Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Estimation des coûts obstétricaux des mutilations génitales féminines dans six pays d'Afrique

David Bishai, Yung-Ting Bonnenfant, Manal Darwish, Taghreed Adam, Heli Bathija, Elise Johansen, Dale Huntington for the FGM Cost Study Group of the World Health Organization

Objectif

Estimer le coût pour les systèmes de santés des complications obstétricales des mutilations génitales féminines (MGF) dans six pays d’Afrique.

Méthodes

Un modèle multi-états a permis de décrire six cohortes de 100 000 jeunes filles de 15 ans au départ, destinées à survivre jusqu’à l’âge de 45 ans. Les femmes composant les cohortes ont été modélisées comme subissant divers degrés de MGF, comme donnant naissance à des enfants conformément aux statistiques de mortalité et de fécondité de chacun des pays et comme bénéficiant d’une assistance médicale à l’accouchement selon la fréquence observée dans leur pays. Le risque de complication obstétricale a été estimé à partir d’une étude de 2006 portant sur 28 393 femmes. Les coûts pour chaque complication ont été estimés en dollars de parité de pouvoir d’achat (I$) pour 2008 et ajustés par application d’un facteur de 3 %. Le modèle a également déterminé les années de vie perdues du fait des hémorragies obstétricales mortelles. Les auteurs ont fait appel à une analyse de sensibilité multivariée pour estimer l’incertitude entachant les résultats.

Résultats

Les coûts annuels des complications obstétricales liées aux MGF dans les six pays africains étudiés se montaient à I$ 3,7 millions et représentaient 0,1 à 1 % des dépenses publiques pour la santé des femmes de 15 à 45 ans. Parmi les 2,8 millions de jeunes filles actuellement âgées de 15 ans dans ces six pays africains, on s’attend à une perte de 130 000 années de vie du fait des hémorragies obstétricales associées aux FGM, ce qui équivaut à amputer chaque durée de vie d’un demi-mois.

Conclusion

Au-delà des énormes traumatismes psychologiques qu’elles entraînent, les MGF font supporter à la société des pertes de vie et des coûts financiers importants. Le coût des efforts des Etats pour prévenir ces mutilations sera compensé par les économies résultant des complications obstétricales évitées.

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