Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Combien en manque-t-il ? Besoins en ressources humaines pour les soins de santé primaire : étude de cas menée en Afrique du Sud

Emmanuelle Daviaud, Mickey Chopra

Objectif

Quantifier les besoins en personnel des établissements de soins de santé primaire d’Afrique du Sud en adaptant l’indicateur de charge de travail de l’outil d’évaluation des besoins en personnel de l’OMS.

Méthodes

Nous avons fait appel à un modèle pour estimer les besoins en personnel des établissements de soins de santé primaire. Ce modèle intégrait plusieurs hypothèses reposant sur des bases empiriques et portant notamment sur le temps et la catégorie d’agent de santé nécessaires pour chaque type de consultation et sur le temps de gestion, l’appui clinique et les besoins minimum en personnel pour chaque type d’établissement. Nous avons également calculé le nombre de consultations en rapport avec le VIH par district. Le modèle prenait en compte le type d’établissement, le temps passé par mois en déplacements pour les dispensaires mobiles, les heures d’ouverture par semaine, l’activité annuelle et les effectifs actuels du personnel pour calculer l’effectif attendu par catégorie de personnel et par établissement et le comparer à l’effectif actuel.

Résultats

Sur l’ensemble des districts, on constate soit l’absence de médecins pour visiter les dispensaires, soit leur nombre insuffisant pour couvrir les heures d’ouverture des centres de santé communautaires. Globalement, le nombre de médecins n’atteint que 7 % de l’effectif requis. Le personnel infirmier professionnel représente 94 % de l’effectif nécessaire, mais il existe de grandes disparités d’un district à l’autre, quelques-uns disposant de trop d’infirmières, tandis que d’autres n’en ont pas assez. Le nombre d’infirmières ayant suivi deux années de formation atteint 60 % des besoins. Il existe une pénurie d’infirmières-assistantes de 17 %. Dans l’ensemble des districts, on relève d’importantes variations d’effectifs entre les établissements, d’où un emploi inefficace des professionnels de santé.

Conclusion

L’application d’un outil d’évaluation de la charge de travail de l’OMS a permis d’identifier d’importants problèmes de planification des ressources humaines.

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