Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Faible recours à la contraception chez les femmes africaines pauvres: une question d’égalité

Andreea A Creanga, Duff Gillespie, Sabrina Karklins & Amy O Tsui

Objectif

Étudier l’utilisation de la contraception dans 13 pays d’Afrique subsaharienne, évaluer les changements dans la satisfaction des besoins en matière de contraception par rapport aux inégalités liées à la richesse, et décrire la relation existant entre l’utilisation des méthodes contraceptives à long terme et à court terme, ainsi que les intentions d’une femme en matière de fécondité par rapport à la prospérité de son foyer.

Méthodes

L’analyse a été réalisée à partir des données de l’enquête démographique et sanitaire menée dans 13 pays d’Afrique subsaharienne. Les inégalités liées à la richesse et ayant un effet sur le recours à la contraception ont été calculées à partir des indices de richesse des ménages et des indices de concentration. Des modèles de régression logistique ont été adaptés pour refléter la probabilité d’utilisation d’une méthode contraceptive à long terme, avec les ajustements suivants: le quintile d’indice de richesse, l’intention de fécondité (espacer les naissances ou arrêter toute procréation), le domicile (urbain/rural), l’éducation, le nombre d’enfants en vie, la situation familiale et l’année de l’enquête.

Résultats

Le recours à la contraception a considérablement augmenté entre les enquêtes menées en Éthiopie, à Madagascar, au Mozambique, en Namibie et en Zambie, mais il a légèrement diminué au Kenya, au Sénégal et en Ouganda. Les inégalités liées à la richesse dans la satisfaction des besoins en matière de contraception ont décru dans la plupart des pays, notamment au Mozambique, mais elles ont augmenté au Kenya, en Ouganda et en Zambie en matière d’espacement des naissances, et au Malawi, en Ouganda, en République-Unie de Tanzanie, au Sénégal, et en Zambie en matière de limitation du nombre de grossesses. Après l’ajustement de l’intention de fécondité, les femmes appartenant au quintile le plus riche avaient une plus grande probabilité de pratiquer une contraception à long terme que celles appartenant au quintile le plus pauvre.

Conclusion

Les programmes de planification familiale en Afrique subsaharienne présentent différents degrés de succès pour atteindre tous les segments de la société, toutefois des inégalités persistent et ce, dans tous les pays.

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