rassemblements de masse à Riyad (Arabie saoudite), en septembre 2013. Les participants ont souligné l’importance de la recherche et de l’expérience des États, ainsi que des organisations régionales et internationales pour lutter contre les accidents et les maladies au cours des rassemblements de masse.

La Déclaration de Riyad qui en a résulté appelle le Centre mondial pour la médecine des rassemblements de masse, les autres centres collaborateurs de l’OMS, les États, les organisations internationales et les centres scientifiques à coopérer et à échanger les informations, en respectant dûment le secret médical et l’éthique. Elle énonce aussi qu’il convient de suivre l’évolution mondiale de la lutte contre la transmission du MERS-CoV afin d’orienter les dispositions prises pour le hadj et d’autres rassemblements de masse.

Enfin, elle demande la coordination des politiques et procédures pour mieux définir la nature, les méthodes et la portée de la médecine des rassemblements de masse et lancer des campagnes médiatiques et éducatives pour renforcer la sensibilisation dans ce domaine.

La Déclaration de Riyad qui en a résulté appelle le Centre mondial pour la médecine des rassemblements de masse, les autres centres collaborateurs de l’OMS, les États, les organisations internationales et les centres scientifiques à coopérer et à échanger les informations, en respectant dûment le secret médical et l’éthique. Elle énonce aussi qu’il convient de suivre l’évolution mondiale de la lutte contre la transmission du MERS-CoV afin d’orienter les dispositions prises pour le hadj et d’autres rassemblements de masse.

La conférence a reconnu le rôle des médias pour relayer des informations sanitaires précises et objectives en insistant sur l’importance de s’appuyer sur des sources dignes de confiance; de veiller à une couverture équilibrée et non alarmiste basée sur des faits scientifiques et soucieuse de l’éthique de la santé publique ; et d’établir des références en ce qui concerne les ressources nécessaires au cours des rassemblements de masse.

Enfin, elle demande la coordination des politiques et procédures pour mieux définir la nature, les méthodes et la portée de la médecine des rassemblements de masse et lancer des campagnes médiatiques et éducatives pour renforcer la sensibilisation dans ce domaine. La conférence a reconnu le rôle des médias pour relayer des informations sanitaires précises et objectives en insistant sur l’importance de s’appuyer sur des sources dignes de confiance; de veiller à une couverture équilibrée et non alarmiste basée sur des faits scientifiques et soucieuse de l’éthique de la santé publique; et d’établir des références en ce qui concerne les ressources nécessaires au cours des rassemblements de masse.

La confiance mutuelle ainsi que des partenariats et collaborations équitables sont le meilleur moyen pour relever les défis complexes auxquels la santé publique se trouve confrontée lors des rassemblements de masse.

La confiance mutuelle ainsi que des partenariats et collaborations équitables sont le meilleur moyen pour relever les défis complexes auxquels la santé publique se trouve confrontée lors des rassemblements de masse.

À l’heure de la mondialisation, de telles collaborations s’étendent inévitablement au-delà des frontières nationales et régionales et supposent donc un équilibre délicat entre le respect de la souveraineté nationale, l’éthique de la santé publique et les priorités de la sécurité sanitaire mondiale. 8,9

À l’heure de la mondialisation, de telles collaborations s’étendent inévitablement au-delà des frontières nationales et régionales et supposent donc un équilibre délicat entre le respect de la souveraineté nationale, l’éthique de la santé publique et les priorités de la sécurité sanitaire mondiale.8,9


Références

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