Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Présentation du classement incorrect des décès liés au VIH/SIDA en Afrique du Sud

Jeanette Kurian Birnbaum, Christopher JL Murray & Rafael Lozano

Objectif

Quantifier les décès liés à l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) incorrectement attribués à d’autres causes dans les données sud-africaines d’enregistrement des décès et prendre en compte cette distorsion.

Méthodes

Les décès répertoriés dans la base de données sur la mortalité de l’Organisation mondiale de la Santé étaient répartis sur 48 causes s’excluant mutuellement. Pour chaque cause, les taux de mortalité globaux spécifiques à l’âge et au sexe étaient comparés au taux moyen chez les personnes âgées de 65 à 69 ans, de 70 à 74 ans et de 75 à 79 ans afin d’obtenir des taux de mortalité globaux «relatifs». Ces taux relatifs ont de plus été calculés pour l’Afrique du Sud uniquement. Les écarts entre les taux de décès globaux et les taux de décès relatifs sud-africains ont été utilisés pour identifier les causes auxquelles les décès liés au VIH/SIDA étaient attribués de manière incorrecte en Afrique du Sud, mais aussi pour quantifier les décès liés au VIH/SIDA, qui étaient attribués de manière incorrecte à chacune. Ces décès ont ensuite été réattribués au VIH/SIDA.

Résultats

En Afrique du Sud, les décès imputables au VIH/SIDA sont souvent classés de manière incorrecte, comme étant causés par 14 autres pathologies. Alors que sur la période 1996–2006, les décès liés au VIH/SIDA représentaient 2 à 2,5% de tous les décès enregistrés en Afrique du Sud, notre analyse montre que la part de la mortalité spécifique aux causes a augmenté de 19% (marge d’incertitude: 7–28%) à 48% (marge d’incertitude: 38–50%) sur cette période. Plus de 90% des décès imputables au VIH/SIDA ont été attribués de manière erronée à d’autres causes sur la période 1996–2006.

Conclusion

Remédier au classement incorrect de la cause de décès, une procédure simple pouvant être mise en place dans n’importe quel pays, peut améliorer les données d’enregistrement des décès, mais aussi fournir des estimations empiriques sur les décès liés au VIH/SIDA, qui peuvent être utiles dans l’évaluation des estimations à partir des modèles démographiques.

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