Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Approches structurées pour le dépistage et le diagnostic de la tuberculose chez l'enfant dans une région d'Afrique du Sud où cette maladie est fortement prévalente

Mark Hatherill, Monique Hanslo, Tony Hawkridge, Francesca Little, Lesley Workman, Hassan Mahomed, Michele Tameris, Sizulu Moyo, Hennie Geldenhuys, Willem Hanekom, Lawrence Geiter & Gregory Hussey

Objectif

Mesurer le degré d’accord entre neuf approches structurées pour le diagnostic de la tuberculose chez l’enfant ; quantifier les différences en termes de nombres de cas de tuberculose diagnostiqués entre ces neuf approches ; et déterminer la répartition des cas dans les différentes catégories de certitude diagnostique.

Méthodes

Nous avons étudié 1445 enfants de moins de 2 ans appartenant à une communauté rurale d’Afrique du Sud, dans le cadre d’un essai vaccinal (2001-2006). Des données cliniques, radiologiques et microbiologiques ont été collectées prospectivement. Nous avons déterminé quel statut diagnostique (tuberculeux/non tuberculeux) était affecté par chacune des approches aux cas potentiels de tuberculose. Nous avons calculé les différences en termes de fréquence des cas et l’accord concernant la catégorie de certitude pour les résultats binaires (tuberculose/absence de tuberculose) en utilisant le test de McNemar (avec les intervalles de confiance à 95 %, IC) et le coefficient kappa de Cohen (Κ).

Résultats

La fréquence des cas de tuberculose se situait entre 6,9 et 89,2 % (médiane : 41,7 %). Des différences significatives sont apparues dans la fréquence des cas (p < 0,05) dans 34 des 36 comparaisons par paire entre les approches diagnostiques structurées (plage de différences absolues : 1,5-82,3 %). Le coefficient kappa variait de 0,02 à 0,71 (médiane : 0,18). Les deux systèmes donnant les plus fortes fréquences de cas (89,2 % et 70,0 % respectivement) présentaient un accord satisfaisant (Κ : 0,33) ; les deux autres systèmes, qui avaient fourni les plus faibles fréquences (6,9 % et 10,0 %, respectivement), n’étaient que faiblement en accord (Κ : 0,18).

Conclusion

Il n’existe qu’un faible accord entre les approches structurées du dépistage et du diagnostic de la tuberculose chez l’enfant et il apparaît entre elles une forte variabilité du rendement en cas. Les systèmes diagnostiques ayant fourni de manière similaire des fréquences de cas peu élevées pourraient identifier des sous-populations d’enfants différentes. Les résultats de cette étude ne sont pas en faveur d’un usage clinique systématique de ces approches structurées pour le diagnostic définitif des enfants tuberculeux, mais les systèmes fournissant un rendement élevé en cas pourraient constituer des outils de dépistage utiles.

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